Depuis que j'ai commencé à tourner sur FanFiction, j'ai eu l'occasion de lire beaucoup de fics en tout genre. mais il arrive parfois que vous en lisez une qui vous touche plus que vous ne l'auriez pensé en la commençant. C'est le cas avec ce titre, écrit avec un talent immense par LauGS, Heart Without A Home, qu'elle m'a autorisé à traduire pour mon plus grand plaisir. J'espère que vous apprécierez cette histoire autant que moi.
Vous pouvez retrouver la fic originale ici : www .fanfiction s/ 8795588/ 1/ Heart-Without-a-Home# (n'oubliez pas d'enlever les espaces) ainsi que les oeuvres de l'auteure sur son twitter : ConstantKlainer et sur son Tumblr : heartsmadeofbooks. N'hésitez pas à y faire un tour, vous ne serez pas déçus du voyage ^^
Je la remercie encore pour la confiance qu'elle me porte pour ce projet qui me tient à coeur. J'en profite pour remercier aussi Mizugachi qui traduit déjà une autre magnifique fic de cette même auteur, A Break in the Clouds que vous pouvez retrouver ici : www .fanfiction s/ 8814151/ 1/ A-Break-in-the-Clouds car c'est son travail de traduction qui m'a inspiré à me lancer dans ce projet.
Merci de votre patience et bonne lecture.
Kurt Hummel marchait toujours la tête haute, parce qu'il était Kurt Hummel, star de Broadway et icône de la mode. Il avait toujours présumé que rien ne se dresserait sur son chemin, c'est pour ça qu'il ne se préoccupait pas d'où il posait ses pieds. Normalement, ses pieds (ne portant jamais rien d'autre que les plus chères chaussures de designers) ne touchaient les trottoirs new-yorkais que le bref moment où il prenait sa BMW, ou sa limousine quand il se rendait à un évènement. Mais, quoi qu'il se passe, Kurt Hummel marchait toujours la tête haute.
Sauf cette nuit-là.
Il était juste descendu de sa voiture et se pressait en direction de l'immeuble de son appartement lorsqu'il manqua de tomber. Pendant un moment, il pensa que son trébuchement était dû à l'épaisse couche de neige et les bords verglacés du trottoir, mais il remarqua que quelqu'un était assis entre les marches qui menaient à la porte d'entrée vitrée et le grand vase contenant un arbre miniature. L'homme (car c'était un homme) était enveloppé dans un manteau noir en lambeaux. Sa tête était couverte d'un bonnet multicolore et il avait son visage caché par ses genoux, les jambes repliées contre son torse.
Honnêtement, pendant un moment, Kurt pensa que ce type était mort.
Il ne savait pas pourquoi il restait là à le fixer au lieu de continuer son chemin. Il y avait beaucoup de sans-abris à New York et Kurt savait qu'il ne pouvait s'arrêter pour chacun d'entre eux. Alors, il ne le faisait pas. Il aurait pu jeter quelques dollars dans les chapeaux ou les étuis à guitare, mais ils ne se faisaient pas vraiment remarquer et se faisaient même plutôt discrets. Il ne pouvait expliquer pourquoi son estomac s'était tordu d'une manière qu'il n'avait jamais ressentie auparavant …
« Pourquoi me fixez-vous ? » Dit une voix calme dont Kurt chercha la provenance. Il réalisa qu'une paire d'yeux noisette venant d'entre le bonnet et le manteau le regardait.
« Je-je suis désolé, » murmura Kurt, mal à l'aise, mais ne bougeant toujours pas. « Je ne voulais pas vous fixer. »
Le type cligna des yeux, lentement, comme s'il était trop fatigué pour s'en faire. « Je ne resterai pas dans l'entrée de votre joli immeuble, je le jure. Je cherche juste un peu de chaleur. »
« Je … » Kurt s'éclaircit la gorge. « Je crois qu'il y a un abri ? A quelques rues de là ? »
« Il est plein, » répondit l'homme d'un air maussade. « Il l'est toujours quand il fait froid comme cette nuit. »
Kurt se tenait là, fixant toujours l'homme qui remua. Après quelques secondes, il commença à se lever avec difficulté, ses muscles visiblement ankylosés par le froid.
