TITRE : Stupide Gryffondor

GENRE : Romance, Drama

PLOT : Voldemort est aux portes de Poudlard. Harry se perd, parce qu'il n'y a pas d'autres issus, et la Mort l'accueille les bras ouverts. Les Ombres dansent autour d'Elle et Harry apprend ce que Dumbledore a fait. Il s'accroche alors à l'espoir de revoir Draco une dernière fois. Le conte parle de trois frères... Et le Temps passe.

PARING : Drarry bien sûr.

RATING : M, pour le drama

BÊTA : Aujourd'hui, c'est le site scribens qui m'a aidé à corriger cette histoire xD

DISCLAIMER : Les personnes ne m'appartiennent bien sûr pas, tout est à notre grande et respecté J.K. - Enfin, il y a quelques OC qui sont de moi, hm. Vous verrez en temps voulus.

NOTE : • Eh bien, bonjour pour ceux qui ne me connaissent pas, et re-coucou pour ceux qui me suivent sur d'autres fandoms. Je reviens à mon premier amour, le Drarry et le fandom HP, que j'avais abandonné il y a fort longtemps. J'avais envie de contribuer au Drarry français. Alors, après un gros moment de déprime, quatre jours d'intense travail et de sacrée crises de larmes, me voici donc ! Cette histoire est déjà écrite, j'attend vos impressions avec impatience ! ( Désolé pour l'ambiance, j'ai un petit soucis avec la Mort en ce moment. J'avais besoin d'extérioriser )

J'ai avancé la bataille finale ainsi que la naissance de Teddy d'un an. Parce que c'est mon histoire, et je fais ce que je veux. Na.

J'espère que cela vous plaira.

Bonne lecture ~ !


- Stupide Gryffondor - 1 -

Harry Potter leva son visage vers le ciel couvert et sombre en prenant une profonde inspiration.

On était enfin LE Jour. Le Jour où tout prenait fin, où Voldemort redevenait une bonne fois pour toute poussière, où la guerre, la mort et le désespoir s'essoufflaient enfin pour laisser place à l'espoir.

Le jeune sorcier ferma doucement les yeux pour se couper des combats qui faisaient déjà rage dans le parc de Poudlard, cherchant à trouver à l'instinct la présence de Voldemort. Mais il n'avait pas vraiment besoin de se concentrer, il le sentait sans même le vouloir : Le Lord Noir était à Pré-au-lard.

Se drapant de sa cape d'invisibilité, il fit taire sa culpabilité de ne pas profiter de la situation et lancer quelques sorts bien placés sur les mangemorts de faibles rangs qui s'en prenaient aux murs d'enceinte du château et aux élèves qui tentaient de le défendre. Il s'avança alors silencieusement.

Tout s'était précipité quelques mois plus tôt. À la fin de sa cinquième année, il avait perdu Sirius. Dumbledore l'avait laissé chez les Dursley malgré son deuil qu'il n'y pouvait faire. Puis son directeur était venu le chercher après un été douloureux et l'avait prit à part pour lui parler de sa récente découverte auprès d'un certain Horace Slughorn : les Horcruxes, ces amulettes de pure magie noire qui renfermaient des bouts d'âme de Voldemort. Dumbledore lui avait aussi expliqué ce que cela voulait dire pour lui et la guerre, ce qu'ils avaient donc à faire : les rassembler et les détruire. Harry avait voulu dans l'instant se jeter dans cette chasse, pour se défaire de la douleur de la perte de son parrain, mais son aîné avait refusé. Il lui avait dit que c'était peut-être son combat, ce n'était pas pour autant qu'il avait tout à faire seul.

Alors Harry avait accepté de rester calme pour sa sixième année, si Dumbledore le tenait au courant de l'avancée de sa chasse aux horcruxes, ce que le directeur avait accepté derechef.

Sauf qu'à peine s'était-il installé sur la confortable couchette du Poudlard Express, que son cœur s'était mis à saigner sous le peu de souvenirs désormais douloureux qu'il avait de son défunt parrain. Il n'arrivait même pas à dire son nom, c'était encore trop tôt. Alors il s'était plongé dans une quête bien étrange mais prenante : La surveillance rapprochée de Malfoy. Ce dernier avait eu un comportement plus qu'étrange dès la première minute qu'ils s'étaient vue en ce début d'année, comportement qui avait attiré l'attention du Survivant.

