« Holidays at the station 4 »

Titre: Holidays at the station 4

Auteur: Julia R.
Catégorie: Romance, Humour.
Personnages : William Murdoch, George Crabtree, Thomas Brakenreid, Margaret Brakenreid, Julia Ogden, Emily Grace. Les autres membres du poste Numéro 4.

Résumé : Les résultats viennent de tomber. Le poste numéro 4 est celui qui a résolu le plus d'affaires pendant l'année 1899. Pour ça, ils vont être récompensé, avec des vacances bien méritées.
Disclaimer : La série Murdoch Mysteries ne m'appartient pas.
Je ne fais qu'emprunter les personnages .Je ne touche aucune somme d'argent pour cette histoire.

...

1. Le poste numéro 4.

- Août 1900 -

Le poste de police était relativement calme à cette heure de la journée. Il n'y avait aucune importante enquête en cours, juste la routine, quelques incivilités sur la voie publique, deux ou trois vols, une plainte pour coup et blessure…

L'Inspecteur Murdoch était à son bureau, la fenêtre ouverte pour sentir un faible souffle de vent entrer, lorsque la voix de son supérieur le fit lever les yeux de la coupure de presse qu'il lisait.

L'Inspecteur Chef Brakenreid sortait de son bureau, un large sourire sur les lèvres. Il accorda un bref regard aux hommes qui se trouvaient sur le plateau central avant de joindre les mains de façon bruyante afin d'obtenir l'attention de tout le monde.

-Bon les gars, dit-il haut et fort, je viens de raccrocher avec le Chef Constable à l'instant.

-Une bonne nouvelle Monsieur? Se risqua George alors que les autres hommes cessèrent leurs activités pour l'écouter avec attention.

-Un peu que c'est une bonne nouvelle Crabtree, répondit son supérieur, devinez quel poste de police a fait le meilleur boulot depuis les douze derniers mois?

-Certainement pas le poste numéro cinq, répondit un autre en riant suivit par tous les autres.

-Non, en effet Merrick, croyez-le ou non, mais c'est vous les gars. Le poste numéro quatre est encore le meilleur cette année.

Une vague d'applaudissements et de cris de joie balayèrent la foule quelques instants avant que le silence ne retombe doucement.

-Nous avons droit à un dîner chez Milton? Lança Higgins.

-Leur soufflé au fromage est une merveille, rien en comparaison avec celui de ma tante Jeanne, mais tout de même un délice, ajouta George les yeux pleins d'étoiles.

-Cette année, pas de dîner chez Milton, mais beaucoup mieux, lança Brakenreid.

Il resta silencieux quelques instants, le temps de laisser le suspens faire son œuvre, avant de reprendre.

- Des vacances Messieurs, une semaine au bord du lac Ontario, à Niagara Falls, pour nous et nos dames.

Une fois encore les applaudissements retentirent de plus belle pendant quelques instants. La bonne nouvelle avait mis tout le monde d'excellente humeur, y compris l'Inspecteur Murdoch qui se trouvait dans l'embrasure de son bureau.

-Sur ce, Messieurs, reprit Brakenreid, veillez à boucler toutes les affaires en cours avant, et espérons qu'aucun meurtrier n'aura l'idée de passer à l'acte ces cinq prochains jours, ce qui ruinerait définitivement mes plans.

Les hommes se mirent en mouvement aussitôt sans qu'il ait besoin d'ajouter un mot de plus. Il accorda un regard à Murdoch qui entrait déjà dans son bureau à nouveau. Brakenreid fit rapidement le chemin jusqu'à celui-ci et le regarda se pencher sur son tableau sombre qu'il essuya doucement.

-Et vous Murdoch, commença son supérieur en s'appuyant contre la grande table en bois qui occupait presque toute la pièce, que pensez-vous de cette semaine de repos?

-Que c'est une bonne idée Monsieur, répondit le jeune homme sans pour autant le regarder, les hommes vont beaucoup apprécier. J'espère que vous aurez du beau temps.

-Vous ne comptez pas vous joindre à nous?

-Oh, ce n'est pas mon genre.

-De prendre du repos? Ou de vous mêler aux simples mortels?

-Eh bien, disons que…que je ne saurais pas quoi faire pendant une semaine entouré de mes collègues au bord d'un lac, Monsieur, commenta William en se tournant vers lui.

-Invitez le Docteur Ogden à venir avec vous, répondit le plus naturellement du monde son supérieur.

-Je…je doute que se soit une bonne idée.

-Bon sang Murdoch, soupira Brakenreid, que s'est-il encore passé entre vous?