« C'est bon, c'est bon. Je vais partir. »
« Je-je ne voulais pas dire … » Commença Kurt, mais l'autre lui coupa la parole.
« Ouais, bien sûr que vous ne vouliez pas dire, » dit-il brutalement. Maintenant qu'il se tenait debout, Kurt pu voir qu'il était légèrement plus petit que lui de quelques centimètres et que son visage était recouvert de barbe. Le manteau semblait encore plus fin maintenant qu'il était debout.
« Tout le monde agit toujours comme si les gens comme moi avions la peste. Je suis désolé que mon malheur ait ruiné votre journée. Ce n'était pas dans mes intentions de corrompre votre petit coin de paradis de ma sale présence … »
« Non, s'il vous plaît … » Dit Kurt, mortifié. Il regarda autour de lui, mais il y avait peu de monde dans les rues. Pas à cette heure de la nuit, pas avec ce froid glacial.
« Je vais cesser de vous importuner maintenant, » marmonna l'homme, amèrement, se tournant pour partir. Ses chaussures ne s'accordaient pas. Une était une vieille Nike blanche et la seconde était une botte de pluie noire. « Passez une bonne nuit. »
Kurt se mordit les lèvres. Il ne savait pas ce qu'il devait faire. Il ne parvenait pas à expliquer ce sentiment étrange qui se glissa en lui, poussant les mots à s'échapper de sa bouche, choquant autant l'étranger que lui-même. « Attendez ! » Son cœur battait très rapidement. Qu'était-il en train de faire ? « Vous n'êtes pas obligé de partir. »
L'homme cligna des yeux vers lui, confus
« Vous … Je … » Kurt resserra son propre manteau autour de lui. Il faisait vraiment froid. "J'ai une chambre de plus."
Oh mon dieu, qu'es-tu en train de faire ? Il pourrait te tuer dans ton sommeil et cambrioler ton appartement. Tu ne peux pas juste laisser ce gars passer la nuit …
Il pourrait mourir. Il fait si froid. Il n'a nul part où aller …
Il y a pleins de gens comme lui. Tu ne peux pas tous les abriter dans ton appartement.
Non, mais même un peu faire la différence.
Je perds la tête.
« Vous avez … Quoi ? » L'homme semblait encore plus confus.
« Vous pouvez rester, » dit Kurt, plus fermement. « Avec moi. Dans ma chambre d'invité. Cette nuit."
Un sourire hésitant, amusé apparu sur le visage de l'homme, mais il n'y avait vraiment aucun humour derrière. « Vous vous moquez de moi, n'est-ce pas ? »
Kurt se redressa. « Non, pas du tout. »
Le sourire disparu et il fronça ses sourcils. « Pourquoi feriez-vous ça ? »
Kurt commençait à perdre patience. Il n'avait pas l'habitude de répondre aux questions. Du moins, pas depuis qu'il ne vivait plus avec son père. « Ecoutez, je vous offre une place où rester pour la nuit. Acceptez-vous mon aide ou préférez-vous rester ici et mourir de froid ? »
Les yeux noisette étaient remplis d'incertitude et Kurt réalisa que sous cette apparence frustrée et en colère, l'homme était vulnérable. Peut-être n'était-il pas habitué à ce qu'on lui offre de l'aide. Peut-être avait-il l'habitude que le monde lui tourne le dos. Cela semblait plutôt évident.
« Vous êtes sûr ? » Demanda l'homme, faisant un pas dans la direction de Kurt, doucement.
« Oui, » dit Kurt, sa voix paraissant plus confiante qu'il ne l'était lui-même. « Je vais rentrer. Vous pouvez me suivre ou vous pouvez rester ici. C'est votre choix. »
Kurt marcha vers la porte d'entrée. Une part de lui espérait qu'il avait effrayé l'homme assez pour qu'il s'enfuie, mais une autre partie était en train de le supplier silencieusement de le suivre dans l'immeuble …
Le portier se pressa pour ouvrir la porte à Kurt dès qu'il le vit approcher. « Bonsoir, Monsieur Hummel. »
« Bonsoir, » répondit-il en retour.