Il avait pisté chacun de ses gestes pendant un long moment jusqu'à ce qu'il tombe sur un Malfoy dévasté, pleurant silencieusement et sans pouvoir se retenir dans les toilettes de Mimi Geignarde, qui tentait tant bien que mal de le réconforter. Harry avait... Il n'avait pas su comment réagir. Pendant un fugace instant, il avait pensé utiliser un des sorts qu'il avait trouvé inscrit dans le livre de potion appartenant au Prince de Sang-mêlé qui l'aidait tant depuis le début de l'année.

Mais il n'avait pas pu.

Malfoy avait ensuite essayé de lui lancer un sort et Harry l'avait désarmé. Puis ils s'étaient regardés en chien de faïence, les larmes coulant toujours sur les joues du Serpentard sans qu'il n'arrive à les arrêter. Le voir pleurer avait... Ça avait ébranlé Harry, qui n'avait pu que le fixer, la baguette du blond en main et lui coupant la route vers la liberté que lui offrait le couloir.

Il avait lancé un sort de silence autour d'eux et avait alors demandé naturellement, comme à n'importe qui, ce qui se passait. Et Malfoy avait explosé, aboyant soudainement sur le fait que Harry, le sacro-saint Survivant, n'avait aucune idée de ce que c'était que de vivre constamment avec un couteau sous la gorge ; que le Grand Saint que tout le monde aimait, Sauveur des innocents, des veuves et des orphelins, ne pouvait s'imaginer et comprendre sa situation. Harry avait rétorqué aussi fort que lui que si quelqu'un pouvait comprendre ce que c'était que de vivre avec une putain d'épée de Damoclès enduite de venin de basilic au-dessus de la tête, c'était bien lui.

Ils s'étaient égosillés l'un contre l'autre, se crachant mutuellement les pires moments de leur existence pendant de longues minutes, comme une compétition puérile pour savoir qui avait la vie la plus minable, jusqu'à ce que le silence ne les cueille tous deux haletants, comme après une partie de Quidditch plutôt musclée. Malfoy avait alors fermé les yeux et s'était laissé glisser au sol en soupirant, et Harry l'avait rejoint, sous le regard triste d'une Mimi silencieuse qui veillait sur eux.

Le jeune Gryffondor, après ce coup d'éclat aussi violent que surprenant, s'était sentit vidé mais bien mieux. Et Malfoy, le regard perdu dans le vide, avait commencé à parler à voix basse, racontant son entrée forcée dans les rangs des mangemorts, qu'il n'avait pas les épaules, que le Lord Noir était totalement fou et qu'il n'avait pas eu le choix, que c'était la marque ou lui et sa famille mourrait, qu'il était au pied du mur, qu'il devait à tout prix faire ce qu'il lui avait ordonné ou sa mère serait torturé.

La tête de file du camps de la Lumière et le fils du bras droit de Voldemort étaient resté côte à côte de longues minutes silencieuses avant que Harry ne se lève, attrapant le bras de Malfoy. Sans lui laisser le temps de répliquer, il l'avait tiré à travers tout Poudlard pour atterrir dans le bureau du Directeur, qui les regarda arriver d'un air mi ravi de les voir ensemble sans qu'ils ne s'étripent, mi-inquiet ... Eh bien, de les voir ensemble dans son bureau. Sauf que quand Harry, sous le regard perdu d'un Malfoy silencieux, avait tout déballé au directeur, ce dernier avait hoché lentement la tête en déclarant doucement qu'il se doutait que c'était ce que Voldemort attendait du jeune Serpentard. Le Directeur, malgré les supplications du Survivant, avait alors fait venir Severus Snape dans son bureau.

Ce dernier et Harry s'étaient fusillé du regard avant que le directeur de Serpentard ne remarque son élève. Ce fut d'ailleurs à cet instant que d'un côté, le Survivant apprit que Snape était le parrain de Malfoy, et que ce dernier apprit le véritable camp de celui-ci - bien que Harry ait encore beaucoup de doute. Dumbledore avait expliqué la situation au professeur et ce dernier n'avait rien dit. Il n'avait pas pu, alors il avait pris sa baguette, l'avait pressé sur sa tempe et avait retiré un souvenir de sa tête. Les trois autres l'avaient regardé et avaient enfin réalisé la difficulté de la situation dans laquelle ils étaient embourbés, Snape lié à Narcissa Malfoy pour protéger Draco.

