Bonjour à tous ceux qui arrivent sur cette fanfiction pour la première fois. En réalité, j'ai écrit cette note après avoir publié le premier chapitre, donc certaines personnes ne l'ont peut-être pas lu. C'est la première fois que je publie une histoire sur Internet, surtout pour avoir un avis extérieur à vrai dire. Je n'ai jamais rien fait lire à personne, et je pense qu'avoir l'avis d'inconnus en premier lieu est un bon pas pour moi. Je ne garantis pas de publier de manière régulière car l'écriture n'est pas quelque chose de régulier chez moi, mais j'y travaille, et j'ai bon espoir d'écrire cette histoire entièrement.

Ma fanfiction est centrée un OC (personnage original), Louise Rosebury, une née-moldue qui entre à Poudlard en 2019, en même temps que la nouvelle génération. Tout l'univers appartient à J.K. Rowling, sauf les OCs qui sortent tous de ma tête.

Mon histoire n'est sans doute pas originale, mais je ne prétends pas qu'elle le soit. J'espère surtout qu'elle vous plaira.

Je vous souhaite donc une bonne lecture, Loupiiote.


I.

Le cas des nés-moldus

En cette matinée de juillet, Louise dormait paisiblement dans son lit, entre ses draps bleus à fleurs. Les vacances d'été avait débutées il y a peu, et la jeune fille comptait bien en profiter pour traîner le matin dans son lit. Seulement, ce matin-là, sa mère Juliette en avait décidé autrement. Selon elle, il était grand temps pour sa fille de se réveiller. Elle entrebâillât délicatement la porte de la chambre, afin que la lumière réveille en douceur Louise. La jeune fille grogna alors, et se recroquevilla sous sa couverture. Amusée, Juliette s'approcha pour l'embrasser tendrement.

― C'est l'heure de te lever, ma chérie, murmura-t-elle.

Elle n'obtint comme réponse qu'un nouveau grognement de la part de Louise. Sans se départir de son sourire, Juliette s'éclipsa de la chambre pour descendre à la cuisine préparer le petit-déjeuner. Louise arriva quelques minutes plus tard dans la petite cuisine, en frottant ses yeux endormis pour se réveiller.

― Tu as bien dormi ? demanda sa mère en se levant pour l'embrasser.

― Oui, marmonna la jeune fille.

― Qu'est-ce que tu veux manger ?

― Comme d'habitude. Tartines et chocolat chaud.

― J'en étais sûre, dit-elle en se levant pour arrêter le lait qui chauffait déjà sur la plaque électrique.

Sa mère était française, ce qui expliquait en partie le goût de sa fille pour les petit-déjeuners sucrés, au grand dam de son père. En bon anglais, il préférait les saucisses, le bacon et les œufs au plat. Louise ne comprenait pas comment on pouvait ingurgiter ce genre de nourriture dès le matin.

― Papa est parti travailler ?

― Oui, mais il n'a que quelques chiens en consultation ce matin. Il m'a dit qu'il rentrerait à midi.

La jeune fille grogna, parce qu'en plus d'être en vacances, c'était samedi. Son père, Gareth, était vétérinaire dans une clinique à Londres, et il travaillait pendant presque tout le mois de juillet. Et même parfois le week-end, comme là, quand les clients ne pouvaient pas faire autrement. De plus, l'arrivée d'un animal gravement blessé, qui demandait des soins en urgence, n'était absolument pas prévisible. Son père pouvait avoir du retard à tout moment, ce qui agaçait grandement Louise lorsque cela se produisait.

― C'est quand même dingue qu'il travaille un samedi...

― Il faut bien quelqu'un pour s'occuper des animaux malades, raisonna sa mère. Si tu te casses la jambe aujourd'hui, tu seras bien contente que quelqu'un puisse te soigner. C'est pareil pour les animaux, tu vois.

― Oui, je sais bien, mais bon...

