Bonjour.

Voici la version française d'une fiction écrite par AddriannaDestiny.

Elle a commencé à l'écrire pendant la pause entre les saisons 4 et 5, donc si vous suivez la série en français, c'est parfait ! Vous verrez que toute cette fiction est totalement cohérente avec la série, que ce soit pour les caractères de chacun, les relations entre les personnages, ou les évènements ayant eu lieu les 4 premières saisons.

Merci à Béné et Saphira Swan pour leur aide : leur relecture attentive permet d'avoir un texte fluide, quand je ne me rends pas compte qu'un passage est moins clair en français qu'il ne l'était en anglais…

Je traduirai toutes les reviews que vous voudrez bien laisser pour les envoyer à l'auteure.


- Où veux-tu mettre ça ? demanda April à Caroline dans un sourire.

- Le maïs va sur cette grande table où il y a toutes les boissons, répondit Caroline en levant brièvement les yeux de la table qu'elle installait. La viande reste ici parce que c'est sous les arbres, là où le soleil ne peut pas l'atteindre.

Elle sourit à April et regarda la table vers laquelle elle venait de diriger la jeune fille. Caroline la pointa du doigt, inquiète.

- Attends… Où sont les boissons ? Elena devait s'en occuper.

- Je l'ai vue partir avec Damon il y a une heure, fit April en prenant le gros bol de magnifique maïs jaune contre sa poitrine. Mais ne t'inquiète pas, j'ai appelé Jérémy et il est en chemin depuis le Grill.

Caroline mit sa main à sa poitrine et soupira.

- Crise sous contrôle.

- Ne t'inquiète pas, rit April, ça va être le meilleur Barbecue de Fin de l'Été que Mystic Falls ait jamais eu.

- Tu n'étais pas dans les alentours pour les autres, lui rappela Caroline dans un sourire.

- J'en suis persuadée, dit April en s'éloignant avec un grand sourire.

Caroline parcourut les lieux du regard : tout semblait parfait, excepté les quelques amis qui manquaient, c'est-à-dire à peu près tout le monde à ce moment-là. Elle prit son téléphone et vérifia si elle n'avait pas manqué des appels ou des messages : il n'y avait rien de neuf et elle décida d'essayer le portable de Bonnie encore une fois. Comme quand elle appelait durant l'été, tout ce qu'elle obtint fut l'annonce du répondeur qui la laissa vexée. Elle vit Jérémy arriver avec un carton plein de bouteilles et fonça immédiatement sur lui.

- Je n'ai toujours pas pu parler à Bonnie, je tombe toujours sur son répondeur, encore et encore.

Jérémy sourit et continua à marcher, évitant une conversation qui requérait de regarder Caroline dans les yeux.

- Je lui ai parlé hier.

- Vraiment, qu'est-ce qu'elle a dit ? demanda Caroline en le suivant.

Jérémy commença à déballer les bouteilles.

- Qu'elle aimait son été de fuite, elle était vraiment épuisée après tous ces sorts et le truc de l'Expression, alors elle avait besoin d'une pause.

Caroline acquiesça, exaspérée.

- Et tu as appelé ta famille à Denver et ils ont accepté de la laisser passer l'été là-bas. Je sais ça par cœur maintenant Jérémy, parce que tu as passé tout l'été à le répéter.

Il lui adressa un autre sourire.

- Parce que tu as passé tout l'été à poser la même question.

- C'est juste que je ne comprends pas pourquoi elle est partie sans un mot.

Jérémy attrapa le carton qui était désormais vide.

- Tu as eu des nouvelles de Tyler ? fit-il pour essayer de changer de sujet.

L'humeur de Caroline ne s'améliora pas.

- Il a trouvé une meute dans une quelconque montagne abandonnée et ils ont créé des liens forts, ou peu importe ce que font les loups garous, répondit-elle en secouant la tête, bouleversée. Il a promis qu'il serait de retour la semaine dernière.

- Je suis sûr qu'il va te faire la surprise bientôt, dit Jérémy en retournant au Grill pour une autre tournée de boissons alcoolisées.

- C'est juste comme cet été avec Elena, elle passe tout son temps avec Damon pendant que Stefan est aux abonnés absents. Au moins l'an dernier j'avais Tyler, fit Caroline en marchant avec lui, l'air sombre.

