Disclaimer : L'univers de la Terre du Milieu ne m'appartient pas, je ne fais qu'imaginer une histoire et ne prétend pas obtenir quoi que ce soit de celle-ci, si ce n'est le plaisir d'écrire.
Avant propos : Cette fan-fiction est ma première fan-fiction un peu longue. Elle est encore loin d'être terminée et j'essaierai de poster des chapitres assez régulièrement, bien que cela s'avère tendu ^^'
Cependant, j'ai déjà 3 autres chapitres en réserve qui n'attendent plus que d'être publiés. Mais je préfère justement les garder en réserve pour les mettre un par un, afin d'éviter de soudainement me retrouver sans rien sur cette fan-fic après l'avoir bien avancée durant quelque temps.

J'espère que vous apprécierez l'histoire que j'ai imaginé quant au 4eme âge de la Terre du Milieu ! Merci :)


Dans un éclair d'argent, les deux lames se rencontrèrent, produisant une puissante détonation. Les deux épées revinrent à leur place, tendues vers le ciel orageux.

Les deux adversaires se jaugèrent du regard, chacun tentant de déchiffrer à l'avance les mouvements de l'autre.

En guise de public, deux hommes bardés de cuirasse métallique, portant une longue lance et arborant l'Arbre Blanc du Gondor observaient le combat attentivement, prêtant attention au moindre détail.

Un des combattants attaqua, s'avançant brusquement en faisant défiler son épée obliquement. Ses cheveux châtains détrempés collaient à sa tempe et ses joues. Son adversaire fit un pas en arrière et fit glisser l'épée de son opposant sur la sienne. Il chargea alors son adversaire de plein fouet, le déséquilibrant fortement et manquant de le faire tomber. Ses cheveux gris-noir étaient plus courts et étaient ordonnés de façon à ne pas le gêner. Profitant de son avantage, il s'élança pour frapper.

Un cliquetis retentit au dernier moment, suivi d'un bruit sourd. L'épée s'échappa brusquement des mains de l'homme aux cheveux courts. La pluie tambourinait contre le sol et contre l'épée désormais à terre. Il la ramassa et la rangea dans son fourreau.

« Hum, un beau duel Elerion. Ta dernière passe était splendide.»

Le dénommé Elerion rangea lui aussi son épée et serra la main de son adversaire.

« Oui, un très beau duel en effet. Il s'en est vraiment fallu de très peu, si j'avais attendu une seconde de plus ou de moins, tu aurais sans doute gagné le combat. Cela fait du bien de s'entraîner avec toi Anerän»

Anerän hocha la tête et fit signe aux deux autres Gardes de la Tour. Tous ensembles, ils se mirent alors en route vers le poste de garnison afin de se réchauffer, de se sécher et de manger un petit peu.

Lorsqu'ils pénétrèrent dans l'édifice de pierre, ils furent accueillis par une bouffée de chaleur et de formidables applaudissements.

« Joli duel ! Vous en avez du courage d'aller vous entraîner sous la pluie dites-donc !»

Elerion et Anerän sourirent et s'assirent auprès de leurs camarades.

« -Donnez-nous plutôt de quoi nous sécher, nous réchauffer et manger un petit bout au lieu de vous moquer bande de tires-au-flanc ! Tss... plus aucun respect pour leurs aînés... elle est belle la jeunesse du Gondor !

-Ah ah ! Allez, tenez vieillesse !»

Ils éclatèrent tous d'un rire franc et clair qui couvrit l'explosion sonore causée par la chute d'un éclair.

« Quel foutu temps n'empêche... ça faisait bien quelques mois qu'on n'avait pas eu un déluge comme celui-là ! J'espère que ça va pas durer, ça va bientôt être mon tour de garder l'Arbre Blanc.»

Un garde jeta un regard amusé à Elerion.

« Ça valait la peine de revenir pour nous casser les pieds si c'était pour repartir juste après ! La prochaine fois on te laissera dans la pluie si tu veux mon avis !»

Elerion sourit à pleines dents et lui rétorqua :

« C'est ça, et tu viendras avec moi pour t'entraîner ! Histoire que tu ne te rouilles pas trop, ce serait bête pas vrai Hargun ? Qu'est-ce que ta femme dirait si elle savait que les Gardes de la Tour ne sont plus qu'un ramassis de fêtards éméchés dont l'armure sert uniquement à contenir la graisse hein ? Je ne donnerais pas grand chose de ton mariage !»

