Cette fanfiction en est une excellente de Digitallace, dans sa version originale. J'ai eu envie de vous la traduire, parce que je trouve qu'elle est différente et que je l'ai adorée!
Bonne lecture!
Dix étapes
Chapitre 1 : Des conseils judicieux
Alors qu'il laissait refroidir son thé dans sa tasse favorite – celle avec le Vif d'or qui se promenait dessus – Harry se tourna vers sa section favorite du Chicaneur. Il avait cessé de lire la Gazette du Sorcier des années auparavant, puisqu'elle était restée aussi fiable que durant la guerre… c'est-à-dire pas du tout. Il savait que Ron se moquerait de lui s'il savait que la première chose qu'Harry lisait était la chronique des conseils amoureux. Harry ne pouvait s'en empêcher : c'était la seule partie qu'il attendait avec impatience, alors qu'il scannait fébrilement chaque page afin de trouver l'article en question. Il s'agissait de la seule complaisance qu'il s'accordait; puisqu'il ne buvait pas excessivement, buvait pas ni n'était un accro du jeu, il pouvait bien se permettre ce petit vice.
Professeur Amore,
Cela fera bientôt trois mois que je fréquente mon petit ami et tout va bien lorsque nous sommes seuls, mais ma famille ne lui fait pas confiance et ne l'accepte pas. C'est un sang pur, et moi je suis née Moldue, et mes parents n'arrivent pas à comprendre les croyances de sa famille à lui. Il est important pour moi et je suis certaine que je le suis aussi pour lui, mais comment une relation peut-elle fonctionner si je ne peux même pas l'inviter au repas de Noël?
Confondue, de Cambrigde
Chère Confondue,
J'ai l'impression que vous êtes d'accord avec votre famille sur quelques points, sinon vous ne les laisseriez pas vous dicter comment vivre votre vie amoureuse. Si vous l'aimez, vous devez demander à votre famille qu'elle le respecte autant qu'elle le fait avec vous, et si vous ne l'aimez pas, vous devriez le laisser partir afin qu'il trouve une femme qui l'aimera comme il le mérite. L'amour triomphe de tout, alors même si votre famille est réticente à l'idée que vous restiez ensemble et que vous vous marriez, vous devrez trouver un moyen de leur faire comprendre à quel point il vous rend heureuse.
Professeur Amore
Harry soupira et secoua légèrement la tête. Il se rappelait que lorsque Ginny avait commencé à fréquenter son mari Clive, qui était un Serpentard, cela avait été tout un choc pour les Weasley. Il enviait le professeur pour sa logique. Elle avait probablement un mariage durable et sain, et des enfants fantastiques, et tout ce qu'Harry aurait voulu avoir lui-même. Les gens en général semblaient envier la richesse et la célébrité d'Harry et assumaient qu'il était sans aucun doute facile pour lui de trouver quelqu'un. Cependant, il n'était pas chanceux en amour comme on le penserait pour quelqu'un comme le Sauveur du Monde Magique. Bien au contraire. Comme à chaque vendredi qu'il lisait la chronique du Professeur Amore, Harry songeait à envoyer sa propre lettre pour savoir qu'elle avis elle aurait à propos de sa vie amoureuse – à défaut d'un autre mot – mais il ne savait jamais quoi écrire exactement dans cette lettre.
Harry avait du succès dans sa carrière d'Auror et était sur le point d'être promu chef du service, poste qu'il convoitait depuis plus d'un an. Il avait des amis spectaculaires et les Weasley étaient pour lui une famille adoptive charmante, et Harry ne les échangerait pour rien au monde. Les médias étaient sans détour aux aguets, mais Harry était maintenant habitué aux flashes et de voir sa photo sur la page couverture de la plupart des magazines, accompagnant quelque histoire croustillante à propos de la marque de savon qu'il préférait acheter. En dépit de ce semblant de vie merveilleuse, il lui manquait toujours quelque chose parce qu'il n'avait jamais personne qu'il avait hâte de voir lorsqu'il rentrait à la maison, personne pour partager sa vie.
