Disclaimer : Kishimoto-sama ? Naaan hein ? Oui, je sais, on vous demande pas, et j'aurais même pas le droit de m'approprier Ton-ton...
Résumé : Sasuke et Naruto ensembles depuis dix ans connaissent des conflits conjugaux. La solution ? Une thérapie de couple bien sûr ! Mais ils ne s'attendaient pas à avoir un tel thérapeute : comptez sur Saï pour leur prouver que rien ne se résout, surtout pas leur couple ! UA
Rating : M (allez cette fois on laisse de tomber le K+) mais encore une fois le rating M est pour la nécessité de la fic par pour le plaisir de faire du lemon :)
Pairing : Changeons pas une équipe qui gagne ! SasuNaru !
Genre : Humour...Romance ?
Auteur : Sirpics
Titre : Le divan est inclus dans la facture.
Note : Oui, encore une nouvelle fic, j'me suis dit que vu que j'ai fini Naruto mission à l'orientale je peux me le permettre. Et encore une fois, allez savoir pourquoi, je me trouve être en difficulté pour écrire du angst, et je vire dans l'humour. En outre, ceux qui suivent Tueur à Gages, no soucis, je publie la suite, cette semaine. (Sissy...pas de torture !)
Note 2 : Merci à Yaoi Rakuen pour le titre, vraiment des difficultés à trouver un titre pour cette fic, et à Koala pour la bêta !
Encore une fois, ne prenez pas cette fic au sérieux xD
Bonne lecture !
Jour 1 : La gentillesse ? What the fuck ?
Saï, thérapeute de renom, observait la plaque dorée sur son bureau avec une certaine fierté. Étrangement, lui, l'homme qui n'a jamais pu nouer la moindre relation, réconciliait des dizaines de personnes par semaine. Aucun couple ne lui avait jamais donné de réelles difficultés, les gens qui s'aiment étaient connus pour être aveugles, mais ils s'aimaient.
Eh bien, l'aveuglement était encore un euphémisme pour expliquer le cambouis qu'avait dans les yeux Naruto Uzumaki et Sasuke Uchiwa. Ils n'étaient pas là depuis cinq minutes, que déjà, ces deux là se crêpaient le chignon pour partir.
« Hmm... » Toussota Saï en tapotant son stylo en argent sur son bureau. Il donna un sourire hypocrite à Sasuke Uchiwa qui le toisait de sa chaise, juste en face de lui, ce type lui allait déjà sur les nerfs. Puis, il posa son regard sur Naruto Uzumaki qui se dandinait nerveusement sur son siège évitant son regard.
« Vous êtes donc les amis que Sakura m'envoie ? » Demanda Saï, d'une voix calme.
« Non, on traîne ici par plaisir, j'ai sept cent dollars à perdre. » Siffla Sasuke, en croisant les bras, l'air hautain.
« Arrêtes d'être si désagréable bâtard ! » Grogna Naruto en lançant un regard contrit au thérapeute.
« C'est mon argent qu'on perd là ! »
« Sale radin ! Égoïste ! Tu donnerais ta vie pour un billet ! » S'insurgea Naruto, en levant les mains vers le ciel.
Sasuke eut un rictus, et répondit froidement :
« Ma vie ? Non. La tienne ? Une pièce suffira, crétin. »
Le blond ouvrit grand la bouche, choqué, prêt à lui répondre tout aussi cruellement, quand un brusque coup de sifflet, le fit grimacer avant qu'ils ne soient, tous deux, obligés de se boucher les oreilles. Sasuke lança un long regard significatif au thérapeute.
« Je vous jure que si j'ai des problèmes de tympan, je vous envoie la facture du médecin. » Grogna-t-il. Saï eût un sourire, et reposa son sifflet sur la table, ne le rangeant pas tout de suite, il sentait qu'il allait en avoir besoin très vite. C'est fou, même pas dix minutes, et il devait déjà utiliser son arme de dissuasion.
« Je crains de devoir vous précisez quelques petites choses. Surtout à vous monsieur Uchiwa-
« Ahaha ! » S'exclama Naruto, en montrant du doigt Sasuke, un sourire fier aux lèvres. « Je t'avais dit que c'était ta faute. »
Saï ignora le blond un peu stupide, et continua :
« Vous avez trois heures de thérapie par jour, pendant une semaine, si vous y mettez de la mauvaise volonté, et que vous vous disputez pour savoir quand vous allez partir, alors effectivement, donnez moi tout de suite mon argent, qu'on se décharge de cette corvée. »
Saï hocha la tête de contentement, en voyant l'homme se détendre dans son siège, et devenir tout de suite plus docile à l'idée de perdre de l'argent.
« Bien...nous pouvons commencer...et Monsieur Uzumaki, arrêtez de tirer la langue dans mon bureau...c'est enfantin.»
Cette fois, ce fut Sasuke qui lui lança un regard hautain, un sourire narquois sur les lèvres. Naruto lui fit un geste significatif de la main « va te faire foutre, bâtard » avant de se laisser tomber dans son siège. Saï tira un bloc-notes de son tiroir, et le posa sur sa table, puis, avec un sourire faussement amical, débuta :
« Donc, résumons vous êtes Sasuke Uchiwa » Dit-il en le regardant. « Vous êtes âgé de 27 ans, vous êtes avocat, venant d'une famille aisée, et vous avez un complexe de Dieu. »
« Pardon ? » Grogna-t-il, en regardant le thérapeute. « Je crois avoir mal entendu. »
« Non, je vous rassure, mon sifflet ne vous a pas brisé les tympans, vous avez bien entendu. Vous avez un complexe de Dieu, ou si nous parlons dans un langage plus trivial : vos chevilles sont aussi enflées que le cul de ma secrétaire. » Fit Saï, avec un air tout à fait naturel.
Naruto ouvrit la bouche, dans une forme de O, choqué. Ah, ça c'était méchant, un frisson le parcourut en se rappelant de la femme à l'entrée, se rappelant un instant que oui, les baleines étaient en voie d'extinction, et que non, ça ne pouvait pas en être une.
Sasuke se leva brusquement, et claqua son poing sur la table. Si on était dans un film, Naruto aurait été sûr que les oreilles de Sasuke auraient fumé au point d'activer l'alarme incendie.
« Je ne suis pas venu pour faire une psychanalyse. » Siffla-t-il, en le vrillant de ses yeux noirs.
« Bon, je note, violent aussi... » Fit Saï, pensif en griffonnant quelque chose que Sasuke ne pouvait voir sur son papier. Sasuke lui lança un regard indigné...il osait l'ignorer ? Naruto manqua de se recroqueviller sur lui-même en voyant l'air de son petit ami, celui qui disait : « oh toi le vers sous ma chaussure...je vais te bousiller. »
Saï nota la mine soudainement peureuse de Naruto, et marmonna quelque chose en écrivant.