Un sort passa un peu trop près de Harry, le faisant sursauter et revenir à la dure réalité. Il aperçut un peu plus loin une mèche de cheveux blond pâle qu'il ne connaissait que trop bien et son cœur eu une embardée en voyant Draco se pencher pour éviter un sort rouge cuisant.

Malfoy avait été introduit aux membres de l'Ordre du Phoenix et avait balancé toutes les informations qu'il avait sur l'autre camp, déballant tout son sac puisqu'il savait désormais que Dumbledore et Snape allaient tout faire pour le protéger, bien qu'il soit trop tard pour la marque qu'il avait déjà. Dumbledore avait ensuite annoncé qu'il avait beaucoup de chose à faire pour battre Voldemort et que nombreux aurors allaient devoir être présent à Poudlard le temps qu'il quitte l'enceinte du château. Ainsi, Malfoy avait une bonne excuse pour ne pas le tuer tout de suite, tandis que Snape et lui chercherait le moyen le plus long pour réaliser ce que Le Lord voulait, soit infiltré Poudlard pour faire tomber le château, respectant ainsi le serment inviolable que Snape avait fait à la mère de Malfoy.

Les semaines étaient alors passées très vite, Malfoy s'étant proposé pour entraîner « ces abominables et pathétiques Gryffondors » aux sorts de magie noire, pour qu'ils soient prêts à y faire face. Ses camarades de Serpentard au courant de sa mission - donc ceux qui avaient eux aussi été introduit auprès du Lord - pensaient que les moments où il disparaissait lui servaient à travailler sur le plan qu'il devait faire pour son "Maitre" - alors que c'était Snape qui s'en occupait.

Par la force des choses, Harry et Malfoy avaient été obligés de se côtoyer beaucoup, et de plus en plus souvent sans Hermione et Ron, dont la perceptive d'une guerre sanglante à leurs portes avait rapproché d'un seul coup. Harry avait lui-même tenté quelque chose avec Ginny en début d'année, mais malgré sa maturité et le fait qu'elle savait parfaitement pour l'Ordre du Phoenix, la jeune femme restait encore innocente, ignorante de la réelle noirceur qui les entourait ; Et Harry n'avait pas voulu être celui qui aurait détruit ses rêves et attentes, ainsi que son adolescence en la plongeant au cœur de ses doutes quant aux combats qui se rapprochaient indubitablement.

Et alors qu'il avait repoussé la douceur des courbes généreuses de la jeune femme, Harry se retrouva à se perdre dans les muscles noueux et les membres fins de Draco.

Ils s'étaient assez rapprochés pour être plus que cordiales l'un envers l'autre. Puis un soir, après un entraînement qu'ils n'avaient passé qu'à deux, l'un s'était attardé, et l'autre en avaient fait de même. De seulement de quelques minutes, le temps de boire un verre d'eau pour se désaltérer, c'était passé à une heure, à restés tous deux silencieux, juste dans le calme, comme une pause au milieu de la tempête, le tout au coin du feu de la cheminée qu'avait fait apparaître la Salle sur Demande.

Puis enfin les discussions, maladroites pendant quelques instants, puis plus affermies. Le partage des mêmes craintes, des mêmes angoisses et de la même vision d'un futur qu'ils n'auraient sûrement pas quand tout cela sera terminé ; Mais aussi des mêmes envies, des mêmes rêves - ou presque -, de leur ressemblance de plus en plus perceptible. Des rires partagés, soufflés et bas, comme des secrets. Puis les secrets justement, des choses que ni l'un ni l'autre n'avaient jamais dit à personne se retrouvaient à être soufflés dans la pénombre agréable de cette salle si spéciale, comme en-dehors du temps, où tout le Dehors n'avait pas sa place à l'Intérieur. Ils n'étaient alors plus Serpentard et Gryffondor, ou Membre de la Lumière et Mangemorts, ni même Malfoy et Potter, mais Draco et Harry. Juste... Draco et Harry.

