CHAPITRE I

— je peux savoir ce que tu fais ?

Travis Marks se redressa d'un seul coup tournant la tête rapidement et claquant par la même occasion le clapet de l'ordinateur. Sur sa tête s'était inscrite une expression de la plus pure innocence.

— Arrète madame la Sainte Vierge Marie, répondit la voix acide de son coéquipier j'ai parfaitement vu ce que tu faisais et je ne te laisserais pas passer tes prochaines semaines à t'exercer à ce jeu stupide simplement pour impressionner Kendall qui soit dit en passant ne s'intéresse absolument pas à toi.

— Apocalypse Moon n'est pas un jeu stupide et Kendall craque pour moi depuis le début, c'est flagrants elle m'a même tiré en pleine tête. Wes ne put empêcher un rire cynique de franchir ses lèvres et il attrapa l'ordinateur sèchement.

— Cette fille viens de larguer Travis 2.0 tu ne crois pas qu'elle va se mettre avec la version de base non ? Il commençait à s'éloigner l'ordi coincé sou le bras mais Travis le retint

— sérieux j'arrive pas à croire que tu oses me charrier là dessus vu ton passé ! Le Lieutenant Wes se retourna, piqué au vif les sourcils froncés prêt à défendre chèrement sa place

— quoi mon passé ? j'ai aucun problème avec mon passé

— oh que si mon ptit pote t'en as un gros de problème à quand remonte ton dernier coup ?

— c'est personnel ça ! Travis leva les yeux au ciel

— allons bon vu l'inexistence de tes activités sexuelles je ne comprends pas ce que viens faire le personnel là dedans. Puis il aperçu une très légère rougeur sur les joues de son coéquipier, il le connaissait trop bien pour savoir que ça n'arrivait jamais quand il avait foiré un rencard. Il y avait anguille sous roche.

— Wes regarde moi. Le lieutenant s'exécuta, toujours avec ce léger dédain mais la rougeur s'accentua. Non ! Le grand brun sauta en l'air le poing levé dans un grand cri de victoire. Wes s'est trouvé quelqu'un Wes à enfin réussi à passer à autre chose ! Le dit Wes après avoir eu l'air légèrement amusé de l'enthousiasme de son ami l'attrapa par le bras et le cloitra dans un bureau.

— Arrête ça tout de suite ! Je n'ai rencontré personne !

— Tu ne peux pas me mentir à moi Wes, je sais qu'il s'est passé un truc. Aussitôt dit et sur un juron de son partenaire il rejaillit dans le couloir pour tomber nez à nez avec le capitaine Sutton. Celui ci se gratta un peu le ventre puis sourit en voyant Wes sortir.

— Félicitations mon grand mais j'espère que vous aurez toujours la tête au travail par ce que j'ai une mission importante à vous confier. Estomaqué le blond resta un peu la bouche ouverte cherchant ses mots puis commença à s'énerver.

— C'n'est pas vrai, vous me dites ça à moi alors que lui se les passe à la chaine depuis deux ans ! Retour immédiat de l'air de sainte vierge accompagné cette fois d'un sourire confident

— ne vous inquiétez pas capitaine je vous l'avais dit, il oscille encore entre jalousie et admiration à mon égard…

— Travis, commença t-il avec un ton suggestif, pourquoi ne raconterais tu pas l'histoire de cette merveilleuse conquête dont le nom n'était en réalité pas Sylvie mais Sylvain hmpff. Le brun lui avait collé une main sur la bouche et reprenait face à un Phil perdu.

— Capitaine on vous écoute cette mission ? Terriblement désespéré il les invita dans son bureau ou flottait cette toujours acre odeur d'encens et de bambous.

— Vous êtes mes deux meilleurs agents alors j'aimerais vraiment que cette mission vous revienne, en plus on verrait de quoi vous êtes capables en dehors des arrestations habituelles.

— Arrestations habituelles ? s'exclama Travis, la dernière fois je vous ferais remarquer que Wes a failli être tué et que je me suis pris une balle dans l'épaule. Le gros homme secoua la tête d'un air désabusé.

