Et bien voilà, il est 21h21, je poste une nouvelle fic :)

Une Draco-Hermione of course!

Tout d'abord un GRAND merci à Ma Bêta Lyly 7, qui même après mon absence m'a corrigé avec rapidité.

Une dédicace à Cin (Vanille-Fraise) qui a été la première à me donner son avis... Etant fan du Harry/Draco elle s'est prêtée au pairing de mon Histoire... Elle me crée aussi une petite bannière pour cette fic... Alors ce premier chapitre est pour elle.

Merci à toutes, sincèrement... Toutes vos reviews et vos encouragements sur Etreintes Ephémères, Sang pour Sang, et tous mes OS comptent énormément pour moi. Ca me touche toujours autant...

Donc maintenant je vous laisse découvrir ma nouvelle fic "Crepuscule" ...
Je rappelle que les personnages ne m'appartiennent pas et que tout est à la précieuse J K Rowling.

Un peu brutal dès le départ, mais je retrouve là mon style :)

Il y a ce moment… Entre le Jour et la Nuit, où l'on a le sentiment que tout ira bien, que quoiqu'il arrive, si l'on arrive à garder espoir, les choses ne pourront que s'améliorer. Ça commence toujours comme ça. Le cœur grenadine et l'impression d'avoir de nouveau quinze ans, la sensation de flotter, d'être à des kilomètres de là où l'on se trouve réellement. Le monde a beau tourner à l'envers autour de nous, on s'en balance, parce qu'on aime. Peut-être pour la première fois. Quel sentiment à la con.
Lorsqu'on ouvre enfin les yeux, la chute est douloureuse, on s'y casse les dents. Et le cœur. Elle savait qu'elle n'aurait pas dû tomber amoureuse. Mais quand on a vingt ans et que la guerre est notre quotidien, on a bien le droit de vouloir se sentir en vie. Juste une fois. Réchauffer notre cœur. Lui donner un peu de la chaleur qu'il a perdu. C'est ainsi que ça a commencé. Avec deux cœurs, brisés, émiettés qui cherchaient à recoller les morceaux. Seulement lorsque certaines pièces sont manquantes, les failles ne peuvent être comblées entièrement…

Le soleil du petit matin est éclatant. Ses mains tremblent, elle a la sensation que sa baguette va lui échapper des mains, son regard se promène sur les décombres du Château qui jadis fut sa maison. Elle a le cœur au bord des lèvres et la tête qui tourne. Le sang termine de sécher au coin de sa tempe endolorie. Tout n'est que chaos, l'odeur putride voile son esprit et les gémissements de ceux qui ne sont pas encore morts lui tordent l'estomac. Cet instant où elle reste figée, en état de choc, incapable du moindre mouvement dure une minute. Il lui semble une éternité, une éternité qu'elle aurait pu utiliser pour sauver quelqu'un. Une minute peut changer tellement de choses. Dix secondes, c'est le temps qu'il faut pour jeter un sort, pour tuer quelqu'un ou le sauver. Combien de vies venait-elle de laisser s'éteindre? Ses pieds se mettent en marche d'eux même, avant qu'elle n'ai pensé esquisser un mouvement. Autour d'elle, l'écarlate lui saute au visage. Du sang. Du sang partout, sur l'herbe grasse auréolée de rosée, sur le chemin dallé qui mène à l'entrée du château, sur les corps sans vie, sur ceux qui vivent encore, sur ses mains blanches.

- Non…

Sa voix résonne durement à son oreille, et tout lui revient en mémoire, l'attaque des Mangemorts au Château, le Professeur McGonagall titubante qui s'écroule sur la dernière marche du perron du QG, ses mots, ses mots si brutaux qui ont mit les membres de l'Ordre sur le branle-bas de combat. Les bras d'Harry et Ron autour d'elle, le transplanage qui les a conduits au cœur de la bataille. Harry. Ron. Avec l'énergie du désespoir, elle se met à courir, évitant les corps qui jonchent le sol. Ses yeux fouillent le parc avec fièvre, sa respiration se fait hachée, et elle semble sur le point de perdre espoir alors qu'elle ne les trouve toujours pas. Un râle agonisant la stoppe dans sa course. A ses pieds gît une silhouette recroquevillée. Son visage est brûlé entièrement, elle s'agenouille et penche son oreille contre ses lèvres. Un souffle léger la lui caresse. Déchirant la cape du corps chaud, elle lance un sort de cicatrisation, l'homme hurle. Son estomac se tend. La respiration s'accélère.

