Bonjour à tous !

Je suis absolument enchantée de vous faire partager cette fiction (qui devait au départ être un one-shot mais je me suis laissée emportée...) !

Pour ceux qui attendent la suite de Découvrir le bonheur grâce à lui, ne vous inquiétez pas, elle sera là à l'heure !

Comme toujours, je suis pas très douée pour m'exprimer par écrit mais merci à tous de lire encore et encore ce que j'écris !

Sachez que même si je ne le dis pas assez souvent, c'est Vous qui me donnez envie d'écrire et me refaites ma journée quand je lis vos reviews 3

Je vous souhaite à tous une excellente lecture !

J'ai toujours voulu être important pour quelqu'un, avoir ce sentiment de plénitude entre les bras d'une personne qui serait pour moi exceptionnelle, qui serait la plus importante au monde. J'ai toujours voulu être aimé pour moi, à ma juste valeur. C'était mon rêve le plus profond depuis mon enfance. Dans ma famille, les Dursley, je n'étais qu'une pièce rapportée. Je n'étais pour eux qu'un monstre qui leur prenait leur argent et tâchait leur belle et noble réputation. Mon oncle me haïssait et faisait tout pour me gâcher la vie, mon cousin me frappait dès que je faisais quelque chose qui ne lui plaisait pas, et ma tante me faisait faire toutes ses tâches ménagères en s'enorgueillissant du travail si bien réalisé ! Par elle bien sûr, et non par moi, alors qu'en vérité, c'était bel et bien moi qui faisait tout dans cette maison !

Enfin ! Tout a changé pour moi lors de mes onze ans. J'ai alors découvert que j'étais un sorcier et qu'un nouveau monde s'ouvrait à moi. Un nouveau monde mais aussi une nouvelle vie, de nouveaux amis, de nouvelles choses à faire et à découvrir. Une véritable chance d'être enfin réellement aimé donc ! Mais tous mes espoirs furent gâchés à l'annonce de ma notoriété et de mon rôle dans ce nouveau monde. Tous mes espoirs tombèrent à l'eau, en même temps que je découvrais que tous les sorciers m'adulaient pour quelque chose dont je n'avais aucun souvenir.

J'ai passé six années dans l'école de Sorcellerie d'Angleterre, Poudlard. Pendant ces six années, j'ai traversé nombre d'épreuves avec Ron Weasley et Hermione Granger. Tout le monde nous appelait le Trio D'Or, nous étions les meilleurs amis de l'école. Mais je savais que ce n'était que parce que j'étais Le Survivant. Ce n'était pas vraiment réel.

Pendant la septième et normalement dernière année de cours, nous avons tous les trois cherché des Horcruxes, des morceaux d'âme de Voldemort, le Seigneur des Ténèbres, que je devais tuer. Il y en avait six dont un journal que j'avais détruit en deuxième année, et une bague que le directeur de l'école, Albus Dumbledore, avait détruite lors de ma sixième année. Il en restait donc quatre… Nous les avons toutes trouvées. Et, au dernier moment, alors que je voyais un homme extraordinaire mourir sous mes yeux, cet homme, Severus Rogue, m'a donné ses souvenirs.

J'ai alors découvert que j'étais moi-même un de ces horcruxes, le septième, imprévu, et que je devais mourir pour réussir à tuer Voldemort. La prophétie qui nous reliaient lui et moi disait que « l'un ne peut vivre tant que l'autre survit ». L'un de nous devait donc tuer l'autre… Il m'a tué. Ce geste à effacé le morceau d'âme qui était ancré en moi, me permettant de le tuer à mon tour. Lorsque je suis revenu à moi, par je-ne-sais quel miracle, j'étais dans les bras de Hagrid, le géant au cœur d'or qui m'avait annoncé que j'étais un sorcier. Il pleurait, et j'ai failli pleurer avec lui en me souvenant que ces larmes coulaient pour un mort supplémentaire. J'ai finalement effectué mon rôle en tuant la chose qui avait commis tant de crimes impardonnables.

