Dringggg... Dringgggg... Dringgg... Un coup d'oeil à mon portable me suffit pour comprendre que c'est lui qui sonne. J'étire mes muscles endoloris par un sommeil agité, et je tends une main hésitante vers le téléphone qui ne cesse de sonner. Je baille avant de décrocher. C'est Santana.
-Bordel Satan ! je dormais bien !
-T'as vu l'heure la belle au bois dormant avant de m'engueuler ? Mister réveil à ton service !
C'est alors que je remarque que mes volets fermés laissent passer de la lumière, comme si il faisait jour. Je regarde l'heure et comprend alors qu'il est 8h30 ! Fuck ! Je raccroche et m'habille en quatrième vitesse, à moitié endormie, avant de me diriger le plus vite que me permet la seule chaussure que j'ai enfilé vers l'école. Je dois avoir l'air ridicule. Après dix minutes de courses, j'y arrive, morte de fatigue et couverte de sueur. Je ne peux pas aller en cours comme ça ! Il faut que je me change ! Je boite jusqu'au vestiaire des cheerleaders, dont je suis la capitaine, et j'enfile mon uniforme et ma deuxième chaussure qui se trouvait par miracle dans mon sac.
Je me précipite ensuite en cours. Je suis chanceuse, c'est un cours d'espagnol ! C'est sur que Mr Shue me laissera entrer. De toute façon, je n'ai pas le choix, sinon mes parents vont me tuer en apprenant que j'ai raté un cours. Je m'excuse devant le professeur, essoufflée, et reprend mon expression à la Ice Queen. Si quelqu'un ose se moquer de moi, il se retrouvera trempé de slushie avant la fin de la journée.
Le cours passe vite, bien heureusement… Sans vouloir offenser notre cher professeur, qui a l'air aussi calé que nous en espagnol, ses cours sont nuls. Bref. Je croise Finn, mon petit ami, le quaterback du lycée, qui me lance un sourire charmeur que je m'empresse de lui renvoyer pour lui faire croire que je l'aime. Je tourne la tête et fais la grimace. Je ne sais pas comment je fais pour le supporter ! Pourquoi je sors avec lui ? C'est le gars le plus populaire de l'école. Pourquoi il sort avec moi ? Parce qu'il est fou amoureux. De qui ? De moi. Le gros lot…
Je m'approche de mon casier, quand je vois Berry qui se fait encore agresser par des joueurs de football. La voilà trempée de slushie. Je la vois qui court vers les toilettes au bord des larmes, et je ne peux m'empêcher d'avoir envie de pleurer avec elle. Je soupire avec agacement. N'importe quoi. Bordel, c'est Berry quoi ! Le nain, le hobbit, Manhands, Treasure trail… Tout ce que vous voudrez ! J'amorce un mouvement vers la gauche quand une main familière me tape l'épaule.
-Santana ! M'exclamai-je en souriant.
-Alors Fabray ! On a fait la grasse mat' ?
-On peut dire ça comme ça…. répondis-je, d'un air gêné.
-Ouais bah ça t'as pas réussi ! t'as des mégas cernes en dessous des yeux ! Tu devrais aller au toilette et te mettre du fond de teint parce qu'on voit que ça à cinquante mètre à la ronde Fabgay !
Je sors mon miroir de poche (ouais j'ai un miroir de poche, t'as un problème ? Tu veux un slushie ? J'te préviens c'est plus froid que ça en a l'air !) et observe avec horreur les deux taches bleues qui ornent mon visage en-dessous de mes yeux. Bon c'est pas si visible que ça, mais quand t'es la fille la plus populaire du lycée, faut quand même faire attention à ton apparence ! Je bredouille un « merci » à Santana avant de me précipiter vers les toilettes. Je n'ai pas le temps d'y entrer que quelqu'un me rentre dedans. Je me relève. J'écume de rage. Bordel, ça fait mal quoi ! Je regarde celui qui vient de me bousculer et m'aperçoit avec stupeur que ce n'est d'autre que Berry, qui baisse les yeux. Elle se relève et mon regard plonge dans les siens, d'un brun si profond que je m'y perd. Mon regard descend sur ses lèvres, et je me secoue. Je ne peux pas embrasser Berry. De toute façon je suis hétéro. Enfin, c'est ce que je crois… Elle semble avoir remarqué mon hésitation alors je m'empresse de la soulever par le col et de lui murmurer dans l'oreille :
-Tu refais ça Berry, t'es morte. Je me suis bien fait comprendre ?
