Note de l'auteur :Voilà longtemps que je n'avais rien publié. J'ai une grosse fiction Kurt / Blaine sur le feu mais je manque cruellement de temps pour l'écrire, et surtout, je ne trouve pas la première phrase (phrase qui engendre toute la fiction chez moi). Je vous offre donc une de mes (nombreuses) petites fictions en deux chapitres en attendant. Une prochaine suivra bientôt.
Pour ce qui est du second chapitre de cette fiction, je ne sais pas tout à fait quand je serai à même de le mettre en ligne parce qu'il n'est pas encore rédigé. Mais j'ai des examens bientôt alors je devrais bien avancer durant les longues épreuves que je termine toujours avant l'heure, parce que je ne suis guère brillante dans certaines matières. Mais je vais cesser de raconter des choses inutiles. Bonne lecture et n'hésitez pas à laisser un petit commentaire, même si c'est pour m'expliquer pourquoi vous trouvez ma fiction mauvaise !
Silly love song :
Kurt Hummel poussa la porte de sa maison le plus doucement possible, afin de ne pas briser le silence nocturne qui régnait dans la demeure. Il ne voulait pas réveiller Blaine, qui devait dormir depuis quelques heures déjà. Il y avait quelques mois, son compagnon veillait jusque tard pour attendre Kurt lorsque celui-ci était retenu sur son lieu de travail. Et, quand Kurt franchissait enfin la porte, Blaine l'écoutait patiemment raconter sa journée. Puis tous deux se glissaient ensemble dans les draps de leur lit. Mais depuis plusieurs semaines, quand il revenait chez lui, dans la petite maison que Blaine et lui avaient achetée, Kurt n'était plus accueillit par le sourire bienveillant de son compagnon. Et cela lui manquait cruellement.
L'ancien membre des New Direction appuya sur l'interrupteur, près de la poignée de porte, et la lumière du plafonnier se diffusa lentement dans la pièce. Kurt soupira, enleva son pardessus crème, et l'accrocha aux portemanteaux en forme de branches d'arbres fixés dans le mur. Il avait toujours eu une sainte horreur de ces choses mais il savait à quel point Blaine y tenait, alors il les supportait sans rien dire. Il enleva ensuite ses précieuses chaussures griffées Dior, non sans avoir vérifié auparavant qu'elles n'avaient subies aucun dommage dans la journée. Certes, Kurt avait peu de chance de les érafler dans l'épaisse moquette des locaux de Vogue mais il ne pouvait s'empêcher de vérifier qu'elles étaient comme neuves quand il rentrait chez lui.
La journée de Kurt avait été particulièrement éprouvante. Il avait eu une demi-heure de retard au bureau, le matin même, parce qu'il n'avait pas trouvé ses clefs de voiture, qu'il posait pourtant toujours au même endroit. Après avoir retourné toute la maison, il avait fini par les découvrir dans la poche du manteau de Blaine. Cela était étonnant, car son compagnon ne conduisait presque jamais mais Kurt n'avait pas eu le temps de s'étendre sur ce détail. Il avait sauté dans sa voiture et avait roulé, probablement plus vite qu'à la vitesse autorisée, vers le quartier général de Vogue. Et, à peine, avait-il poussé la porte que son supérieur l'avait emmené dans son bureau pour lui reprocher son manque de créativité depuis plusieurs semaines. Il avait exigé de lui qu'il termine ses modèles pour le surlendemain, sous peine d'être renvoyé.
Si Kurt, dont l'esprit foisonnait pourtant toujours d'idées, n'avait pas rendu ses modèles à la date convenue, c'est que ses pensées étaient entièrement occupées par Blaine. Avec beaucoup de peine, il avait vu son compagnon s'éloigner de lui au cours des semaines précédentes. Blaine ne parlait presque plus avec Kurt et celui-ci avait la désagréable impression que son ami cherchait à éviter le plus possible sa présence. Bien souvent, lorsque Kurt se réveillait le matin, dans leur grand lit, Blaine était déjà parti et lorsqu'il allait se coucher, Kurt trouvait Blaine qui faisait semblant de dormir profondément. Il le savait car, normalement, Blaine avait un sommeil si léger que le bruit de la poignée qu'on tourne suffisait à le réveiller. Ce qui n'était pas le cas depuis plusieurs mois.