Le premier baiser qu'ils avaient échangé, c'était le Survivant qui l'avait initié. Il avait entendu des rumeurs dans les couloirs, comme quoi Malfoy avait eu une altercation plutôt musclée le matin même avec un membre de sa propre maison. Le soir venu, quand il était rentré dans la Salle sur Demande et avait trouvé Malfoy bien portant, le stress de cette journée, de toutes celles d'avant et de celles qui allaient suivre l'avait submergé et il s'était jeté sur lui sans réfléchir.

Les suivants... Il n'en avait aucune idée et s'en fichait totalement. Le terrain d'entraînement que leur offrait la Salle sur Demande s'était alors transformé sous les désirs de Malfoy et un lit avait accueillit leurs corpss enlacés et leur étreinte désespérée.

Le petit matin les avait trouvés blottis l'un contre l'autre en silence, partageant un dernier moment de douceur avant de retourner à leur sombre quotidien.

Mais ils étaient très vite retournés vers l'autre, semblant réussir à ne trouver le repos que dans les bras de son ancienne Némésis, auprès d'une âme aussi torturée que la leur, auprès de quelqu'un aussi conscient de la noirceur du monde et des peu de chances de survivre à cette guerre. Harry avait appris à aimer cette relation aussi étrange que cathartique, et même... Eh bien, il avait appris à aimer Draco.

Ils s'étaient peut-être rapprochés par le désespoir et s'étaient sans aucun doute accroché l'un à l'autre pour éviter de sombre, mais Harry se sentait désormais profondément lié au jeune homme, profondément éprit. Il avait osé le lui dire juste avant que la première vague d'attaque ne se fasse sentir aux abords de Poudlard. Ce n'était pas par hasard, il avait senti Voldemort approché. Alors il avait embarqué Draco dans une pièce vide et lui avait tout lâché. Le jeune homme l'avait alors embrassé avec toute la force du désespoir qui lui restait. Harry avait tout de même réussit à lui arracher la promesse d'être prudent sur-le-champ de bataille et de tout faire pour en sortir vivant.

Et pour le moment, Draco semblait s'en sortir, alors Harry se mordit violemment les lèvres pour se forcer à se détourner, envoyant une prière silencieuse à Merlin et Morgana pour le garder sauf. Parce que, s'il avait réussi à lui faire jurer de s'en sortir vivant, l'angoisse avait submergé Draco et le temps filant rapidement ne lui avait pas laissé l'occasion de lui demander de rendre la pareille.

De toute manière, Harry n'aurait pas pu tenir cette promesse. Il le sentait, il le savait.

Tout au long de l'année, dans le plus grand secret, Dumbledore avait tout fait pour rassembler les horcruxes et avait réussi, au détriment de sa santé qui s'était mis à décliner rapidement. Seulement trois jours plus tôt, il avait convoqué Harry dans son bureau pour ensuite l'amené, difficilement d'ailleurs, jusqu'à la Salle sur Demande où les attendaient tous les horcruxes. Le Directeur lui avait alors désigné le journal de Jedusor, qu'il avait déjà détruit, puis les autres : une bague défait de sa pierre ornementale, un médaillon qui avait appartenu à Salazar Serpentard, la coupe d'Helga Poufsouffle et le diadème mythique de Rowena Serdaigle. À ce moment, Harry s'était dit être bien content que Gryffondor ai caché son épée dans le Choipeaux, car aucun doute que l'arrogant Tom Jedusor aurait jubilé d'avoir détruit définitivement quatre reliques de quatre respectables et puissants sorciers pour créer des réceptacles "dignes" des bouts de son âme.

Dumbledore lui avait ensuite dit qu'il restait tout de même deux horcruxes encore inaccessibles à détruire : Nagini et Voldemort lui-même. Mais Harry avait bien senti qu'il y avait plus, que Dumbledore lui cachait quelque chose au vu du regard triste que le Directeur avait posé sur lui à cet instant. Mais le sorcier s'était rapidement détourné et avait mis en place un rituel ancien, perdu et interdit, de Destruction de Magie. Lors de l'application d'un sort, la Magie produisait la force nécessaire pour faire l'accomplissement voulut puis retournait à la Nature. Ce rituel était interdit parce qu'au lieu de libérer la magie pour qu'elle retourne à la Nature, elle était véritablement détruite, une perte pure et simple de Magie, vide qu'on ne pouvait jamais plus combler. Dumbledore trouvait que c'était le meilleur moyen de tous les détruire en même temps.