Sa vie amoureuse de la dernière décennie avait été aussi chaotique qu'un déraillement de train. Pas qu'il avait fait mieux à Poudlard, mais après la guerre il semblait que les gens ne s'intéressaient à lui que pour deux choses : l'argent ou la notoriété. Quoique certains hommes qu'il avait fréquentés après la guerre voulaient les deux. La découverte de son homosexualité n'avait fait qu'empirer les choses, mais il persistait. Il avait même essayé de fréquenter des gens près de son cercle d'amis, des hommes qu'il connaissait et en qui il avait confiance, mais cela avait été bizarre… au mieux.
Lorsqu'il entendit le feu prendre vie dans sa cheminée, il rangea rapidement le magazine et se leva afin d'accueillir le visiteur. « Harry ? » appela une voie rêveuse depuis la cuisine, alors qu'il tournait le coin.
« Luna ! Qu'est-ce qui t'amène ? » demanda Harry, enlaçant son amie avec le même enthousiasme qu'il éprouvait toujours en sa compagnie. Luna était une femme accomplie, et son respect pour elle n'avait fait que grandir lorsqu'elle avait épousé Ron et lui avait fait cinq enfants, en plus de jongler habilement avec sa position de rédactrice en chef du magazine qu'il venait de laisser. Son air rêveur avait pris un ton différent à la naissance de son premier enfant et depuis elle semblait un peu plus vivre dans la réalité, quoique Harry souriait toujours à la mention de Ronflaks Cornus, ou autres trucs ridicules.
Luna était vêtue de robes violettes par-dessus une blouse ample en soie. Ses longs cheveux blonds formaient un élégant chignon, exposant ainsi ses éternelles boucles d'oreille en forme de radis – certaines choses ne changeraient jamais. Harry songea qu'après toutes ces années, il était étonnant qu'elle ne les ait pas encore perdues, mais il soupçonnait qu'elle devait en avoir plus d'une paire. Une image de la boîte à bijoux de Luna lui vint à l'esprit, remplie de perles en forme de légumes, et il sourit un peu plus.
Alors qu'elle sortait un sachet de thé de sa tunique blanche, elle lui rendit son sourire avant redevenir sérieuse. « J'ai peur d'avoir besoin de toi aujourd'hui » grimaça-t-elle.
« Tout ce que tu voudras, Luna » répliqua Harry sans hésiter. Son cercle d'amis avait rapetissé au fil des ans et Harry était très proche de Luna, plus qu'il ne l'aurait imaginé lorsqu'il avait fait sa connaissance à Poudlard.
« Hé bien, Ron a attrapé la grippe et il ne peut pas s'occuper de Philius, Quinn et Prewett – tu sais comment ils sont, » ajouta-t-elle avec une grimace. Les trois garçons étaient les benjamins de cinq enfants, avec les jumelles Frieda et Georgina, qui fréquentaient déjà Poudlard. Ron était toujours débordé à cause des garçons, même en pleine santé, alors Harry ne pouvait qu'imaginer tout le chaos que les garçons engendreraient s'ils n'étaient pas correctement supervisés. « Ça ne serait que pour quelques heures. Normalement je serais restée, mais je ne peux pas me permettre de manquer une autre réunion avec le nouveau commanditaire du Chicaneur. Il est un peu bourru. »
« Considère cela comme fait, » répliqua Harry avant qu'elle n'en ajoute davantage. « Laisse-moi simplement finir mon thé et j'y serai. »
« Oh, Harry, tu me sauves la mise, vraiment. S'il y a quoi que ce soit que je puisse faire pour toi, n'hésite pas ! » s'exclama-t-elle avant d'embrasser Harry sur la joue et s'engouffrer dans la cheminée.