Lorsque Kurt avait demandé à son compagnon si quelque chose n'allait pas, celui-ci avait répondu un simple : « Tout va bien, ne t'inquiète pas », qui sonnait faux. Mais Kurt n'avait pas insisté, il connaissait Blaine depuis suffisamment longtemps pour savoir que si son compagnon ne voulait pas parler, il ne parlerait pas. Il se contentait de regarder Blaine dériver loin de lui et ça lui causait une peine immense de sentir que son compagnon lui échappait. Parfois, il tentait d'organiser un dîner, comme avant, pour qu'ils se parlent mais Blaine prétendait qu'il y avait un programme qu'il ne voulait pas rater à la télévision. Il en était de même quand Kurt se rapprochait de Blaine, sous leur drap, les rares fois où Blaine ne feignait pas de dormir quand Kurt rentrait dans la chambre. L'ancien Warbler marmonnait qu'il était trop fatigué et repoussait Kurt avec brutalité.
Le jeune homme ne comprenait pas comment ils avaient pu en arriver là. Cela faisait environ six ans qu'ils avaient échangés leur premier baiser et depuis, ils avaient toujours formés un couple uni. Plus uni que ceux de leurs amis qui avaient fini, pour beaucoup, par voler en éclats l'été qui avait suivit la remise des diplômes. Aujourd'hui, seul Santana et Brittany ainsi que Tina et Mike étaient encore ensembles. Blaine et Kurt avaient traversé main dans la main les obstacles dressés devant eux par la vie et chacun donnait à l'autre la force d'avancer quand cela devenait trop difficile. Ils étaient plein d'attention l'un envers l'autre, et même si certains trouvaient cela terriblement idiot, c'était la façon quotidienne qu'avaient Kurt et Blaine de se dire « je t'aime ».
Kurt fixa le canapé avec tristesse. Il ferma les yeux et espéra, un instant, que lorsqu'il les ouvrirait de nouveau, Blaine se tiendrait devant lui. Il avait envie de le serrer dans ses bras et de sentir ses lèvres sur les siennes. Il avait envie que son compagnon le prenne par la main et l'emmène à la cuisine, où deux assiettes remplies d'un met délicieux les attendraient. Il avait envie de parler avec lui jusque tard dans la nuit et de se blottir contre lui avant de s'endormir. Comme avant que quelque chose dont Kurt ignorait la nature ne vienne se mettre entre les deux hommes. Mais lorsque Kurt ouvrit les yeux, il ne vit que l'espace vide du salon à la décoration épurée. Alors les larmes vinrent aux yeux du jeune homme et il serra les mâchoires pour qu'elles ne viennent pas mouiller ses joues.
C'est alors que son regard tomba sur la photo qui était accrochée dans le hall d'entrée, le premier objet qui avait trouvé sa place dans la maison le jour de leur installation. C'était un plan américain qui montrait Blaine tenant Kurt par la taille. C'était à l'époque où Blaine et lui étaient encore à la Dalton Academie car ils portaient le blazer noir et rouge. Son compagnon riait et regardait l'objectif. Kurt, quant à lui, souriait, la tête posée contre celle de Blaine. Cette photo était la photo favorite de Kurt car elle avait été prise au début de leur relation, quand la vie ne les avait pas encore abîmés. Et il aimait le bonheur qui émanait de Blaine sur le cliché. Cela faisait tellement longtemps qu'il n'avait plus vu le sourire de son compagnon…
Il se dirigeait vers la cuisine lorsqu'il entendit son portable sonner dans la poche de son pantalon. Avec précipitation, il le sortit et, d'un doigt, accepta l'appel entrant sans même regarder de qui il s'agissait. Il ne voulait pas que la sonnerie sorte Blaine de son sommeil, bien que celui-ci ne pu pas l'entendre de la pièce où il se trouvait.