― De toute façon, il est en vacances dans deux semaines. On pourra passer plus de temps ensemble, à ce moment-là, répondit sa mère en souriant.

Louise acquiesça en silence, et se concentra sur une tâche qui ne pouvait plus attendre : finir son petit-déjeuner.

À l'heure du déjeuner, la jeune fille entendit le bruit caractéristique d'une voiture dans l'allée de la maison. C'était le signe que son père venait de rentrer. Elle abandonna alors ses activités en cours pour dévaler les escaliers et rejoindre son père qui rentrait. Le pauvre homme eut à peine le temps de passer la porte qu'une tempête de boucles blondes lui sauta au cou.

― Hé, tout doux ma puce ! On dirait que ça fait des mois qu'on ne s'est pas vu !

― Alors que ça fait seulement depuis hier soir, rigola sa mère, qui était adossée contre l'encadrement de la porte de la cuisine. Le repas est bientôt prêt, sinon.

― On mange quoi ? demanda aussitôt Louise en tournant vivement sa tête vers sa mère.

― Ta fille est vraiment un ventre à pattes... soupira Alexander.

― Ma fille ? Je l'ai pas faite toute seule, que je sache ! J'ai fait du poulet avec des haricots verts, ajouta-t-elle. Rien de bien compliqué.

― Ça m'ira très bien ! Et j'espère bien que ça ira aussi à l'espèce de petit monstre qui me sert de fille.

Il lui ébouriffa la tête en disant cela.

― Papa ! Tu sais très bien que je n'aime pas qu'on me touche les cheveux ! pesta la jeune fille.

― C'est bien pour cela que je le fais !

― C'est pas toi qui souffre tous les matins en les démêlant, bougonna-t-elle un instant dans sa barbe inexistante, avant de remonter dans sa chambre en attendant que le repas soit prêt.

― Louise ! appela son père. Il y a une lettre pour toi !

La jeune fille fit aussitôt demi-tour et redescendit les escaliers en sens inverse.

― Tu ne pouvais pas le dire plus tôt ! s'exaspéra-t-elle.

Son père lui tendit alors une enveloppe en papier jauni, lourde et épaisse, frappé d'un sceau en cire rouge. Au dos, son adresse était écrite à l'encre verte. De plus en plus bizarre. La jeune fille entreprit alors de la décacheter, et lut à voie haute.

« COLLEGE DE POUDLARD, ECOLE DE SORCELLERIE

Directeur : Filius Flitiwick

Docteur ès Sortilèges

Ordre de Merlin, première classe

Chère Miss Rosebury,

Nous avons le plaisir de vous informer que vous bénéficiez d'ores et déjà d'une inscription au collège Poudlard. Vous trouverez ci-joint la liste des ouvrages et équipements nécessaires au bon déroulement de votre scolarité.

La rentrée étant fixée au 1er septembre, nous passerons à votre domicile avant cette date dans le but de vous expliquer clairement, à vous ainsi qu'à vos parents, la situation dans laquelle vous vous trouvez en tant que sorcière née-moldue ; et également afin de régler tous les détails liés à votre inscription.

Veuillez croire, chère Miss Rosebury, en l'expression sincère de nos sentiments distingués.

Neville Londubat,

Directeur-adjoint »

― La seconde feuille est remplie de noms de bouquins, avec une liste de fournitures... Une lettre d'une école de sorcellerie ? C'est une blague ? s'étonna Louise.

― Passe-moi la lettre, s'il te plaît, demanda son père en fronçant les sourcils.

Après avoir rapidement parcouru les deux feuilles, ce-dernier releva les yeux vers sa fille.

― À mon avis, c'en est une. Franchement, une « baguette magique » ? Il y en a qui ne savent plus quoi inventer !

― « Quentin Jentremble » ? rigola Juliette, qui avait lu par-dessus l'épaule de son mari. C'est ridicule, comme nom !