« Dehors ! Vous ne pouvez pas entrer ici ! » S'exclama alors le portier et Kurt se tourna pour le voir tenter de fermer la porte au visage de l'autre homme, qui semblait terriblement embarrassé en reculant d'un pas.
« Il est avec moi, » bredouilla Kurt.
« Avec … vous ? J'ai peur de ne pas comprendre, Monsieur Hummel, » dit le portier en fronçant ses sourcils et en fixant Kurt comme s'il avait perdu tout sa tête.
Et peut-être que c'était le cas …
« Ce gentleman est mon invité, » répondit Kurt.
A contrecœur, le portier laissa l'étranger rentrer et le fixa du regard tandis qu'il rejoignait Kurt se dirigeant vers l'ascenseur.
Le type frottait ses mains le long de son manteau, semblant se nettoyer un peu. Kurt pu remarquer une légère rougeur dissimulée derrière sa barbe.
Ils entrèrent dans l'ascenseur et pour la première fois de sa vie, Kurt remercia cette ennuyante musique constamment jouée dans les haut-parleurs. Il appuya sur le numéro 20 du panneau près des portes et attendit qu'ils atteignent l'étage le plus haut.
« Je suis Blaine, au fait, » dit l'homme et Kurt leva son regard vers lui.
« Kurt, » il sourit légèrement. C'était encore plus inconfortable que ce qu'il s'était imaginé.
L'ascenseur s'ouvrit avec un léger ding et ils en sortirent tous les deux. L'appartement de Kurt était chaleureux et magnifiquement éclairé et les yeux de Blaine s'agrandirent lorsqu'il prit conscience de la taille de l'endroit. Le lieu était principalement décoré en blanc, avec des touches de rouge ici et là, des coussins posés sur le canapé ou des photos de portraits de famille. Un des murs en fait était une vitre complète exposant l'horizon de New York comme une énorme pièce d'œuvre d'art, et peut-être que c'était le cas. Elle semblait en tout cas bien plus belle aux yeux de Blaine vu de l'intérieur de cet endroit chaleureux.
Blaine se sentait inconfortable ici, tripotant un fil pendant de son manteau. Il avait l'impression de salir l'endroit rien qu'en se tenant debout là. C'était vraiment une mauvaise idée de venir dans la maison de ce type …
« Alors, hum, » Kurt retira son manteau en cachemire de designer pour l'accrocher dans un placard près de la porte. Il était rempli d'une multitude de manteaux de couleurs et de styles différents et Blaine se demanda ce qu'on pouvait éprouver comme sensation quand on avait autant de magnifiques vêtements chaleureux à sa disposition. « Avez-vous mangé quelque chose récemment ? »
Blaine secoua sa tête, timidement.
« Ok, » Kurt traversa le salon pour entrer dans la pièce suivante. C'était une gigantesque, magnifique cuisine remplie d'appareils brillants. « Je suis sûr qu'il y a quelque chose que nous pouvons faire pour diner … »
Les yeux de Blaine s'élargirent encore plus lorsque Kurt ouvrit le réfrigérateur. Il n'était pas sûr d'avoir déjà vu une aussi grande quantité de nourriture avant. Il n'était même pas sûr de reconnaître la moitié des choses qu'il y avait là …
« Oh, je sais ! Je suis d'humeur pour préparer un poulet sauce marinara. Qu'en dîtes-vous ? » Il se retourna vers Blaine pour lui jeter un coup d'œil.
"Je … Oui, bien sûr," répondit Blaine, regardant partout autour de lui, comme s'il cherchait le meilleur moyen de fuir de cet endroit.
Les yeux de Kurt fixèrent ses vêtements sales pendant un moment. « Voudriez-vous prendre une douche pendant que je prépare le diner ? »
Une douche. Ce mot avait un goût de nectar dans sa bouche.
« Effectivement, j'adorerais ça, » souri-t-il, hésitant.
« Suivez-moi, alors, » Kurt traversa la cuisine après avoir fermé le réfrigérateur d'un léger coup de coude. Ils marchèrent le long d'un couloir. Il y avait tellement de portes que Blaine ne se souvenait plus où ils se rendaient. Comment cela pouvait-il être un appartement ? On aurait dit un manoir.
« Votre maison est fantastique, » murmura Blaine en admiration.