- Kurt Hummel, que puis-je pour vous ? demanda le jeune homme dans un réflexe professionnel.
- Kurt, c'est Rachel, murmura une voix féminine.
- Rachel, est-ce que tout va bien ? répondit Kurt, surpris. Comment ce fait-il que tu m'appelles si tard ?
- Figure toi que je devais chanter ce soir, dans un théâtre de Broadway, reprit Rachel qui continuait de chuchoter sans que Kurt ne comprenne pourquoi. Mais, depuis que je me suis réveillée ce matin, je ne peux plus que chuchoter. J'ai dû attraper froid à cause de ce fichu temps humide.
Cela expliquait vraisemblablement pourquoi elle ne parlait pas plus fort.
- J'ai cru que je pourrais assurer mon numéro ce soir mais, comme tu peux l'entendre, j'en suis incapable. Je n'ai pas le temps de trouver un remplaçant et la salle est comble, je ne peux pas annuler. Alors Kurt, je t'en supplie, monte dans ta voiture et prend ma place. Je sais que tu n'es pas loin de New York et que tu seras vite à Broadway.
- Mais Rachel, bredouilla Kurt qui était prit au dépourvu, je ne connais pas les paroles.
- Tu connais la chanson que je devais interpréter. C'est « Over the rainbow » de Judy Garland. Nous l'avons chanté ensemble quand je suis venue te rendre visite, il y a une semaine.
- Ca fait tellement longtemps que je n'ai pas donné de représentation, Rachel. Je ne sais pas si j'en suis encore capable.
- Bien sur que oui, Kurt ! murmura Rachel avec plus d'empressement. Tu as toujours été un fabuleux performeur. S'il te plait Kurt, j'ai besoin de toi…
- Mais il est plus de minuit et Blaine… commença Kurt en levant les yeux vers les marches qui menaient à l'étage.
- Kurt !
Cette fois-ci, Kurt pouvait percevoir la colère dans la voix de Rachel. L'idée de laisser Blaine seul une bonne partie de la nuit n'enchantait pas Kurt même si son compagnon était terriblement froid avec lui. Le jeune homme avait toujours peur qu'il n'arrive quelque chose à Blaine en son absence. La maison pouvait prendre feu et Blaine se retrouver prisonnier à l'étage ou alors un cambrioleur pouvait entrer et prendre son ami en otage et… Kurt secoua la tête : c'était idiot. Et de toute façon, Blaine serait certainement plus heureux si Kurt était ailleurs qu'avec lui. Il y avait d'ailleurs fort à parier qu'il ne se rendrait même pas compte que son compagnon n'était pas rentré.
- C'est d'accord, souffla-t-il.
- Merci Kurt. Merci beaucoup. Que porte-tu en ce moment ?
- Mon costume Jean Paul Gauthier, répondit Kurt en fronçant les sourcils.
- Parfait. Ne te change pas, nous n'avons pas le temps. Je te donne l'adresse du théâtre, tu as de quoi noter ?
Quelques secondes plus tard, Kurt rangeait dans sa poche de pantalon le morceau de papier sur lequel il avait noté, de sa fine écriture, l'adresse de l'endroit où il devait se rendre. Son rythme cardiaque s'était soudain accéléré. Il avait peur de décevoir le public de Rachel ou de découvrir qu'il ne se souvenait plus des paroles. Mais, malgré l'angoisse, il avait vraiment hâte de se trouver à nouveau sur scène. Cela faisait si longtemps que cela ne lui était pas arrivé ! A la suite de son échec pour entrer à la NYADA, et contre les conseils de Blaine, il avait renoncé à la musique et s'était inscrit dans une école de stylisme, son troisième amour après son compagnon et le chant. Et, bien qu'il aimait le métier qu'il exerçait, la scène lui manquait particulièrement.