Poursuivant sur le même ton moqueur, la petite famille se mit à table en rigolant des histoires que les gens étaient prêts à inventer pour se distraire. Louise se joignit allègrement à ses parents, bien que durant les premières secondes de sa lecture, elle avait cru en l'existence de cette école de magie, avant de réaliser sa première réaction était bien naïve. Elle n'avait plus l'âge de croire en des sottises pareilles.

Deux semaines plus tard, alors que les Rosebury regardaient tranquillement la télé, assis - ou plus exactement, vautrés - sur le canapé en cuir du salon, la sonnette de la porte retentit. Lorsque Juliette ouvrit, elle se retrouva en face d'un homme d'une quarantaine d'années environ, avec un sourire sympathique et avenant collé sur son visage rond. Ses yeux bleus transpiraient la gentillesse. Néanmoins, il imposait immédiatement un certain respect dont Juliette avait du mal à déterminer l'origine. Une sorte de charisme, peut-être ? Mais le plus étrange encore chez cet homme, était qu'il portait une robe. Une robe longue.

― Hum, bonjour monsieur... Je peux vous aider ? demanda prudemment Juliette, ne sachant pas encore à qui elle s'adressait.

― Bonjour, je me présente, Neville Londubat. Enchanté.

Il lui tendit la main, que Juliette serra prudemment. Son nom lui rappelait vaguement quelque chose, sans qu'elle puisse se rappeler quoi.

― Enchantée...

― Je suis ici au sujet de votre fille, Louise. Désolé pour la prononciation...grimaça-t-il.

― Ce n'est rien... Les anglais ont souvent du mal avec les noms français ! En quoi ma fille vous intéresse ?

― Il me semble qu'elle a reçu une lettre, il y a quelques jours.

Juliette haussa les sourcils d'étonnement, avant de les froncer.

― Oh ! Cette soi-disant école de magie, c'est bien ça ?

― Exactement. S'il vous plaît, attendez, s'exclama-t-il alors qu'elle refermait sa porte. Avant que vous ne fermiez votre porte en me demandant de ne plus faire de blagues idiotes, laissez-moi vous expliquer ce que tout cela signifie. Je vous en prie.

La mère de Louise hésita un instant, partagée entre sa raison qui lui dictait de lui fermer la porte au nez, et l'air sincère, presque suppliant de ce Mr. Londubat. Elle décida finalement de le laisser entrer. Après tout, elle n'avait rien à perdre à l'écouter divaguer... Il ne semblait pas bien méchant ou dangereux.

― Merci, souffla-t-il, comme soulagé d'un poids.

Intriguée, elle le mena jusqu'au salon, où Louise était toujours en train de regarder la télévision.

― Louise, je te présente Mr. Londubat... Et... Voici ma fille, Louise.

― Enchanté de faire ta connaissance. Vous pouvez m'appeler professeur.

― De même, hum... Professeur Londubat.

Elle réfléchit un instant, avant de percuter brusquement.

― Vous êtes celui qui a écrit cette lettre, là ? Avec le vieux papier et l'encre verte ?

― C'est bien moi. Si je puis me permettre, enchaîna-t-il, je propose que nous nous asseyons tous pour discuter calmement. J'ai beaucoup de choses à vous dire et à vous prouver, et vous aurez certainement beaucoup de questions. Est-ce que votre mari est là ? demanda-t-il finalement à la mère de Louise.

― Non, il travaille, aujourd'hui.

― Ah, mince. Bon. De toute façon, maintenant que je suis là...

Le professeur Londubat s'assit sur le fauteuil à côté du canapé.

― Bien, pour commencer... Tout ceci n'est pas une blague. Je vous le promets. Rien de ce que je vais vous dire ne sera faux. Je vous demanderais donc de me faire preuve d'ouverture d'esprit dans un premier temps, et de me faire confiance. Ou du moins d'essayer du mieux que vous le pourrez.

― Bien...

