Disclaimer : Albator, Toshiro, Clio, Warius, appartiennent à leur créateur M. Leiji Matsumoto

Crédit : Les Metal Bloody Saloon et les Octodians sont une création d'Aerandir Linaewen avec l'autorisation de qui je les reprends à ma sauce

Les autres personnages sont à moi

1.

Utilisant deux de ses bras, Erkhatellwanshir posa les godets de red bourbon à nouveau pleins devant ses deux invités privilégiés, au comptoir du bar dressé dans ses propres appartements du Metal Bloody Saloon-AL3.

- Dommage que vous ne puissiez rester plus, se plaignit dans un barrissement la colossale Octodiane.

- Désolé, mais aucune force dans les univers ne m'empêchera d'être à Heiligenstadt pour les trente ans d'Alguérande ! rétorqua Albator avec un sourire.

- Je plains celui qui tenterait de s'interposer sur ta route ! pouffa Warius Zéro ! Tu deviens plus impitoyable avec les années, toi, ou tout simplement un vieux ronchon ?

L'Octodiane aux huit bras partit dans un éclat de rire tonitruant qui fit trembler tout son salon.

Pour sa part, l'incriminé se contenta de hausser légèrement les épaules, n'ayant pas lâché son verre, se contentant de le savourer à petites gorgées gourmandes.

- Tous les enfants seront là ? reprit l'ancien Colonel de la République Indépendante.

- Alhannis et sa femme sont à un colloque informatique, histoire de vendre les performances de leur société.

- Mais, elle leur rapporte déjà de l'or en barre ! La dernière fois, tu me disais qu'il avait même dû être mis au repos complet pour épuisement ! protesta Warius, soucieux.

- Il a très bien récupéré depuis. Et mes garçons ne sont pas du genre à se laisser dicter la loi par leurs forces.

- Ils tiennent de leur père ! rugit la patronne du MBS-AL3 qui s'amusait ferme.

- Fais gaffe que je ne te dévisse une défense, toi ! continua se s'amuser le grand Pirate balafré, absolument pas vexé.

- Pour cela, Albator, il faudrait que tu l'atteignes, remarqua Erkhatellwanshir en se penchant légèrement vers lui. Je fais près de trois mètres, je te le rappelle !

Passant une excellente soirée, les trois amis trinquèrent et burent jusque tard dans la nuit.


L'Observatoire Cholar était le dernier de la mission de surveillance et de protection du Pharaon qui n'était plus qu'à quelques jours de navigation de la Terre.

Selon la procédure, son commandant de bord s'était présenté au Directeur afin de recevoir les résultats des constatations opérées au cours des trois derniers mois, depuis le passage du précédent cuirassé.

Ten Shorl avait reçu son visiteur pour une courte visite, Alguérande n'ayant nulle envie de s'attarder, pressé plus que jamais de rentrer chez lui !

Kéanne, sa femme avait servi les deux hommes de rafraîchissements et de petits amuse-bouche, fébrile, renversant quelques gouttes gazeuses sur l'uniforme du visiteur à la crinière fauve.

Alguérande jeta un coup d'œil à la frêle jeune femme, au teint pâle, informe dans une robe qui tenait plus du sac, triste oiseau en contraste singulier avec Ten Shorl et sa mise soignée à la dernière mode et trop surchargée en breloques pour un homme.

Et cette inconnue lui évoquait pourtant quelqu'un de très familier : lui-même près de vingt-cinq ans auparavant !

- Vous avez ce que vous vouliez, je ne vous retiens pas, gronda le Directeur à l'adresse d'Alguérande.

Le commandant du Pharaon se leva sans finir sa limonade et sans avoir eu le temps de toucher à une seule bouchée, salua et fit demi-tour, presque soulagé que personne ne l'escorte à sa navette !

Mais il avait à peine fait quelques pas que des cris le firent revenir dans le salon où, apparemment de façon gratuite, Ten Shorl frappait son épouse à bras raccourcis !

- Suffit ! gronda le jeune homme en tentant de s'interposer.

- Ce sont mes affaires privées, commandant Waldenheim. Elle vous a manqué de respect !

- C'était un incident !

- Ce n'est qu'à moi de juger. Cela ne vous regarde pas, répéta Ten Shorl.

- Mais…

- Je vous en prie, commandant, fit Kéanne, les joues rouges, les bras marqués.

- Et maintenant, dégagez ! intima le Directeur de l'Observatoire.

Cédant, Alguérande battit en retraite, s'excusant d'un regard auprès de la jeune femme.

Et quelques minutes plus tard, le Pharaon reprenait son vol, filant en droite ligne vers la Terre pour finir ses neufs mois de mission.


Après avoir débarrassé la table, fait la vaisselle et tout rangé, Kéanne avait regagné la chambre qu'elle occupait seule, loin de celle de son époux, depuis déjà des années.

Ten Shorl continuait de travailler dans son bureau, y demeurant le plus longtemps possible, n'ayant aucune envie de risquer de se trouver face à sa femme qui avait l'endormissement lent, et se relevait également souvent.

Consultant sa montre, il songea qu'il pouvait gagner sans risque sa propre chambre quand les portes de la pièce s'ouvrirent sur une silhouette en uniforme de la Flotte terrestre.

Atteint par un tir en pleine tête, il bascula en arrière, raide mort.

Alguérande rengaina.

- Bonne arrivée aux Enfers, pauvre lâche ! rugit-il en tournant les talons.