Lostchild

Résumé : Sous la pluie battante de New York, dans une voiture, Loki arpente les rues en pleine nuit. Bannit d'Asgard depuis plus d'un an en années humaines, il est assaillit de souvenirs atroces liés à la perte de ses enfants. Les forces lui manquent et il est lassé de ce simulacre d'existence en simple humain. Alors que sa magie est au stade le plus faible, les routes nocturnes, mouillées, sont excessivement dangereuses… Mais n'était-ce pas ce qu'il cherchait ? Il sera sauvé de justesse par un jeune fugueur. Contre toute attente Loki va s'attacher à ce gamin singulier lui rappelant que trop bien sa propre jeunesse et qui va, de son côté, lui faire comprendre toutes la force de ce qu'il éprouve envers son frère. Derrière le masque du fou apocalyptique ce cache avant tout un être plein de contradictions, débordant d'amour maternel.

Disclamer : Marvel, Marvel, et Marvel. Rien n'est à moi si ce n'est la vision un peu singulière des personnages.

Couples : Loki/Thor, Pietro/Wanda (Ouais, bandes d'incestueux...)

Mélange de Thor (Avengers plus spécifiquement je pense) et les X-Men. Des personnages ont été volontairement rajeunis. Encore une fois que les puristes m'excusent de certaines incohérences, nécessaires pour la trame de l'histoire. Premier essai de fiction sur ce thème. A prendre sérieusement ou au second degrés (vivement conseillé!) ,à cause de certaines scènes, c'est comme vous le voulez, mais toujours avec des pincettes. Pas de scénario complètement prédéfini, beaucoup d'improvisation (pour ne pas dire que ce n'est que cela). Fiction centrée davantage sur Loki, j'ai lu beaucoup de choses sur ses blessures via sa relation houleuse avec Thor, parfois son paternel, je me demandais juste si être séparé de ses enfants n'était pas encore pire...

Je suis à l'écoute de toutes critiques ;) bonne lecture et au plaisir !


+~~ LOSTCHILD ~~+

New York

Quelle heure était-t-il exactement ? Deux heures, trois heures du matin ? Peu lui importait, il ne savait même plus depuis combien de temps il roulait sans but. Dehors la pluie faisait rage, mais pas de tonnerre, juste de fines particules d'eau, battantes qui s'écrasaient lamentablement contre les vitres de son véhicule. Il jeta un regard las au rétroviseur contemplant par la même occasion des marques de fatigue assez alarmantes de son visage. De lourds cernes violacés encadraient ses yeux verts, ses traits étaient tirés, sa peau livide… Le Jutun ne saurait absolument pas dire depuis combien de temps il n'avait pas dormi. Son exil d'Asgard l'accablait encore plus qu'il ne l'aurait imaginé. Ses pouvoirs étaient limités, ses faits et gestes surement épiés… Il était faible et il haïssait cela. La vie des mortels était d'une bonhomie et d'une routine accablante. Que pouvait-il faire outre attendre le bon vouloir d'Odin ? Il n'était plus assez puissant pour assouvir cette planète et condamner ses habitants au joug de la domination, il n'était même plus assez puissant pour se sauver lui-même…

Loki avait affreusement maigri, n'étant pas très épais de base, vivre dans la masse des humains était une sensation insupportable. Il avait toujours eut beaucoup de mal à accepter son apparence physique, surtout depuis qu'il connaissait sa vraie nature, mais là, ce sentiment atteignait son point culminant. Pour affronter leur problème du quotidien les humains se noyaient dans le tabac, l'alcool et le prozac. Lui n'utilisait aucune de ses trois solutions. Après tout, sa solitude ne datait pas d'hier, elle s'étendait juste sur des millénaires... Oui solitude, ce sentiment avait dépassé de loin son « mal du pays ». En apparence il était devenu un humain tout à fait lambda. Il avait un emploi, habitait un appartement spacieux, mais voilà à chaque fois que l'on pouvait l'apercevoir dehors, en train de se rendre à son travail ou faire bêtement ses courses, il était seul, désespérément seul, et la sensation devenait de plus en plus pesante. Alors que dès son arrivée sur terre, son frère Thor, c'était lié à des humains lors de son propre exil, Loki lui avait, pour ne pas changer, agit de manière totalement opposée. De toute façon, il n'avait jamais été un philanthrope hors paire.