« Très bien, violence physique sur le conjoint, vous qui êtes avocat, vous savez que ça peut être amené devant les tribunaux ? »
Sasuke se tourna vers son petit ami, et roula des yeux en voyant la mine effrayée de Naruto, mais quel con !
« Vous devriez voir ça... » Murmura Naruto, en avisant du regard noir de Sasuke. « Tous les jours...tous les jours, il me maltraite. » Ces yeux bleus regardèrent soudain le mur derrière Saï, celui-ci avait les yeux fixés sur le blond, hochant la tête, l'air intéressé.
L'Uchiwa n'y croyait pas...ils se foutaient de sa gueule ?
« Parfois...j'ai peur pour ma vie » Dit-il en secouant la tête lentement, alors que ses épaules s'affaissèrent davantage, dans une pose accablée. « Vous devriez le voir quand il est en colère, c'est effrayant... »
« J'imagine facilement. » Accorda Saï.
« Vous n'avez pas vu le pire, la veine sur son front...elle fait un truc bizarre quand il est en colère. »
Instinctivement, Sasuke toucha son front...qu'est-ce qu'elle avait sa veine ? Alors que Naruto le pointait du doigt, et allait sûrement l'accuser d'avoir tué son chien, il ne put plus retenir sa main, et le baffa à l'arrière de la tête. Le blond eût un hoquet de surprise, avant de lancer un regard noir à Sasuke.
« Vous avez vu ? » Grogna Naruto, à l'intention du thérapeute.
Saï hocha la tête, sérieusement.
« Vous êtes un très bon acteur monsieur Uzumaki, si vous voulez, j'ai un ami producteur, demandez l'adresse à ma secrétaire en sortant. »
Les yeux de Naruto s'éclairèrent, alors qu'il avait l'air réellement intéressé. Sasuke roula des yeux, et se rassit sur son fauteuil en prenant en vue l'horloge. Il perdait son temps et de l'argent.
« Où avez vous eu ces informations ? Vous êtes de la Gestapo ? » Demanda-t-il, en fronçant les sourcils sur le thérapeute qui continuait de griffonner sur son bloc-notes.
« Non, c'est Sakura qui me les a fournies. Elles sont d'une justesse rare. » Fit Saï, toujours concentré sur son dessin, comme s'il ne venait pas d'injurier Sasuke, celui-ci serra les dents, pensant à son argent pour se retenir.
« Bien, donc, Monsieur Uzumaki, vous êtes âgé de 26 ans, vous êtes assistant maternel (même pas maître), vous êtes orphelin, et avez vécu relativement modestement jusqu'à ce que vous rencontriez le Seigneur à votre gauche. -il ignora encore une fois le regard noir de Sasuke.- et on vous soupçonne d'avoir quelques déficiences dans l'hémisphère droit du cerveau. »
« Hein ? » Dit le blond, très intelligemment.
« On pourrait dire plus communément : votre stupidité n'a d'égal que l'égo du Seigneur à votre gauche. »
Naruto ouvrit à nouveau la bouche en O, choqué, mais loin de s'énerver comme Sasuke, il maugréa l'air bougon :
« Ah faut pas exagérer. »
L'Uchiwa leva la main, prêt à lui foutre une seconde baffe derrière la tête, quand Saï, l'air menaçant, prit le sifflet, et le posa à la commissure de ses lèvres.
« Pas de relations masochistes dans mon bureau, est-ce clair ? »
« Ah d'ailleurs, je ne vous ai pas parlé de ça, monsieur le thérapeute glauque. » Commença Naruto, Saï haussa un sourcil au surnom. « Vous devriez le voir, pendant les rapports sexuels...
Sasuke posa une main sur son front, désespéré. De toutes les personnes sur cette Terre, sur un continent comme l'Amérique, pourquoi lui ? Pourquoi ? Il leva sa tête vers le ciel, attendant une réponse du vrai Seigneur.
« Hum...nous aurons tout le temps de parlez des violences de monsieur Uchiwa par la suite, mais commençons par le point de départ si vous voulez bien. »
« Vous avez un divan ? » Demanda Naruto, soudainement, en cherchant du coin des yeux, un divan. « J'en ai vu à la télévision ! »
Un instant, Sasuke aurait juré voir chez ce thérapeute qui lui mettait les nerfs en pelote, une lueur de compassion pour lui. Et puis une autre émotion apparut chez ce thérapeute glauque, son sourire devint encore plus froid, alors qu'il dit d'une voix étrangement calme :
« Je ne suis pas un thérapeute freudien, clair ? »
« Pourtant, vous êtes un thérapeute pour les couples, alors le principe : « tout est sexuel » devrait bien vous plaire ? » Dit-il avec un sourire narquois, content qu'involontairement, Naruto ait trouvé quelque chose pour faire chier ce type.
« Oh... » Fit Saï en penchant la tête. « Je note, très rancunier. »
Sasuke eût une mine blasée, pourquoi sentait-il qu'à la fin de la séance, il aurait toutes les tares du monde ?
« Oui, on s'en fout mais vous avez un divan ? » Interrogea à nouveau, Naruto, suspicieux. « Vous êtes pas un vrai psy si vous avez pas un divan ! »
« Le divan ne fait pas le psy. » Expliqua Saï avec une patience que lui envia un instant l'Uchiwa.
Naruto eût une moue, déçu.
« C'est nul...pas de divan. »
« Je vous donnerai aussi l'adresse d'un très bon psychanalyste, vous pourrez alors vous épancher sur son divan, et non sur mon bureau. Je pense que vous en avez besoin. » Dit-il, avec un sourire, mais Sasuke observa un tic au niveau de sa mâchoire.
Vous pouvez compter sur Naruto pour déstabiliser n'importe qui. Pour une fois depuis des mois, Sasuke éprouva à nouveau de la reconnaissance pour son amant. Limite il lui aurait roulé une pelle pour ça.
« Je note...problème à l'hémisphère droit du cerveau : vérifié. »
« Hey ! » S'insurgea le blond, vexé qu'on le traite d'idiot, il avait déjà Sasuke pour ça. D'ailleurs, lui...
« Tu pourrais me défendre hein ? ! »
Sasuke lui lança un regard torve, en croisant les bras sur la poitrine, ennuyé.
« Pourquoi ? Pour qu'il me trouve autre chose, non merci. » Rétorqua-t-il. Saï eût une mine pensive, en notant une nouvelle fois sur son carnet :
« Hum...sans cœur. Je vois. »
Sasuke résista à l'envie d'écarquiller les yeux, choqué. Tss...Même en se taisant il lui trouverait une tare de toute façon.