« Merci, » répondit Kurt avec une voix légèrement ennuyée, comme s'il avait l'habitude de recevoir des compliments pour tout. « C'est la chambre d'invité, » ajouta-t-il, poussant la porte à la fin du couloir pour l'ouvrir. « Elle a sa propre salle de bain. Il y a dedans un placard avec des serviettes propres et tout ce dont vous pouvez avoir besoin. » Il ouvrit une autre porte, qui donnait sur un placard profond. « Mon frère a laissé quelques vêtements lorsqu'il est venu me rendre visite la dernière fois, j'en suis sûr … Oh, les voilà ! »
Il tendit un jean et un sweat à capuche à Blaine. Ils semblaient gigantesques.
Mal à l'aise, Kurt resta là pendant une longue minute. « Bien … Prenez votre temps. Je serais dans la cuisine. Venez me rejoindre quand vous aurez terminé. »
Kurt quitta la pièce rapidement, fermant la porte derrière lui. Il attendit d'être de retour dans la cuisine pour expirer bruyamment, s'appuyant contre le comptoir.
« Il y a un homme étrange se mettant nu dans ma chambre d'invité, » murmura Kurt pour lui-même. « A quoi est-ce que je pensais ? »
Kurt n'avait jamais été impulsif. Même quand les choses en arrivaient à ce point, en tout cas. Peut-être quand il était sur scène, peut-être quand il était devant les caméras … mais pas avec des étrangers qu'il trouvait à dormir devant ses escaliers. Jamais.
Cela ne pouvait que mal finir.
Il décida de commencer à préparer le diner pour se garder occuper. Il venait juste de mettre le poulet dans le four quand il entendit des pas qui indiquaient que Blaine était hors de sa chambre.
Quand Kurt se retourna, il du mettre une main devant sa bouche pour étouffer un rire. Blaine était ridicule dans les vêtements de Finn. Le sweat à capuche sur ses épaules était si long qu'il ressemblait à une robe. Il avait du enrouler le bas du pantalon plusieurs fois pour ne pas avoir à marcher dessus.
« Hum, » marmonna Blaine, se regardant. « Je pense que votre frère est bien plus grand que moi. »
« Clairement, » gloussa Kurt. Il s'éclairci la gorge et retourna son attention vers le diner. « Ca sera prêt dans dix minutes. Puis-je vous offrir quelque chose à boire ?"
« De l'eau m'ira, » dit Blaine alors qu'il se tenait maladroitement au milieu de la cuisine.
« Asseyez-vous, » dit Kurt, pointant du doigt un tabouret près du bar. Blaine s'exécuta. Kurt posa une bouteille d'eau devant lui et Blaine commença à boire avidement. Kurt se força à arrêter de fixer sa gorge quand il avalait. « J'espère que vous aimez le poulet. Je peux vous faire une salade si vous … »
« Pourquoi faîtes-vous cela ? » Demanda Blaine soudainement, le fixant avec un regard sérieux.
Kurt fronça des sourcils. « Et bien, je n'ai pas diné, donc … »
« Non, »Blaine secoua sa tête. « Ca. M'inviter dans votre maison. »
« Je … ne sais pas, » admit Kurt, s'appuyant contre le comptoir et décidant d'être honnête. Il frotta ses tempes, épuisé. Il avait eu une longue journée. « Il fait vraiment froid dehors. Personne ne devrait être dehors toute la nuit par ce temps. »
« Vous seriez surpris du nombre de personne qui sont dehors maintenant, » dit Blaine tristement alors que ses yeux errèrent vers la fenêtre la plus proche, fixant les contours de la ville et ses lumières.
Kurt ne su pas quoi répondre à ça.
« Merci, » Blaine sourit, même si son sourire ne semblait pas vraiment présent dans ses yeux. « Vous auriez pu marcher juste devant moi, mais vous ne l'avez pas fait. Merci. »
Kurt se relaxa un peu. Ce n'était pas parce l'homme était sans-abri qu'il était forcément ignorant, malhonnête ou bestial. Peut-être qu'il n'allait pas se faire cambrioler ou tuer, après tout.