Le jeune homme repris son pardessus et entreprit de l'enfiler. Pour ne pas être traversé par la fraîcheur de la nuit, il attrapa une des écharpes légères de Blaine qui pendait des portes manteaux. Lorsqu'il l'enroula autour de son cou, le tissu laissa échapper une effluve du parfum de son compagnon : une odeur suave et boisée. Kurt reconnu le parfum qu'il avait offert à Blaine lors du dernier Noël, avant que l'atmosphère entre eux ne se dégrade. L'ancien New Direction porta alors l'écharpe devant son nez et inspira profondément, les larmes lui montant à nouveau aux yeux tandis qu'une boule se formait dans sa gorge. Il ne voulait pas laisser la tempête emmener Blaine loin de lui, dans un endroit d'où il ne pourrait plus revenir. Mais il ne pouvait lutter contre cette chose inconnue qui grignotait lentement leur relation.
Kurt inspira profondément et, à contrecoeur, laisse le tissu retomber sur sa gorge. Son regard se porta à nouveau vers l'étage, où il savait que Blaine se trouvait. Il avait parfois envie de partir loin et de ne jamais revenir. Parce que si Blaine ne voulait plus de lui, il ne servait à rien qu'il reste à ses côtés. Il avait toujours voulu ce qu'il y avait de mieux pour son compagnon et si, aujourd'hui, ce qu'il y avait de mieux pour lui était que Kurt parte alors il le ferait. Mais il voulait être certain que c'était ce que Blaine voulait. Et, tant que ce ne serait pas le cas, il continuerait de rester près de son compagnon en espérant découvrir cette chose qui semblait l'ébranler chaque jour un peu plus. Parce qu'il aimait Blaine, malgré tout, avec autant d'intensité que lorsqu'il l'avait rencontré, et même plus.
La main de Kurt se posa sur l'interrupteur et l'obscurité envahit la pièce. Kurt prit son sac, tâtonna à l'intérieur pour trouver ses clefs de voiture et ses doigts entrèrent en contact avec du papier. Surpris, Kurt attrapa la feuille et la porta devant ses yeux, oubliant qu'il ne pouvait presque rien voir dans l'obscurité du hall d'entrée. Après quelques secondes, Kurt porta sa main à la poignée de porte et la tira vers lui, ce qui eut pour effet d'ouvrir la porte de bois et de laisser la lumière de la lune baigner l'espace. Alors, avec précaution, le jeune homme déplia le morceau de papier et ne put étouffer une exclamation de surprise lorsqu'il reconnut l'écriture raide de Blaine.
« Kurt,
Je ne dormirais pas à la maison ce soir, je ne prends pas mon téléphone (pas le temps de le recharger). Ne t'inquiète pas pour moi.
Bonne journée. »
La colère envahie Kurt. Il fit une boulle de la feuille de papier et la jeta à travers le hall d'entrée, si fort qu'elle atterrit sur le canapé, à quelques mètres. Pourquoi Blaine ne lui avait-il pas dit qu'il ne passerait pas la nuit chez eux ? Pourquoi lui écrivait-il un vulgaire message, comme s'ils avaient encore dix sept ans, s'étaient disputés la veille et ne s'adressaient plus la parole ? Blaine n'avait pas écrit où il allait, ni même quand il comptait revenir. Et il osait dire à Kurt de ne pas s'inquiéter ! S'il ne voulait plus lui parler, c'était son droit, certes, mais il n'avait pas celui de laisser Kurt, seul, sans explications. Le jeune homme réprima son envie de frapper dans quelque chose et sortit, en claquant la porte derrière lui. Il devait aller à Broadway, avant tout, pour aider Rachel. Et, quand Blaine rentrerait, il le forcerait à parler. Peut importe ce que son compagnon dirait, il voulait savoir pourquoi il se comportait si désagréablement depuis plusieurs mois.
