And my words will be : "Oh god, I wasted my life..."
Chapitre 1 : L'assassin aux yeux verts.
La voix tremblante, la respiration forte, c'était la panique dans le coeur et l'esprit d'une jeune femme du quartier riche de Londres. Elle tremblait brusquement, violemment, par spasmes. Le déclic d'une arme à feu la fit trembler un instant alors qu'elle se redressait, résistant de fondre en larmes, elle avait déjà deux avertissements de la part de l'homme qui braquait son arme directement contre sa tempe. Elle attrapait le combiné de son téléphone.
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221B Backerstreet.
Watson entrait d'un pas las dans l'appartement, soulevant quelques nuages de poussières par moments, entendant déjà madame Hudson les réprimander en passant le balais : "Je ne suis pas votre servante !". Comme il s'y attendait, Sherlock était assis sur son fauteuil, jouant dangereusement avec un couteau qu'il faisait danser entre ses doigts, l'ennui marquant son visage. Le docteur soupira longuement en enfonçant ses mains dans ses poches, fixant l'homme qu'il comprenait le moins mais qu'il aimait sans doute le plus.
"Morning."
"Oh, hello Watson."
Dès les premières notes de sa voix, le docteur savait que quelque chose clochait, il n'était pas lui-même en fait ... pas si ennuyé que cela, surtout fatigué. Il passa rapidement sa langue sur ses lèvres avant de regarder un peu autour de lui, l'air penaud.
"Hmm ... err ... Is ... Is everything alright ?"
"Sure. Why it shouldn't be ?"
Il détestait ça. Watson détestait lorsque Sherlock lui montrait clairement un mensonge qu'il ne pourrait prouver et qu'il se ferait une joie de lui démontrer tout en le rabaissant un peu.
"... Good. Good."
Il détestait ça. Sherlock détestait lorsque Watson refusait de se prêter à son petit jeu. Et c'était exactement ce qu'il venait de faire. Il soupira longuement et fit comme si cela ne le dérangeait pas. Regardant Watson aller dans la cuisine, le fixant longuement avant de se lever vivement et retourner face à son immense miroir où il restait encore quelques morceaux de scotch des images précédentes qu'il avait arraché une fois l'affaire classée. Quelque chose le tracassait, définitivement. Et Watson voulait savoir quoi.
"I got a call."
Cette phrase éveilla en Watson encore plus de curiosité qu'il n'en avait déjà, il fixa son collègue longuement, s'approchant de lui pour se placer à ses côtés, fixant le miroir, essayant d'y trouver un indice, mais ne trouvant rien, évidemment.
"... Your brother ?"
"Don't be silly, Watson."
"Yeah, yeah, of course it's not your brother."
Un long silence se prolongea entre eux. Watson cherchant encore un indice sans comprendre, allant jusqu'à chercher le style du miroir, l'époque, l'ancienneté. Mais sa réflexion fut coupée par les paroles de Sherlock.
"Why you stay here, staring at the mirror ? He's not going to talk to you, Snow White."
Après le soupire significatif de Watson, un rictus s'afficha sur les lèvres du détective.
"And what am I supposed to do ? Does it mind you to tell me who called you ?"
"You can also go and check my phone, is right under your nose."
Après un nouveau soupire et un nouveau rictus, Watson attrapa le téléphone en plongeant son regard pleins de jugement dans celui de Sherlock qui gardait son léger sourire. Sur le téléphone, le dernier appel venait de lui, il n'y avait qu'un message sur la boîte de messagerie. Le soldat ne réfléchit pas deux secondes avant d'écouter la messagerie.
"He's got green eyes."
La voix d'une femme, juste cela, puis plus rien. Watson fronça les sourcils et rendit le téléphone à son collègue, le fixant à nouveau longuement.
"Just this, I supposed ?"
"Yes."
Comme toujours, ils partaient avec rien, et Sherlock n'avait strictement aucun moyen de savoir qui lui avait envoyé ce message. Watson essaya de calmer la situation et le semblant de "panique" (bien que le détective ne connaisse pas cette sensation ou même ce sentiment) qui se trouvait dans les yeux de son collègue.