— Bien ! alors je devrais certainement vous octroyer quelque jours de repos désolé messieurs. Heureusement pour eux Wes reprit les choses en main après un regard courroucé à l'imprudent

— ce que l'agent Marks voulait dire capitaine c'est que nous ne reculons devant rien nous sommes donc les candidats idéaux, Hein Travis ? Celui ci acquiesça vivement sous un petit sourire narquois. Comme si l'atmosphère n'était déjà pas assez lourde et chaude en cette fin d'été il alluma un nouveau bâton d'encens faisant tousser ses deux agents et sortit les dossiers sur la table,

— Thomas Mendwick, il semble être impliqué dans un trafic de drogue vraiment important qui s'étendrait sur toute la côte ouest des États Unis et malgré tous nos efforts nous n'avons jamais réussi à le pincer, les témoins se suicident plutôt que de parler, les preuves n'en sont finalement pas et nous l'avions attrapé une fois mais ses avocats, parmi les meilleurs nous ont forcé à le relâcher. Il a commis des actes de violence mais personne n'a porté plainte, les victimes se taisent inventent des excuses et rentrent chez elles sans avoir même voulu nous donner quelques informations. Les deux collègues se regardèrent puis Travis laissa échapper un souffle surpris et écarta les mains en signe d'incompréhension.

— Mais… eh bien qu'est ce qu'on a alors ?

— des soupçons, de trop gros soupçons pour attendre patiemment les preuves, le meurtre irrésolu de Mme Carthy l'an dernier pourrait être en corrélation avec ça ainsi que nombre des affaires non résolues depuis trois ans c'est un gros poisson les gars. Oubliant tout à fait leur différents ils se regardèrent ne pouvant s'empêcher de sourire et joignirent instinctivement leurs poings.

— c'est super boss on prend ! Sutton les regarda d'un petit air sadique par dessus ses lunettes et un sourire se prit sur ses lèvres annonciateur d'une mauvaise nouvelle ils ravalèrent leur joie aussitôt

— Vous ne croyez pas que ça allait être aussi facile n'est ce pas ? Cette mission nécessite une analyse une réflexion et un professionnalisme à tout épreuve en particulier à cause des avocats, Wes se rengorgea, c'est pour ça que Mitchell on a besoin de toi sur le coup. Mais cette mission est dangereuse, vous allez être en contact avec des personnes pas franchement fréquentables, des types armés des dealers, tout à la fois, ça sera sportif et il ne faudra pas avoir froid aux yeux, Marks tu es notre homme… mais, - et c'est là que les deux comprirent que quelque chose clochait, en même temps leur boss était plutôt avare de compliments – étant donné du risque et de l'importance de cette mission il faut que je sois parfaitement sur que vous ayez progressé dans votre thérapie et que vous ne risquiez pas de tout faire capoter sur une ridicule dispute de vieux couple.

Wes se passa une main sur le visage devant l'air réjoui du gros homme, il avait parfaitement compris là ou il voulait en venir et ce n'était pas une bonne chose. Travis, lui écarquilla les yeux en lançant comme si, bien sur ç'était évident

— Bah ok on vous le certifie on vous le signe je peux même jurer sur la tête d'une de mes mères si vous voulez. Phil Stutton leva un index boudiné et l'inclina de gauche à droite comme un pendule en faisant avec sa langue un désagréable petit bruit de succion.

— C'est le Docteur Ryan qui me dira personnellement ce qu'elle pense de vous et ensuite, moi seul déciderai. Dans un concert de jérémiades et d'exclamations outrées il les congédia.

Les deux étaient sur le balcon du commissariat, réfléchissant chacun de leur côté en silence.

— On pourrait kidnapper son fils… ou son mari non qu'es –t-en dit ?

— si t'a d'autres idées comme ça merci de les garder rien que pour toi, non il faut qu'on joue l'entente parfaite,

— Arrète ça mec tu sais très bien que quand on le fait elle capte direct, c'est le meilleur moyen pour se faire couiller. La nuit s'infiltra entre eux noire et calme, apaisante par toutes les senteurs fraiches qui remontaient après l'écrasante chaleur de la journée. Wes se retourna après un grand soupir et regarda le brun qui avait les yeux perdus dans l'immensité sombre piquetée de lampadaires orange et commença légèrement à comprendre ce que l'on pouvait lui trouver. Sa mâchoire se découpait de profil, serrée par intermittence et le vent qui se levait agitait légèrement les pans de sa veste en cuir, soudain Travis se retourna et plongea ses yeux gris verts dans ceux de son coéquipier qui surpris ne chercha pas à tourner la tête. Un faible murmure sortit de sa gorge.

— je crois qu'on est vraiment dans la merde.