Et c'est exactement à ce moment-là que l'histoire m'a complètement échappé. Ce n'était pas censé se passer comme cela, mais je dois avouer que cette version me convient tout à fait, même si je ne connais pas la façon dont se seraient déroulées les choses si tout s'était passé comme prévu…

C'était l'effervescence sur le champ de bataille. Harry Potter venait de tuer Voldemort, réalisant ainsi la prophétie qui régentait sa vie depuis sa naissance. Hermione et Ron le rejoignirent à toute vitesse, heureux d'avoir enfin gagné leur liberté de vivre. Ils le serrèrent dans leurs bras avant de le féliciter de bon cœur.

Alors qu'ils parlaient de ce qu'ils allaient bien pouvoir faire à présent, un fait étrange les laissa perplexes. Les espèces de cendres qu'avaient créé l'évaporation du corps de Voldemort se rassemblèrent en une forme d'abord indistincte. Puis, petit à petit, les contours se dessinèrent, la valse intense des débris s'apaisa et, devant leurs yeux ébahis, l'image d'un homme apparut quelques secondes avant de se dissiper en un nuage de poussière. Et, alors que Hermione et Ron se précipitaient sur l'image, Harry se tordit de douleur, se tenant le front à deux mains.

- Harry ! Harry comment ça se fait que tu ais encore mal ?! S'exclama Hermione, inquiète. Il est mort ! Tu ne devrais plus avoir mal ! C'est une plaisanterie c'est ça ?!

- Non… Gémit Harry, douloureux.

- Alors, commença Ron, si ce n'est pas une blague que tu nous fais, nous avons un sérieux problème.

Tandis que Harry acquiesçait et que Ron et Hermione se regardaient avec horreur, le jeune homme brun hurla et tomba à la renverse sur le sol de pierres.

Comme les visions que lui envoyaient Voldemort de son vivant, il vit un homme dans une geôle. Il semblait endormit, mais ne respirait pas. La vision dura à peine une minute mais Harry s'en réveilla comme si elle avait duré des heures entières. Ses deux amis étaient entrain de s'embrasser non loin de lui. Il les appela et, n'obtenant aucune réponse, il se releva péniblement. Décidant qu'ils avaient droit de profiter de leur nouvelle liberté, Harry sourit tristement et se dirigea vers la grande salle. Là, il rejoignit un groupe d'aurors qui avaient attrapé un mangemort.

- Avez-vous encore des prisonniers dans les geôles de Voldemort ?! Lui demanda brusquement Harry, faisant frissonner le mangemort à l'entente du nom de son défunt maître.

- J'en sais rien Potter, lui répondit-il, et même si je le savais, je ne te dirai rien ! Finit-il en lui crachant sur les pieds, lui montrant tout son ressentiment à son encontre.

- Je vois… dit Harry avant d'approcher sa bouche de son oreille, ne crois pas que j'ai tué ton maître d'un simple Expelliarmus. Je serai tout à fait ravi de mettre fin à ton supplice de la même manière. Et crois-moi, je ne pense pas que tu apprécierais… Chuchota Harry.

- Il n'y a plus personne dans aucun manoir ! S'exclama le mangemort, avant de passer quelques secondes à réfléchir, semblant peser le pour et le contre. Mais, parmi les mangemorts, il y a une rumeur qui parle d'un homme plongé dans une sorte de stase. Il serait dans une des chambres secrètes du manoir Jedusor. Je n'en sais pas plus ! Je vous le jure ! S'exclama le mangemort, tout à coup effrayé par les possibles représailles si les aurors ne le croyaient pas.

- J'y vais ! Imposa Harry aux aurors.

- Vous ne pouvez y aller seul Monsieur Potter, lui expliqua l'un d'eux.

- Alors venez avec moi, je m'en moque, je veux y aller, insista le jeune homme en se dirigeant déjà vers les doubles portes de la salle.

Harry et deux aurors sortirent de l'enceinte de l'établissement pour pouvoir transplanner au manoir Jedusor. En arrivant, ils purent constater que les barrières assurant la sécurité de la demeure, avaient complètement disparues. Sûrement à cause de la mort du propriétaire et créateur des sortilèges.

Afin d'augmenter leurs chances de trouver la chambre, les trois hommes se séparèrent. Un des aurors se dirigea vers les sous-sols, le deuxième resta au rez-de-chaussée et Harry alla au premier étage. Il ouvrit toutes les portes sur son chemin, regardant chaque recoin des pièces qu'il rencontrait.