Elle hoche la tête d'un air sarcastique avant de me répondre :
-Bien sur…De toute façon ça ne changera rien à ta manière de me regarder d'un air froid, de te moquer de moi, et de me lancer des slushies à la longueur de journée !
Je la regarde étonnée. Elle ne me répond jamais d'habitude. Elle continue sur sa lancée. C'est dingue, cette fille parle tellement vite et tellement trop ! Ça lui donne un petit côté craquant je trouve…
-Tu veux que je te dise quelque chose Fabray ? J'en ai plus qu'assez de ton comportement ! Les bousculades, ok, les insultes, je peux supporter, les slushies, c'est un peu plus dur mais là tu dépasse les bornes bordel ! T'as pas le droit de te croire supérieure à moi ! Putain on est toutes les deux des êtres humains ! Et celle qui va finir ramasseuse-poubelle et qui pourra à peine gagner sa nourriture ça sera toi !
Un attroupement d'élèves commence à voir ce qui se passe. Berry se relève, fait exprès de me bousculer, et s'en va, furieuse. Je devrais réagir, mais je ne peux que la regarder s'en aller, hébétée par l'avalanche de mots qu'elle vient de me dire. Je me reprends et hurle à ceux qui m'entourent :
-Dégagez ! Y'a rien à voir !
Je me dirige vers mon prochain cours, autrement dit histoire. Oh noooon… en voyant le plan de classe, je comprends que je ne pourrai pas suivre le cours si Rachel –pardon, Berry- est en face de moi ! Je demande mille et une fois à a prof de me changer de place mais elle ne veut rein entendre. Oh et puis après tout tant pis pour elle, elle n'avait qu'à pas me mettre là. Puisque c'est comme ça, je ne suivrai PAS son cours. Heureusement, Britt est à côté de moi. Elle me lance un sourire rayonnant que je m'empresse de lui rendre. Elle se dirige vers moi et s'exclame d'une voix forte :
-J'suis trop contente ! J'suis à côté d'une licorneuuuuh !
Ah Brittany. Cette fille vit dans un monde peuplé de licornes et d'être imaginaires. Elle est un peu idiote, mais ne JAMAIS le dire devant Santana. J'ai des cicatrices sur le dos comme souvenir, ça me suffit amplement, j'ai pas envie de re-tester l'expérience, sans façon. Au moins avec elle et Rach… Le Hobbit devant, je ne risque pas de m'endormir !
Dès que la prof commence à parler des hommes préhistoriques, j'observe avec un peu plus d'attention le nain devant moi. J'ai toujours cru que je la détestais mais depuis le moment où elle m'a remonté les bretelles ce matin, je ne sais plus trop quoi penser. Je pense toujours à elle. Je ne peux m'empêcher de fantasmer sur elle. C'est vrai que son nez un peu gros lui donne un air mignon et ses yeux marron d'une couleur intense reflétant son état d'esprit sont vraiment…
Attendez. Je beug là. Nous sommes d'accord que depuis le début du cours je suis en train de penser à Rachel Berry ? Oh. Mon. Dieu. J'écarquille les yeux et m'efforce de suivre le cours mais mes yeux, comme attirés par un aimant invisible, retournent se poser sur le dos de Berry. Je sursaute quand Brittany me chuchote :
-Mais attends, les hommes préhistoriques, si j'ai bien compris, ils sont comme Karofsky ?
Je pique une crise de fou rire et plonge ma tête dans mon cahier avant que la prof ne me remarque. Ah cette Brittany. Toujours là au bon moment pour te remonter le moral. Raxhel se retourne en fronçant les sourcils, elle doit m'avoir entendu rire. Elle murmure un « chut », ce qui me fait immanquablement replonger dans ma crise que j'essaie de maîtriser. Brittany me regarde comme si j'étais une folle tout droit sortie de l'asile et me dit :
-Bah quoi, qu'est-ce que j'ai dit ? C'est pas vrai ? T'es bizarre Q.
C'est bon. C'est fini. Je suis littéralement morte de rire. La prof ne pouvait que me remarquer.
-Quinn Fabray, vous viendrez me voir à la fin de l'heure !
Je retiens à grand peine mon rire grandissant et décide de répondre à Brittany, qui n'a pas l'air de comprendre ce qui se passe.
-Si si, t'as tout à fait raison, Karofsky est un homme préhistorique !
Calme-toi Fabray, calme-toi Fabray. J'voudrais bien vous y voir ! Heureusement, que la sonnerie retentit, me sauvant de ce fou rire incontrôlable.