-Rien, répondit le jeune homme en fronçant les sourcils, nous nous voyons de temps à autres…en privé.

-En privé?

-La procédure de divorce est encore en cours, nous…il serait inconvenable qu'on nous voit ensembles en public, répondit William pourtant mal-à-l'aise de parler de sa vie privée.

-Après ce qu'il s'est passé au bal du nouvel-an et les visites qu'elle vous rend au moins une fois toute les deux semaines ici, je crois que votre « re-la-tion », dit-il en insistant bien sur le mot, n'est plus un secret pour personne au poste.

-Certes, soupira William en baissant les yeux au sol.

Il se passa quelques secondes dans le silence le plus absolu avant que Brakenreid ne se redresse et ne se dirige vers la porte.

-Invitez-la Murdoch, dit-il simplement avant de quitter la pièce sans se retourner.

-Bien Monsieur, murmura William pour lui-même.

L'inspecteur Murdoch avait quitté son bureau quelques minutes après son supérieur. Il s'était rendu en ville et avait ensuite prit le chemin de l'hôpital des incurables. Il demanda à voir le Docteur Ogden qui se trouvait en consultation. Il laissa alors une note, spécifiant qu'il souhaitait s'entretenir avec elle dès que possible, puis il rejoignit le bureau de la jeune femme pour l'y attendre. Il le connaissait dans les moindres détails aujourd'hui et il devait avouer qu'il s'y sentait en paix. L'ambiance était chaleureuse et accueillante. L'Inspecteur avait le sentiment que même hors de ces murs, la présence de Julia était perceptible. Certains objets lui étaient familiers et elle avait su personnaliser cet espace de travail pour lui donner chaleur et apaisement.

Il se dirigea vers les hautes fenêtres et écarta du bout des doigts les légers voiles qui les habillaient. Il jeta un regard dans le parc ensoleillé, ce parc qu'il avait arpenté à de nombreuses reprises, aux côtés de Julia, parlant d'affaires et de sujets bien plus personnels. Les choses n'avaient pas beaucoup changé depuis ce soir là de décembre, depuis qu'il lui avait avoué qu'elle était son avenir. Ils se voyaient régulièrement mais pourtant ils tentaient de garder une certaine distance. Alors qu'ils ne souhaitaient qu'une seule et unique chose, passer chaque jour l'un auprès de l'autre. Mais pour l'heure, ils ne se voyaient qu'une à deux fois par semaine, pour un dîner, une enquête, dans ce bureau, celui de l'Inspecteur ou dans ce parc. Il leur avait paru plus sage d'agir ainsi, pour l'instant du moins, le temps que la jeune femme ne soit totalement libérée des obligations de son mariage avec le Docteur Garland.

William sortit de ses pensées en entendant la porte du bureau s'ouvrir doucement. Des pas résonnèrent sur le plancher et il se retourna pour voir la jeune femme se tenir de l'autre côté de la pièce. Elle lui souriait largement, lui accordant le plus tendre des regards.

-William? Dit-elle dans un souffle en approchant de lui.

Il fit également un pas de plus vers elle, impatient de pouvoir la serrer dans ses bras et il lui présenta ce qu'il avait cherché un peu plus tôt en ville.

-Bonjour Julia, murmura-t-il simplement en glissant une de ses mains sur la hanche de la jeune femme.

-Bonjour. Il n'était pas prévu de nous voir aujourd'hui, dit-elle pourtant avec joie.

-J'ai voulu bousculer les habitudes.

-Sont-elles pour moi? Demanda Julia en souriant encore plus largement.

-Pour qui d'autre le seraient-elles?

-Oh merci William, murmura-t-elle sur ses lèvres avant de l'embrasser tendrement.

Elle prit les fleurs et quitta ses bras quelques instants.

-Quelle affaire vous amène Inspecteur? Demanda-t-elle en se dirigeant vers un meuble sombre.

-Une affaire…bien particulière.

-Je vous écoute.

Elle fronça pourtant les sourcils et tenta de prendre un vase qui se trouvait sur le haut d'une armoire. Il vit qu'elle avait du mal à l'attraper et aussitôt il la rejoignit, veillant à se presser contre elle quelques instants qu'ils savourèrent tous les deux, sans pour autant le faire remarquer à l'autre.

-Merci, bredouilla Julia alors qu'il s'éloignait déjà.

Elle mit les fleurs dans le vase et se tourna vers le jeune homme qui n'avait pas bougé et la regardait simplement en silence.

-William? Reprit Julia après avoir posé le bouquet sur son bureau. De quelle affaire voulez-vous me parler?