Au bout de plusieurs heures, tous les millimètres du manoir avaient été visités et aucune pièce secrète n'avait été trouvée ! Énervé, le jeune homme se mit à parler fourchelang pour insulter le manoir et lui demander de lui révéler cette maudite pièce.

Alors que les deux aurors s'étaient assis dans un canapé du salon pour attendre que Harry se calme, un grand bruit sourd résonna dans le manoir, faisant trembler les murs de la pièce. Les deux hommes se relevèrent brusquement de leur canapé alors que Harry se retournai vers la source du bruit. Il monta les escaliers quatre à quatre, suivit de près par les aurors. Il entra dans une chambre blanche qu'il avait déjà vue, dépourvue de tout objet personnel. Il pénétra dans la salle de bain et, à son plus grand étonnement, découvrit une porte qu'il n'avait pas vue la première fois.

Seul lui put entrer dans la pièce nouvellement apparue, étant donné que les deux aurors avaient été violemment repoussés par une barrière qui était restée en place, et était encore pleine de force.

À son entrée dans la pièce, Harry aperçut immédiatement l'aspect étrange de la salle. Elle ressemblait à un trou noir… Il n'y avait ni mur, ni sol, ni plafond, tout était composé de noir d'encre. Comme le ciel une nuit d'été, la pièce était illuminée de milliers d'étoiles dans les ténèbres. Au milieu de cet étrange endroit, il y avait un corps qui flottait, comme en apesanteur dans le ciel de l'univers.

Grâce à un sort de diagnostic que lui avait apprit Hermione pendant la chasse aux horcruxes, Harry évalua la conscience de l'homme. Il était en vie mais était comme… en pause. Tous ses organes, ses fonctions vitales, tout semblait ne plus fonctionner mais malgré tout, il était en vie !

Utilisant le sortilège de lévitation, Harry fit sortir l'homme de la pièce pour rejoindre les aurors qui l'attendaient impatiemment. S'assurant que le corps était bien en vie, les deux hommes emmenèrent Harry jusqu'au dehors du bâtiment pour rejoindre l'hôpital Sainte-Mangouste.

En arrivant, ils furent immédiatement abordés par une équipe médicale complète qui prit en charge l'homme en lévitation grâce au sort de Harry. Le jeune homme suivit les professionnels de santé tandis que les deux aurors se plaçaient en faction devant la porte de la chambre. Après plusieurs sorts de diagnostic de plus en plus compliqués, les médecins étaient catégoriques : l'homme était plongé dans une stase par un puissant sortilège de magie noire.

Ce sort, difficile à exécuter, était d'autant plus compliqué à retirer de la personne atteinte. Pour cela, plusieurs médecins et équipes spécialisées se relayèrent pendant des jours et des jours, des semaines entières. Pendant ce temps, Harry faisait des recherches pour essayer de savoir qui était cet homme qu'il avait trouvé dans le manoir de Jedusor. Il avait demandé de l'aide à Hermione et Ron mais avait reçu une réponse disant qu'ils avaient d'autres choses à faire que de s'occuper d'un homme congelé. Le jeune homme avait donc renoncé à leur aide ainsi qu'à leur grande amitié…

C'est au terme de huit long mois de recherches que les différentes équipes de soins réussirent à se mettre d'accord sur la marche à suivre pour soigner l'homme. Il fallut encore plus d'un an de traitement pour que le rescapé se réveille enfin. Pendant tout ce temps, Harry avait continué ses propres recherches, essayant de trouver un moyen pour aider l'homme au mieux à son réveil. Il avait vite abandonné l'idée de savoir qui c'était lorsque toutes ses recherches l'avaient conduit vers Tom Elvis Jedusor. Cela était tout bonnement impossible puisqu'il l'avait tué !

Malgré tout, se préparant à toutes les éventualités, Harry étudia la vie de Tom afin d'apprendre tout ce qu'il ne connaissait pas. Il retrouva des compagnons de promotion, leur demanda comment il était, quels étaient ses idées, ses opinions politiques, ses projets, ses rêves. Beaucoup ne le connaissaient pas vraiment et ne surent pas répondre à ses questions, d'autres ne voulaient tout simplement pas y répondre. En revanche, tous parlèrent de son tabloïd de conquêtes : une femme puis uniquement des hommes, au nombre de trois ou quatre.