Quand la nourriture fut prête, ils mangèrent quasiment en silence, assis chacun à l'opposé du bar. Il semblait évident que Blaine était affamé. Il essayait de manger le plus délicatement possible, mais il continuait de fourrer le poulet et le pain et la salade dans sa bouche comme s'il vivait son dernier jour. Kurt se demanda à quand remontait la dernière fois que cet homme avait mangé à sa faim.
Blaine surprit le regard de Kurt fixé sur lui alors qu'il s'apprêtait à prendre son verre d'eau et son visage devint rouge. Il attrapa sa serviette à la place du verre pour essuyer sa bouche. « Je suis désolé. Mes manières sont un peu … rouillées. »
« C'est bon, » dit Kurt avec douceur. Il tenta de se focaliser sur sa propre nourriture, mais il avait perdu son appétit. Il avait l'impression qu'il devait essayer de faire la conversation, mais … Que pouvait-il demander à Blaine ? Comment vous êtes-vous retrouvé à vivre dans les rues ? Que faîtes-vous de vos journées ? Non. Tout ce qu'il semblait pouvoir demander se révélait être extrêmement rude.
« Hum … » Blaine semblait aussi mal à l'aise que lui. « Vivez-vous ici depuis longtemps ? »
« Trois ans, » répondit Kurt, posant sa fourchette et se versant de l'eau. « Avez-vous, hum … ? »
« Vécu dans les rues depuis longtemps ? » Continua Blaine, fronçant ses sourcils vers lui. « Presque quatre ans, je pense. »
« Ca craint, » dit Kurt, pas vraiment sûr de ce qu'il devait répondre à ça.
« Plutôt oui, » Blaine le fixa un moment, étudiant Kurt prudemment. « Ecoutez, je sais ce que vous devez penser maintenant. Vous êtes probablement en train de regretter d'avoir laissé un total étranger rentrer dans votre appartement et vous devez être effrayé que je vous viole ou que je vous vole votre chaîne hifi ou un truc du genre … »
« Oh, bien, droit au but donc … » Kurt bougea maladroitement sur sa chaise.
« Je veux juste que vous sachiez que je ne ferais rien de tout cela, » dit Blaine franchement. « Je suis peut-être sans-abri, mais je ne suis pas une mauvaise personne. »
« Ok, » acquiesça Kurt, dissimulant au mieux le fait qu'il était vraiment soulagé.
« Ok, » Blaine hocha de la tête et retourna son attention vers son assiette.
Le repas terminé, Kurt commença à débarrasser mais Blaine le stoppa, le suppliant de le laisser faire la vaisselle, au minimum.
« C'est bon, vraiment, » dit Kurt, en souriant. « J'ai un lave-vaisselle. »
« Peu importe, » insista Blaine, l'implorant. « Laissez-moi faire quelque chose. N'importe quoi pour vous rembourser. »
Kurt soupira, mais laissa Blaine s'occuper de la vaisselle. Il n'utilisa pas le lave-vaisselle, il mit les assiettes dans l'évier et les lava à la main, minutieusement. Kurt se rassit sur sa chaise, le regardant. Il ne pu s'empêcher de se demander quel genre de vie Blaine avait vécu et comment il avait fini par en arriver là maintenant.
Quand Blaine eut terminé, il se retourna vers Kurt en s'essuyant les mains. « Je vais vous laisser faire ce que vous faîtes habituellement le soir et je ne vous dérangerai pas. Je peux aussi être parti avant que vous soyez réveillé également … »
« Ne vous inquiétez pas pour ça, » dit Kurt et une fois de plus, sa bouche avait été plus rapide que son cerveau. « Hum, je veux dire … Vous pouvez dormir tard. Je n'ai rien de prévu avant l'après-midi de toute façon, donc je serais là toute la matinée. »
« D'accord, » Blaine lui sourit, toujours avec timidité. « Passez une bonne nuit, Kurt. Merci beaucoup de me laisser rester ici. »
« Bonne nuit, Blaine. »
Kurt le regarda emprunter le couloir et resta au milieu de sa cuisine longtemps après avoir entendu la porte de la chambre d'invité se fermer derrière Blaine.