Surveiller les trois jeunes Weasley en même temps que de prendre soin d'un Ron malade était l'équivalent de laisser un dragon se promener librement dans la maison. Il utilisa le sort Reparo probablement plus de fois en trois heures que durant toute sa vie. C'était épuisant. Lorsque Luna rentra à la maison et le libéra de ses tâches, Harry fut content de rentrer chez lui afin de soigner son état comateux devant sa télévision moldue. Il ne comprenait pas pourquoi Ron et Luna avaient eu l'idée saugrenue d'engendrer cinq enfants. Harry voulait des enfants, bien sûr, mais il préférait l'idée d'en avoir un ou deux. Il faudrait qu'il les adopte, pour des raisons évidentes, et le processus d'adoption était encore plus rigoureux dans le monde magique que pour les Moldus. Harry se demandait parfois s'ils le laisseraient adopter un enfant, étant donné qu'il avait toujours des projecteurs braqués sur lui.
Penser aux enfants et à l'adoption le ramena à la réalité actuelle, dans laquelle il n'avait personne avec qui élever des enfants. Le foyer de Ron était la preuve que deux parents s'avéraient être beaucoup plus efficaces qu'un seul. Quoiqu'il y avait trois garçons, des Weasley de surcroît Prewett et Quinn en particulier rendaient Fred et George aussi sages que des licornes apprivoisées.
Fatigué de bouder, Harry sortit son balai du placard et sortit pour une longue balade bien appréciée. Le vent dans ses cheveux était toujours aussi libérateur, et permis à son esprit de se concentrer sur ce qui était important pour lui. La sensation de voler le revigorait toujours et il lui venait toujours les meilleures idées lorsqu'il était dans les airs, zigzagant au-dessus des rues de Londres.
Finalement, après accumulation de tout ce qui s'était passé dans sa journée – l'article du Chicaneur, la visite inattendue de Luna, sa journée passée avec ses neveux – sembla pointer dans la bonne direction. La solution à son problème se trouvait à l'intérieur d'une lettre anonyme. Il écrirait au Professeur Amore pour lui demander comment quelqu'un comme lui pourrait bien trouver le parfait amour. S'il y avait bien une personne pour l'aider, ce serait elle, cette femme qui avait déjà amélioré la vie de bien des gens.
La pensée l'excita et il s'en retourna chez lui, où il s'assit à son bureau avec parchemin et encre. Après avoir regardé le parchemin vierge durant ce qui lui sembla des heures, il composa finalement une courte lettre pour le Professeur Amore. Il espérait sincèrement qu'elle ne rirait de son inaptitude en matière de drague, ou que si elle le faisait, qu'elle le garderait au moins pour elle.
Chère Professeur Amore,
Que pensez-vous d'une personne qui ne désire rien d'autre que de trouver quelqu'un et de s'établir avec lui, mais qui est incapable de trouver Monsieur Parfait ? Ma vie n'est pas vraiment conventionnelle et je me tue à essayer de trouver quelqu'un d'une part qui tolérerait de vivre sous les caméras, et d'autre part, qui ne tournerait pas la situation à son seul avantage. C'est tellement difficile de trouver quelqu'un quand il semble que l'on veut toujours quelque chose de vous.
Bien à vous,
Lion esseulé
Sans se relire, parce qu'il savait qu'il brûlerait sûrement la lettre plutôt que de l'envoyer, Harry le roula, le ferma d'un épais sceau de cire et l'envoya à l'adresse indiquée dans le Chicaneur. Son hibou, Delano, sembla tout à fait ravi de sortir de sa cage et Harry le regarda s'envoler, soulagé à l'idée qu'il reprenait enfin le contrôle dans sa vie amoureuse.
La fin de la semaine n'arriva pas assez vite au goût d'Harry, et alors qu'il parcourait frénétiquement les pages du Chicaneur à la recherche de sa section favorite, il ne fut pas déçu. Là, en une belle police, se trouvait sa propre lettre accompagnée de la réponse du Professeur Amore elle-même.
