Disclaimer : aux dernières nouvelles, je ne suis pas blonde. J. K. Rowling, elle, l'est.
Note de l'auteur : Voici une nouvelle histoire que je publie ! (Non, je n'ai toujours pas continué Autumn Fallin', désolée...) À l'origine, c'est un cadeau offert à une amie pour son anniversaire début septembre, je l'ai gardée au chaud tout ce temps (presque sept mois quand même !). L'histoire part d'une idée lancée en l'air (comme beaucoup de mes histoires), celle d'une rencontre entre Luna et Olivier. J'espère sincèrement que ce récit (un peu court) vous plaira. J'ai pris énormément de plaisir à l'écrire, en tout cas, et à tenter de coller le plus possible au livre quand c'était possible. Ce ne sera pas une romance, ceci dit.
Note sur le chapitre : Plusieurs clichés des rencontres de Luna et Olivier à Poudlard, autour du Quidditch. Durant la scolarité d'Olivier et de Luna, forcément. Un petit clin d'œil à Owlie Wood, une de mes auteurs préférées, pour la mention de ses personnages. Je vous invite à aller la lire, elle publie Chaton en ce moment par ailleurs !
Bonne lecture !
La première fois que Luna avait posé son regard sur Olivier Dubois, il criait sur un gentil garçon un peu perdu, aux lunettes rondes et à la cicatrice reconnaissable entre mille. Harry Potter. Cela lui donnait un air un peu effrayant, oui, et les cris, Luna détestait les cris. Elle avait alors demandé, l'air de rien, ce qui se passait. Olivier avait plongé ses yeux noisette dans ses yeux bleus, et s'était tu.
Il avait l'air un peu surpris de se faire interrompre par quelqu'un. Mais ils étaient trois dans la petite cour, elle était assise là toute seule avant qu'ils arrivent, en train de lire Le Chicaneur, elle avait bien le droit à un peu de silence, elle aussi. Elle se souvenait, Olivier s'était ensuite excusé, avec une voix douce, et Harry l'avait remerciée, maudissant la passion de son Capitaine pour le Quidditch.
Elle entendait souvent parler de Harry Potter, bien qu'elle ne lui trouvât rien de spécial. On disait qu'il était beau, puissant, un Héros. Pour Luna, il n'avait juste pas eu de chance : ses deux parents étaient morts tués par Voldemort. Elle, elle avait de la chance, elle avait encore son père. Et ce n'était pas Voldemort qui lui avait enlevé sa mère.
Et son amie Ginny, sa seule vraie amie, était amoureuse de Harry, qui était le meilleur ami de son frère Ron.
Cela faisait beaucoup de raisons pour connaître Harry Potter. Mais la plus importante était qu'il avait l'air perdu. Un petit garçon qui, sans ses deux amis, attrapait si facilement des Joncheruines. Elle les voyait souvent. Ces petites bêtes qui se collaient à lui. Si facilement qu'il l'ignorait quand elle lui disait bonjour. Mais il avait l'air gentil, même si l'ignorer était méchant. De toute façon, la plupart des gens étaient méchants avec elle.
Olivier, lui, était gentil. Il avait l'air un peu inquiétant, avec son grand sourire et sa passion pour le Quidditch. Mais lui, au moins, il l'avait écoutée, ce premier jour. Et les jours suivants. Il ne se moquait jamais d'elle, et faisait même taire ses copains quand ils le faisaient. Il lui répondait quand elle lui disait bonjour. C'était bien l'un des seuls qui le faisaient avec un vrai sourire.
Alors, elle lui disait bonjour, quand elle le voyait. Et cela lui suffisait.
La première fois qu'Olivier avait remarqué Luna Lovegood, c'était pendant la Répartition. Il entrait en Sixième année, après avoir réussi de justesse les B.U.S.E. (mais depuis quand étaient-ils nécessaires pour une carrière dans le Quidditch ?).
Il s'était dit qu'elle était mignonne, avec des cheveux blonds féériques, son air perdu. Une vraie Première année comme il n'en avait pas vu depuis longtemps. Et son nom, « Lovegood, Luna ». Elle le portait bien, elle avait l'air dans la Lune.
Et puis, elle avait été répartie à Serdaigle, la maison des bûcheurs. C'était ce qu'il n'était pas du tout. Mais au moins, leur équipe de Quidditch n'était pas mauvaise... elle les avait même battus. Il lança un regard mauvais vers Bradley, leur Attrapeur.