- Non! Tu ne peux pas mourir! Crie-t-elle

Sa main tâtonne le cadavre le plus proche. Elle s'empare du bras sans vie qui s'offre à elle et à l'aide du couteau qu'elle cachait dans sa bottine, lui ouvre le bras, tâchant de ne pas regarder le visage de celui ou celle qu'elle vient de mutiler. Le sang gicle et la nausée la saisit, violente. Elle réfute du mieux qu'elle peut. Elle revient sur son patient et déchire la manche de son bras. Elle tremble. La Marque des Ténèbres s'étend avec une insolence remarquable sur la peau brune du garçon. Il doit avoir son âge. Elle joint le bras du Mangemort à celui du cadavre à ses côtés et murmure un sort de transfusion. La respiration reprend un rythme normal. Elle sent le Mangemort remuer à ses côtés. Et perçoit deux syllabes, prononcées avec douleur.

- Gran…ger…

Elle sursaute, plisse les yeux puis les écarquille.

- Zabini? C'est toi?

Le visage calciné, le Mangemort hoche la tête avec difficulté.

- Merlin… Siffle-t-elle, les yeux embués.

- Pour…quoi? Crachote-t-il

Au départ, elle se demande ce qu'il veut dire. Quelle est la question qu'il veut poser. Pourquoi cette Guerre? Pourquoi Poudlard? Pourquoi, eux qui partageaient certains cours à l'école se retrouvent-ils à s'étriper pour une question de Sang? Mais la question en réalité, est simplement pourquoi, elle, Hermione Granger s'évertue-t-elle à sauver un Mangemort?

- Tout homme mérite qu'on se batte pour lui, Blaise.

Le bras valide du garçon s'agrippe violemment à la main de la jeune fille. Elle voit ses yeux se révulser et son visage craquelé se tendre.

- Non! Crie-t-elle encore une fois.

Mais c'est peine perdue, un ultime soubresaut l'agite, et le bras qui la maintenait glisse sur le sol. Elle ferme les yeux violemment, la mâchoire contractée. Lorsqu'elle veut essuyer les larmes de rage qui se sont échappées de ses paupières elle sent quelque chose dans sa main. Quelque chose que Blaise lui a glissé contre la paume. Le petit objet est porté à hauteur des yeux et elle voit avec étonnement une chaîne en argent ornée d'un serpent du même métal précieux. Elle fixe sans comprendre l'animal aux yeux verts, avant de l'enfiler autour du cou, le dissimulant sous sa robe poussiéreuse. Bien que ce bijou n'est aucun sens à ses yeux, elle le conserve contre sa poitrine pour se rappeler, avant que cette Guerre ne la rende cinglée, pour se rappeler que chaque homme mérite qu'on se batte pour lui…

- Hermione!

Cette voix… Elle sent son cœur s'affoler, elle se redresse, chancelante. Ses yeux fouillent le Parc, le soleil lui éblouit les yeux et enfin elle l'aperçoit. Il accourt vers elle, ses lunettes de travers, sa démarche titubante mais bien en vie.

- Harry! L'appelle-t-elle à son tour.

Il l'attrape brutalement, la collant contre lui. Elle niche sa tête contre son torse, il sent la sueur, la terre et la mort, cette étreinte rassurante lui confère une chaleur qu'elle pensait inexistante quelques minutes auparavant. Elle reste là, quelques secondes, savourant cette accalmie éphémère.

- Ron? Demande-t-elle la voix enrouée en se détachant de son ami.

- Il va bien. Il aide les Aurors à rassembler les corps.

Elle se sent soudainement branlante.

- Rassembler…les corps?

- Tu sais bien… Fait-il incertain. Les reconnaître, puis les brûler. Il… il y en a beaucoup trop pour que l'on puisse les enterrer.

Elle ne se sent pas tomber. Harry la retient alors que ses jambes lui font soudainement défaut.

- Qui est mort?

Harry baisse les yeux, la gorge serrée.

- Il y en a trop, Hermione.

- Qui? Lâche-t-elle un peu trop durement.

- Il y a eu Tonks, Luna, Padma Patil, Colin Crivey…

- Arrête… Supplie-t-elle les yeux brûlants.

Il la serre de nouveau contre lui.

- Le château… Bafouille-t-elle. Notre si beau château…

- Je sais…

Elle relève la tête, plantant ses iris chocolats dans les émeraudes délavées de son meilleur ami.

- Tu ne me dis pas tout, n'est-ce pas?

- Hermione… Fait-il. Tu en as assez entendu.

- Dis-moi.

- La tombe de Dumbledore a été saccagée, le directeur exhumé.

- Merlin, fait-elle horrifiée, qui a pu faire une chose aussi ignoble?