― Votre fille est une sorcière. Elle a sûrement déjà dû manifester des signes de magie, lorsqu'elle subissait une forte émotion comme de la colère ou un profond sentiment d'injustice...

― À vrai dire, je ne crois pas... Quel genre de signes ?

― Des cheveux qui repoussent après avoir été coupés, un objet qui se déplace tout seul ou qui se brise... N'est-ce jamais arrivé ?

― Écoutez, monsieur... Je ne crois pas que...

― Il y a bien eu cette fois, là... hasarda alors Louise.

Elle rougit, sentant subitement l'attention se focaliser sur elle. Elle s'efforça néanmoins de poursuivre, en essayant d'oublier sa gêne apparente.

― J'avais un verre de grenadine sur mon bureau, et... Je faisais mes devoirs, il me gênait, je voulais le pousser, mais... Il s'est décalé tout seul ! Et je crois bien que c'est à cause de moi. Mais, sur le moment... Ça m'avait sembler presque... Naturel ? finit-elle, le rouge toujours aux joues.

Le jeune fille vit sa mère froncer les sourcils d'incompréhension. Il est vrai qu'elle ne lui avait jamais fait part de cette expérience troublante. Elle n'avait pas jugé nécessaire de la lui raconter, puisqu'elle ne l'aurait pas cru de toute façon.

― N'y a-t-il eu que cette fois-là ?

― J-Je crois bien, oui... avoua-t-elle. Je ne sais plus trop.

Il acquiesça simplement de la tête.

― Donc si je comprends bien ce que vous essayait de dire... C'est que ma fille est une sorcière, et qu'elle a des sortes de... pouvoirs magiques, c'est ça ?

― Exactement.

― Vous comprenez que, pour nous... Ça semble assez délirant ! Comment pourrais-je me fier à vous ? Si la magie existe bel et bien... Ce n'est même pas concevable, en fait. Ça n'existe pas.

― Je le conçoit parfaitement. Chaque année nous devons faire face aux familles des nés-moldus, qui sont plus ou moins sceptiques et réactives... finit-il en grimaçant, semblant se rappeler d'un cas assez désagréable. Pour la plupart, l'existence de la magie est totalement délirante au début.

― Des nés-moldus ? releva Louise, perplexe.

― Un né-moldu est un sorcier né de parents moldus, les personnes qui n'ont pas de pouvoirs magiques. Vos parents, par exemple sont des moldus.

― Si je suis une sorcière, pourquoi mes parents ne le seraient pas aussi ?

― Et bien, on ne l'explique pas. Il arrive parfois que des enfants de moldus manifestent des actes magiques, car ce sont tout simplement des sorciers.

― Tout ça, c'est une jolie histoire, pour moi.

― Je pense qu'il est temps de vous faire une petite démonstration, soupira-t-il. Pour vous convaincre.

Il sortit alors un long bout de bois de son étrange robe.

― Ceci est un baguette magique, dit-il en leur montrant. Elle sert à canaliser ma magie, et à la rendre plus performante. Chaque sorcier possède sa propre baguette magique.

Il se leva et se dirigea vers le buffet du salon, et plus particulièrement devant un joli vase en verre qui était posé dessus..

― Surtout, ne criez pas, quelque soit la raison. Faites-moi confiance. Wingardium Leviosa ! prononça-t-il en agitant souplement son poignet en direction du vase.

Aussitôt, ce-dernier se mit à léviter dans les airs. Le vase volait, littéralement. Louise n'en croyait pas ses yeux, et, sans même un regard vers sa mère, la jeune fille était certaine qu'elle était dans le même état qu'elle. Le professeur Londubat fit léviter le vase jusque devant le canapé, puis relâcha sa prise, et il se brisa au sol.

― Mais... s'exclama Juliette.

― Reparo, la coupa-t-il.

Et le vase se reforma sous leurs yeux médusés.

― Attendez... Louise, tu as bien vu ce que j'ai vu ? Le vase s'est brisé et...