« Bon, arrêtons là ce petit interlude, ô combien constructif et commençons véritablement cette séance : quels sont vos problèmes exactement ? »
« Si nous le savions, pensez-vous qu'on dépenserait sept cent dollars ? »
Saï eût une mine étonnée en regardant l'homme aux cheveux noirs.
« Toutes mes excuses, je ne m'adressais pas à vous, le Seigneur. Donc, monsieur Uzumaki ? »
Le blond mit sa main dans sa poche, l'air pensif, il trifouilla plusieurs secondes, et Saï se pencha légèrement au-dessus de son bureau pour voir ce que Naruto cherchait. Il fit un « ahaha » de victoire en sortant un petit rouleau de papier de sa poche, et le tendit au thérapeute.
Saï eût un soupir de soulagement, si ce n'était que ça, ça n'allait pas être long. Son visage faillit devenir encore plus blanc qu'un mort, en déroulant le papier...qui était si long qu'il alla toucher le sol.
« Naruto ! » Hurla Sasuke, en regardant le papier furieux. « T'as tant de choses à dire sur moi ? »
« Non...là, j'ai mis le minimum. » Répondit-il sérieusement. « Le reste ne rentrait pas. »
Effectivement, Saï remarqua en bas de page, que le blond avait écrit façon « crotte de mouche » pour faire rentrer sa dernière plainte.
« Vous écrivez très mal, monsieur Uzumaki. »
« Hé, je l'ai fais à la va vite ! » Se défendit-il en levant les mains vers le ciel. Sasuke se tourna vers lui, troublé.
« T'as trouvé tout ça à écrire sur notre relation en vingt minutes ? »
« Vingt ? Tu me sous-estimes ! Dix ont suffit ! » Fit-il, fièrement, un sourire éblouissant sur les lèvres, comme s'il ne voyait pas le problème. Saï le regarda un instant, étonné pour la première fois en dix ans de carrière. Ne voyait-il vraiment pas le problème dans ces propos ?
Vu le sourire...non.
« Prenons le premier point de la liste, si vous le voulez bien. » Saï sortit une loupe de son tiroir, et plissa des yeux sur le premier tiret, lisant d'une voix traînante : « Le bâtard, n'est qu'un bâtard, incapable de me faire ne serait-ce qu'un compliment, c'est qu'un méchant » Hum...traduisons ça d'une manière plus mature, si vous le voulez bien. »
« Je vous en prie, faîtes donc. » Fit Sasuke, en se laissant gracieusement tomber dans le fauteuil, pour ne pas dire affaler, la classe ne serait plus sauve.
« Je crois bien que monsieur Uzumaki souffre de votre manque d'affection flagrant. Sans vous connaître, -ce dont je ne peux me plaindre- je vois bien que vous n'êtes pas du genre affectueux...avez-vous déjà été gentil avec lui ? »
Naruto hocha la tête, l'air très sérieux, alors que ses yeux étaient pris dans la figure du thérapeute glauque, enfin quelqu'un qui le comprenait...amen, Sas...Seigneur !
Sasuke s'insurgea immédiatement, ses ongles étaient enfoncés dans les accoudoirs du fauteuil, ses traits d'habitude si détendus, et calmes se tirèrent dans une mine colérique, il siffla pratiquement, comme un serpent :
« Bien sûr ! Que croyez-vous ? Dix ans que je suis avec lui, je lui en ai donné de l'affection. »
« Monsieur...la luxure, n'est pas considérée comme de l'affection. »
Sasuke serra les dents.
« Je ne parlais pas de ça ! Vous êtes vraiment méprisable. »
« Certes, je vous l'accorde, mais là n'est pas le point. » Fit Saï en prenant un aspect du visage de Sasuke, puis, en se mettant à griffonner furieusement sur son calepin, il continua, sans faire trop attention, absorbé par son travail. « Donnez-moi un exemple de votre si prolifique gentillesse. »
« Un seul ? » Renifla-t-il, dédaigneusement. « Tsss, facile. »
« Si ça vous est si aisé, ne me faites pas tarder. » Remarqua le thérapeute, simplement, en continuant ces gribouillages, Sasuke se demandait bien ce qu'il pouvait noter sur lui. Il leva la tête vers le plafond, ses pupilles bougèrent vers le coin de ses yeux, tentant de se remémorer.
Il chercha dans tous les souvenirs qu'il avait avec Naruto, mais rien ne venait sur le coup. Mais il devait bien avoir des exemples, non ? En dix ans ? Il baissa la tête vers le blond, espérant qu'il serait un déclencheur à sa mémoire, celui-ci le regardait, de ses grands yeux, pleins d'espoir.
Mais rien ne vint...il pinça lèvres, frustré de n'avoir rien à répondre à ce thérapeute, il n'avait côtoyé cet homme que quelques heures, et déjà, il lui était si antipathique, qu'il mourrait de honte si Saï arrivait à lui clouer le bec. Sasuke ne voulait pas perdre la face devant lui.
« Je n'ai rien sur le coup, mais c'est normal, vous me forcez à me souvenir, désolé si ma mémoire n'est pas spontanée. »
Saï pencha à nouveau la tête, pensif en le regardant, puis se remit à griffonner :
« Je vois...négationniste...dans le placard. »
Sasuke se retint de lui citer tous les pêchés capitaux qu'il connaissait pour qu'ils en finissent plus vite.
« Pour un avocat, vous avez une piètre défense. » Remarqua Saï.
« Et pour un homme qui gagne sa vie en soignant le mental des gens, vous êtes antipathique. »
« Encore une fois, je vous l'accorde, mais ce n'est pas le point. » Répéta-t-il, à nouveau. « Ne pensez-vous pas que si vous n'arrivez pas à trouver d'exemple, c'est qu'il n'y en a pas ? »
Sasuke détourna le visage, avec un air hautain, comme si cet homme ne valait pas sa salive. Naruto passa une main dans ses cheveux, déçu, quand soudain, le brun aperçut le bracelet en argent autour de son poignet. Un sourire victorieux vint embellir les traits de son visage.
« Ahaha ! Le bracelet, c'est un cadeau que j'ai offert au crétin -il toussota et se reprit en voyant le sourire narquois de Saï- à Naruto pour la Saint-Valentin. »
T'es cassé hein ? Monsieur-le-thérapeut- glauque ?
Saï eût un sourire froid comme s'il pouvait parfaitement deviner le cheminement des pensées de Sasuke.
« Je vois. Qu'avez-vous fait après ce cadeau, monsieur Uzumaki ? »
Naruto rougit soudainement, et baissa les yeux vers ses chaussures, pour le coup, assez muet.