En presque deux ans, Harry eu le temps de s'appesantir sur le sujet Tom Elvis Jedusor. Il découvrit l'homme qui était devenu le monstre, au lieu de ne connaître que le monstre. Sans en venir à l'aimer ou à le respecter, il le considéra petit à petit comme un être humain à part entière, qui avait fait les mauvais choix de vie. Au départ, il avait de véritables projets, qui valaient la peine d'être défendus, était entouré de gens sur qui il pouvait compter, avait un charme indéniable qu'il utilisait à des fins relativement louables pour la plupart. Et, par-dessus tout, Harry commença sérieusement à douter de la monstruosité de l'homme. Parce que, avec tout ce qu'il avait découvert, il ne pouvait pas croire sérieusement que cet homme qui voulait changer le monde par le moyen de la politique et de la persuasion, puisse vouloir devenir ce monstre prêt à tuer n'importe qui pour assouvir son désir de vengeance.

Ainsi, Harry avait tout fait pour être là à son réveil, et personne n'avait essayé de l'en empêcher. Et ce pour deux raisons : non seulement il était le Sauveur du monde sorcier, mais en plus, l'homme n'avait pas d'identité, donc pas de famille connue… Harry l'ayant découvert, il était le seul qui avait sa place à ses côtés lors de son réveil.

L'homme, habitué à la pénombre causée par ses paupières fermées pendant des années entières, eut du mal à ouvrir les yeux. Il papillonnèrent un moment alors qu'il semblait fournir un effort incommensurable pour ouvrir les paupières. Harry ferma les rideaux d'un geste de la main, plongeant la pièce dans le noir. Grâce à cela, l'homme put ouvrir les yeux et regarder autour de lui en clignant régulièrement des paupières.

- Où… Essaya de commencer l'homme, avant de s'étouffer à cause de sa gorge sèche.

- Vous êtes à l'hôpital de Sainte-Mangouste et je suis Harry Potter, expliqua Harry en lui tendant un verre d'eau. Je vous ai trouvé dans une chambre secrète du manoir Jedusor.

À ces mots, l'homme regarda brusquement Harry, comme si une deuxième tête venait de lui pousser à côté de la première. Le nom « Jedusor » devait lui avoir évoqué quelque chose de précis pour qu'il réagisse ainsi.

- Je… désolé, s'excusa l'homme, à la plus grande surprise de Harry.

- Pourquoi vous excusez-vous ?

- C'est moi.

- Comment ça, « c'est vous » ? Demanda Harry, interloqué par cette explication.

- Je suis Tom Elvis Jedusor. Le vrai je veux dire… Expliqua-t-il, les yeux baissés vers ses mains croisées sur ses genoux.

À ces mots, Harry ferma toutes les issues de la chambre grâce à sa baguette, apposa un sort de silence sur la pièce et tint fermement sa baguette dans la main posée sur sa cuisse.

- Vous êtes Tom Elvis Jedusos ?! Je l'ai tué ! S'exclama Harry, d'une voix mêlant incompréhension et colère.

- Non Harry, vous avez tué Voldemort.

- Expliquez-vous ! Demanda Harry, un ton plus calme.

- Lors de ma jeunesse j'ai demandé à un homme des informations sur les horcruxes. Ce sont des objets qui devaient me permettre de rester en vie à travers la mort. Je suis ensuite parti en voyage en Albanie et quand je suis revenu, j'ai créé un horcruxe. J'avais déjà amassé quelques partisans, on voulait tous la même chose : conserver notre monde tel qu'il était, avec nos valeurs, nos traditions… Parmi eux, il y avait un homme en particulier : Peter Pettigrow, un ami de James Potter, votre père. Cet homme était un vil manipulateur couard ! Dès que mon horcruxe a été créé, il a créé un homme, une chose, à partir de l'objet dans lequel j'avais mis un morceau de mon âme. Il a donné vie à la chose que vous avez tuée Harry. Il a créé Voldemort de toutes pièces. Étant un morceau de mon âme, il conservait tous mes souvenirs, mes capacités, ma puissance magique… Sans que je ne sache comment il a pu réussir, il m'a jeté ce sortilège de stase. À partir de ce moment-là, je voyais tout ce qu'il faisait sans que je ne puisse rien y faire ! Je me sentais tellement mal en voyant tous les crimes et les horreurs qu'il commettait !