Cher Lion esseulé,
Étant moi-même une personnalité publique, je peux vous assurer que je comprends parfaitement les pièges qui accompagnent la célébrité, peu importe la forme qu'ils prennent. Pourtant, vous ne pouvez pas assumer que tout le monde est horrible, car il y a forcément quelqu'un, quelque part, pour vous, et si vous arrêtez de chercher, vous ne le trouverez jamais. Mon conseil serait de demander de l'aide à vos amis et à votre famille, des gens en qui vous avez confiance. Demandez-leur de vous présenter quelqu'un. Qui sait, l'homme de vos rêves se trouve peut-être à quelques portes du bureau de votre meilleur ami et vous ne l'auriez jamais su sans demander.
Professeur Amore
Harry cligna des yeux alors que le conseil du Professeur Amore faisait son chemin dans son esprit, et il réalisa à quel point l'idée était brillante. Ses amis formaient un groupe fermé et uni, et il leur faisait suffisamment confiance pour ne pas se retrouver avec un mec bizarre et au moins une personne d'entre eux serait à même de lui trouver quelqu'un qu'il ne connaissait pas déjà. Harry espérait presque qu'il pourrait embrasser le professeur pour son avis d'experte. Il ne voulait pas passer pour quelqu'un de désespéré en demandant l'aide de ses amis, mais d'un autre côté, le faire était d'une logique implacable. Et le timing était aussi parfait, puisqu'ils se rendaient tous chez Ginny ce soir-là pour leur soirée hebdomadaire.
Tous les vendredis soirs, Harry et ses amis se rencontraient tous chez l'un ou l'autre pour parler de tout et de rien autour d'une bonne bouteille. Avec leurs vies aussi pleines et trépidantes, il était important pour eux de garder un peu de temps à passer avec ceux avec qui ils se sentaient en confiance et qui les acceptaient tels qu'ils étaient – ou du moins était-ce la façon dont Harry voyaient ces rencontres. D'autres pouvaient tout aussi bien s'en servir comme échappatoire au travail ou aux enfants, mais Harry avait toujours hâte de se rendre là où il pourrait revoir Hermione, Ron, Ginny et Luna et quelque autre de ses amis.
Ça serait la soirée parfaite pour suivre les conseils du brillant professeur.
Les conseils du Professeur Amore ne quittant pas ses pensées, Harry ne savait plus où déposer son verre au manoir de Ginny. Des pots et des vases hors de prix contenant des fleurs fraîches occupaient toutes les petites tables, le laissant sans espoir de reposer son verre de vin blanc. Il y avait deux endroits pour s'assoir et ses amis discutaient à propos de ce qu'ils avaient depuis leur dernière petite fête. Harry aurait voulu se débarrasser de sa « mission » tout de suite, mais il avait peur de la réaction de ses amis.
Hermione et Neville occupait le banc sous la grande baie vitrée dont la vue donnait sur le jardin. Pour des yeux non entraînés, le couple aurait passé pour des amis proches, mais Harry savait qu'il n'en était rien. Hermione n'enroulait une mèche de ses cheveux autour de son doigt que lorsqu'elle était près de l'homme, et elle était la seule à rire de ses blagues à propos d'Herbologie. Neville était un peu plus ouvert quant à son affection, sa main parfois posée au bas du dos d'Hermione et replaçait toujours la mèche qu'Hermione laissait tomber derrière son oreille. A l'automne, cela ferait huit ans qu'ils étaient mariés, et il semblait que leur amour ne se consumerait jamais en dépit du fait qu'ils travaillaient en parallèle à Poudlard.
« As-tu inclus de nouvelles leçons de Métamorphose dans ton cours de cette année, Mi ? » demanda Ron. « J'ai enseigné à Gina tout ce dont je me souvenais de la Première année, mais j'ai bien peur que ça ne soit pas suffisant. ».