"Well ... I saw the News this morning, there's not anything on a girl or other ... At least, she's not dead."
"Not yet."
"Oh Lord, Sherlock, please, be optimistic just this time !"
"... How ?"
Le regard perplexe de Sherlock se plongea dans les yeux de Watson.
"How am I supposed to be optimistic when I'm in front of something I can't solve ?"
L'espace d'un instant, le docteur espérait que Sherlock s'inquiétait pour la vie de quelqu'un. Il se demandait comment il faisait encore pour espérer de telles choses de la part de cet homme dénué de tout sentiments envers les êtres humains. Sherlock attrapa son téléphone pour écouter le message une nouvelle fois. La voix de la femme était déterminée mais tremblante, elle ne pleurait pas, donc elle ne devait pas être en trop grand danger, peut-être le tueur l'avait rassurée sur le fait qu'il ne la tuerait pas si elle portait ce message.
"... That's not ... possible ... I don't understand."
Il était incapable de savoir de qui elle parlait. "Les yeux verts" ... n'importe qui peut avoir les yeux verts dans Londres, il n'allait tout de même pas demander à faire arrêter tout les yeux verts de Londres !
Un soupir lui échappa, perturbant le docteur. Il ne contrôlait vraiment pas cette enquête et ça l'énervait grandement, bien qu'il gardait ce masque froid et sans émotions sur son visage. Tracer le numéro de téléphone ne servirait sûrement à rien, et ils savaient tout deux que contacter la police mettrait la jeune fille encore plus en danger.
Watson soupira longuement et alla dans la cuisine pour leur préparer un peu de thé, pensant que cela aiderait un peu, mais lorsqu'il revint, Sherlock était déjà partie on ne sait où. Le docteur soupira, regardant par la fenêtre pour regarder où il allait, le fixant longuement, légèrement blessé et agacé lorsqu'il faisait cela, craignant toujours de le voir disparaître, vu les dangers qu'il brave à chaque fois. Après avoir calmé sa légère panique avec son habituel murmure.
"He's a genius, he knows what to do."
Il se leva calmement, prit une tasse et commença à faire quelques recherches sur internet. Quelques heures plus tard, Sherlock entrait avec fracas, comme d'habitude.
"THAT'S IT !"
Watson se redressa pour le fixer longuement.
"The eyes."
"Yes ... The eyes ..?"
"You don't see ?"
"... Not really, no ..."
"The eyes, they're our maners to see the details, to analyze, to discover !"
"Yes ... and so ?"
"Green."
"Yes ?"
"What can you tell me about this color Watson ?"
"... err ... Well ... That's the color of nature ... The .. grass ... flowers ..."
"Yes, but that's also the color of GREED. Avidity."
"So, it's a thief ... A thief who likes to analyse, to discover ... you know someone like that ?"
"Oh yes."
Il reprit son chemin vers la sortie, Watson attrapa son blouson pour le suivre, attrapant le premier taxi qu'il trouva alors que Sherlock marmonnait encore dans sa barbe.
Une fois dans l'automobile, Watson laissa Sherlock marmonner la direction au chauffeur, le regardant longuement encore, un léger air grave sur le visage mais aussi un petit sourire, encore une fois surpris de ses habilités hors du commun. Il le regardait, se doutant que dans sa tête, actuellement, tournait toutes sortes de divers calculs et recherches le menant à la vérité, du moins, le soupçon qu'il pouvait trouver. Il soupira doucement et regarda ses mains, croisées, preuvent qu'il réfléchissait; le docteur se surpris de ressentir l'envie de les toucher. Cela ne lui arrivait pas souvent mais cela c'était déjà produit donc il pouvait plus ou moins gérer ce sentiment étrange qui grandissait en lui. Après tout, il était un grand fan de Sherlock. Du moins, parfois, il s'autorisait à penser cela afin de justifier ces envies et son admiration pour le moins poussées. Il sortit de ses pensées lorsqu'il remarqua que le détective le fixait lui aussi, sûrement entrain de l'analyser à nouveau. Il se racla un peu la gorge et tourna le regard ailleurs, ignorant les yeux qui fixaient jusqu'à la micro parcelle de peau, devinant que Sherlock essayait de deviner à quoi il pensait. Le chauffeur s'arrêtait enfin.