« Vous avez eu des rapports sexuels, n'est-ce pas ? » L'interrogea Saï qui n'avait aucun mal à comprendre les rougeurs de cet homme. « Et j'imagine qu'il vous a demandé des pratiques particulières cette nuit-là ? »
Sasuke ouvrit la bouche, prêt à lui hurler de se la fermer, quand il remarqua que Naruto avait frotté inconsciemment son poignet.
« Menottes » Murmura le blond, rouge de honte.
Et le visage du thérapeute ne lui avait jamais paru être si laid, si détestable dans sa victoire, avec cet air supérieur...il n'y avait que lui qui avait le droit d'avoir cet air. Toujours avec ce sourire affreux sur le visage, Saï parla d'une voix traînante, comme s'il parlait à enfant particulièrement lent.
« Savez-vous ce qui caractérise la gentillesse, Monsieur Uchiwa ? C'est presque comme la morale. »
Sasuke croisa les mains, le visage blanc comme pour ne pas lui montrer à quel point il l'irritait. Il savait ce qu'allait dire ce thérapeute, le lyrisme de bon marcher, c'est quelque chose que vous utilisiez chez les avocats. L'art de persuader, jouer sur la compassion et les sentiments, lui détestait ça, c'était si pathétique, si pauvre. Il préférait s'appuyer sur la raison.
« Enfoncez vous dans votre mutisme, je vais répondre pour vous. Ce qui caractérise la gentillesse, c'est que c'est un acte gratuit, vous faites des dons, des compliments à la personne sans rien attendre en retour, en n'ayant aucune intention derrière, c'est désintéressé. Sinon, ce n'est que de l'hypocrisie, pas finement cachée dans votre cas. »
Naruto le regarda, les lèvres pincées, et les joues gonflées dans une mimique colérique. Il le pointa d'un doigt accusateur.
« En fait, t'es un plus gros bâtard que je le pensais ! »
Les lèvres du thérapeute s'étirèrent en un sourire joyeux, alors que ses yeux si froids étaient posés sur Sasuke, comme s'il disait :
Qui est cassé maintenant ? Bâtard au complexe de Dieu ?
Le brun grommela quelque chose dans sa barbe, tout en ignorant d'un geste de la main Naruto.
« Vous n'êtes pas censé résoudre nos problèmes de couple, et non, les aggraver ? » Demanda-t-il, insultant indirectement son professionnalisme.
« Je vais le faire. » Dit Saï en hochant de la tête, pour une fois sérieux. « Mais pour cela, il faut d'abord que vous avouez que vous avez des problèmes dans votre couple. Le premier est la tendresse, et je vous recommande de travailler dessus dès maintenant. Commençons par quelque chose de simple, pouvez vous Seigneur lui faire, ne serait-ce qu'un compliment ? »
Sasuke plissa des yeux, l'air méfiant. Cet homme parlait-il une autre langue ? Pourquoi Naruto avait l'impression que dans la tête de son amant, ça devait être le no man's land ? Il voyait de là ce qui devait se passait dans la tête de Sasuke, le mot compliment est passé par l'hémisphère droit du cerveau qui cherche une définition du terme dans le tas de connaissances qui composait l'intellect de Sasuke. Et là...un vent froid passa, c'était le désert -ballot de poussière-: la terre inconnue, à la recherche du temps perdu...
Le brun résista vraiment à l'envie de demander : « Pourquoi faire un compliment ? Je veux rien là ! »
Le blond mit ses mains sur ses hanches, les sourcils froncés, fixant du regard son amant.
« J'attends » Jugea-t-il bon de signaler.
Le sourire de Saï irrita davantage Sasuke si c'était possible, et pour ne pas perdre la face devant le thérapeute glauque, Sasuke accepta d'entrer dans le no man's land.
Avec un effort surhumain, ses lèvres s'étirèrent pour former l'ébauche d'un sourire tremblant. Puis d'une voix un peu plus aiguë que la normale, il murmura :
« hum...ton intelligence foisonnante cré...Naruto, me sidère. »
Le blond lui fit un sourire étonnement étrange, Sasuke plissa des yeux, en dix ans de vies communes, il n'avait jamais vu ce sourire...qu'est-ce qui était différent ? Et puis, il croisa son regard, les yeux rétrécit tant ses sourcils étaient froncés...et avant qu'il ne comprenne le message « danger ! Danger ! » Le poing de Naruto alla s'enfoncer dans son nez, pas assez pour créer un réel dommage, mais assez pour lui faire du mal. Sa tête vacilla vers l'arrière, dans un gémissement, il ferma les yeux, et se pinça l'arrête du nez, tentant de faire disparaître la douleur.
« Qu'est-ce qui te prends crétin ? » Hurla-t-il.
Naruto renifla dédaigneusement, avant de croiser les bras, boudant, les yeux fixés sur le mur derrière le brun.
Le thérapeute ne parut pas surpris, et à la place, un sourire étira ses lèvres.
« La réaction que j'avais prévu... »Fit-il, fièrement. « Voyons ce qui n'allait pas dans cette preuve d'affection Seigneur. »
Sasuke lui lança un regard noir, et Saï ne savait pas si c'était pour l'appellation, ou son sourire narquois, il supposait que c'était les deux.
« Je ne sais pas, peut-être le poing que je me suis pris dans le nez. » Répondit-il, sarcastiquement, les doigts toujours sur le nez, s'assurant qu'il ne saignait pas. Il avait toujours pensé que cette thérapie ne lui apporterait que des problèmes.
Saï secoua la tête, désapprouvant.
« Ce n'est que la cause logique aux effets de votre déclaration. »
« La cause ? Je lui ai fait un compliment merde ! »
« Je rêve... » Grommela le blond, en secouant la tête. Sasuke se tourna vers lui dans un mouvement de tête rapide, et cracha hargneusement :
« Toi, je me vengerai, je te jure crétin, pour une fois que je te fais un compliment ! »
Alors que Naruto allait répliquer, que « oui pour une fois », et lui en foutre une autre, Saï reposa le sifflet sur ses lèvres, les calmant instantanément.
« Hum, monsieur Uchiwa » Dit le thérapeute à nouveau, d'une voix traînante. « Tout n'est pas dans les paroles, on aurait dit qu'on vous enfonçait un bistouri dans la colonne vertébrale ou bien qu'on vous sodomisait avec Big Ben. Votre sourire faisait plus peur que vos yeux, -chose d'une rareté exceptionnelle pour vous, certainement- »
Naruto eût un ricanement qu'il tenta vainement de contenir. Sasuke croisa les bras, grognant :
« C'est vous qui me donnez des conseils quant à mes sourires ? »
Le sourire de Saï s'élargit, Naruto lança un regard apeuré vers Sasuke, celui-ci hocha la tête, ça prouvait bien son point.