Il pensait à ses enfants, tous ses enfants, bannis, enfermés, couverts de chaines par la crainte d'Odin de leur nuisance, et ce depuis leur naissance. A chaque fois leur souvenir lui arrachait le cœur. En dépit de tous ses défauts et autres troubles de sa personnalité, son instinct maternel lui, n'avait jamais tari. Si leur conception éveillait en lui d'horribles réminiscences qu'il aurait préféré oublier à jamais, ils restaient tous sa chair, son sang et il les aimait d'un amour inébranlable. Il n'y avait rien de pire pour une mère que d'être privée de sa progéniture. Frigga avait toujours été douce avec lui et une fois l'heure venue, lorsqu'il avait comprit qu'il était fertile, il s'était juré de protéger également ses futurs enfants et de ne jamais les abandonner. Mais il avait échoué, il n'avait rien pu faire lorsque Odin, intraitable et stoïque, avait couvert de chaines ses bébés alors que la douleur de l'accouchement comprimait encore son corps. Impuissant, hurlant, couvert de larmes, il avait supplié de toute son âme, crier à s'en déchirer les cordes vocales une à une, mais non, ce fut totalement inutile, sa progéniture lui était toujours, immanquablement enlevée.

Alors il c'était jurer de se venger, de les venger, un jour il les libérerait de leurs geôles, peu importe les stupides prophéties de fin du monde. Un jour certes, il était beau de le voir encore idéaliser un futur édulcoré. Les libérer et comment ? Lui-même n'étant plus qu'un spectre, une épave, banni dans l'un des royaumes les plus inutiles et sous développé des neufs, à se comporter comme un imbécile de mortel, esclave de la consommation et du paraitre… Brillant. Il se détestait, pliait sous le poids du temps, une année d'existence humaine avait été pire que de longs millénaires qui s'égrainent. Loki ne cessait de se mentir à lui-même, pourtant toutes ses amères années avaient été supportables seulement par la présence de son frère. Thor…

Toutes ses frasques, ses actions condamnables avaient toujours eut le but d'attiser son attention. Mais il détournait toujours son regard. Ses amis, les banquets, l'hydromel, l'adrénaline des combats, voilà ce qui rendait le prince heureux. Et les femmes bien entendu…

Non-content d'avoir un nombre incalculable d'Asgardiennes dans sa couche, il avait été jusqu'à s'enticher qu'une mortelle lors de son exil. Comment Loki ne pouvait-il pas le haïr ? Lui qu'Odin avait condamné plus d'une fois au mariage forcé, lui qui avait enfanté dans la douleur, lui qu'on avait privé de sa chair, comme Laufey à l'aube de son existence, oui il les haïssait tous… Mais bien moins que lui-même. Un jotun… Une créature immonde, répugnante, un démon insatiable, dans une prison dorée, et l'ignorance, la terrible ignorance sur sa nature, là avait été toute sa jeunesse. Alors qu'ils n'étaient que des enfants, Thor lui avait juré de le protéger, un sourire sincère aux lèvres.

Pourtant ce même Dieu , des siècles plus tard, s'enlisait dans la guerre et la ripaille, aimé de tous, alors que son frère se consumait en silence. Ou étaient les belles promesses quand les injures fusaient dans son dos ? Ou étaient-elles lorsque tout le monde ne voyait en lui plus qu'une trainée ? Il n'avait jamais voulu ça, il n'avait fait que son devoir, obéir « au père de toutes choses », peut-être même capter enfin sa reconnaissance… Il n'avait obtenu que de la honte. Seule la reine ne cessait de lui offrir son affection brulante et désintéressée. Sans ce pilier maternel il aurait surement sombré bien plus tôt que prévu. Mais elle aussi lui avait menti, l'avait trahi également. Il n'était pas son vrai fils, ce n'était qu'un ignoble parasite et de surcroit plus un enfant. Loki restait seul à hurler dans ses cauchemars quand l'insomnie le quittait un instant. Non, il était fatigué, tellement fatigué…

Des larmes brulaient ses yeux, il s'empara du levier de vitesse avec détermination. Une route déserte, une pluie battante au cœur de la nuit, une magie faible… Sa survie ne serait qu'une sombre hypothèse et il était plus que décidé à tenter ce pari fou. Loki se blottit dans son siège de cuir épais, l'air résigné. Un jour de plus dans ce bas monde n'était plus envisageable. Il fixait la route interminable, les essuies glaces ne cessant aucunement leur cadence. Cela faisait plus de deux heures que des trompes d'eau recouvraient New York, sans doute ceci allait-il durer toute la nuit. Le niveau de vitesse montait doucement. Il ne verrait pas l'aube.

Il braqua sur la droite. La violence de la manœuvre, additionnée à la vitesse plus qu'élevée lui firent perdre le contrôle du véhicule. Tout se passa en une fraction de seconde, une lueur d'un blanc éclatant au reflet argenté, forte, le força à fermer les yeux d'aveuglement. Un tonneau, deux, trois, la voiture se retourna plusieurs fois avant de s'écraser lamentablement sur le béton, à demi enflammée.