― Et il l'a entièrement réparé... V-Vous dites que moi aussi, je pourrais faire ça ?

― Oui. Et bien plus encore.

― C'est... dingue, avoua Louise, les yeux écarquillés.

― Il doit forcément il y avoir une astuce ! s'exclama Juliette.

Le professeur Londubat continua sa démonstration par quelques sortilèges de métamorphose humaine et sur des objets, ainsi que quelques enchantements. À la fin de la démonstration, mère et fille ne trouvaient toujours aucune explication.

― Est-ce que cela signifie que... Nous devons vous croire, pour de bon ?

― Je l'espère, en tout cas.

― C'est incroyable, ce que vous arrivez à faire ! s'exclama une voix masculine.

Gareth, le père de Louise se tenait contre la porte du salon. Il était sonné par ce qu'il venait de voir. Il ne comprenait pas. Un vase, brisé, qui se réparer tout seul ? Impensable. Des oiseaux qui sortaient d'un bout de bois ? Impossible. Et pourtant, il l'avait vu. Il n'était pas fou. Et il n'y avait aucune astuce. C'était... de la magie.

La jeune fille ne put dire depuis combien de temps il était là, tant elle avait été captivée par la démonstration du professeur Londubat. De toute évidence, il y avait lui aussi assisté dans sa totalité vu sa mine ébahie et émerveillée tout à la fois.

― Papa ! Depuis quand est-ce que tu es là ? Tu as vu ça, toi aussi ? C'est génial !

― Je suis d'accord, c'était... Incroyable, il n'y a pas d'autre mot !

La discussion dura jusqu'au soir, durant laquelle le professeur Londubat leur expliqua l'importance d'apprendre à maîtriser sa magie. Ne pas laisser libre cours à sa magie, c'était s'exposer à de gros problèmes, comme se laisser submerger par elle.

Gareth se lamenta un instant en réalisant que sa fille n'aurait jamais une scolarité normale dans le Monde Moldu, mais il comprit qu'elle aurait tout de même droit à une éducation en adéquation avec sa nature de « sorcière ». Les parents de Louise semblaient petit à petit à se faire à l'idée que leur fille aille étudier loin d'eux, bien que voir leur enfant catapultée dans un monde qu'ils ne connaissaient pas les effrayer un peu.

Ils convinrent ensemble de réaliser les achats nécessaires la semaine suivante, lorsque Gareth serait en vacances en même temps que sa femme. Louise était clairement impatiente à l'idée de pénétrer dans le monde des sorciers, et de se préparer à en faire partie.

― Elle est où votre entrée magique ? grogna Gary. C'est la libraire ou la boutique de disques ?

― C'est le pub juste là, répondit calmement le professeur Londubat en pointant son doigt entre les deux magasins.

― Excusez-moi, mais... Est-ce normal qu'on ne voie pas la même chose ? demanda Juliette d'une voix douce.

― Moi, je le vois, ajouta Louise.

― Tout est normal, sourit Londubat. Allez, suivez-moi.

La famille Rosebury, jusqu'alors plantée au milieu de Charing Cross Road, se mit en mouvement pour suivre le professeur Londubat. Les parents de Louise étaient un peu déboussolés d'entrer dans un lieu qu'ils ne voyaient même pas, et même si leur confiance envers le sorcier n'était pas encore absolue, elle l'était envers leur fille. C'est pourquoi ils suivaient cet homme étrange, dans un bar tout aussi étrange qui leur donna une sensation désagréable lorsqu'ils passèrent la porte.

C'était un vieux pub à l'ambiance, avec une immense cheminée éteinte pour la saison au milieu de la pièce. De nombreuses tables en bois meublaient la pièce, et un grand escalier se dressait dans le coin de la pièce.

Le professeur alla glisser un mot à ce qui semblait être la patronne du bar, une femme blonde légèrement rondelette avec qui il échangea un sourire complice. Louise prit quelques instants pour détailler les clients, des sorciers et des sorcières vêtus tout aussi étrangement que Londubat.