Le Directeur l'avait fait venir pour être sûr que tout se passerait bien et surtout pour être sûr que les horcruxes allaient être détruit. Il lui avait donné un vif d'or en déclarant que Harry allait devoir être aussi concentré durant le rituel que pendant une partie de Quidditch. Le jeune homme n'avait pas compris pourquoi cette étrange déclaration, mais avait bien sûr accepté le cadeau avec un hochement de tête.

Puis le rituel avait commencé. Les runes peintes sur le sol s'étaient illuminées alors que Dumbledore s'était mis à psalmodier d'une voix comme d'outre-tombe, sa baguette luisant doucement d'une lueur bleuâtre. Peu à peu, le Survivant s'était mis à entendre les murmures des horcruxes, les murmures de douleur et de rage des bouts d'âmes de Voldemort provenant des reliques qui, peu à peu, avaient été entourées de brume noire. Les runes étaient devenues presque trop lumineuses pour être regardées et l'un après l'autre, les horcruxes avaient étés détruits.

Malheureusement, Dumbledore avait commencé à faiblir et sa baguette s'était mit à fumer et lui brûler la main. Incapable d'avancer, car en dehors des runes, Harry avait dû observer, impuissant et démunis, son professeur hurler de douleur alors que sa main partait en lambeaux. Ne sachant que faire, Harry n'avait pu que dégainer sa propre baguette et lancer un puissant Expelliarmus.

Ça avait eu pour bon effet d'arracher la baguette des mains du Directeur pour que Harry la rattrape, Dumbledore s'étant ensuite écroulé au sol, inconscient. Les runes avaient doucement cessé de luire et Harry s'était précipité pour vérifier que les horcruxes étaient bien détruit. Mais il n'avait pas besoin de vérifier, il le savait, il les avait "senti" être détruit. Alors il s'était approché de Dumbledore et avait malheureusement constaté qu'il était inconscient. Il avait réussi à l'amener à l'infirmerie et Pomfresh s'était rapproché rapidement en voulant savoir ce qui s'était passé pour que le directeur se retrouve dans cet état. Harry n'avait rien pu dire, si ce n'était qu'il avait agi pour "le plus grand bien".

Il avait senti les horcruxes être détruit. Il les avait senti comme s'il était lié à Ces Choses. Et la nuit d'après, après une énième vision grassement envoyée par Voldemort, Harry s'était réveillé tremblant et sanglotant dans les bras rassurants de Draco, qui lui caressait doucement les cheveux et le dos pour le calmer. Mais Harry avait compris à cet instant. Il avait compris à ce moment-là que s'il avait si bien sentit la présence de Voldemort dans les bras de Queudver durant sa quatrième année alors qu'il ne le voyait même pas, s'il avait senti la destruction des Horcruxes aussi précisément, s'il avait un lien si étrange mais profond avec le Lord Noir... C'était parce qu'il en était un. Il était lui-même un Horcruxe, il avait un bout de Voldemort en lui.

Draco ne lui avait pas demandé la raison de ses vomissements cette nuit-là, et jamais Harry ne pourrait l'en remercier à sa juste valeur.

Et seulement le lendemain, la nouvelle de Dumbledore impuissant, dans un coma magique profond à l'infirmerie de Poudlard avait filtré et Voldemort avait abandonné le plan de Draco/Snape - plan qui consistait à faire entrer les mangemorts dans Poudlard même via des armoires communicantes - et avait plutôt décidé d'attaquer l'école de Magie pendant que le si respecté Directeur n'était pas en état de renforcer les protections du château.

Et ils en étaient là.

Harry n'avait eu que deux petits jours pour se faire à l'idée que pour détruire définitivement Voldemort, il devait mourir. La veille, sentant la jubilation du Lord, il avait pris à part Hermione et Ron pour leur dire que, s'il mourait sur le champ de bataille, ils devaient tout faire pour tuer Voldemort. Il ne leur avait pas expliqué les Horcruxes, seul le Directeur, lui et Draco savaient, même si le jeune Serpentard ne savait pas pour... "l'état", la condition de son amant. Les deux Gryffondor avaient hurlé que Harry n'allait pas mourir et le jeune homme les avait regardés avec tendresse.

