Sous les douzes coups de midi
Son regard froid parcouru l'immensité désertique qui se présentait à ses yeux. Puis avec un soupire, il mit pied à terre. Il guida sa monture entre les rochers secs et pointus qui se dressaient sur son chemin. Voilà deux jours qu'il s'était séparé de son gang de malfrat. Il avait été convenu qu'ils devaient se retrouver plus tard, dans la Vallée des Morts. Butch Cavendish ne doutait point de la fidélité de ses hommes, mais il était convaincu en revanche de leur égoïsme. Il ne leur en voulait pas cependant, car il était tout aussi égocentrique. Attaqués par les Rangers du Texas, il n'avait eu d'autre réflexe de survis que de se séparer de ses sbires.
Il trébucha sur une pierre et poussa un juron. La chaleur l'avait affaibli, et la soif lui desséchait la gorge. Quant à son fidèle Getapan il parvenait à peine à respirer, ses sabots s'effritant sur la roche dure et brulante qui parsemait le sol. Ils avaient galopé toute la nuit durant pour éviter le soleil aveuglant du jour.
Homme et cheval arrivèrent tant bien que mal jusqu'à la Vallée des Morts, leur point de rendez-vous. Butch jura à nouveau. Aucun de ses hommes n'était encore arrivé. Ils suivirent le chemin sinueux de la vallée, et s'arrêtèrent à l'ombre d'un pic rocheux. Getapan s'allongea et entrepris de lécher la terre sèche à la recherche d'humidité. Mais humidité il n'y avait point dans ce désert.
« Arrête ça, tu veux ? Tu vois bien qu'il y a pas d'eau ici ! » lui cria le cowboy, exaspéré.
Celui-ci s'assis contre le roc et abaissa son chapeau sur son visage.
Il du s'endormir car, quand il ouvrit les yeux la nuit les encerclait de par en par. Et toujours aucune trace de ses hommes. « C'est pas normal… ». Il se tourna vers Getapan et trouva la pauvre bête étendue, inerte. Le désert le lui avait pris. Sous l'effet de la colère il prit des pierres qu'il jetait plus loin, hurlant dans la nuit, reprochant à tous son malheur.
« … La faute à ces maudits Rangers, à ces maudits Indiens, à ce maudit endroit ! ».
Epuisé il tomba à genoux. Pourquoi diable fallait-il qu'il soit au milieu du désert texan, sans eau, sans nourriture, sans monture… Car même s'il savait où il se trouvait, il n'avait aucun moyen de s'en sortir. Il était perdu. Il lança un regard à la lune.
« On dirait bien qu'il reste que toi et moi, ici. ».
Puis une pierre vient rouler jusqu'à lui. Il eu à peine le temps de se redresser qu'un éclair l'aveugla et il s'écroula sur la terre rouge. Une douleur traversa sa jambe et il grinça des dents. Il ouvrit les yeux et vis le reflet de la lune sur un cercle de métal. Un cercle où était gravé « Texas Ranger ».
