Le Pouvoir de la Volonté

Note : Après avoir vu le film X-Men Apocalypse que j'ai vraiment adoré, presque autant que le Commencement, j'ai eu cette idée de fanfiction. Donc, attention spoilers !

C'est AU. A la fin d'Apocalypse, juste après être reparti de Westchester, Erik est propulsé quelques semaines en arrière, le jour de la mort de Magda et Nina mais un peu avant le drame.

Petits changement : Je me suis arrangé avec le temps et Erik et Charles ont respectivement 40 et 38 ans et se sont rencontré dans le commencement à 24 et 26 ans. Je préfère de loin les savoir jeunes, désolée !

Je vous annonce tout de suite que j'introduirai dans cette fic deux personnages AU importants.

Bonne Lecture,

Guepard54

XM-XM-XM

Erik comprit instantanément que quelque chose avait changé. Il n'était passé dans aucun tourbillon, aucune tempête ne l'avait frappé et pourtant, il était certain d'être en train de remonter la cinquième avenue une seconde plus tôt. Et voilà qu'il se retrouvait à nouveau dans la maison forestière, en Pologne. Regardant autour de lui le manipulateur de métal constata qu'il était en train de faire sa valise. Il comprit alors que dans cet univers, Nina et Magda n'étaient pas encore décédées. Ses yeux gris prirent alors un éclat dur comme l'acier. S'il avait un mot à dire sur son propre destin, sa famille ne mourrait pas aujourd'hui, il se le promettait.

« Henryk ! »

Sa femme revint en courant dans leur chambre.

« Henryk ! Nina n'est pas dans sa chambre. »

Les minutes suivantes furent très floues dans l'esprit d'Erik, tellement il était concentré sur son seul et unique objectif : ne pas laisser ses filles être les victimes de ses propres fautes.

Le temps passa à toute vitesse dans la forêt et soudain, Nina était là, entourée des mêmes hommes en uniforme que la première fois.

Ces derniers se tournèrent vers Erik d'un air sévère.

« Henryk Gursky ? Ou devrais-je dire Erik Lehnsherr ? », questionna l'un d'eux en lui montrant un journal vieux de plus de neuf ans qui montrait Magnéto à Washington. « Des ouvriers ont été témoins de vos agissements à l'usine aujourd'hui. Vous allez nous suivre et répondre à nos questions. »

Erik déglutit légèrement, jeta un rapide coup d'œil à Magda, qui semblait au bord des larmes, avant de contempler le visage de sa fille de huit ans et ses grands yeux noirs qui le regardaient d'un air suppliant.

« D'accord. », répondit-il, en s'avançant lentement. « Je viens avec vous. Mais vous laissez ma fille rejoindre sa mère. S'il vous plait. »

En cet instant, il eut une pensée pour son meilleur ami. Charles, le pacifiste, aurait pu être fier de lui. Surtout s'il réussissait à sauver sa famille avec cette approche.

L'un des policiers, méfiant, lui fit signe de commencer à avancer en douceur tandis qu'un second renvoya Nina vers sa mère. Retrouver la sécurité maternelle ne calma pas pour autant la fillette. Des cerfs, des chouettes et autres animaux commencèrent à affluer dans la clairière. Il entendit sa femme tenter de calmer leur fille et ses émotions, en vain.

Un instant, Erik ferma les yeux sous le coup du souvenir douloureux. Le cauchemar allait recommencer. Encore. D'ailleurs, un des policiers avait son arc en main.

Puis le manipulateur de métal sentit des vibrations étranges et il rouvrit les yeux.

« C'est extraordinaire ! »

L'exclamation venait d'un policier en train de caresser la tête d'une biche. Erik regarda tout autour de lui, estomaqué. Il y avait toujours les policiers, sa femme et sa fille, mais l'arc avait disparu et les hommes ne les regardaient plus, lui et sa famille, d'un air méfiant. Au contraire, ils semblaient ébahis.

Celui qui caressait l'animal se tourna vers Erik avec un sourire chaleureux.

« Vous avez une petite fille formidable. »

Un à un, ils s'excusèrent et se dispersèrent, laissant Erik seul avec sa fille et sa fille. Joanna affichait un air immensément soulagé et Nina courut vers lui. Erik la serra fort, extrêmement soulagé. Il en aurait ri aux éclats. Sa famille était sauve. Bien qu'il pressente au fond de lui que ce n'était pas tout à fait de son fait.

Il porta Nina, passa un bras autour des épaules de Magda et tous trois commencèrent à regagner leur demeure.