Ses amis étaient toute sa vie, c'était pour eux, leur bonheur, leur sécurité qu'il faisait tout ça. Pour eux, et pour son filleul qui était né seulement un petit mois plus tôt, fils de Remus et Nymphadora.

Il avait ensuite pris Draco à part, lui disant qu'il fallait qu'il s'occupe de Nagini, qu'elle était le "dernier" Horcruxe en plus de Voldemort lui-même. Le Serpentard lui avait affirmé qu'il s'en occuperait, lui ou quelqu'un d'autre, mais que ce serpent de malheur serait détruit coûte que coûte.

Harry arriva enfin à Pré-au-lard. Le village était définitivement rasé, et Voldemort trônait sur ce qui avait été la Grande-Rue du petit village comme un conquérant, observant de loin les explosions aux abords du château.

Le jeune homme prit quelques instants pour le regarder et son cœur tomba dans son estomac. Il n'avait pas vraiment de regrets quant à sa vie, ou si peu. Que Malfoy soit un parfait crétin par exemple. Un crétin raciste et idiot qui n'avait reconnu la valeur de son amie Hermione que deux pauvres semaines plus tôt, quand elle lui avait cloué le bec avec un sort assez puissant pour contrer un sort de Magie noire. Qu'il n'ai pas accepté la main tendue du petit futur Serpentard de onze ans, il aurait pu le faire changer bien avant... Qu'ils aient été tant aveuglé par leur haine, qu'il ai eu à rencontrer Malfoy en temps de Guerre.

Peut-être se seraient-ils trouvés bien plus tôt dans d'autres circonstances, un autre univers. Il n'avait que des regrets concernant Draco, mais se sentait tout de même privilégié d'avoir pu connaître un peu de bonheur dans ses bras.

Harry se dissimula derrière des ruines fumantes et se laissa glisser au sol en fermant les yeux. Il inspira doucement par la bouche pour éviter que l'odeur de mort et de désolation ne le prenne à la gorge. Mais même s'il ne respirait pas par le nez, l'odeur était insoutenable et il dut se contrôler au maximum pour ne pas vomir. Ses mains tremblaient en tenant ses deux baguettes, la sienne et celle de Dumbledore. Depuis que ce dernier était à l'infirmerie, le jeune homme n'avait pu se résoudre à laisser sa baguette auprès du comateux, et l'avait donc gardé avec lui. Ce fut une agréable surprise de découvrir que la baguette lui répondait parfaitement, comme si elle était la sienne. Avant de comprendre qu'il allait devoir mourir pour tuer Voldemort, il s'était mis en tête de l'affronter avec cette même baguette pour éviter que les bouts de bois jumeaux ne rentrent en résonance, comme ça avait le cas dans le cimetière au retour du Lord Noir.

Maintenant, ça ne servait plus à rien.

Il soupira profondément en sortant de sous sa cape. Avec un sort que Hermione lui avait appris, il pointa sa cape d'invisibilité de la baguette de Dumbledore et la renvoya à Poudlard, près du Directeur. Il était hors de question que les mangemorts ne mettent la main sur son bien le plus précieux.

Il resta quelques secondes immobile, le dos pressé contre les pierres froides d'un établissement éventré qui avaient été il y a bien longtemps les Trois-Balais. Pour se donner du courage, il sortit le vif d'or que Dumbledore lui avait offert peu avant le rituel. Il l'avait souvent observé, tourné dans ses doigts, joué avec, et c'était étrangement une des choses, en plus de Draco, qui réussissait à le calmer ces derniers jours. Il avait vu la gravure sur le vif bien sûr, et avait été surpris de découvrir que les petites boules volantes pouvaient s'ouvrir.

Incapable de se résoudre à faire face à sa propre mort aussi tôt, il laissa le désespoir le submerger quelques instants et ferma brutalement les paupières en serrant le vif d'or dans ses mains. Comme si ce petit objet allait être capable d'aspirer toute sa peine hors de lui pour ne laisser que le courage Gryffondorien qui était sensé le représenter, afin qu'il puisse aller faire face à sa mort.

- Putain, je vais mourir... Murmura-t-il, comme s'il n'en prenait conscience que maintenant.