Mais c'était eux qui avaient le meilleur attrapeur. Potter. Il était même meilleur que Weasley, mais la Coupe leur avait quand même échappé. Cette année, il allait faire tout ce qui était en son pouvoir pour cela. Il allait manger, dormir, respirer Quidditch.
oOo
Ils venaient de gagner leur premier match de la saison, contre Serpentard, la veille. Harry avait fait du beau boulot ! Attraper le Vif d'or sous le nez de Malfoy, franchement, c'était du génie. Et cela avait énervé Flint, tant mieux ! Il fallait trouver une stratégie pour le match suivant, contre Poufsouffle. Ils avaient trois mois pour devenir parfaits, et pour se rapprocher de la Coupe. Ils avaient, cette année, une réelle chance de la remporter !
D'abord, il fallait que...
« Olivier, tu m'écoutes ?
— Hein ? Euh, oui, bien sûr que c'est bon.
— Tu n'as pas écouté, n'est-ce pas ? » Olivier réprima un soupir. June était particulièrement agaçante lorsqu'elle le voulait. Et elle savait très bien qu'il ne l'avait pas écoutée, elle devinait toujours.
« Oh tiens, Loufoca est là !
— Sam, arrête de l'appeler comme ça. »
Ses amis étaient parfois stupides. Il n'aimait pas qu'on appelle Luna ainsi. Il n'aimait pas, point.
La dite Loufoca leva ses yeux sur lui. Ce n'était pas la première fois qu'il regardait ses yeux bleus, mais c'était la première fois qu'elle le fixait avec cette intensité. Elle semblait sûre d'elle. Comme si, en fait, entendre la voix d'Olivier l'avait dérangée plus qu'autre chose. Un peu comme la fois où elle l'avait interrompu quand il était avec Harry.
Il ne savait pas quoi lui dire, mais il voulait lui dire quelque chose. Il...
« Tu as attrapé un Joncheruine.
— Pourquoi tu dis ça ?
— Tu as l'air perdu dans tes pensées. »
Il avait l'impression qu'elle lui ressemblait, un peu. Elle aussi semblait perdue dans ses pensées. Il lui sourit, et il continua sa route. Entouré par les babillages incessants de ses copains.
oOo
Annulation du Tournoi de Quidditch. ANNULATION. Décidément, les catastrophes s'enchaînaient depuis que Harry était arrivé à l'école. D'abord Vous-Savez-Qui, ensuite la Chambre des Secrets... Décidément. Il partit récupérer ses affaires, l'esprit encore embrouillé. Incapable d'y croire. Ce n'est pas possible, pas cette année encore.
Chaque année, c'était pareil. Ils avaient le meilleur attrapeur de l'école, et ils ne parvenaient pas à remporter la Coupe. C'était frustrant, énervant. Olivier en vint à frapper le mur d'en face qui n'avait rien fait. Il brisa son poignet. Et m...
Il sortit encore plus énervé du vestiaire, et si c'était possible de mourir de colère, il l'aurait certainement fait. Ce n'était pas que de la colère, c'était aussi de l'agacement, de la frustration, un sentiment profond d'injustice, parce qu'il savait qu'ils étaient les meilleurs. Ils l'étaient.
Ils avaient le meilleur Attrapeur. Des Batteurs exceptionnels. Des Poursuiveuses superbes. Un Gardien à la hauteur. Pourtant, la Coupe leur filait sous les yeux, pour la deuxième année depuis qu'il était Capitaine. Ils manquaient juste de chance. D'un peu de chance. De beaucoup de chance, en fait.
Quel était l'intérêt d'avoir un Héros, un vrai, le genre qui était inscrit dans l'Histoire avec un grand H (ça fait beaucoup de 'grand H', dis donc), dans l'équipe, s'il n'était même pas capable de remporter une Coupe de Quidditch ? LA Coupe, en fait, la seule qui compte vraiment... plus que la Coupe des Maisons.
« Je suis désolée pour toi.
— Pardon ? Ah, Luna, salut !