« Et bien, si tu arrives à te rappeler des leçons de notre Première année, j'en suis impressionnée, Ronald. Surtout parce que tu portais rarement attention en classe » le taquina-t-elle. « Je crois que Gina se débrouillera très bien, c'est une sorcière brillante, tout comme sa sœur. Elles doivent tenir ça de leur mère » ajouta-t-elle d'un sourire amusé.
« Hé ! » souffla Ron, indigné. « On n'a pas besoin de bonnes notes en Métamorphose pour être joueur de Quidditch professionnel, et j'ai été brillant à mes examens d'Aurors. Si jouer gardien pour les Cannons ne payait pas bien mieux que de travailler au Ministère, j'irais travailler dans un bureau avec Harry tous les jours. »
« Ne fais pas comme si tu n'aimais pas ça, » nargua Harry en riant. « Le Quidditch t'accorde tout le temps que tu veux avec les enfants, et je t'ai vu aller. Tu es aussi enclin à jouer leurs jeux qu'eux. » Ron avait hésité avant de se décider pour sa carrière de Gardien pour son équipe favorite. Avec l'aide de Ron, les Cannons s'étaient rendu jusqu'à la Coupe du Monde de l'an dernier.
« Ils m'amusent! » admit Ron, excité. « Nous n'avions pas de Slap Stones quand on était petit, et ils savent déjà très bien voler. Je suis certain qu'ils feront l'équipe de Quidditch de Gryffondor et qu'ils suivront les traces de leur père et qu'ils joueront pour les Cannons. »
« S'ils sont dans la maison Gryffondor, tu veux dire? » demanda une voix douce provenant du seuil. « Frieda est à Serdaigle et les enfants de Ginevra et Clive vont certainement atterrir à Serpentard. »
« Ne l'agace pas, Drago, mon cher, » roucoula Ginny alors qu'elle accueillait le nouveau venu dans une froide accolade, avant de tourner son attention vers son mari, qui était entré avec Drago.
Harry recula d'un pas à la vue du blond. Au cours des dernières années, il n'avait vu l'homme qu'à quelques rares occasions, en dépit de leurs nombreux amis communs, et Harry était forcé d'avouer que les années avaient bien réussi à Drago Malefoy. Au lieu de laisser pousser ses cheveux comme la majorité des sorciers, Drago gardait ses mèches près de son visage, de façon à ce qu'elles tombent élégamment le long de sa mâchoire et autour de ses oreilles. Il avait certainement volé jusqu'ici étant donné la légère couleur de ses joues. Ses vêtements parfaitement taillés laissaient deviner un corps qui pratiquait encore le Quidditch à l'occasion.
Le regard métallique de Drago rencontra le sien et le surprit en train de le mater; Harry baissa immédiatement les yeux et s'éclaircit la gorge. « Quelqu'un voudrait d'autre vin? » demanda-t-il abruptement. « Je crois que je vais aller chercher une autre bouteille dans la cave à vin, t'es d'accord, Gin? »
Ginny lui adressa un sourire narquois, une expression qu'Harry était certain qu'elle avait piqué à son Serpentard de mari, Clive. Elle ne lui sourirait certainement pas de cette façon lorsqu'ils sortaient ensemble, il y avait dix ans maintenant. Cependant, Harry aimait bien Clive, et tenta d'oublier que Clive avait le même sourire narquois que Drago Malefoy lui adressait en ce moment même. « Bien sûr, Harry, » répliqua-t-elle et pointa la direction de la cave à vin même si Harry y était allé des douzaines de fois au moins.