Un mouvement dans ses mains le fit sursauter et il baissa le regard sur le vif d'or. Devant ses yeux perdus et brumeux, la petite balle volante tressauta de nouveau et s'ouvrit doucement, comme une fleur au petit matin prête à accueillir les rayons du soleil. À l'intérieur de cette toute petite chose, une pierre plate, aussi noire que les abysses. Tremblant un peu, le jeune homme fit basculer la pierre dans ses mains pour l'observer. Pourquoi Dumbledore avait-il caché ceci dedans ? Harry l'observa sous toutes les coutures, elle était toute petite et si froide dans le creux de sa main, gravée d'un cercle dans un triangle, le tout fissuré. Étrangement, ce drôle de symbole lui disait quelque chose, il l'avait déjà vu quelque part.

Sachant que c'était quelque chose d'important, puisque Dumbledore lui avait fait parvenir cette pierre sans en avoir l'air et dans le plus grand secret, Harry fouilla rapidement sa mémoire en la faisant tourner dans ses doigts. Mais rien ne lui venait, il n'arrivait pas à se sortir de l'esprit que malgré son entêtement, il allait très vite rejoindre ses parents et Sirius. Le jeune homme baissa de nouveau les yeux vers la pierre quand cette dernière se mit à devenir encore plus froide, lui piquant la peau. Il observa attentivement la pierre luire doucement d'une couleur glaciale avant qu'une brume ne s'échappe doucement d'elle. Il paniqua un instant, se disant que ça allait définitivement attirer l'attention sur lui ; mais très vite, toutes pensées logiques quittèrent son esprit quand apparu devant lui son père, sa mère, Sirius et-

- Non, pas toi Remus... Haleta Harry d'une petite voix serrée.

Le père de son filleul lui fit un petit sourire triste, comme désolé que le jeune homme apprenne sa mort récente de cette manière. Le regard du survivant glissa sur ses parents, sur Sirius et son cœur se retrouva à battre doucement de soulagement. Un sourire éclaira ses traits alors que Lily s'approchait et s'accroupissait devant lui pour caresser doucement sa joue. Il soupira en fermant à demi les yeux, sentant presque les doigts de sa mère sur sa peau. James se rapprocha aussi et lui tendit la main vers lui.

- Il faut y aller, fils.

Harry perdit son sourire et se redressa.

- Je suis désolé, mon cœur, lui souffla l'apparition spectrale de sa mère.

Le jeune homme hocha doucement la tête. Il ne voulait toujours pas y aller, mais il était enfin en paix avec cette idée. Et puis, il n'était pas seul pour faire face à Voldemort. Alors il ferma les yeux une seconde pour prendre une grande inspiration et, la baguette de Dumbledore dans une main et cette étrange pierre qui avait fait venir à lui les personnes décédées les plus importantes de sa vie dans l'autre, il quitta les ruines dans lesquelles il s'était caché et s'avança, le pas sûr. À ses côtés et derrière lui, les siens, qui le soutenaient et le cœur léger, Harry fit enfin face à son destin.

Quand il arriva en vue de Voldemort et de ses troupes, ce dernier se mit à rire de lui et de sa vanité à vouloir lui faire face seul, comme s'il avait une seule chance. Mais Harry n'en avait aucune, il s'en fichait. Il laissa discrètement tomber la pierre à ses pieds et quand Voldemort leva sa baguette vers lui après un discours que Harry n'avait aucunement écouté, il laissa la baguette de Dumbledore tomber elle aussi dans la poussière de la terre noircie.

Le sort de Mort l'atteint à la poitrine et le jeune homme se sentit tomber.

Ça y est. Il était mort.

Noir.


Eh bien voilà pour ce début. Toute atteinte à l'intégrité physique de la scribouillarde est fortement déconseillé si vous voulez une suite ! - Qui sera posté... Lundi prochain. Je répondrais à vos reviews le plus rapidement possible, je vous le promets.

À lundi prochain :)

xoxo, 'Win

P.S : Pour ceux qui me connaissent, vous savez où me trouver depuis le temps ;) Pour les autres si cela vous intéresse, je suis disponible par mail : plume POINT eowin AROBAZEUUUUUH gmail POIIIINT com, sur ma page FB où je poste des bêtises, des photos, des teases, tout ça « La plume d'Eowin », ainsi que sur twitter « Eowinmp » :)