Auteur : Epsylon
Genre : Drama, angst, romance…
Résumé : Brian se demandait combien de temps passerait avant qu'ils ne deviennent de parfaits étrangers l'un pour l'autre.
Rating : M pour être sûr. Brian et Justin, quoi.
Disclaimer : blabla Cowlip, rien à moi, etc.

Cette fic a été écrite pour le challenge bigbadaboum sur livejournal.


YOUR OWN PERSONAL JESUS


Partie I

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Prologue


Justin s'envola pour New York un samedi matin.

Il faisait froid ce jour-là et le vent s'engouffrait dans leurs manteaux. Ils gagnèrent rapidement l'aéroport où ils s'arrêtèrent pour dire au revoir. Debbie retenait à grande peine ses larmes, et Justin évitait son regard, un peu gêné. Finalement, elle l'attira contre elle et lui déposa un baiser sur la joue.

- Tu as intérêt à nous donner souvent de tes nouvelles, Sunshine, menaça-t-elle, un sanglot dans la voix.

Ils avaient tous dit quelque chose ; du « bon voyage » courtois de Ben à la plaisanterie d'Emmett sur les gars chauds qu'il ne manquerait pas de rencontrer à New York, du conseil avisé de Ted à la promesse de Michael de continuer Rage coûte que coûte. Justin avait serré sa sœur contre lui, promettant de revenir vite et de lui faire visiter New York dès que possible.

Brian était là aussi, et ce simple fait suffisait à démolir le peu d'assurance que Justin était parvenu à rassembler. Il n'avait pas dit un mot, ce que les autres lui reprocheraient sûrement, mais ils s'étaient déjà dits au revoir, et il n'y avait pas grand-chose d'autre à ajouter. Il s'était juste contenté de poser ses mains sur ses épaules et de joindre leurs lèvres pendant deux longues minutes. Justin se demandait encore comment il avait fait pour réussir à prendre cet avion et laisser Brian derrière lui.

Une demie heure après le décollage, Justin regarda par le hublot et ne vit bientôt plus que des nuages. Il lui fallut encore quelques secondes pour se rendre compte qu'il pleurait, et que c'était vraiment pathétique. Ce n'était pourtant pas un putain d'adieu et ce n'était pas comme s'il partait en Australie ou en Europe. Il pouvait revoir Brian très vite – ce week end là, s'il le voulait– ou l'appeler, immédiatement.

Malgré ces pensées réconfortantes, Justin savait qu'il avait renoncé à une partie de sa relation avec Brian, et c'était sans doute cela qui l'attristait. Il essuya rageusement ses larmes et se concentra sur ce qu'il voyait à travers la vitre ronde.

New York.

Justin avait du mal à y croire.


Brian était parti très vite ; c'était à peine s'il avait attendu que Justin soit hors de vue. Il regagna sa voiture et resta quelques instants sans bouger, songeant qu'il devait rejoindre son loft et que celui-ci serait vide.

Vide.

Il avait déjà fait face à l'absence de Justin, il pouvait recommencer. Mais il avait du mal à imaginer ce que cela serait de ne plus le voir tous les jours au Dîner ou au Woody's. Et, pour dire vrai, Brian ne voulait pas savoir.

Avec le cynisme habituel qui le caractérisait, il se demanda combien de temps passerait avant que les milliers de kilomètres entre eux ne les transforment en deux étrangers. Enfoncé dans son canapé italien, Brian attrapa la bouteille d'alcool la plus proche – qui se trouvait être un whisky pas trop mauvais – et commença à boire.


Lorsqu'il arriva à l'aéroport de New York, Justin resta quelques instants immobile, à fixer les panneaux gigantesques annonçant les départs et les arrivées. L'aéroport était immense, tout en gris et marron. Une odeur bizarre flottait dans l'air : un mélange de vieux cuir, d'aliments tournés et d'air frais.

Il l'avait fait. Il avait quitté Pittsburgh pour New York, pour son art.

Il prit une profonde inspiration et partit à la recherche de l'amie de Daphné. Elle avait promis de venir le chercher à l'aéroport, et elle devait l'attendre dans un café situé dans le hall principal. Il ne la connaissait pas bien, l'avait juste vue quelques fois pendant les rares soirées estudiantines auxquelles Daphné parvenait à le traîner.

Il l'aperçut soudain, devant un Starbucks, qui lui faisait de grands signes. Justin la rejoignit, traînant sa lourde valise derrière lui.

- Hey, Justin. Comment était ton vol ?

- Salut, Emily. Il s'est bien passé, merci.

Ils s'engagèrent vers la sortie, en parlant de banalités. Justin sentit le poids dans sa poitrine s'alourdir davantage, mais il ne dit rien, se contentant juste de sourire à une remarque que sa désormais, nouvelle colocataire venait de faire à propos de la seconde new-yorkaise(1), prenant à témoin les douzaines de taxis qui stationnaient devant l'aéroport.


A suivre...

(1) Tout le monde sait bien que c'est la plus petite unité de temps dans tout l'univers, qui correspond à l'intervalle de temps entre le passage d'un feu au vert et le klaxon du taxi (new-yorkais) derrière vous (cf. Pratchett et Gaiman^^)

Ecrit en août 2008
Correction en décembre 2008