Harry était ahuri par les révélations que venaient de lui faire cet homme. C'est vrai qu'il ressemblait trait pour trait au jeune homme qu'il avait vu dans les souvenirs de Slughorn mais de là à imaginer qu'il était la même personne que dans ce souvenir ! Et puis… son histoire ne tenait pas debout ! Il devrait avoir le même âge que Voldemort, soit soixante-et-onze ans ! Or il en faisait à peine trente ! Et si le sortilège de stase avait arrêté tout le fonctionnement du corps, il aurait aussi dû arrêter la vieillissement ! Or il était clairement plus vieux qu'à l'école…

- Votre âge ne colle pas à votre histoire.

- Oh oui vous avez raison Harry. Je suis parti de l'école avec mes ASPICs en poche, avec des Optimal uniquement, j'avais alors dix-huit ans. Ensuite, après que le poste de Défense Contre les Forces du Mal m'ait été refusé, j'ai été engagé comme vendeur chez Barjow et Beurk pendant deux ans. Puis je suis parti en Albanie pendant cinq ans. Les sept années qui manquent se sont écoulées sous stase. Mon corps n'était pas vraiment arrêté mais très ralenti… En quarante-six ans, je n'ai vieilli que de deux ans… J'ai actuellement vingt-sept ans. Cela vous convient-il mieux Harry ?

- Oui, je comprends mieux en tout cas. En revanche, ce que je ne comprends pas c'est pourquoi Peter Pettigrow, votre plus fidèle mangemort, vous a-t-il plongé sous stase pour faire vivre Voldemort ?

- Ah oui, soupira Tom, Pettigrow m'avait soumis plusieurs fois l'idée, merveilleuse selon lui, d'exterminer tous les étrangers à nos traditions. Chose que j'ai à chaque fois refusée. Je n'ai pas fait cela parce que l'idée me répugnait mais parce que si je faisais cela, nous aurions bien vite manqué de sorciers… Et puis… je ne voulais pas tuer les sangs-mêlés, j'en fais partie après tout. Mais il ne comprenait pas ma décision alors il a créé cet autre, qui avait toutes mes bonnes idées, mes précepts et mes concepts, mes valeurs et mes normes avec tout ce qui fait de moi ce que je suis. Sauf qu'en plus de tout cela et de mes capacités magiques, il avait aussi toute la haine et l'envie intense de vengeance que je canalisais chaque jour. Lui ne canalisait rien du tout…

- Vous êtes entrain de me dire qu'il obéissait à Pettigrow ? S'horrifia Harry, incapable d'imaginer Voldemort obéissant à quelqu'un d'autre que lui-même.

- Non pas exactement. En le créant, Pettigrow lui avait mis l'idée en tête comme quoi il devait se venger et faire en sorte d'être le maître de tout et de tout le monde, et ce par n'importe quel moyen. Après, il n'avait plus rien à faire, c'est Voldemort qui faisait tout…

- Qu'est-ce qui me prouve que vous êtes pas Voldemort qui a ressuscité grâce à un horcruxe dont je n'avais pas connaissance ? Suspecta Harry en lançant un regard lourd d'avertissement à l'homme allongé dans son lit.

- Vous êtes dur à convaincre Harry, s'amusa Tom. Ma foi je n'ai pas grand-chose pour vous le prouver, si ce n'est mes souvenirs propres qui s'arrêtent brusquement là où commence ma stase. Voulez-vous les voir ?

Après un bref acquiescement, Harry lança le sort de légilimencie pour étudier les souvenirs de l'homme. Il vit ses années à l'orphelinat, le vit faire peur aux autres enfants présents, assista à la venue de Dumbledore, à ses courses sur le Chemin de Traverse pour la rentrée, le regarda être réparti à Serpentard puis commencer son année. Il charmait les professeurs autant que les élèves, avait des notes excellentes, se débarrassait de tous les ennuis, souvent au détriment de ses camarades, se renseignait sur ses origines et sur les différentes magies et entretenait une haine incommensurable envers les moldus.