Tous éclatèrent à nouveau de rire, secoués par des hoquets pour reprendre leur souffle de temps à autre.

« Je t'en donnerai moi du fêtard éméché plus gras qu'un semi-Homme !»

Anerän donna un coup sur la tête d'Elerion avant de se joindre à l'hilarité de ses compagnons.

Le tonnerre retentit à neuf reprises, l'éclair zébrant et illuminant le ciel à chacune d'entre elle. Deux gardes s'approchèrent de la garnison, accompagnés d'un autre homme. A leur approche, Elerion se leva et mit son casque.

« Bon, merci pour le petit repas ! Je reviendrai tout à l'heure si je ne me suis pas noyé dans mon armure avec toute cette eau !»

Ils éclatèrent tous de rire ensemble. Elerion attrapa une lance contre le mur et s'approcha des autres Gardes. Le troisième personnage portait une tunique de cuir, laquelle était couverte par une tunique de toile avec le symbole de l'Arbre Blanc. Elerion fronça les sourcils.

« -Que se passe-t-il ? Ce n'est pas l'heure de la relève ?

-Nous venons chercher Anerän et Elerion, ordre du Commandant. Hargun remplacera Elerion pour la relève.»

Les gardes se jetèrent tous un regard circonspect. Elerion profita du silence pour relancer la bonne humeur dans le groupe.

« Ah ah, et bien voilà Hargun, c'est toi qui finit sous la pluie ! Désolé pour toi mon vieux, vraiment.»

Tous sourirent et l'ambiance se réchauffa un petit peu. Anerän et Elerion s'armèrent et se déclarèrent prêts à suivre le messager. Ils sortirent alors de l'édifice en pierre sous le regard encore étonné de leurs camarades.

La pluie se déversait sur le dernier niveau de Minas Tirith comme des traits d'eau qui n'en finissaient jamais, martelant et tambourinant contre le sol et l'armure des Gardes de la Tour. Les cinq Gondoriens furent bientôt à l'abri de la fureur du ciel dans le bâtiment principal des Gardes de la Tour. Là, ils abandonnèrent les deux gardes qui avaient escorté le messager, les laissant se positionner devant la porte de l'aile des Gardes. Lorsqu'ils arrivèrent devant la porte du Commandant, ils s'arrêtèrent.

Le messager leur demanda de patienter et pénétra dans la pièce. Elerion et Anerän demeurèrent immobiles devant la porte en hêtre. Après un long moment, deux nobles sortirent de la pièce, drapés dans des vêtements de soie. Le messager laissa la porte ouverte et invita Elerion et Anerän à rentrer.

La salle du Commandant était une petite pièce d'une vingtaine de mètres carrés disposée en rectangle.

« Elerion et Anerän, Gardes de la Tour au service du roi Elessar !»

Une fois qu'il les eut introduits, le messager se plaqua contre le mur et n'en bougea plus.

Ils avancèrent tous deux jusqu'à se retrouver devant le bureau du Commandant. Là, ils s'inclinèrent en attendant un ordre.

Une voix forte, claire, mais à la fois douce et bienveillante retentit.

« Relevez-vous Hommes du Gondor.»

Elerion et Anerän échangèrent un regard surpris et se relevèrent. Se faisant, ils levèrent aussi leur regard vers la personne qui leur avait ordonné de se relever. Devant eux se tenait Faramir, Seigneur des forêts de l'Ithilien, vassal d'Elessar et époux de dame Eowyn. Il était vêtu de son armure de rôdeur et portait son épée à ses côtés et son arc dans son dos.

« Seigneur Faramir ? Pourquoi donc nous avoir fait appeler ?»

Elerion et Anerän jetèrent un coup d'œil au Commandant. Celui-ci semblait rester concentré sur des papiers et ne semblait pas vouloir s'immiscer dans la conversation pour le moment.

« Il s'avère que nous avons trouvé en Ithilien des marques étranges. Au début, nous pensions juste que les arbres étaient devenus malades mais... cela s'est aussi propagé à certains animaux. Une marque sombre et emplie de ténèbres. Nous avons mené notre enquête dessus et pensions avoir trouvé la source du mal qui marquait la forêt. Lorsque je me suis rendu à Minas Tirith pour avoir l'avis d'Elessar sur la question, je me suis rendu compte que d'autres parties du royaume avaient été touchées. Minas Ithil connaît elle aussi un mal étrange, de même que Lossarnach ainsi que Dol Amroth. Et l'Arnor aussi semble être en proie à cette corruption.»