« Voudriez vous réessayer, je vous prie ? »
Sasuke soupira, mais poussé par le fait qu'il ne perdrait jamais son argent pour rien, et aussi parce que c'était peut-être vrai, qu'il abusait légèrement avec Naruto. Il prit sa main doucement, le regarda dans les yeux, -Saï rechercha un violon dans le coin de la pièce et hésita à jouer une sonate – de son regard de braise, et avec sa voix rauque, il souffla :
« Naruto, ton intellect m'épate de par sa capacité exceptionnelle d'absorption. »
...il y eût un soupir de Saï, et quasiment en même temps, Sasuke se reprit le poing de Naruto dans la face.
« IL EST SARCASTIQUE ! » S'écria le blond en pointant du doigt Sasuke qui se tenait à nouveau le bout du nez. « Ah, bâtard, je ne te croyais pas aussi cruel ! »
Naruto se leva furieusement, repoussant brutalement de son pied la chaise, qui tomba sur le sol dans un fracas. Le blond se rua sur la porte, non sans hurler un énorme : « bâtard ! T'es qu'un bâtard ! », puis claqua violemment la porte, faisant tomber un cadre photo du thérapeute glauque. Il y eut tout à coup un énorme silence, vraiment un gros blanc, seulement comblé par les gémissements douloureux de l'Uchiwa.
Saï et Sasuke se regardèrent dans le blanc des yeux...quand la porte se rouvrit. La tête de Naruto apparut à nouveau dans l'embrasure.
« J'oubliais, à demain monsieur le thérapeute glauque. »
Saï pencha la tête, perplexe.
« Au revoir, monsieur Uzumaki. »
Naruto hocha la tête, grommela un dernier : « bâtard ! T'es qu'un bâtard ! » à Sasuke, et claqua à nouveau la porte, faisant tomber cette fois le diplôme du thérapeute.
« Il a la ménopause ? » Grommela Sasuke, en se remettant du choc. Saï observa longuement le brun avant de se remettre à griffonner. C'est toujours de cette même voix monotone, comme s'il annonçait une constatation, qu'il parla à l'Uchiwa :
« Vous devez être un bien mauvais avocat, je ne voudrais pas être votre client. Le mensonge était si gros que même lui, à la déficience à l'hémisphère droit du cerveau a pu comprendre. Soyez plus subtil dans l'hypocrisie. »
« Vous me conseillez d'être hypocrite ? » S'exclama Sasuke, en clignant des yeux. Hypocrite ? Lui ? Avec Naruto ? Pensa-t-il, horrifié à cette idée. Bien sûr, être avocat, c'était être hypocrite, et la plupart de ses journées de travail se passaient ainsi, des cas, des discours rhétoriques où il s'enfonçait dans l'hypocrisie. Sasuke appréciait d'autant plus alors, le soir où il rentrait dans leur appartement, et retrouvait toute la sincérité dont il avait besoin.
Jamais, auparavant, il n'avait menti à Naruto, c'est comme si le blond pouvait lire en lui comme dans un livre ouvert. C'était ça le don de Naruto, ce don qui l'avait séduit au départ, son amant avant l'étrange capacité de pouvoir lire le cœur des gens, mais sans jamais avoir la prétention de dire « je sais ce que tu ressens. » Non, Naruto était le genre de personne simple qui acceptait de ne pas avoir souffert plus que les autres, ni moins, il acceptait d'être quelqu'un comme tout le monde.
Tout ce qu'il faisait, c'était compatir. Tout ce qu'il avait demandé à Sasuke, c'était de ne jamais lui mentir.
« Un couple ne résiste pas s'il n'y pas quelques petits mensonges dans la relation. »
« Vous êtes sûr d'être un thérapeute ? » Grogna Sasuke, en se levant à son tour, et en cherchant inconsciemment, du coin de l'œil, un divan. Quel genre de charlatan était-ce ? Saï leva lentement la tête, ne prenant qu'un coup d'œil ennuyé de son client, avant de baisser à nouveau le regard vers son calepin.
« Vous croyez vraiment, monsieur Uchiwa, qu'on peut tout dire, vous qui êtes avocat, ne savez vous pas que le mensonge est nécessaire, voire vital ? Si vous trompiez monsieur Uzumaki, lui diriez-vous ? Si vous trouvez qu'il ait le plus gros crétin de la Terre, lui ferez-vous remarquer ? »
« Je l'ai déjà fait ! »
Saï ricana, en répondant :
« Oui, et on voit où ça vous a mené, dans mon bureau. »
Sasuke ouvrit la bouche, les narines gonflées par la rage, prêt à hurler toutes les insanités qu'il connaissait -et croyez le, son répertoire était vaste-, mais rien ne vint. Parce qu'en voyant le diplôme sur le sol, la plaque dorée sur la table, les nombreux livres de psychologie dans la pièce, il se rendit compte, qu'effectivement, lui et Naruto étaient chez un thérapeute...donc qui dit thérapeute, disait problèmes...et donc, rien à rétorquer à ce sale type. Et non, il n'était pas lent à la détente, et ce n'était absolument pas à cause de son manque d'attention quant à son couple, qu'il était là.
C'était juste un caprice de diva de la part de son amant. Point.
« Et donc, je dois lui mentir ? » Soupira-t-il finalement, le visage crispé, comme si ça le tuait d'admettre que le thérapeute glauque avait raison.
« Je ne vous sodomise pas monsieur Uchiwa, arrêtez d'agir comme si vous viviez les neufs cercles des Enfers de Dante. Merci. Mais oui, nous n'avons pas tous un complexe de Dieu, et donc, en glorifiant son égo, vous glorifierez sa confiance en soi, et ainsi, la confiance dans votre couple. »
Le brun grommela quelque chose, avant de prendre sa veste sur le dossier de sa chaise, et de la remettre avec classe, boutonnant lentement le manteau. Cette journée n'aurait pas pu être pire...
« Je vois... » Dit Saï soudain pensif, en reprenant son stylo. « Des manières de gays...un complexe quant à sa virilité ? »
Le reste des cadres de Saï accrochés au mur tomba quelques secondes plus tard, alors que la secrétaire songea à faire appeler un maçon.
Sasuke Uchiwa savait maintenant qu'il pouvait toujours y avoir pire...
Deux adolescents qui passaient à vélo devant le grillage du parking s'arrêtèrent soudain. Enfin, le premier s'était arrêté, et le deuxième avait freiné de justesse derrière son ami, manquant de lui rentrer dedans.
« Qu'est-ce que tu fous ? » Beugla-t-il en regardant son ami, la bouche grande ouverte, les yeux exorbités, alors que de la bave s'écoulait légèrement du coin des lèvres. « T'as vu Pamela Anderson en maillot ? »
Son ami ne fit que secouer de la tête, lentement, désapprouvant, les yeux toujours fixés sur ça...