Mais soudain, ressentant une présence derrière lui, il arrêta sa femme et se retourna lentement, son esprit en ébullition. L'échauffourée s'était peut-être mieux terminée que la dernière fois mais cela ne voulait pas dire qu'il ne protègerait pas sa famille à tout prix.

Il fronça les sourcils en apercevant à quelques mètres de lui une fillette qui ne devait pas avoir plus de sept ans. Ses longs cheveux chocolat-noisette s'emmêlaient à vue d'œil dans la brise nocturne et elle semblait geler sur place, pieds nu et vêtue d'une simple chemise de nuit.

Erik n'abaissa pas sa garde. Ce pouvait être un piège. Pourtant, malgré lui, l'éclat de ses bleus profonds lui rappelait quelqu'un et lui inspirait également confiance.

Passant Nina à sa mère, il s'avança lentement vers l'inconnue.

« Que fais-tu ici ? Tu es perdue ? »

Il tendait les mains vers elle, à la fois pour ressentir le métal sur elle mais également en signe de paix. De cette façon, il espérait ne pas l'effrayer et en même temps pouvoir la contrôler s'il y avait un problème.

Il se figea en entendant une nouvelle voix, claire et féminine.

« Kelsie ? Kelsie, où es-tu ? »

Erik se redressa en entendant les pas légers de la nouvelle arrivante et concentra toute son énergie sur le tout métal présent dans la clairière. Juste au cas où.

Devant lui, la fillette se retourna vers la nouvelle voix et trois secondes plus tard, était enlacée par une femme qui devait être sa mère. Blonde, fluette et à l'image de sa fille, en tenue de nuit.

« O, Kelsie, tu sais que tu ne dois pas faire cela à tout va. Et je sais que ce n'est pas un accident. Tu… »

La jeune femme s'interrompit en apercevant l'Allemand et ses yeux s'écarquillèrent, comme si elle pressentait le danger réel. Elle se releva et se plaça devant sa fille, ses yeux verts émeraude écarquillés de peur.

« Qui êtes-vous ? »

« Je pourrais vous retourner la question. », fit Erik d'un ton ferme mais calme. Cette femme et sa fille ne semblaient pas représenter un danger pour lui et sa famille, mais quelque chose lui disait que…

A peine avait-il fait trois pas vers les inconnus qu'un bouclier invisible mais suffisamment puissant pour être simplement ressenti se dressa entre eux. Il provenait de la femme.

Erik comprit alors que les étrangères étaient comme lui et Nina.

Comme précédemment, il tendit les mains avec apaisement. Tout en laissant une partie de son cerveau sur ses gardes. Des mutants, c'était un autre adversaire que de simples humains. Y compris à un jeune âge.

Erik entendit alors un bruissement derrière lui et jeta un coup d'œil. Magda avait reposé Nina et s'avançait vers eux.

« Mon mari ne vous veut aucun mal. », fit-elle en se plaçant à côté de lui et en prenant sa main. « Nous rentrons simplement chez nous. »

L'étrangère les fixa avant de poser un regard moins affolé vers Nina.

Erik se contracta et ressentit le métal une nouvelle fois, mais sa femme serra leurs mains jointes pour l'inciter au calme. Elle n'avait pas tort, se résonna-t-il, jusqu'ici l'inconnue n'avait fait que se protéger.

« Ma femme a raison. », intervint-il. Magda l'encouragea d'un petit sourire. « Vous ne craignez rien. Si ce n'est une pneumonie. », conclut-il d'un air inquiet en désignant la fillette aux yeux bleus perçants.

Les lèvres de cette dernières arboraient une teinte violette inquiétante. Une seconde plus tard, elle s'effondraient sur le sol.

« Kelsie ! »

Sa mère se précipita vers elle et, ce faisant, le bouclier s'effaça.

La blonde se releva, elle-même chancelante, sa fille à la limite de l'inconscience dans les bras.

Décidant qu'il valait mieux rentrer au chaud, Erik prit les choses en mains et alla jusqu'à elle. Il prit la fillette qui ne pesait rien dans ses propres bras, doucement, tandis que sa femme soutenait l'inconnue, Nina marchant à côté d'elles.

Vingt minutes plus tard, ils étaient de retour au chaud. Erik se dépêcha à allumer le feu dans la cheminée tandis que Magda et Nina s'occupaient d'installer les étrangères dans les fauteuils les plus confortables et de leur apporter des couvertures.

La blonde accepta avec beaucoup de reconnaissance en fond des yeux. Des flammes commencèrent à apparaître au moment précis où Erik se tournait vers sa fille.