- Bellatrix Lestrange.

Et Hermione serre de toutes ses forces le pendentif accroché à son cou. Tout homme mérite qu'on se batte pour lui… Ne pas oublier….

Les flammes lèchent les corps avec délicatesse, et finalement Hermione se dit que le spectacle est à couper le souffle malgré les pleurs et la douleur. Ses yeux contemplent le brasier avec fascination. Des héros brulés. Des héros. Et des Mangemorts. Dans le même brasier. Ses propres mots prennent alors tout leur sens. Mangemorts ou Aurors, membres de l'Ordre ou Partisans du Lord, ils sont tous dans le même bateau. Embarqués dans une Guerre qu'ils n'ont pas choisie. Elle repense à Blaise Zabini. Qu'importe leurs âges et leurs opinions, dans ce merdier géant c'est «marche ou crève». Elle se sent vivante, le bras d'Harry autour de son épaule et la main chaude de Ron au creux de la sienne. Elle se sent vivante. Vivante et vidée. Un énorme sentiment de vide s'était emparé d'elle à la minute même où Lupin, Ron et Dean Thomas avaient déposé les torches au milieu des corps. Un sentiment amer mêlé de douleur diffuse, d'actes manqués et d'illusions brisées lui avaient retourné l'estomac puis plus rien. Un vide atroce, écœurant qu'elle s'en veut de ressentir a laissé un trou à la place de son cœur. Elle souhaite pleurer, hurler, crier, rire même mais impossible, elle reste droite, ses yeux glacés reflétant les braises qui restent encore allumées au milieu du petit tas de cendres que représentent à présent ses amis.

On est tous des orphelins, pense-t-elle

Aujourd'hui c'est le début de la Fin.

Les yeux accrochés sur la lourde pendule en bois, les minutes qui s'égrainent avec une irrégularité déconcertante, le tapotement des doigts de Ron sur la table en acajou. Une porte qui grince, trois pas, deux silhouettes dans l'encadrement de la porte. Remus Lupin, les traits tirés, la stature voutée par le poids du chagrin entre dans la cuisine exigüe du QG, s'effaçant ensuite pour laisser passer Kingsley Shacklebolt, dont l'expression n'est pas plus apaisée.

- Nous avions pensé envoyer Granger… Commence-t-il d'une voix lasse.

- Hors de question! Clame Ron, aussitôt sur ses deux pieds.

- J'apprécierais de terminer ma phrase, Weasley, grince le grand noir.

Ron s'assoit, ses joues encore empourprées par la colère.

- Je disais donc, avant cette agaçante interruption, que nous pensions envoyer Granger avec Boots derrière nous.

Harry ouvre la bouche pour répliquer.

- Néanmoins, reprend l'Auror d'une voix forte pour couvrir les éventuelles protestations. Nous vous enverrons tous les trois dans le Quartier Sud de Londres. Potter, vous avez toujours votre cape d'invisibilité me semble-t-il?

Le susnommé hoche la tête.

- Mais Hermione serait sans doute plus utile avec Boots, ses talents en Médicomagie…

- Non Harry! Claque la jeune femme en se levant brutalement. Je ne reste pas en arrière!

- Voilà ce que je voulais éviter, fait Kingsley.

- Ça suffit, Shacklebolt! Fait le Survivant claquant sa paume contre la table. Cessez un peu de nous parler comme à des enfants. N'oubliez pas que nous faisons partie de l'Ordre au même titre que vous.

- Jusque ici, Potter c'est vous qui avez pris les mauvaises décisions.

Un éclat de colère passe dans les yeux d'Harry.

- Que voulez-vous dire?

- A qui doit-on la perte de Poudlard?

Hermione pose une main contre sa bouche.

- Comment osez-vous! Fait-elle en pointant son index rageur sur lui. Harry n'a pas à se sentir coupable, cette attaque n'était pas prévue. Nous vivons tous cela comme un coup de poignard dans le dos.

Harry a blêmi. Hermione secoue la tête.

- Nous irons dans le quartier Sud. Sortez maintenant.

Kingsley ne bouge pas mais Remus lui intime de s'exécuter. Il lance un regard mauvais à la jeune femme avant de les laisser seuls.

- Il a raison, murmure Harry baissant la tête.

- Bien sûr que non, répond Hermione. Kingsley t'en a toujours voulu de diriger les opérations. Tu sais qu'il est ainsi.

- J'aurais dû prévoir…

Elle frissonne, Harry le Survivant. Harry le martyr. Il a tant l'habitude de porter le poids du monde sur ses frêles épaules. Il encaisse, prend tout pour lui. Toujours.