Devant la prison locale, l'ambiance était lourde et froide. Watson en frissonnait déjà. Ils marchèrent jusqu'à rejoindre Lestrade qui les attendaient devant, Sherlock le salua d'un mouvement de tête.
"I have to talk to him."
Lestrade sembla légèrement surpris de ses mots si directs, devinant déjà de qui il parlait.
"Why ? You don't have any work for the moment, right ?"
"It was right yesterday, it's not right today. So let me talk to him."
"Someone is in danger ?"
"I can't tell."
"Gosh, you're killing me Holmes."
Ils commencèrent à marcher en direction des locaux, jusqu'au bureau des rencontres, Watson ne comprenant pas trop ce qu'ils faisaient ni qui ils allaient voir mais il en avait prit l'habitude au fond. Ils entrèrent dans le bureau et s'installèrent, sans Lestrade. Une lumière scintilla et un prisonnier entra. Cheveux noirs, comme l'ébène, ses yeux les accompagnant dans cette couleur de mort. Un rictus au visage, il s'asseya face à eux.
"Hello, darling."
"Hello, Viktor."
Watson fut perturbé un temps mais préféra passer outre les petits noms que les ennemis/amis (il n'arrivait plus vraiment à différencier l'un de l'autre ces derniers temps) de "Sherly" lui avait trouvé. Il regardait la conversation, ne bougeant pas. Assit aux côtés de Holmes.
"This is my friend, Doctor Watson."
"Collegue."
Un rictus malsain s'affichait sur le visage du prisonnier.
"Yeah, collegue."
"... Excuse me, what ?"
"Oh, nothing."
Watson ferma les yeux un temps en levant les yeux au ciel et les rouvrit comme si de rien. Il s'était habitué à ce genre de remarques de la part des autres aussi. Il préfèrait regarder ailleurs que de se soucier de tout ça. Les écoutant en même temps, bien sûr.
"Why the message ?"
"Sorry Sherly, the what ?"
"You know what I'm talking about."
"Oh, yeah, but it's so funny to see you so serious and disappointed at the same time !"
Watson nota la respiration de Sherlock se faire plus profonde le temps d'un instant, devinant de l'agacement.
"Why ?"
"The girl is dead."
"Not yet."
"Now, she is."
Un long silence s'installa, Watson se redressa et sortit précipitament de la pièce, laissant Sherlock seul face à l'homme, allant prévenir l'inspecteur.
"Aaah. Now that your loyal dog is gone, I can finally talk to you !"
"Tell me what this is all about."
"It's about me and you, Sherly. And you know it."
"Why killing a girl because of this ?"
"Because I want to make a deal."
"Explain it to me."
Un nouveau rictus s'afficha sur le visage de Viktor.
"Well ... You know, the guy that is with her, right now, he's the guy who works with me and lie to the police. That's because of him that I'm here."
"Oh ... I see ... You want me to catch him ..."
"Yes. I told him I found something that could let me go out of jail."
"But why he didn't see the trap ?"
"Because I know where the money and the painting are."
Sherlock soupira un temps et se redressa.
"Any ... advice ?"
"I will contact you later."
"Oh, right."
"So ... You ... found yourself a beautiful pet, right Shelly ?"
Un long silence s'installa à nouveau entre les deux, Sherlock ne répondant pas à la provocation de l'homme, le fixant juste longuement, ses poings se fermant lentement.
"Good Bye, Viktor."
Avant qu'il ne quitte, l'homme murmura.
"One advice."
Sherlock se stoppa net.
"He's got green eyes."
Et au loin de la ville, dans Londres, dans le quartier riche, on entendit un coup de feu.