Il avait besoin de s'échapper de cette pièce où il étouffait, un état de fait dû aux nouveaux venus. Drago Malefoy était indéniablement attirant, mais l'aspect positif de la chose s'arrêtait là. Il était froid, distant et avait probablement eu plus de difficultés amoureuses à cause de cela qu'Harry n'en avait jamais eu. Au cours des années, Harry avait vu l'homme depuis ses fonctions au Ministère, et bien sûr il n'avait entendu que de bons commentaires de la part de leurs amis communs. Hermione travaillait à l'occasion avec lui lorsqu'il venait donner quelques leçons aux classes les plus avancées en Potions, et Ginny bien sûr était son amie de par son mari, qui avait gradué depuis la maison Serpentard un an après Drago. Ces serpents-là semblaient toujours fourrés ensemble.
Harry rasa le corridor jusqu'à la vieille porte qui menait à la cave à vin. Il laissa entrouverte afin de pouvoir voir les escaliers, mais une ombre lui cacha la lumière et il faillit tomber. Se tournant vers son assaillant, Harry remarqua la lumière se refléter dans les mèches blond platine. « Malefoy, » s'adressa-t-il d'une voix coupée. « Tu me bloques la lumière. »
Drago rigola un peu et donna un coup de baguette, éclairant la pièce entière. « Aurais-tu oublié que tu étais un sorcier, Potter? » demanda-t-il d'un rire amusé.
« Parfois, » murmura Harry, honnête. « Que fais-tu ici, Malefoy? »
« J'ai pensé que tu voudrais peut-être un peu de compagnie, » taquina-t-il et rejoignit Harry au palier inférieur, où ils se tournèrent vers de nombreuses rangées de bouteilles poussiéreuses.
« Je n'ai pas besoin d'aide, Malefoy, tu peux retourner en haut avec les autres, si tu veux, » suggéra Harry. Il laissait sa vieille animosité envers le Serpentard l'envelopper comme une couverture. Se souvenir du fait qu'il avait empoisonné Ron une fois et ensorcelé Katie Bell rendait plus facile le fait qu'il sentait les brownies encore chaud.
« Tu me fais de la peine, Potter, » répliqua-t-il, d'un air faussement offensé. « Ne sommes-nous pas amis? »
« Le sommes-nous? » demanda Harry, ne se donnant pas la peine de garder son masque de la même façon que Malefoy le faisait toujours. Au lieu de ça, il laissa l'outrage se peindre sur ses traits.
« Non, je suppose que non, » admit-il. « Mais nous pourrions l'être. »
« Malefoy, » commença Harry, mais le blond l'interrompit.
« Drago, » corrigea celui-ci, mais Harry roula des yeux.
« Malefoy, » dit-il à nouveau, notant au passage le rire exaspéré qui s'échappa des lèvres du blond à la suite du refus de Harry de l'appeler par son prénom, « Je suis heureux que mes amis et toi s'entendent aussi bien après toutes ces années, mais franchement, tu ne penses pas que toi et moi sommes trop différents pour être amis? »
« Non, » répliqua-t-il avec aplomb.
Harry soupira, fatigué, et pointa une bouteille portant une étiquette dorée. « Que penses-tu de celui-ci? » demanda-t-il, déterminé à changer de sujet et à fuir devant le blond, qui l'observait fixement.
« Trop sec, » se plaignit Drago, et il détourna le regard pour examiner le contenu du cellier. « Celui-là, » dit-il enfin, et il sortit une bouteille poussiéreuse de Shiraz.
Il pointa sa baguette vers la bouteille et fit un petit mouvement. Le bouchon sauta comme une balle et vola dans les airs jusqu'à ce que Drago ne l'attrape et l'observe attentivement. Après un moment, il le métamorphosa en un verre et versa un doigt du liquide bourgogne avant de le tendre à Harry.