« Mein Liebling, tu dormiras avec nous ce soir, afin de laisser ta chambre à nos invités. Aïe ! »

Erik s'aperçut alors qu'il s'était brûlé. Rien de grave, s'il appliquait du froid sur la blessure naissante.

« Je vais chercher de la glace ! », s'exclama Magda en se précipitant vers la cuisine.

« Inutile ! », réagit la blonde, faisant un geste de sa main vers Erik. La seconde suivante, la brûlure avait disparu.

Le manipulateur de métal passa sa main au crible. Rien. Aucune trace. Guérison instantanée. Il remercia la jeune femme d'un signe de tête et cette dernière sourit timidement, tandis que l'homme s'installait en face d'elle.

Un instant plus tard, Magda revint de la cuisine avec trois tasses de café et deux de chocolat chaud. Nina se précipita sur la sienne avant de retourner jouer sur le tapis avec Sushi, le lièvre adopté. L'inconnue aida quant à elle sa fille à boire avant de la recouvrir et de la laisser se rendormir.

Puis elle retourna à sa place précédente, face à Erik et Magda. Ils burent quelques gorgées en silence avant que l'homme ne le rompe.

« Nous ne nous sommes pas présentés. Je suis Henryk, et voici ma femme Joanna et ma fille Nina. »

« Je m'appelle Elisa et c'est ma fille, Kelsie. » se présenta-t-elle à son tour. Puis, se tourna vers Magda. « Vous êtes humaine, n'est-ce pas ? »

A çà, Erik se rapprocha de sa femme et passe un bras protecteur derrière ses épaules. Il se sut légèrement hypocrite, mais cette période de sa vie était finie, maintenant que Magda et Nina étaient vivantes.

« Il y a un problème ? », sa voix avait la dureté de l'acier mais les yeux d'Elisa s'adoucirent.

« Je n'avais pas l'intention de vous offenser. Mon mari est lui-même un fervent défenseur de la coexistence pacifique entre mutants et humains. »

Intérieurement, Erik sourit. Cela pourrait ressembler à ce que dirait Charles Xavier. En fait, c'était exactement les termes qu'il emploierait.

« En effet. », répondit-il plus calmement. « Quand à moi, je manipule le métal », il fit léviter la cafetière pour remplir sa propre tasse « et ma fille Nina communique et interagit avec les animaux. »

Les regards des adultes se tournèrent vers ladite fillette et le lièvre qui fait des cabrioles à présent. Puis Erik continua :

« Vous pouvez guérir et protéger, c'est bien cela ? Et qu'est ce que Kelsie peut faire ? »

Il n'avait même pas fini sa phrase qu'il remarqua la nervosité de leur invitée, qui jetta un regard à la forme allongée sur le fauteuil.

« Vous n'allez pas nous faire croire qu'elle est humaine. J'ai ressenti son pouvoir avant même de la remarquer. », persista Erik devant son silence agité. Magda posa une main sur celle de son mari. « Erik, peut-être vaudrait-il mieux… »

« Non. », coupe l'étrangère. Ses yeux émeraude fixent intensément le manipulateur de métal.

« Mais je n'aime pas discuter de son pouvoir avec des étrangers. »

Elle se leva et souleva sa fille avant de se rasseoir sur le fauteuil, Kelsie endormie sur ses genoux. Elle ne quitta pas le couple des yeux, ses doigts emmêlés dans les cheveux chocolat-noisette.

« Pourquoi ? », ce simple mot n'en était pas moins extrêmement peu avenant dans la bouche de l'Allemand.

Elisa soupira avant de plonger son regard dans le sien.

« Comme beaucoup de dons liés au psyché, à l'instar de la télépathie par exemple, son don fait peur, y compris aux autres mutants. »

Un rictus amer se forme sur ses lèvres lorsque le manipulateur de métal appela à lui le casque laid et poussiéreux qui reposait sur la cheminée. Néanmoins, Erik hésita à l'enfiler. La fillette était endormie et que cela, une petite fille encore plus jeune que Nina qui ne méritait pas qu'on lui fasse du mal. Cela ne l'empêcha pas de douter et de regarder à présent Elisa et Kelsie avec méfiance.

« De quel droit osez-vous insinuer… ? », gronde-t-il.

A présent, même Nina et son lièvre s'étaient arrêtés de jouer.

Mais Elisa ne se fâcha pas et se contenta juste de serrer davantage sa fille et de lui répondre avec un petit sourire triste.