Ce-dernier leur fit alors signe de le suivre. Il les emmena dans une petite cour à l'arrière du pub, et la famille Rosebury se retrouva rapidement à l'étroit entre des poubelles malodorantes et un mur de briques. Mais avant qu'aucun de ses membres n'aient pu dire quoique ce soit, le professeur Londubat tapota quelques briques du bout de sa baguette magique dans un ordre bien particulier, et elles s'écartèrent toutes seules pour laisser un passage dans le mur. Louise et ses parents regardèrent ce phénomène avec ébahissement, la bouche grande ouverte, pas encore habituée à l'idée que la magie existe vraiment.

― Bienvenue dans ton monde, Louise.

Les Rosebury passèrent la porte, et ils découvrirent une longue avenue pavée où de nombreux sorciers faisaient leur courses. Louise ne savait plus où donner de la tête, entre les magasins, les vendeurs ambulants, tous les sorciers et les sorcières qui déambulaient ça et là... Une vague de curiosité l'envahit : elle avait envie de tout découvrir, de tout visiter, de tout connaître de ce monde auquel elle appartenait. C'est avec ce sentiment qu'ils se mirent en marche vers Gringotts, la banque des sorciers, afin d'échanger de l'argent moldu contre du sorcier.

Ils passèrent devant plusieurs boutiques étonnantes, mais ils ne s'y attardèrent pas. Gary, vétérinaire de métier, s'étonna tout de même de voir un magasin vendant des hiboux, avec certains spécimens rares qu'on ne voyait pas partout.

― On utilise les hiboux comme moyen de communication, expliqua Londubat. Ils transportent nos lettres et nos colis.

Lorsqu'ils arrivèrent enfin devant Gringotts, un grand bâtiment en marbre blanc avec de lourdes portes de bronze étincelant, Louise se demanda quelle était la petite créature humanoïde à la peau fripée et aux oreilles pointues qui semblait garder le bâtiment dans son uniforme rouge écarlate. La jeune fille devait bien s'avouer qu'il lui faisait un peu peur. Sa mère et son père ne semblaient pas plus rassurés, à vrai dire.

― Ce sont des gobelins. Ils s'occupent de la banque. Ils n'ont pas l'air très sympathiques comme ça - et ils ne le sont pas, d'ailleurs, ajouta-t-il dans un mouvement de tête, mais ils sont très doués pour manier l'argent et les finances, faire les comptes, tout ça... Ne les fixez pas trop en entrant, ils pourraient plutôt mal le prendre...

Sur ces dernières paroles peu rassurantes, ils pénétrèrent dans le bâtiment. Ils passèrent d'autres portes en argent, sur lesquelles étaient inscrites des phrases pas très accueillantes, et entrèrent dans une vaste salle tout en marbre. Des centaines de gobelins écrivaient des registres, pesaient des pièces de monnaie sur des balances étincelantes ou examinaient des pierres précieuses, tous accoudés à un long comptoir.

Ils allèrent échanger l'argent, et en déposèrent un peu sur le compte qui avait été automatiquement créé pour Louise. La jeune fille n'était pas très à l'aise, et elle fut heureuse et soulagée lorsqu'ils sortirent enfin de Gringotts.

Ils commencèrent leurs courses en passant chez Madame Guipure, une petite sorcière rondelette vêtue tout en mauve qui arborait un sourire à toutes épreuves.

― Je suppose que c'est pour un uniforme de Poudlard ?

― C'est exact.

― Première année ?

Louise acquiesça timidement. Pendant que Madame Guipure s'affairait autour de la jeune fille qui avait revêtu un uniforme un peu trop large, Juliette discutait allègrement avec la petite femme des techniques de couture réalisées avec la magie. Gary et le professeur Londubat semblaient légèrement blasés devant ses préoccupations vestimentaires.

― J'ai l'impression d'être déguisée ! rigola Louise.