Puis rebelote en deuxième année. En apparence c'était un élève remarquable, avec de bonnes notes, une bonne entente autant avec ses camarades qu'avec les professeurs, qui s'intéressait à tout et savait répondre aux questions, et en vérité, c'était un jeune homme plein de rancœur envers le monde entier. Il cherchait à se venger par tous les moyens, collectait des informations sur tout et tout le monde, se renseignait sur la vie éternelle, les arts obscurs et les sciences de l'esprit.

Il avait été calme jusqu'en cinquième année. Il avait acquis des connaissances et des compétences supérieures à bien des élèves, voire même à certains professeurs incompétents. Et, grâce à ses recherches assidues sur ses origines, il avait découvert la Chambre des Secrets et son basilic… Harry le vit tuer Mimi Geignarde sous les ordres sifflés par Tom. Puis il vit ce même homme accuser Hagrid d'être le meurtrier parce qu'il cachait un monstre dans l'école : Aragog.

En septième année il le vit demander des indications au professeur Horace Slughorn à propos des Horcruxes. Il fit ensuite des recherches pour compléter ses indications.

Il le vit ensuite se faire refuser le poste de professeur au sein de Poudlard, à cause de sa jeunesse et de son inexpérience. Alors il le regarda partir à Pré-au-Lard puis traverser l'Allée des Embrumes afin de se faire engager comme vendeur chez Barjow et Beurk. Il y resta deux ans, pendant lesquels Harry découvrit que c'était un excellent vendeur qui savait charmer ses acheteurs. Puis il redemanda le poste de professeur de Défense contre les Forces du Mal, qui lui fut refusé à nouveau.

C'est à ce moment-là qu'il partit en Albanie. Harry ne put apercevoir que deux ou trois moments de sa vie là-bas avant de revenir brusquement en Angleterre, à Poudlard plus précisément. Tom Jedusor et Albus Dumbledore se disputaient pour le poste de professeur tant convoité par le plus jeune. Le directeur refusait catégoriquement de le lui donner. Blessé dans son orgueil et encore plus haineux envers le monde entier, Tom se mura dans ses idéaux et commença son ascension politique.

Et puis Harry vit une dispute éclater entre Peter Pettigrow et son maître. Tom expliquait à son interlocuteur qu'il ne voulait pas exterminer tous les sangs de bourbe et les sangs-mêlés, qu'ils manqueraient de sorciers et finiraient par s'éteindre s'ils faisaient cela. Il refusait également de créer plus d'horcruxes pour le moment. Un était déjà bien suffisant actuellement !

Alors que Harry écoutait attentivement les arguments et contre-arguments évoqués par les deux partis, dans le noir de la pièce souvenir il distingua Pettigrow lever sa baguette vers son Lord. Il vit les yeux écarquillés de Tom à cause de la surprise et le vit tomber à la renverse alors qu'un sort jaune canari le touchait en pleine poitrine.

Pensant que les souvenirs s'arrêtaient là, Harry se prépara à revenir au présent. Mais le film des souvenir et images continua sans interruption. Il vit la naissance de Voldemort à travers les yeux de Tom qui, lui, voyaient les choses grâce à son lien d'âme avec ce monstre. Il découvrit les idéaux horribles et inavoués de cette chose, assista aux meurtres et tortures, que ce soit de ses propres mangemorts ou non. Il assista vraiment à la première guerre, à la découverte par Tom et son double de l'existence de la prophétie, à la mort de ses parents…

Et en parallèle de tout cela, il découvrit les véritables sentiments et ressentis de Tom Jedusor. Il savait que Voldemort ne pouvait en avoir, cet homme n'avait jamais eu de cœur grâce à Pettigrow, mais Tom était un homme avant tout. Harry découvrit alors, par le biais des souvenirs, que cet homme ressentait de la compassion, de la tristesse et de la pitié à l'idée de toutes ses vies et familles brisées. Il haïssait Voldemort, chaque jour un peu plus, il éprouvait un certain respect pour Harry qui osait contrecarrer les plans de Voldemort et il se sentait responsable de tout ce qu'il lui arrivait depuis son enfance.