« Mon mari est télépathe, alors je peux vous dire qu'il sait exactement ce que pensent les autres à son égard, y compris les mutants. »

Cela rappelle à Erik son amitié avec Charles. Tous les moments qu'il a passé à penser : 'Je te conseille de rester hors de ma tête' lui reviennent en mémoire comme autant de preuves de sa propre hypocrisie. Il déglutit lentement. Il sait qu'Elisa a raison mais il lui est impossible de l'admettre à voix haute. Ce serait comme admettre toutes ses propres fautes et les souffrances qu'il a infligées à Charles au nom de la Cause mutante. Souffrances qu'il sait totalement injustifiées et auxquelles il pense souvent avec remords depuis qu'il a réussi à se bâtir finalement une vie paisible. Bien sûr, il sait que Charles n'est pas non plus un saint mais son ami a toujours été le plus modeste des deux et surtout le plus pacifiste. Erik sait que Charles sera toujours meilleur que lui moralement parlant mais n'en fera jamais étalage ni ne le forcera à quoi que ce soit. Et c'est pourquoi que, quoi qu'il advienne, il conserve à son égard une tendresse amicale.

Un silence pas vraiment inconfortable s'installa avant que la voix douce de Magda ne retentisse à nouveau.

« Peut-être que vos explications pourraient cependant nous aider à comprendre son don. »

Elisa tourna son regard vers elle et se vit en elle. Elles étaient toutes deux mères et savaient ce que cela représentait. En outre, si Erik l'intimidait quelque peu, elle sentait qu'elle pouvait avoir une totale confiance en sa femme. La main dans les cheveux de Kelsie s'immobilisa et elle prit une grande inspiration.

« Son pouvoir est presque sans limite. Il se base uniquement sur sa volonté. Et il ne s'agit pas de simples illusions. Tout ce qu'elle veut devient réel. Elle peut changer le fond et la forme de toutes choses, y compris des êtres vivants. Changer les apparences, les caractères, les pensées. Déplacer une ville ou un continent. Redessiner un objet ou un bâtiment. C'est un peu comme si elle bâtissait à chaque fois une nouvelle réalité. »

Erik acquiesça, pensif.

« Et une même personne qui serait présent dans deux réalités aurait conscience des différences ? »

Elisa se tourna vers lui, frottant ses deux palmes contre l'autre d'un air anxieux.

« Non, je ne crois pas, cela n'est encore jamais arrivé. »

Erik s'attarda sur cette réponse. Alors pourquoi se souvenait-il de la réalité précédente, où ils avaient abattu Apocalypse tandis qu'il atterrissait dans celle où sa famille était encore vivante ? Car, il en était sûr à présent, c'était Kelsie qui avait changé le cours des choses. Mais pourquoi ses souvenirs…

Son regard incertain se posa alors sur le casque entre ses mains. Cela pourrait avoir un rapport avec le fait qu'il avait l'habitude de se protéger des intrusions télépathiques… Il lui faudrait creuser la question.

Tout d'un coup, son attention retourna sur la discussion de Magda et Elisa.

« Ce n'est pas toujours facile de gérer quelqu'un avec des pouvoirs étendus. Mais n'hésitez surtout pas à me dire si vous ressentez le moindre inconfort ou la moindre anomalie. Entre son père et elle, j'ai l'habitude. », disait cette dernière.

Erik redressa la tête brusquement.

« Lorsque vous dîtes 'gérer', vous voulez dire 'brider' ? »

Son ton polaire fit sursauter la jeune femme blonde.

« Pourquoi ? Vous osez penser que je la maltraite ? », rétorqua-t-elle pourtant, en le fixant intensément. « C'est ma fille ! Mais c'est aussi une mutante très puissante et je dois faire ce qu'il faut pour la garder en sécurité. Vous ne savez pas ce que c'est de vivre en permanence sur le qui-vive en attendant que vos amis ou vos voisins décrètent un jour que votre fille est un monstre qu'il faudrait enfermer parce que même ses pairs la juge trop dangereuse. »

« Ne présumez pas trop vite ce que vous ignorez. », marmonna-t-il entre ses dents d'un air dangereux. La seconde suivante, Joanna prit sa main dans la sienne pour l'apaiser.

« Il est déjà très tard, nous ferions mieux d'aller tous nous coucher. », proposa sa femme, se levant avec calme.

La blonde acquiesça, exténuée, tandis qu'Erik quittait la pièce, Nina dans ses bras, avec une expression renfrognée.