« Non, bien mieux. » Dit-il en pointant avec une lenteur presque sacrée du doigt une voiture. L'autre eut un ricanement et détourna le visage pour voir ce qu'il y avait de mieux que la bombe blonde, et il rejoignit bien vite son ami dans la catégorie carpe. Pamela Anderson passait pour une adolescente pré-pubère, chauve, obèse et acnéique à côté de ça...
Ils agrippèrent le grillage, et collèrent leur visage sur les grilles, qui les séparaient de la merveille de voiture, qui se démarquait bien parmi toutes ses voitures qui étaient pourtant loin d'être précaires. La peinture argentée resplendissait grâce aux rayons du soleil qui lui donnaient un aspect brillant, les vitres teintées lui donnaient une apparence mystérieuse, et les sièges en vrai cuir de cette décapotable les faisaient rêver.
Soudain, le visage d'un homme souriant apparut devant eux, juste derrière le grillage. Ils sursautèrent, ne l'ayant pas remarqué dans leur contemplation. L'homme était habillé d'un costume, et de chaussures qui devaient coûter une fortune, sa posture était bien droite, et loin d'être gays, ils pouvaient tout de même admettre que l'homme était attrayant.
« A moi. » Souffla-t-il, simplement, avec un rictus.
« Bâtard. » Grogna le blond, en claquant la porte de la voiture.
Les deux adolescents et Sasuke écarquillèrent les yeux, choqués, en criant en chœur :
« Non mais ça va pas la tête ! Respecte l'invention de Dieu ! »
On avait l'impression qu'ils criaient au meurtre.
« Ah parce que c'est toi qui l'a inventé, Seigneur ? » Railla Naruto en croisant les bras.
Alors que Sasuke allait se mettre à l'insulter sur toutes les générations qui remontaient jusqu'au Paléolithique, la grande bâtisse qui se profilait devant lui, et où travaillait monsieur-le-thérapeute-glauque- lui rappela sa séance, et les efforts qu'il devait faire pour ne pas avoir foutu sept cent dollars par la fenêtre : être gentil.
« Naruto. »
Son amant plissa soudainement des yeux, méfiant, cherchant du coin des yeux qu'est-ce qu'il pouvait bien lui vouloir. Sasuke roula des yeux, sa simple appellation avait suffit à le rendre lui, l'ahuri, à la mine constante d'hébétude, en un homme attentif à tout ce qui entourait son environnement ? Était-il si froid et sec avec lui ?
Il déglutit...peut-être que oui, il devrait commencer à être gentil.
« Veux-tu conduire ma voiture ? »
Le visage de son petit ami se figea brutalement, sa peau d'habitude d'un teint halé parfait, blêmissait à vue d'œil, ses yeux roulèrent dans leur orbite, et soudain, son souffle devint erratique. Il agrippa sa chemise au niveau du cœur, alors que quelque chose lui enserrait la poitrine, et empêchait l'air de passer correctement.
Sasuke soupira, exaspéré, croyant à une comédie.
« Euh...m'sieur, votre copain là, je crois qu'il fait une crise d'hyperventilation. »
Le brun lui lança un regard torve.
« Tu crois que si mon copain faisait une crise d'hyperventilation je serais là, en train de te parler ? »
« C'est ce que vous êtes en train de faire, m'sieur. » Répondit l'autre adolescent, alors qu'il cherchait son téléphone portable pour appeler son médecin.
Sasuke jeta un dernier regard à son amant, et tout à coup, son visage devint encore plus blanc alors qu'il réalisa que Naruto ne pouvait pas simuler sa pâleur.
« Bordel...mon copain fait une crise d'hyperventilation ! »
Les deux gamins lui lancèrent le regard qui disait : « on vous l'avait dit. »
Sans se préoccuper d'eux, Sasuke accourut chez son blond, sauta par-dessus la portière de la voiture, puis, en prenant un instant le temps pour retirer ses chaussures du dessus du siège -il n'était pas sans cœur et c'était du cuir merde ! Du vrai !- il posa ses mains sur le cou de son amant, le massant, et de sa voix le rassura.
« Calme toi, Naruto, ce n'est rien, prends une grande inspiration, puis respire, oui, c'est ça lentement...non Naruto, je t'ai pas demandé d'accoucher...-le blond, malgré sa crise de panique, lui lança un regard qui arriva à paraître légèrement menaçant- non, Naruto, je ne suis pas un bâtard sans cœur pour me moquer de toi dans ces conditions, c'est juste un constat...oui je sais Naruto que je dois me le mettre et me l'enfoncer bien profondément là où tu penses, mon constat. »
Et finalement, cette légère discussion, au plus grand étonnement des deux adolescents, calma l'homme qui retrouva peu à peu ses couleurs.
« Désolé, bâtard. » Souffla-t-il. « Tu m'as fait peur. »
Sasuke ne savait pas s'il devait se sentir vexé ou choqué, choqué parce qu'en étant gentil, il avait réussi à provoquer une crise de panique chez Naruto. Était-il si protecteur avec sa voiture ? Oui ! Mais cette réaction, bien qu'il veuille passer pour le bâtard au cœur froid, le blessa légèrement, et il répéta :
« Ne fais pas une crise de panique, mais oui Naruto, je veux que tu conduises ma voiture. »
« Pa...Pardon ? » Balbutia-t-il, effaré.
« Ne me fais pas me répéter, je risquerai de changer d'avis. » Soupira Sasuke, qui devait se battre contre lui-même pour ne pas hurler : « ôte tes pattes de ce volant ou je te les coupe ». Mais la récompense fut de taille, et aussitôt, il oublia cette voix qui lui disait, que sa libido était moins importante que sa voiture, et que les putes, c'était fait pour ça, quand Naruto prit son visage en coupe, et posa avec une ardeur qu'il ne lui avait plus connu depuis des mois, ses lèvres sur les siennes.
Son amant se leva, sans casser le baiser, et posa ses jambes de part et d'autre des hanches de Sasuke, assit sur le siège, se frottant lascivement contre lui, alors que sa bouche descendit posant des baisers le long de sa mâchoire, avant qu'il ne niche sa tête dans son cou, et ne suçote la peau avec une lenteur qui paraissait plus être une torture pour le brun.
Un léger gémissement lui échappa, alors que la main de son amant était passé sous sa chemise, et caressait l'extrême limite de son ventre, avec son bas ventre...
Puis, subitement, le hoquet de stupeur de l'un des adolescents le ramena à la réalité, et sans réfléchir, il murmura :
« Naruto, pas dans ma voiture, ça partira pas au lavage... »
Et une nouvelle fois, son nez fut martyrisé...