― Tous les nés-moldus disent ça au début, commenta Mme Guipure.

― Tu vas devoir t'habituer, ajouta Londubat en souriant. C'est l'uniforme que tu porteras tous les jours, à Poudlard.

Ils achetèrent également une chapeau pointu noir, des gants en peau de Suédois à museau court d'un bleu argenté, particulièrement résistants, une cape d'hiver et des robes de travail noires en plus de l'uniforme.

Ils se rendirent ensuite chez Fleury&Bott, une librairie remplie de livres tous plus bizarres les uns que les autres. Louise vit des livres truffés d'étranges symboles, d'autres qui semblaient... vivants ?! Un frisson parcourut la fillette, qui se concentra sur les livres de sa liste. L'endroit était bondé, et ils mirent un peu de temps à réunir tout le nécessaire.

La papeterie voisine présentait un choix impressionnant de plumes, de parchemins, d'encre qui changeait de couleur ou qui sentait la fraise. L'endroit respirait le cuir et le vieux livre. Louise jeta son dévolu sur une plume bleu canard tacheté de blanc, et elle acheta également un paquet de parchemin et de l'encre noire. La jeune fille se promit de s'entraîner à écrire avec, puisqu'elle allait devoir l'utiliser au moins pour les devoirs à rendre.

La petite équipe se dirigea ensuite vers la boutique d'Ollivander, le fabricant de baguettes magiques. La boutique était délabrée, plutôt sombre et pas très accueillante. Sur la devanture était marquée "Ollivander - Fabricantes de baguettes magiques depuis 382 avant J.-C." en lettres claires un peu effacées. Alors qu'ils se dirigeaient vers l'entrée, le professeur Londubat retint les parents de Louise.

― En général, les enfants sorciers vont choisir leur baguette tout seul chez Ollivander, c'est... Comme un rituel de passage, en quelque sorte.

― Oh, et bien... D'accord, acquiesça Juliette. Tiens, on va te donner de quoi t'acheter ta baguette... Combien ça coûte, exactement ?

― Aux alentours de sept gallions.

Les quelques pièces dans sa sacoche, Louise poussa délicatement la porte de la boutique d'une démarche mal assurée. L'intérieur était à l'image de l'extérieur, sombre et poussiéreux ; et des milliers de petites boîtes recouvraient les murs du sol à plafond et encombraient les nombreuses étagères. Seuls une chaise branlante et un vieux comptoir meublaient la pièce.

Louise sursauta lorsqu'elle aperçut le vendeur sortir de derrière les étagères.

― Il me semblait bien avoir attendu quelqu'un, dit-il en souriant. Comment tu t'appelles ?

― Louise Rosebury.

La jeune fille piqua un fard malgré elle. L'homme semblait assez sympathique, et il n'était pas si vieux, à l'inverse de ce qu'elle s'était imaginé vu l'endroit dans lequel il travaillait.

― J'imagine que c'est pour une première baguette ?

― Oui.

― Tu es née-moldue ?

Louise acquiesça.

― Ça ne change rien, n'est-ce pas Monsieur ? s'inquiéta-t-elle.

― Absolument pas ! Et appelles-moi Gaël, par pitié. Je ne suis pas si vieux que ça !

La jeune fille rigola doucement tandis que Gaël partit explorer ses rayons.

― Voyons ce que nous avons là, déclara-t-il en lui tendant une première baguette. Bois de sorbier, crin de licorne, 30.5cm, flexible.

La fillette s'en saisit, mais elle fronça les sourcils tandis qu'un sensation désagréable s'empara d'elle. A peine fit-elle un geste de la main qu'un carreau de la vitre se brisa, la laissant stupéfaite et confuse. La jeune fille se confondit en excuses, mais Gaël lui assura que ce n'était rien et que cela arrivait sans arrêt.

― Pourquoi crois-tu qu'il n'y a aucun meuble ici ? J'ai autre chose à faire qu'entretenir du mobilier.