Alors qu'un nouveau souvenir allait commencer, Harry fut violemment ramené au présent. La seule chose qu'il eut le temps d'apercevoir fut Tom s'énervant en pensée sur Voldemort, essayant visiblement de le contraindre à faire quelque chose.

- Tu n'étais pas censé voir le dernier, s'excusa Tom avec un sourire contrit. Alors, demanda-t-il, convaincu ?

- Plutôt oui. J'ai une question cependant : tu voyais tout ce que faisait Voldemort, ne pouvais-tu rien faire pour l'empêcher de faire telle ou telle chose ? Demanda Harry à son tour, perplexe.

- Dans certaines limites très contraignantes, je le pouvais. Il m'a fallu attendre un certain temps pour réussir à comprendre comment notre lien fonctionnait réellement, puis ensuite j'ai découvert que je ne pouvais pas l'influencer autant que je le voulais. En fait je pouvais émettre une idée dans ses pensées mais après il en faisait ce qu'il voulait. Mes premiers essais ont été assez désastreux je dois l'avouer…

- Et tous les sentiments que j'ai sentis émaner de toi à travers tes souvenirs, étaient-ils réels ?

- Bien sûr ! S'exclama Tom, vexé qu'on puisse penser le contraire.

Harry se fit silencieux, prenant le temps de réfléchir à ce qu'il venait d'apprendre. Au final, en analysant tous les éléments et en les mettant bout à bout, l'histoire de cet homme tenait la route. Et puis… la personnalité de Tom correspondait aux données qu'il avait réussi à recueillir !

- Bon maintenant que j'ai attisé votre curiosité Harry, pourriez-vous faire de même avec de la mienne ? Demanda, impatient, Tom Jedusor, comme un enfant demanderait « on est bientôt arrivés ? ».

- Oui, lui répondit Harry, prenant le ton du parent répondant à la question de son enfant.

- Depuis combien de temps suis-je dans ce lit d'hôpital ? J'ai l'impression d'être passé sous un troupeau d'hippogriffes : j'ai les jambes pleines de crampes dès que j'essaie de les bouger, j'ai mal au crâne et j'ai l'étrange sensation que le monde a avancé sans moi…

- Et bien… Pour tout lui expliquer, Harry prit un ton calme, compatissant et choisit soigneusement ses mots. Depuis que vous êtes arrivés ici, les médecins ont tout fait pour trouver une solution afin que vous ayez le moins de séquelles possibles et que vous soyez en forme aussi vite que faire ce peut. Mais, le temps qu'ils trouvent une solution et que vous répondiez au traitement… En tout, à peu près deux ans se sont écoulés.

- Deux ans ?! Dites-moi que vous rigolez Harry ! S'horrifia Tom.

- Pensez-vous sérieusement que je rirais d'un sujet pareil ? S'étonna Harry.

- Non, justement pas et c'est bien ce qui me fait peur. Si je suis dans ce lit depuis deux ans, cela veut dire que j'ai vingt-neuf ans ! Je suis vieux ! Se lamenta Tom, complètement dépité.

- Si cela peut vous rassurer, vous ne semblez pas aussi vieux que vous le dites. Et même si vous le pensez, je peux vous dire que ces quelques années de plus vous vont très bien, avoua Harry.

Tom le remercia de ce compliment à peine voilé et ils continuèrent à parler de tout ce qu'il s'était passé pendant les deux ans que l'homme avait passé dans sa tenue d'hôpital.

Harry ne partit de la chambre que lorsque l'infirmière, après trois passages, décida de rester dans la chambre jusqu'à ce que le jeune homme quitte la pièce. Après tout, il avait déjà dépassé les horaires de visites de deux heures… Il était vingt-deux heures, et donc largement l'heure qu'il parte ! Après un rapide au-revoir, Harry quitta la chambre, laissant Tom aux bons soins de l'infirmière.

Alors comment vous avez trouvé ce premier chapitre ? :D

Il y en aura 2 autres, et j'hésite à vous les donner demain et lundi ou tous d'un coup...

A vous de me dire si ça a vous plu et si vous voulez la suite tout de suite ! :)