Sasuke inspira un bon coup, et malgré les légères crispations de sa mâchoire, ne desserra pas ses lèvres, de peur de ne plus pouvoir former un sourire qui ait vraiment l'ébauche d'un sourire. Le reste de l'après-midi ne fut pas des plus faciles.
Après qu'il ait finalement confié sa voiture à Naruto -s'assurant avant que son pouls était correcte et qu'il n'allait pas s'évanouir- le blond, ému au possible, et sachant sûrement que ce serait la seule fois où il pourrait poser ses mains d'homme imparfait sur son volant divin avait décidé d'en profiter à fond. En dépassant bien entendu la limite de vitesse autorisée, en manquant d'écraser une vieille femme sur un passage piéton, et surtout en s'amusant à dépasser tous les autres conducteurs pour leur montrer sa voiture qui était si géniale.
Tout ce que Sasuke avait pu faire, c'est dire des « tu conduis très bien, amour. » et « tu as un sens de la conduite si libre. » parfois même des « jamais vu conducteur aussi spécial.»
Naruto, enhardi par les compliments du brun, avait décidé que ce serait amusant de voir jusqu'où il pouvait aller avec son bolide, en lui disant un moment quelque chose, entre deux rires, qui acheva presque Sasuke.
« Tu devrais dire ça à l'agent qui m'a ôté mon permis ! Raciste envers les japonnais lui ! »
Tout ce qu'il put murmurer, le regard apeuré, c'est :
« Ôté ton permis ? »
Oui, il avait oublié ce détail, et la peur lui avait tant noué les tripes, la peur pour sa déesse, sa voiture, que quand Naruto fit un accrochage dans une voiture, faisant une bosse monstre dans la devanture de son engin, il ne put rien faire.
Finalement, cette thérapie lui coûtait plus cher que prévu.
Alors qu'il allait tuer son amant, au sens propre, ou du moins, le vendre à un organisme de recherche scientifique, la voix perfide de ce thérapeute le railla dans sa tête :
Ne pensez-vous pas que si vous n'arrivez pas à trouver d'exemples, c'est qu'il n'y en a pas ?
Et par pur esprit de compétition, et parce qu'un Uchiwa ne perdait la face devant personne, et surtout, car voir une nouvelle fois le sourire narquois de monsieur-le-thérapeute-glauque le tuerait. Il parvint, grâce à un effort herculéen, à sourire, appeler un taxi, et inviter Naruto à dîner dans un restaurant chic.
Après ça, la gentillesse n'avait plus de secret pour lui. Le mot avait dû être inventé pour lui.
« Sasuke, je suis vraiment désolé. » Répéta pour une énième fois Naruto, ledit nommé sentit un instant ses lèvres se tordre dans un rictus sinistre, voulant lui hurler « tu as toutes les raisons de l'être, crétin, t'es une taupe ou quoi ? La bagnole devant n'était pas assez grande pour que tu la capte ? » Mais il parvint à se retenir. Et se contenta de dire :
« C'est la faute de l'autre conducteur Naruto, quelle idée de s'arrêter là. » Il manqua d'ajouter : « de s'arrêter devant un feu rouge. »
Mais le pire, c'est vraiment le blond qui secouait la tête vigoureusement, acceptant l'explication de son amant.
« Commande maintenant. » Ordonna-t-il, en cachant son visage derrière le menu, de peur que s'il voyait encore le sourire niais de son amant, il explose.
Quelques minutes plus tard, une serveuse, qui prenait grand soin de pencher sa poitrine du côté de Sasuke pour lui montrer son décolleté généreux, vint leur demander -à Sasuke-, ce qu'il voulait avec un sourire qui se voulait sensuel. Insistant bien sur le « voulait ». En clair, elle ne proposait pas que de la nourriture.
La première réaction du brun fut évidemment de la mitrailler avec le légendaire regard Made in Uchiwa, puis, de lui hurler qu'il était gay, et qu'elle en était sans doute la raison, mais en regardant un instant son petit ami, il savait qu'il devait entraîner sa gentillesse. Alors, en plaquant son sourire d'avocat sur la face, il souffla d'une voix étonnement douce, que Naruto aurait pleuré d'entendre si ce ton lui avait été destiné.
« Qu'est-ce que la maison a à offrir de meilleur ? »
Le sourire de la jeune femme s'élargit, fendant presque son visage en deux, et elle se pencha davantage, sa poitrine touchait à présent le bras de Sasuke, qui tentait de cacher ses tremblements de dégoût, mais vu l'air de la serveuse, elle dut prendre ça pour de l'excitation.
Naruto plissa des yeux, dangereusement, en montrant ses dents à cette putain, mais elle ne remarqua même pas sa présence, ses yeux marrons absorbés dans ceux de Sasuke.
« C'est quelque chose de très spécial et qui ne peut être offert qu'à des clients particuliers, vous savez, pendant les heures supplémentaires. »
Sasuke feignit un rire amusé. Et la conversation continua ainsi pendant quinze minutes, Naruto avait pris en amitié un chandelier -il ne le comprenait que trop bien- et le maintenait devant le brun. Quand la serveuse devint de moins en moins subtile, et que même Naruto put voir à travers son jeu, -ça voulait dire que ça devenait très grave- il craqua.
Il mit le chandelier juste entre Sasuke et la femme, son petit ami le regarda perplexe, qu'avait-il fait de mal ? Il supportait une vraie torture ! Un martyr, rien que pour lui merde !
« Hum, hum » Toussota Naruto. « Qu'est-ce que c'est que ce service ? Quinze minutes que vous restez là à piailler, j'ai faim, moi ! Alors faites votre boulot qui est lui, au moins, légal merde ! Ou vous voulez que je me plaigne à votre patron ? »
Les joues de la jeune femme prirent tout à coup un vaste panel de couleur, passant par les différentes nuances de rouges, avant de s'excuser d'une voix tremblante -l'image de son patron en tête, un homme corpulent, gras, et avec voix une de phoque hantait ses cauchemars- et courut chercher leur commande.
Sasuke cligna des yeux, ils avaient inversé les rôles maintenant ? Mais malgré sa consternation, il sentit un frisson d'excitation à voir son amant être sec et méchant...il avait l'air diablement sexy quand il était en colère.
Feignant l'innocence, il leva légèrement sa jambe, qui vint frôler celle du blond pour se frotter lentement contre lui. Mais à sa plus grande surprise, Naruto leva brutalement sa jambe, et lui écrasa le pied, arrachant un sifflement de douleur à Sasuke.
« Ça va pas, crétin ? » Hurla-t-il, avant qu'il ne mette subitement sa main devant sa bouche « Heu...je voulais dire que je l'ai sans doute mérité, ton jugement ne peut être que juste. »
Et son pied fut écrasé une nouvelle fois, apparemment le mensonge était trop gros. Naruto garda le silence durant tout le dîner, sauf exception, pour donner à la serveuse la liberté de partir, qui restait planter devant la table, attendant quelque chose.