-De…de vacances, il la vit froncer un peu plus les sourcils et il reprit la parole, le poste numéro quatre a été récompensé pour le travail accomplit.

-Encore cette année? Vous m'en voyez ravie, dit-elle avec enthousiasme, toutes mes félicitations.

-Et pour cela, nous avons droit à une semaine de vacances au bord du lac Ontario.

-Vous serez donc absent durant ce temps là, je comprends.

-Non je, murmura William en faisant un pas vers elle, en réalité je suis venu vous demander de m'y accompagner.

-Je ne fais plus partie du poste.

-Les épouses sont conviées, lâcha soudainement William.

Julia resta figée sur place quelques instants, la bouche entrouverte, le regard profondément ancré dans le sien.

-Je…je n'aurai pas dû vous demander de venir. Après tout nous en sommes pas...enfin… Excusez-moi de…

Elle le coupa en posant son index sur ses lèvres, puis elle approcha un peu plus de lui pour venir se blottir dans ses bras.

-Je serais ravie de vous accompagner Inspecteur, murmura-t-elle simplement, nous pourrons ainsi passer plus de temps ensemble.

-Et votre divorce? S'inquiéta William. Votre réputation ?

-Laissons tout cela ici, j'ai envie d'oublier tout ceci et le fait que je ne peux pas être auprès de vous aussi souvent que je le souhaite. Ce serait une bonne occasion.

-Et pour les hommes du poste? Ne craigniez-vous pas qu'ils sachent …

-William, lança Julia en riant, ce sont des policiers, croyez-moi je commence à connaître ce genre d'homme, ils doivent le savoir depuis des mois déjà. Surtout après ce fameux baiser, murmura-t-elle doucement en laissant voyager son index sur sa peau.

Il rit également timidement, se trouvant bien stupide d'avoir cru que leur liaison, bien que platonique, ne soit pas connue de tous ses collègues.

-Vous avez raison, murmura-t-il sur ses lèvres, j'aurai dû réfléchir avant de vous embrasser de cette façon au bal de la police.

-J'aime que parfois vous arrêtiez de réfléchir.

Ils se sourirent tendrement et échangèrent encore un regard avant que le jeune homme ne l'attire contre lui pour l'embrasser pendant un long moment. Ils échangèrent plusieurs baisers, tendres et passionnés, oubliant tout autour d'eux, sachant que ce bureau gardait secret depuis longtemps déjà les mots doux et les tendres étreintes qu'ils partageaient depuis quelques mois. Les doigts de l'Inspecteur caressaient tendrement le dos du Docteur qui ne pouvait cesser de soupirer de plaisir sous l'assaut de ses baisers. Mais soudain, ils se figèrent sur place et se séparèrent violement. Ils se tournèrent vers la porte entrouverte où se tenait une infirmière, les regardant avec des yeux écarquillés.

-Excusez-moi, madame, je…euh, j'ai toqué mais je n'ai eu aucune réponse, ils vous attendent…la réunion.

-Oui, j'arrive tout de suite, bredouilla la jeune femme en sentant le rouge lui monter aux joues.

-Bien, au revoir Inspecteur, lança timidement la jeune femme avant de s'éclipser et de refermer la porte derrière elle.

Julia se pinça les lèvres et se tourna vers William qui lui sourit d'un air navré.

-Je…vais devoir y aller, j'ai une réunion importante, dit-elle enfin, pour quand le départ est-il prévu?

-Mardi prochain, je passerai vous chercher avec une voiture pour aller à la gare, répondit simplement William.

-Bien, dans ce cas, à mardi, dit-elle en souriant.

Il acquiesça et s'approcha d'elle, glissant sa main sur sa joue avant de la laisser derrière son oreille.

-Il me tarde d'y être, murmura-t-il en souriant.

-Moi aussi, répondit Julia.

-Au revoir, ajouta l'Inspecteur avant de déposer un doux baiser sur ses lèvres.

-Au revoir, soupira la jeune femme en ouvrant doucement les yeux.

Il lui sourit et la contourna pour se diriger vers la sortie, puis, il se retourna une dernière fois, croisant le regard du Docteur qui l'avait simplement regardé passé à côté d'elle.

-Vous devriez mettre de l'eau dans le vase, pour les fleurs, précisa-t-il.

-Je le ferai, répondit-elle en rougissant avant qu'il ne lui ne lui accorde un signe et ne ferme la porte derrière lui, un large sourire sur les lèvres.

Décidément, ces vacances allaient lui plaire finalement.

...

à suivre...