« Je suis désolée ! Notre présence vous cause beaucoup d'embarras. Je n'aurais pas du réagir comme cela. C'est impoli et… »

Magda remarqua l'expression d'immense détresse de leur invitée et la manière dont elle se tordait les mains. Elle lui posa une main douce sur l'épaule.

« Ce n'est rien, mon mari a été un peu inconvenant. Il a eu un passé difficile et il a parfois des réactions excessives. Tout va bien, vous êtes en sécurité ici, Elisa, et vous pouvez rester comme vous voulez. »

Les larmes ruisselaient sur le visage très pâle mais reconnaissant.

« Oh non, nous partirons dès demain. Nous ne voulons pas déranger… »

Magda secoua la tête.

« Sottises ! Savez-vous seulement où aller ? Erik peut être indélicat mais il n'est pas sans cœur, il sera d'accord avec moi. Je vais vous conduire dans la chambre de Nina, venez. »

L'humaine guida la blonde qui avait pris Kelsie dans ses bras. Cinq minutes plus tard, elle refermait la porte derrière elle, laissant la mère et la fille s'installer confortablement, tandis qu'elle-même regagnait la chambre conjugale.

Erik l'attendait, Nina endormie à ses côtés. Magda soupira.

« Je crois bien que tu as mis notre invitée au bord de la crise de nerfs. »

Ce n'était pas tout à fait un reproche et Erik décida qu'il ne voulait pas se fâcher avec son épouse, d'autant plus avec leur fille présente dans la pièce.

Gardant les yeux fixés droits devant lui, il lui répondit néanmoins d'un ton calme et neutre.

« Je ne comprends pas comment l'un des nôtres peut brider son propre enfant. Il n'y a pas de mots pour… »

Magda vint le rejoindre et lui caressa doucement la joue.

« Peut-être que tu verrais les choses autrement si tu pensais que Nina peut être dangereuse sans même le vouloir ou si nous ne pouvions pas avoir une vie normale du fait de son pouvoir. »

Magda enlaça son mari par le coup et frotta son front contre le sien, sachant que le grand méchant loup allait céder devant tant de tendresse. Une minute plus tard, il soupirait :

« Que ferais-je sans vous, mes chéries ? »

« Et un hourra pour le retour du bon gros nounours ! », le taquina-t-elle en souriant contre ses lèvres.

Pour tous ses défauts, Erik ne pouvait pas nier son cœur. Il était peut-être très froid avec les inconnus mais dès qu'il acceptait de laisser les gens entrer dans sa vie, il se battait jusqu'au bout pour eux. C'est pourquoi Magda ne doutait absolument pas de la réussite de cette cohabitation. Elle sentait déjà que Nina et Kelsie allaient devenir de très grandes amies et que le reste suivrait.

Elle s'endormit donc confiante et comblée dans les bras de son mari. Erik resta quant à lui un long moment allongé dans l'obscurité, plongé dans ses pensées.

XM-XM-XM-

Une onde fugitive, comme l'écho d'une présence dans son esprit la réveilla.

« Papa ? »

Kelsie se redressa et regarda autour d'elle. Elle se trouvait dans une chambre inconnue, sa mère profondément endormie à côté d'elle.

Elle était pourtant sûr d'elle l'avait senti dans son esprit. Aussi vivement qu'il y a quelques mois à peine, lorsque ses parents et elle menaient encore une vie paisible et insouciante. Tous les trois. Ou du moins, tous les trois, heureux au milieu des autres élèves et professeurs.

C'était la première fois depuis qu'Il l'avait pris qu'elle le percevait. Son esprit criait vers elle. Mais elle ne le reconnaissait pas, pas complètement. Ce nouvel esprit - qui était pourtant bien celui de son père, elle pouvait le certifier – paraissait plus sombre, plus puissant et plus menaçant.

Onslaught, son propre esprit lui murmura ce nom comme s'il avait une quelconque signification. Puis une nouvelle attaque mentale, et une autre encore comme quelqu'un qui chercherait quelque chose ou quelqu'un sans répit.

« Papa ! »

Son esprit retranscrit le sanglot mental pourtant l'intensité de l'esprit étranger ne diminua pas, balayant tout sur son passage.

Alors, les larmes aux yeux et à regret, Kelsie commença à dessiner une nouvelle réalité, à peine différente de celle-ci pour échapper à l'emprise maléfique et protéger les siens. Une nouvelle fois. Sa mère n'avait pas besoin de le savoir, songea-t-elle avec un pincement au cœur.

Et peut-être qu'un jour, lorsqu'ils l'auraient enfin libéré, ils redeviendraient une vrai famille.