— Je sais ce que c'est de perdre ce à quoi on tient le plus au monde. »
Il ne s'attendait pas à ce qu'elle soit là. Il s'attendait à peine qu'elle le comprenne. Mais ce n'était qu'une demi-surprise, en fait. Elle était toujours là où il ne l'attendait pas. Elle semblait souvent le comprendre plus qu'il ne le pensait. Elle lui remonta un peu le moral, par ces quelques mots et son petit sourire sincère. Et son pas léger, alors qu'elle sautillait gaiement vers le parc, le rassura, un peu.
Elle avait beau énoncer une vérité atrocement dure, mettre au même plan deux deuils complètement différents, la douceur dans sa voix le calmait et l'absence de mépris le fascinait. Il continua sa route, vers la salle commune, craignant à moitié ce qu'on lui annoncerait.
oOo
Une nouvelle année commençait. C'était sa dernière chance de remporter la Coupe. Il regardait d'un air absent la Grande Salle et ces nouveaux élèves. Aucun ne semblait réellement intéressant, aucun n'avait capté son attention comme Luna avait pu le faire, l'année passée. C'était étrange, d'ailleurs. Elle l'était, et il ne s'en offusquait pas.
Il avait bien remarqué — et c'était la seule chose qu'il avait remarquée — qu'elle était souvent seule. Avec un livre. Il avait perdu l'habitude de lire autre chose que Quidditch Quidditch Quidditch, le seul magazine qui l'intéressait vraiment... Lui était souvent entouré. Il n'aimait pas le silence, cela l'oppressait. Et pourtant, il se perdait bien souvent dans ses pensées...
Il avait entendu que le Club de Flaquemare recrutait pour la saison suivante. Il ne voulait pas manquer cette chance, c'était la chance de sa vie, le début d'une potentielle carrière. Il savait qu'il était bon dans ce qu'il faisait. Il était un bon gardien. Il ne voulait pas gâcher ce potentiel... Il en voulait à Charlie d'être parti s'occuper de dragons. De DRAGONS ! Ces choses répugnantes et qui pouvaient tuer d'un coup de patte. Des animaux contre le plaisir de voler, franchement ?
Il le sentait, cette année serait la bonne. Il croisa le regard de Harry qui lui montrait la même chose. Fred et George se chamaillaient comme d'habitude, mais ils firent un signe de tête à leur Capitaine. Angelina, Alicia et Katie le regardaient et lui firent un signe de la main.
Puis ses yeux tombèrent sur Luna, de l'autre côté. Elle regardait le ciel magique, il leva la tête sans y penser. Quelques étoiles scintillaient, à peine cachées par les innombrables chandelles flottantes. Il perçut même un ou deux éclairs, mais avant qu'il ne pût y prêter plus attention, Dumbledore commença à parler.
Une nouvelle année commençait. Sa dernière année. Sa dernière chance.
oOo
Tombé. Il était tombé de son balai, et Diggory avait attrapé le Vif d'or avant de voir la chute de Harry. Tout s'était passé tellement vite ! Ce froid, ce silence, ces cris, tout s'était passé beaucoup trop vite. Ces Détraqueurs ! Les vociférations de McGo l'avaient presque effrayé, et la colère froide de Dumbledore avait achevé ce sentiment d'injustice.
Au moins, Diggory avait été honnête. C'était un bon gars. Mais la victoire de Poufsouffle était nette. Ils avaient attrapé la petite balle dorée avant Gryffondor, ils avaient remporté le match. Il leur fallait maintenant compter sur les autres équipes pour pouvoir gagner.
Son rêve, la Coupe, s'effaçait petit à petit devant ses yeux mouillés de larmes. Heureusement, il était sous la douche brûlante. C'était étouffant. Parfait pour l'empêcher de penser à autre chose qu'à la Coupe qui s'envolait. Et puis, sous l'eau, ses larmes pouvaient passer. Facilement.
C'était le tout premier match que leur meilleur Attrapeur perdait. Dubois ne pouvait s'en empêcher, il lui en voulait de ruiner ce pour quoi il était fait, c'est-à-dire gagner la Coupe. Ils avaient tous travaillé si dur. Mais ce n'était pas de sa faute.
Tout était fini. Ses espoirs étaient écrasés, par cent cinquante points.
Il sortit enfin de la douche, tous étaient partis, probablement pour aller voir et rassurer Potter, comme les jumeaux le lui avaient crié à travers le vestiaire.
« Tout n'est pas perdu, tu sais.
— Luna ? Qu'est-ce que tu fais là ?