Kurt fut embarrassé d'admettre que la première chose qu'il fit le matin suivant fut de vérifier si tout était à sa place. Peut-être que les mots de Blaine semblaient convaincants, mais il restait un étranger et Kurt ne pouvait pas juste lui faire confiance. Lorsqu'il fut certain que rien ne manquait, il glissa dans la salle de bain attenante pour prendre une longue, relaxante douche.
Il avait fini de s'habiller dans sa chambre lorsqu'il entendit un bruit qui l'intrigua. Il couru hors de lapièce et du couloir aussi vite qu'il le pu considérant qu'il portait une seule chaussure, utilisant l'autre comme arme dans sa main.
« Stupide, je suis si stupide, » murmura Blaine, alors qu'il était agenouillé sur le sol de la cuisine, ramassant les morceaux de porcelaine qui devaient être une minute plus tôt une assiette. Il les ramassait de manière si frénétique qu'il n'avait pas remarqué que les bords tranchants s'enfonçaient dans la peau et faisaient saigner ses doigts.
« Stop, stop ! » s'exclama Kurt, s'agenouillant à ses côtés.
« Je suis désolé, Kurt, » dit Blaine, sans le regarder. « Je-je paierai pour ça, je le jure. »
« C'est de la porcelaine allemande, Blaine, l'assiette seule vaut environ deux cent dollars … » Répondit Kurt, s'approchant de la poubelle pour y jeter les morceaux. Il entendit Blaine déglutir près de lui. « Ne vous inquiétez pas pour ça, de toute façon. Ce sont juste des conneries que j'achète quand je n'arrive pas à dormir la nuit. C'est une mauvaise chose d'avoir une carte de crédit et une connexion internet si vous voulez mon avis. »
« Je suis désolé, » répéta Blaine, complètement affligé. « Je-je voulais juste essayer de vous faire un petit-déjeuner pour vous remercier de m'avoir laissé rester ici et elle a juste glissé de mes mains. Je ne sais même pas pourquoi … »
« Blaine, vraiment. C'était juste un accident," Kurt lui sourit, le rassurant.
« Il doit bien y avoir quelque chose que je puisse faire pour compenser … » Blaine le regardait avec des yeux suppliants.
« Juste, asseyez-vous et laissez-moi regarder vos doigts, » répondit Kurt. « Vous saignez. »
Blaine soupira en tremblant et s'exécuta. Il s'installa sur la même chaise que celle qu'il avait prise la veille au diner, et fixa ses mains. Kurt parti récupérer un kit de premiers soins dans la salle de bain la plus proche et revint vers Blaine.
« Êtes-vous habituellement si maladroit ? » Demanda-t-il, le taquinant.
Blaine afficha un léger sourire. « Seulement lorsque je suis nerveux. »
« Pourquoi êtes-vous nerveux ? » Kurt fronça ses sourcils alors qu'il commençait à nettoyer les coupures, en s'assurant qu'il ne restait pas d'éclats dans les plaies.
« Je voulais vraiment faire quelque chose pour vous, même si je ne peux pas faire grand-chose, » Blaine semblait si triste que cela était bouleversant. « Il y a eu une énorme tempête la nuit dernière, je ne sais pas si vous étiez encore réveillé quand elle est arrivée … Mais … Vous m'avez probablement sauvé la vie. Si j'avais été dehors cette nuit … »
Kurt n'était pas une personne mordu du contact physique, spécialement avec les gens qu'il connaissait depuis moins d'une journée. Il n'était pas vraiment très affectif avec ses petits-amis (petits-amis n'était pas vraiment le mot qui convenait le mieux … Rencards semblait mieux aller). Donc, il n'était pas vraiment sûr de ce qu'il lui était passé à l'esprit lorsqu'il prit soudainement Blaine dans ses bras et serra dans un câlin. Blaine semblait visiblement très surpris. Il haleta et laissa pendre mollement ses bras un moment avant de prudemment entourer Kurt avec.
Quand Kurt réalisa ce qu'il était en train de faire (Oh mon dieu ! Je câline le sans-abri inconnu qui a passé la nuit dans mon appartement), il s'écarta. Son visage était rouge et il s'éclaircit la gorge, évitant le regard de Blaine.
« Donc, hum. Petit-déjeuner, » murmura-t-il, se déplaçant et marchant vers le comptoir.
