Disclaimer : la série et ses personages sont la propriété de Ridley et Tony Scott, et de CBS.
N/A : fic écrite il y a un moment... mais je pensais l'avoir perdue ! Et à la relire, je n'ai pas du écrire ça un jour de très grande joie. C'est ma 1° fic sur Numb3rs.
CE QU'ILS NE SAURONT JAMAIS
Don se gara juste devant la maison. Il ne voulait pas aller à ce dîner, mais son père et Charlie avaient tellement insisté, jouant sur le fait qu'il n'avait plus passé de soirée en famille depuis, oh ! Au moins quinze jours !
Don observa les fenêtres illuminées, seul signe de vie et de bienvenu dans la nuit. Il était toujours au volant, il n'avait qu'à tourner la clef dans le contact, et fuir. Il appuya son front sur le volant. Ce n'était pas qu'il ne voulait pas assister à ce repas, c'était juste qu'il n'avait pas la tête à ça.
Il ferma les yeux quelques secondes, les images du cadavre d'une fillette, tout juste âgée de douze ans, se formèrent dans son esprit. Elles furent suivies par celles des trois autres adolescentes qui avaient subies le même calvaire que celui de Carley Robinson. Il n'avait pas dit à sa famille que c'était lui qui était chargé de cette affaire, il ne voulait pas les impliquer. C'était déjà suffisamment dur pour lui. Il avait même refusé l'aide de Charlie et il avait bien fait comprendre à son équipe qu'ils ne devaient pas en parler à son génie de petit frère.
Il se souvenait de la première enquête dans laquelle il avait entraîné Charlie. Don avait alors essayé de le préserver le plus possible des atrocités de son travail. Mais il avait du rapidement admettre que son cadet n'était plus un enfant, plus aussi naïf et pourtant, Don ne pouvait pas s'empêcher de tenter de le protéger de toute cette souffrance.
Il priait silencieusement, à chaque fois que Charlie l'aidait sur l'une de ses investigations, pour que son petit frère ne perde pas son sourire, ni son regard pétillant, plein de vie et de confiance. Lui l'avait perdu, il avait perdu cette innocence, cette foi dans le genre humain. Il ne croyait plus en tout ça, il avait trop côtoyé l'horreur, de parents tuant leurs enfants, d'enfants assassinant leurs parents, de voisins se massacrant pour des histoires insignifiantes, de haine de l'autre… il en avait trop vu, trop entendu, pour un jour espérer retrouver une part, même infime, de son innocence. Et sa dernière enquête ne l'aidait pas.
Il respira profondément, regarda l'homme sombre qui l'observait silencieusement dans le rétroviseur. Jamais il ne leurs dirait, jamais ils ne sauront tout ça, cette profonde solitude, ce profond dégoût, et cette quasi haine qu'il pouvait parfois ressentir.
Il se décida enfin à sortir de sa voiture et se dirigea lentement vers la maison familiale. Toutes traces de sa véritable personnalité, et de son mal-être s'effaçant à chaque pas, pour avoir totalement disparues au moment où son père lui ouvrit la porte.
Don se retourna pour jeter un dernier coup d'oeil à la nuit. Non, jamais ils ne sauront !