— Je me promène sur le terrain de Quidditch, c'est le seul moment où il n'y a personne. Ma mère disait toujours que perdre espoir, c'était échouer. »
Luna et ses phrases si justes. Il avait le cœur brisé, fracassé par le Quidditch, mais étrangement, voir sa petite bouille, qui avait grandi, entendre sa douce voix, qui n'avait pas changé, lui redonna un peu confiance. Elle éclaira sa journée.
Ils pourraient le faire. Ils allaient le faire.
oOo
Harry avait un Éclair de feu. Le meilleur balai du marché, pour le joueur clé de l'équipe ! C'était parfait. Les conditions de vol étaient très favorables, la légère brise ne pouvait que leur donner du courage, la visibilité était claire. Cho Chang jouait, certes, et elle était une excellente Attrapeuse — de toute façon l'équipe de Serdaigle était bonne —, mais Harry avait un Éclair de feu.
Tout allait bien se passer. Ils allaient remporter le match.
Enfin, si Harry cessait d'être stupidement galant et de laisser Cho lui couper la route... Elle lui avait peut-être tapé dans l'œil, mais ce n'était pas le moment pour le montrer.
Serdaigle rattrapait son retard. Plus que quarante points d'écart, Olivier n'arrivait pas à arrêter le Souaffle qui venait de passer les anneaux quatre fois. Il fallait que le talent de Harry s'exprime maintenant, c'était le moment, allez... il ne pouvait pas ne pas attraper ce foutu Vif d'or !
Soudain, Chang cria et pointa du doigt quelque chose sur le sol. Olivier jeta un coup d'œil plus bas. Des Détraqueurs. Il pria pour que Harry ait fait son possible, pour qu'il ne lui ait pas menti hier lors de la dernière séance d'entraînement. Si c'était le cas, alors là, oui, il lui en voudrait comme jamais il ne lui en avait voulu. Lui mentir, c'était mal.
Mais Harry plongea sa main à la recherche de sa baguette, un truc argenté un peu étrange en sortit, et avant même qu'Olivier n'ait pu penser ou voir quoi que ce soit, Harry fermait sa main sur le Vif d'or.
Ils avaient remporté le match. Ils avaient remporté le match ! Ce type est formidable ! Formidable ! Les chances étaient maintenant pleines. Ils avaient confiance, leur équipe n'avait jamais autant crié, la gorge d'Olivier le brûlait tellement il était fier de son petit Attrapeur.
Peut-être que Luna avait raison. Peut-être qu'y croire arrangeait les choses.
oOo
Il n'y croyait pas. Ils avaient gagné, menant Serpentard par cent trente points à vingt. Plus de cent points. Ils avaient gagné. Ils avaient GAGNÉ LA COUPE ! ! ! « Gryffondor ! Gryffondor ! Gryffondor ! » Le stade exultait, et eux aussi. Les cris lui tournaient la tête, on aurait dit que le stade entier avait explosé quand Harry avait levé la main, la précieuse main avec laquelle il avait attrapé le Vif d'or.
Olivier pleurait des larmes de joie. Il l'avait tant espérée, et la voici, cette Coupe qui récompensait tous ses efforts ! Il se sentait le maître du monde, à l'instant présent. Rien ne pourrait l'arrêter, il avait GAGNÉ, ILS avaient gagné !
Il descendait difficilement de son balai, porté par tous ses coéquipiers. Il sautait, il était balancé en l'air, rattrapé, on le tournait, c'était magique, la meilleure sensation du monde entier. Il était Capitaine et il avait permis à Gryffondor de gagner la Coupe, enfin !
Il regardait la foule autour de lui, à peine concentré, balayant du regard ce qui semblait être le stade entier. Il avait les oreilles éclatées et la gorge enrouée à force de crier, mais personne ne pourrait l'arrêter. Ils avaient gagné !
Cependant... il remarqua des cheveux blonds, dorés, emmêlés. Mais ils étaient propres, aujourd'hui. Cette pensée le fit sourire. Lorsqu'elle croisa son regard, elle lui offrit un grand sourire. Elle avait l'air sincèrement heureuse de la victoire de Gryffondor.
Il la perdit de vue lorsqu'il se rendit dans les gradins, pour se voir remettre la Coupe par Dumbledore.
C'était le plus beau jour de sa vie.
Toute question ou toute remarque est la bienvenue.
Posté le 01/04/2012.