- Non.

Sa voix autoritaire fait lever les yeux des deux garçons sur elle. Elle a l'air impétueuse soudainement. Dangereuse.

- Cette connerie de Guerre n'est pas de ta faute! Arrête un peu de vouloir tout prendre sur toi! Je n'en peux plus!

Elle a pris sa tête entre ses mains, haletante. Ils se sont rapprochés d'elle. Harry a posé une main sur son épaule.

- Pardonne-moi.

- C'est bon. Je blâme davantage Kingsley. Il veut semer la discorde, faire qu'ils perdent fois en toi pour diriger, Harry. Montre leur que tu n'es pas faible.

Il hoche la tête légèrement.

- Préparons-nous, fait Ron. Nous devons partir ce soir.

Hermione est accroupie, de ses lèvres s'échappent une buée hivernale. Elle sent Ron et Harry contre elle. Ses genoux la font atrocement souffrir. Bien trop grands pour tenir à trois, debout, ils sont obligés de fléchir les jambes. Immobiles ils attendent. Là dans le quartier Sud, un va et vient de Mangemorts a été aperçu. Ils sont là en éclaireur uniquement. Cela fait trois heures qu'ils n'ont pas bougé. Soudain un mouvement attire leur attention, un homme encapuchonné entre dans l'Église de pierre qui borde la petite Place du Quartier Sud. Hermione s'agite sortant une petite fiole de sous sa cape. Du polynectar.

- J'y vais, fait-elle en avalant le contenu de sa flasque sous les yeux ébahis de ses amis.

- Non, c'est trop dangereux. Murmure Ron.

Avec effarement, il voit les traits de sa meilleure amie changer, ses cheveux devenir longs et blonds, soyeux, ses grands yeux noisettes se teintent d'un bleu étoilé. Elle grandit, s'échappe de dessous la cape.

- Hermione!

- Je suis désolée, chuchote-t-elle une main devant la bouche pour ne pas attirer les regards. C'était une idée de Remus. J'ai pris l'apparence d'une jeune moldue du Quartier Est. J'attendrais mieux dans ce cas-là. Si je ne suis pas revenue dans dix minutes, donnez l'alerte.

Elle ne les voit plus. Ils doivent fulminer. Saloperie de Guerre qui la fait mentir à ses amis. Serrant le collier contre sa poitrine, elle entre dans la Grande Église gothique. Elle est saisie par l'odeur de vieux qui s'imprime dans ses narines, elle trouve le symbole du lieu d'échange des Mangemort ironique à pleurer. Elle n'a jamais été croyante. Pas vraiment. Elle ne pense pas qu'un Dieu tel qu'il est décrit dans les livres puisse gouverner un tel monde. Ou alors il a baissé les bras depuis longtemps sentant le contrôle lui échapper. Ce ne serait pas difficile. Les êtres humains sont tellement cinglés. Quoiqu'il en soit, Hermione ne croit qu'en ce qu'elle voit. Mais rentrer dans une Église ne peut l'empêcher de se sentir insignifiante, toute petite au regard du monde. Les voûtes qui soutiennent cette architecture grandiose s'élèvent jusqu'à vouloir toucher le ciel. Elle sent un immense respect pour les Bâtisseurs de ce monument, datant de plusieurs siècles. Elle n'en oublie pas pour autant pourquoi elle est venue. Du regard, elle cherche la personne qui est entrée. Elle fait le tour de l'église, allant même jusqu'à enjamber les cordes qui la séparent de l'autel pour voir si elle n'aurait pas manqué quelque chose. Rien. Personne. Aucun bruit, mis à par celui de ses pas qui résonnent contre les parois. Aussitôt un étrange mal être s'empare d'elle. Le cœur battant, tentant de ne pas se précipiter, elle remonte l'allée de bancs, songeant à ses amis qui l'attendent à l'entrée. Une main puissante s'abat sur sa bouche, l'autre s'enroule autour de sa taille, la tirant dans une alcôve qu'elle n'avait pas vue. Elle se débat, peine perdue la poigne est trop forte.

- Tiens… fait un chuchotement glacé contre son cou, qu'elle reconnaît immédiatement. Tu t'es perdue je crois…

- Malefoy? Murmure-t-elle en faisait volte-face.

Son visage est plongé dans la pénombre de l'église, néanmoins elle peut voir ses sourcils se froncer, cherchant visiblement où il aurait pu rencontrer un tel visage.

- Qui êtes-vous?

Bon voilà... J'espère que ces premières lignes vous auront plu... Hihi je suis anxieuse, comme à chaque fois :