― C'est vous qui fabriquez les baguettes ? demanda Louise.

― C'est exact ! De père en fils depuis 320 avant J.-C. Essaie celle-là : poirier, 31cm, ventricule de dragon.

La baguette commença à vibrer dangereusement dans la main de Louise, et Gaël s'en saisit avant qu'une autre catastrophe ne survienne.

― Capricieuses, ces baguettes... Voyons... Essaie donc ça. Bois de rose, 28.5cm, plume d'oiseau-tonnerre, souple.

Lorsque la jeune fille la prit dans sa main, de jolies étincelles blanches et dorées s'échappèrent de la baguette, et Louise sentit son corps se détendre et s'épanouir. Elle adressa un sourire radieux à Gaël, qui le lui rendit.

― Ta baguette a son petit caractère. Elle sera peut-être un peu difficile à manier mais si tu y arrives correctement, ça va dépoter ! Mais je suis sûre que ça ira, elle ne t'as pas choisi pour rien.

― C'est... pas plutôt l'inverse ?

― La baguette choisit le sorcier, Louise. Souviens-t-en.

― Comment vous faîtes, alors ? Pour savoir laquelle convient.

― C'est un secret, désolé !

Louise fit la moue. Tant pis, elle n'en saura pas plus. Elle régla le montant de son achat, et sortit rejoindre ses parents. La jeune fille les retrouva en admiration devant la vitrine de la Ménagerie Magique où l'on pouvait voir des énormes crapauds violets, un gros lapin blanc qui se transformait sans cesse en chapeau, ou encore une tortue à la carapace incrustée de pierres précieuses.

― Tu imagines, Louison ? Toutes les espèces que nous ne connaissons pas, que nous ne connaîtrons peut-être jamais ? C'est incroyable. Il y a encore tant à découvrir, déclara son père les yeux pétillants.

Dès qu'il s'agissait d'animaux, Gary Rosebury se transformait en un homme passionné qui ne demandait qu'à en connaître davantage pour assouvir sa curiosité. Il adorait son boulot, c'était certain, parfois même trop, parfois même au détriment de sa famille. Il passait énormément de temps dans sa clinique vétérinaire et avait certainement sacrifié trop de week-ends et trop de jours de congé pour ne pas admettre que son travail, c'était presque toute sa vie ; mais malgré tout, sa famille comptait énormément pour lui. Et aujourd'hui, sa petite fille chérie allait vivre loin d'eux, sans eux, dans un monde qu'ils ne connaissaient pas, et où tout restait à apprendre.

― Qu'est-ce qui reste sur ta liste, ma chérie ? questionna Juliette.

― Hum... Un chaudron standard en étain, taille 2, un télescope, une balance en cuivre, et une boîte de fioles en verre ou en cristal.

― Bien, alors direction l'apothicaire et les magasin de chaudrons, dit Neville Londubat.

L'apothicaire était rempli d'ingrédients dégoûtants tels que des cafards morts, des yeux de poissons ou encore du liquide gluant en fiole. L'endroit sentait vraiment mauvais, et ils ne s'attardèrent pas plus dans cet endroit lugubre. Le magasin de chaudron n'était pas mieux : le vendeur était un vieil homme bossu et grincheux qui détestait les enfants.

A la fin de la journée, le professeur Londubat invita les Rosebury à s'asseoir autour d'une table du Chaudron Baveur pour discuter de leur journée. Juliette et Gary s'étaient rendus compte, tout au long de cette après-midi, que leur petite fille allait appartenir à monde bien différent du leur, un monde dans lequel ils ne pourraient pas l'épauler sinon la soutenir, un monde où elle devrait se débrouiller seule, mais ils savaient qu'elle serait entourée malgré tout. Certes, ils avaient peur, mais ils étaient fiers, et ils ne pouvaient qu'accepter de la laisser partir pour qu'elle s'épanouissent pleinement à Poudlard.