« Oui, » Blaine cligna des yeux, tenant alors de faire disparaitre sa propre confusion. « Je peux le faire, si vous voulez … »
« Non, c'est bon, » Kurt attrapa un sachet de pain dans le placard et mit quelques tranches dans le toaster avant de se diriger vers le réfrigérateur. « Je prends habituellement quelques toasts et du café. C'est bon pour vous ? »
« Vous n'avez pas besoin de me faire un petit-déjeuner, » dit Blaine avec de grands yeux. « Je ne voulais pas en préparer un pour pouvoir le manger non plus … Je voulais juste … »
« Blaine. Aimez-vous les toasts et le café ? » Kurt courba un sourcil, amusé.
« Je … Oui. »
Kurt sortit le lait, le beurre et le fromage frais à tartiner du réfrigérateur et attrapa une autre assiette pour y mettre les toasts. Il s'occupa quelques minutes, fredonnant doucement et oubliant presque que Blaine était là, puisque l'autre homme était très silencieux. Lorsqu'il se retourna, il le trouva debout devant la fenêtre, regardant la neige tomber fermement. Ses yeux étaient incroyablement triste, mais il se secoua la tête et masqua ses véritables émotions dès qu'il entendit Kurt mettre les assiettes et les tasses de café sur la table.
« Tout va bien ? » Demanda Kurt, avec douceur.
Blaine leva sa tasse et laissa la forte et confortable odeur du café exalter ses sens pendant un moment. « Oui. »
Le silence entre eux était intense. Kurt ne parvenait pas à lire les expressions de Blaine. Il n'avait aucune idée de ce qui se passait dans son esprit. Et il ne savait pas pourquoi il désirait le savoir aussi intensément.
Quand les tasses et les assiettes furent vides, Blaine prit une grande inspiration et se leva. Ses yeux étaient lumineux et sa bouche était serrée, telle une ligne droite.
« Merci beaucoup pour votre gentillesse, Kurt, » dit-il si sincèrement que Kurt ne pu s'empêcher de sourire un peu. « Vous n'avez aucune idée à quel point cela signifie pour moi. Je vais remettre mes vêtements et je vais partir. Vous n'avez pas besoin de me montrer la sortie. Merci beaucoup. »
Kurt ne comprit pas pourquoi son cœur battait si fort dans sa poitrine. Il fut presque sans souffle lorsqu'il vit Blaine marcher dans le couloir.
Il devait être devenu fou vu ce qu'il s'apprêtait à faire.
« Vous n'avez pas besoin de partir. » Dit-il.
Blaine se retourna, ses épais sourcils formant maintenant une longue ligne droite. « Quoi ? »
« Le temps est toujours aussi horrible dehors, » Kurt désigna la fenêtre. « Où allez-vous aller ? »
« Je vais allez dans la file d'attente pour l'abri, » Blaine haussa ses épaules. « Si j'y vais maintenant, je devrais pouvoir obtenir un lit pour cette nuit. »
« Vous devriez ? » Répéta Kurt. « Cela veut dire que vous pourriez passer toute la journée à attendre dans la rue pour obtenir un endroit pour dormir et ne rien avoir au final ? »
Quelque chose s'illumina dans les yeux de Blaine. « C'est comme ça que les choses marchent. »
« Juste … restez, » Kurt se leva et marcha vers Blaine, se stoppant à quelques pas de lui. « S'il vous plaît ? »
Alors qu'il attendait sa réponse, il prit un moment pour vraiment regarder Blaine, pour remarquer des détails auxquels il n'avait pas fait attention la nuit précédente. Ses cheveux étaient noirs et bouclés et un peu trop long. Sous sa barbe, sa mâchoire et ses pommettes étaient légèrement marquées, ce qui signifiait que Blaine devait avoir besoin de prendre un peu de poids. C'était difficile à estimer vu comment les vêtements de Finn l'engloutissaient.
Blaine semblait être comme à une sorte de carrefour. Ses yeux bougeaient de Kurt à la fenêtre. Il ne voulait pas s'imposer plus longtemps à Kurt, mais la neige au dehors … Il avait passé tellement de jours et de nuits dans ce froid et il n'était pas vraiment avide d'y retourner.