« Oui ? Vous voulez quelque chose ? » Avait-il demandé, avec un ton cassant.
« Euh...c'est-...
« Non, bien ? Vous pouvez disposer, nous n'avons plus besoin de vos si généreux services» Fit Naruto, avec un sourire froid. Et Sasuke sentit son bas-ventre réagir violemment, bordel, pourquoi le ton cassant de son amant l'excitait autant ? Et surtout, depuis quand Naruto pouvait être sarcastique ?
Ah bien sûr, il vivait avec lui. Et c'est ce que Sasuke disait souvent aux femmes qui se trouvaient charmées par le physique exotique de son petit ami.
« Tu gardes le soldat au repos, bâtard. » Prévint Naruto, en voyant Sasuke se dandinait légèrement sur son siège, apparemment dérangé par quelque chose. Alors que Sasuke allait plaider sa cause, en bon avocat qu'il était, le blond reprit :
« Dis tu la trouves pas bizarre la bouffe ? »
Naruto se mit à trifouiller dans son assiette à l'aide de sa fourchette à la recherche de quelque chose d'anormal.
« J'te jure, ça a un goût bizarre ! »
Sasuke voulut hocher la tête de consentement, lui aussi trouvait que la viande n'avait pas le même goût que d'habitude, mais il mit ça sur son scepticisme. La gentillesse ne voulait pas qu'on dise, que même un chien famélique préférait se bouffer, que manger ce crottin de cheval, qui était tout sauf du cheval.
« Mais non, Naruto, ça a un goût plus spécial aujourd'hui, c'est tout, mange ça va refroidir. » Sourit-il, l'air confiant. Le blond lui donna un regard soupçonneux, mais ayant confiance en ses paroles, termina son assiette.
Le sourire de Naruto était revenu au fur et à mesure que la soirée avançait, apparemment l'amabilité de Sasuke l'avait touché, et le brun se dit que le soldat pourrait finalement être au garde-à-vous ce soir. Soudain, le sourcil de Sasuke trembla légèrement alors que la voix pernicieuse de monsieur-le-thérapeute-glauque, souffla dans sa tête :
Monsieur...la luxure, n'est pas considérée comme de l'affection.
Vous faites des dons, des compliments à la personne sans rien attendre en retour, en n'ayant aucune intention derrière, c'est désintéressé.
Ah non, pourquoi ce malade venait le déranger à chaque fois qu'il atteignait ses objectifs ? Sasuke se jurait que si à cause de sa putain de leçon de moral, il ne pourrait pas s'envoyer en l'air, alors là, il le traduirait en justice ! Sa frustration était plus qu'inhumaine merde ! C'était de la torture ! Un mois sans sexe, c'était condamnable, non ?
Mais la voix de la raison au fond de lui, lui souffla d'un ton aimable :
Alors finalement, ce thérapeute avait raison, tu es incapable d'être gentil sans rien attendre en retour ?
Pourquoi la conscience existait, hein ? Pourquoi tant de haine ? Se demanda-t-il, en levant les yeux vers le plafond. Alors Sasuke prit la plus grosse décision de sa vie, -après ne dîtes pas qu'il n'aimait pas Naruto-, il ne coucherait pas avec son amant ce soir, rendant ainsi sa gentillesse complètement désintéressée...quel sacrifice faisait-il là !
Quand ils eurent fini de dîner, qu'ils furent prêt à repartir, et que Naruto prit sa main moite dans la sienne, Sasuke maudit une nouvelle fois ce thérapeute, et surtout sa résolution. Vu le léger renflement dans le pantalon du blond, leur problème aurait pu être réglé ce soir, mais non hein ! Forcément, il fallait que cette résolution soit durable, et s'il le faisait ce soir, ça irait quoi ? Deux jours ou trois, avant que leur problème n'empire.
Arrivés à la sortie, la serveuse lui fit signe en accourant jusqu'à lui, ignorant son amant qui se frottait suffisamment contre lui, pour que même une bonne sœur comprenne ses intentions. Mais pas elle, apparemment.
« Tenez ! » S'exclama-t-elle, avec un sourire en lui tendant un petit bout de papier plié en deux. « Mon numéro de téléphone, appelez moi pour ces heures supplémentaires. » Finit-elle avec un clin d'œil suggestif.
La réaction normale de Sasuke aurait été de prendre le papier avec un sourire hautain, de lui lancer un regard charmeur avant...d'écraser longuement le papier sous sa chaussure devant ses yeux. Cependant, on attribuait à cet acte le nom de méchanceté, voire cruauté, et on le définissait de sans cœur. Alors, l'inverse, ce serait d'accepter le papier avec un sourire, non ? On qualifierait alors l'acte d'aimable.
Sasuke hocha la tête, oui, c'était ce qu'il fallait faire.
« Je vous remercie. » Sourit-il en prenant le papier avant de le ranger dans la poche de sa veste. Soudain, la poigne qui serrait sa main se raffermit et il entendit un léger craquement...ses os ? Sasuke regarda Naruto avec un air interrogatif, pour voir que le blond ne semblait plus du tout dans l'humeur.
« Qu'est-ce que j'ai fait amour ? » Tenta-t-il, avec un sourire.
Les yeux de Naruto s'écarquillèrent légèrement, sa bouche s'ouvrit, estomaqué, ne croyant pas que son amant pouvait être aussi hypocrite. Il acceptait un numéro de téléphone d'une putain puis, il osait lui sourire et l'appeler amour ? Sas...Seigneur ! Combien de fois avait-il pu le tromper et revenir avec un sourire ?
Alors c'était pour ça, le sourire de la semaine dernière ! Dire qu'il trouvait ses sautes d'humeur étranges.
Ses poings se serrèrent, ses ongles s'enfoncèrent dans sa paume, et sous le coup de la colère, cogna une énième fois le nez de Sasuke.
« BÂTARD ! T'ES QU'UN BÂTARD ! »
Cette fois, son nez saigna bel et bien...
Et même sous la douleur, la colère, et la consternation, Sasuke se demanda combien allait lui coûter cette thérapie, qui lui avait coûté sa voiture, et sûrement une chirurgie pour remettre en place son nez.
Fin du chapitre.
Voilà ! J'espère avoir vos avis, toujours très intéressant de savoir comment vous trouvez l'idée, le scénario de cette nouvelle fic :)
La suite la semaine prochaine si ça vous plait !
Reviews ?
Chèrement vôtre,
Sirpics
PS : Avant de me dire que Naruto est un crétin complet, attendez le chapitre 2, si après celui-là, vous trouvez qu'il est ahem...illettré ? Alors, je m'inclinerai.