Après l'avoir fait tourné dans son verre et reniflé, comme un enculé d'aristocratique comme Malefoy s'attendait à ce qu'il fasse, Harry prit une gorgée et la fit rouler dans sa bouche avant de l'avaler. « Très bon, » admit-il à contrecœur. « Je goûte les cerises noires ainsi qu'un arôme boisé. »
Drago sourit d'un air appréciateur avant de s'approcher et de capturer les lèves d'Harry. Le brun se figea, ses yeux s'agrandissant démesurément alors qu'il se demandait à quoi jouait le Serpentard. La langue de Drago fit un rapide balayage de la bouche d'Harry puis se retira négligemment, de façon à ce qu'Harry se demanda si le baiser s'était bel et bien produit.
« Ouais, j'ai bon goût, » dit Drago d'un air rêveur lorsqu'il cessa le baiser. Harry resta planté là, regardant d'un air embarrassé le blond lui faire un clin d'œil avant de remonter avec la bouteille.
« Putain, mais qu'est-ce qui vient de se passer? » se demanda Harry, alors qu'il suivit un moment plus tard. Son cerveau lui criait qu'il venait d'embrasser Drago Malefoy, mais il ignora rapidement cette pensée. S'il y avait eu un baiser, c'était entièrement du fait de Drago, pas de lui. Il n'était absolument pas attiré à ce petit con.
Il évita soigneusement le blond pour le reste de la soirée et il fut presque convaincu que l'incident ne s'était même pas produit. C'était tout à fait facile, étant donné que le blond était en grande conversation avec Clive et Hermione et qu'il ne lui portait pas la moindre attention.
« Alors, comment c'était, avec Georges ? » demanda Ron, tirant Harry de sa contemplation de Malefoy.
« Hmm ? Oh, c'était bien, » répliqua-t-il enfin.
« Entendre George en parler, il paraît que vous vous êtes bien amusés, » répondit Ron avec espoir.
Harry sourit, se rappelant de la soirée avec regrets. « George est un mec super, » commença Harry.
« Mais ce n'est pas l'homme de ta vie ? » finit Ron, et Harry acquiesça.
« J'espère que je n'ai pas ruiné notre amitié en lui demandant de sortir avec moi, » soupira Harry.
Ron haussa les épaules puis sourit. « Je crois qu'il prend le rejet plutôt bien. Il paraît qu'il sort avec Angelina, ce soir. »
« Bien, » répliqua Harry d'un soupir de soulagement. « Justement, je voulais te demander, est-ce que tu crois qu'il y a des mecs célibataires dans ton équipe ? »
« Euh, non, tout le monde a des relations plus sérieuses, en ce moment, » songea Ron. « Attends, je connais peut-être quelqu'un, il ne joue pas pour les Cannons, mais je l'ai vu récemment à une pratique et je crois qu'il a mentionné qu'il était célibataire. Tu veux que je t'arrange une soirée avec lui ? »
« Je déteste te demander ça, » commença Harry, mais Ron l'interrompit d'un éclat de rire.
« Ne pense pas ça, » répliqua-t-il, d'une claque dans le dos. « Je vais lui demander s'il est occupé vendredi prochain. Peut-être que je pourrais l'inviter chez moi pour voir si ça colle bien entre vous. Il y aura moins de pression de cette façon, » raisonna Ron.
« Parfois, tu me surprends, Ron, » dit Hermione depuis son coin, où elle avait apparemment suivi toute la conversation. « C'est très attentionné. »
« Figure-toi que ça m'arrive à l'occasion, » bougonna Ron.
Le reste de la soirée se déroula sans encombre. Harry était parvenu à rester à une bonne distance de Malefoy, il avait accompli la mission qu'il s'était confiée et pensait même pouvoir trouver quelqu'un de bien. Il se sentait épanoui lorsqu'il retourna chez lui pour s'assoir dans son fauteuil préféré, un verre de Whisky Pur Feu à la main. Cependant, même s'il trouvait que la soirée s'était déroulée parfaitement, malgré tous ses efforts, il ne pouvait s'empêcher de goûter encore le vin et la bouche de Malefoy.