Elerion et Anerän déglutirent. Que le royaume réunifié entier soit aux prises avec les ténèbres n'était pas bon du tout.

« Le roi Elessar a décidé de ne pas transmettre l'information au peuple afin de ne pas replonger dans une ère de crainte et de méfiance qui pourrait bien jeter à bas tout ce à quoi nous avons travaillé. Cependant, il ne compte tout de même pas laisser ce problème irrésolu. C'est pourquoi il m'a chargé de trouver et d'éradiquer la source de cette corruption. Cependant, j'aurai pour cela besoin d'un groupe déterminé, composé des meilleurs soldats que l'on ait sans pour autant vider les cités. Il faut éviter que cela se voie. De mon fief, je peux tirer trois rôdeurs. Ils ont participé à la recherche de la source du mal qui rongeait l'Ithilien et je les sais dignes de confiance. Le prince Imrahil peut nous confier trois de ses chevaliers du cygne argenté. De Lossarnach viendront cinq hommes. Ils se sont portés volontaires aussitôt qu'ils ont appris la nouvelle, c'est à dire lorsque le prince de Lossarnach est venu confier ses remarques au roi Elessar. D'Arnor, le roi Elessar nous a promis la venue d'un membre de la Compagnie Grise. Enfin, pour Minas Tirith, le Commandant m'a affirmé que vous étiez les deux meilleurs hommes de sa garnison et je lui fais pleinement confiance. Ce qui portera notre équipée à... quinze hommes.»

Elerion et Anerän restèrent bouche bée durant un court instant, étonnés par la confiance du Commandant ainsi que par ce qui se passait. Faramir s'en aperçut et fronça les sourcils.

« Si jamais vous voulez refuser, vous le pouvez. Vous n'êtes en aucun cas forcés de participer à cette mission. D'autant plus qu'il se pourrait qu'elle soit particulièrement dangereuse.»

Anerän secoua vivement la tête.

« Il n'est nullement question de refuser une telle demande seigneur Faramir. J'accepte avec grande joie de pouvoir servir le Gondor.»

Elerion hocha la tête et acquiesça.

Faramir sourit.

« Parfait. Nous partirons Mercredi prochain. Il va nous falloir un peu de temps pour préparer cette expédition. Avez-vous quelque question que ce soit ?»

Elerion déclina. Cependant, après une courte hésitation, Anerän s'exprima.

« Eh bien... en réalité, nous serait-il possible de savoir ce que nous allons chercher et combattre ? Mettre mon épée au service du Gondor et du roi Elessar est une gloire, mais si je pouvais éviter de perdre la vie bêtement lors d'un affrontement car non préparé... cela m'arrangerait tout autant en réalité.»

Le Commandant releva la tête de ses papiers et jeta un regard en coin à Faramir. Celui-ci soupira et répondit calmement.

« Nous n'en savons pas beaucoup en réalité... il semble que ce soit une nouvelle créature, nous ne l'avions jamais vue, même durant la Guerre de l'Anneau... Or nous doutons que Sauron n'eut pas fait appel à de telles créatures s'il en avait eu l'occasion. Pour ce que nous en avons vu, ces créatures semblent être de taille humanoïde et deviennent plus forts lorsque la crainte les entoure. Cependant, nous n'avons rien pu collecter de plus comme information. Elles se sont enfuies lorsque nous les avons approchés.»

Anerän hocha la tête.

« Bien. Maintenant, si vous n'avez plus de question, je vous invite à retourner avec vos camarades. Pas un mot de tout cela cependant. Le Commandant vous mènera à moi Mercredi prochain. Soyez prêts.»

Anerän et Elerion se courbèrent et sortirent. Le trajet jusqu'à la garnison des Gardes pour la relève se fit en silence. Ils s'assirent parmi leurs compagnons et prétextèrent que le Commandant voulait leur parler d'une mission vers le Harad à laquelle ils devaient participer. Ils se turent alors et la nuit engloutit peu à peu la Tour du Soleil, dans la pluie et l'orage, qui résonna de plus belle dans les ténèbres profondes.