« Juste une nuit de plus, » accepte-t-il finalement.
Kurt sourit, évidemment soulagé. « Super. » Il regarda l'horloge. Il lui restait quelques heures avant d'être obligé de partir mais il avait besoin de passer quelques coups de fils. « Je serai dans mon bureau. Vous pouvez regarder la télévision ou lire quelques magazines si vous voulez … Juste, faites le moi savoir si vous avez besoin de quelque chose, ok ? »
Blaine acquiesça d'un signe de tête et Kurt marcha vers son bureau. Il ne ferma pas la porte. Il était probablement trop attentionné, mais il ne voulait pas être trop stupide.
Il y eu un bruit à la porte du bureau environ une heure après et Kurt leva les yeux du script qu'il lisait pour trouver un Blaine visiblement gêné.
« Désolé de vous interrompre, mais le portier est venu pour livrer un colis pour vous, » dit-il timidement. « J'espère que ça ne vous dérange pas que j'ai ouvert la porte pour vous. »
« Absolument pas, » Kurt lui sourit et Blaine entra dans le bureau, le colis dans ses mains. « Merci, Blaine. »
« Je vous en prie, » Blaine tourna sur lui-même pour sortir lorsque quelque chose capta son regard et qu'il se stoppa soudainement. « Oh, mon dieu … Est-ce un Tony Award ? »
Kurt regarda dans la même direction que lui. Blaine fixait l'étagère où Kurt gardait quelques récompenses, photographies et autres souvenirs des différents jeux d'acteur qu'il avait interprété depuis ses débuts à Broadway. « Oui, c'en est un. Aimez-vous les comédies musicales ? »
« Je les adore, » Blaine hésitait à s'approcher de la bibliothèque pour regarder de plus près. « Je … Je ne savais pas que vous étiez à Broadway. »
Il regarda par-dessus son épaule, lança un sourire d'excuse à Kurt. « C'est difficile d'être à jour dans les nouvelles du monde du spectacle, parfois. »
« C'est bon, » Kurt se leva et marcha vers lui. « Je suis plutôt nouveau dans le milieu, je suppose. »
« Mais on dirait que vous avez fait déjà tellement de choses … » Les yeux de Blaine étaient ouverts en grands et impressionnés.
« Je ne le ressens pas comme ça, » Kurt prit une photo de la première pièce où il avait joué. Elle avait été annulée après la première semaine, mais il avait eu de très bons moments là-bas. « Il y a encore tellement de choses que je veux faire. J'ai le sentiment que c'est juste le début. »
« Vous devez être vraiment bon, » La voix de Blaine était chaleureuse et tendre et Kurt lui sourit. Ils restèrent en silence un moment. « Votre vie doit être vraiment excitante. »
"Elle l'est, parfois," Kurt haussa ses épaules. Quand il était dans l'Ohio, il avait imaginé quelque chose de différent, malgré tout. Mais il ne le dit pas à Blaine. « Je ne vais pas vraiment à toutes les soirées et les évènements. Je garde ma vie privée. »
Blaine acquiesça d'un signe de tête. Il regarda avec émerveillement la récompense brillante pendant un petit moment avant de sortir de son hébètement.
« Très bien. Je ne vous dérange pas plus. Je vais vous laisser travailler."
Il fut hors de la pièce avant même que Kurt puisse répondre quoique ce soit.
Kurt tenta de se concentrer sur ce qu'il faisait avant l'interruption, mais il n'y parvenait pas. Blaine l'intriguait. Il avait le sentiment que Blaine était bien plus que ce que ses yeux pouvaient voir. La manière dont il regardait les choses, la manière qu'il avait de parler, la manière qu'il avait d'être perdu quasiment tout le temps. Et cela semblait venir d'autre chose que du fait qu'il soit sans-abri. C'était autre chose.
Ce que Kurt ne parvenait pas s'expliquer était pourquoi il était autant fasciné par l'étranger dans sa maison.
Voilà pour le premier chapitre. j'espère que cela vous a un peu intrigué.
Je rassure les personnes qui suivent mon autre histoire que je compte bien travailler sur les deux projets simultanément. Merci d'avoir lu jusqu'au bout.