- Je vis à la pension avec Damon, Elena et leur vie sexuelle vraiment bruyante… Ça a été un été d'enfer, avoua Jérémy d'une voix résignée.

Son téléphone commença à sonner mais Caroline ne répondit pas, au lieu de ça elle soupira pour Jérémy :

- Matt est en Europe avec le mal incarné originel au féminin et Bonnie n'est pas là non plus… dit-elle en mettant ses mains dans les poches de son cardigan d'été, ignorant ainsi durement l'appel. Je veux juste que l'été se termine pour que tout redevienne normal.

- Ouais, approuva Jérémy avec un sourire triste.

Caroline secoua ses douces boucles et releva le menton avec détermination.

- Bref, ma mission ici est terminée et la fête peut commencer donc je vais rentrer me changer. J'ai aussi encore quelques trucs à emballer avant qu'on parte à la fac.

Jérémy lui rendit son signe de la main en acquiesçant puis il serra le carton vide dans sa main. Depuis des mois il esquivait les doutes grandissants de Caroline et la faisait marcher parce qu'il n'avait aucune idée de comment dire à Caroline et aux autres la vérité.


Liz entra dans la maison en laissant tomber ses clés sur la table.

- Caroline ? Tu es la maison ?

- Je suis dans ma chambre.

Liz sourit en s'y dirigeant, elle s'arrêta sur le seuil en regardant Caroline emballer quelques livres dans un carton.

- Je crois que l'argent que papa t'a laissé pour la fac couvre aussi l'accès à la bibliothèque.

- Tu sais que je n'irais nulle part sans mes livres de Dickens et Jane Austin, gloussa Caroline en fermant le carton.

- C'est l'horrible jour où je dois regarder ma fille se préparer à partir à la fac et où je prends conscience de ce que ça implique, fit Liz en fronçant sérieusement les sourcils. Je vais devoir m'habituer à une maison vide la semaine prochaine.

- Tu pourrais venir avec moi, dit Caroline en emballant son cher ours en peluche qu'elle avait depuis ses 2 ans dans une autre boîte.

- Je ne crois pas que je pourrais un jour quitter cette ville, répondit Liz en entrant dans la chambre désormais remplie de cartons et qui lui paraissait déjà fantomatique.

- Je n'aime pas l'idée de te laisser seule ici, admit Caroline.

Liz rit en regardant plus attentivement la chambre vide, elle avait besoin d'un coup de peinture.

- Mystic Falls a au moins 5 000 habitants. Ils me tiendront compagnie.

- Est-ce que ce nombre est officiel ? Parce que j'en doute avec toutes les morts survenues ces derniers temps.

- Eh bien, Klaus a quitté la ville, donc le nombre officiel est stable pour le moment, la taquina Liz dans un sourire.

Caroline sourit mais elle n'était pas vraiment euphorique à cette pensée, son nom alourdit l'atmosphère.

- Je dois me préparer, fit Liz en touchant les cheveux mouillés de Caroline avec tendresse avant de quitter la chambre. Le maire insiste pour que j'assiste à quelque chose.

- Il reste toujours du temps pour postuler à la Police du Campus si tu changes d'avis, lui rappela adorablement Caroline.

Elle entendit Liz rire et ça lui réchauffa le cœur : elle détestait vraiment laisser sa mère derrière elle, seule dans cette ville maudite qui n'était rien d'autre qu'une sentence de mort frappant à la porte de tout le monde. Caroline emballa quelques affaires supplémentaires dont elle n'aurait probablement pas besoin mais elle voulait rendre sa chambre aussi douillette que possible.

Ses yeux dérivèrent vers les tiroirs qu'elle n'avait pas encore touchés. Dans un mouvement lent, Caroline ouvrit celui du bas et prit le papier qu'elle gardait sous une pile d'autres papiers oubliés. Il était là, le truc qu'elle était incapable de jeter, peu importe à quel point c'était mal de le garder. Elle ne put retenir l'authentique sourire qui fit son apparition à ce moment-là non plus. Doucement, Caroline traça le dessin que Klaus avait fait d'elle avec le commentaire sur l'honnêteté en-dessous : c'était un péché, juste comme tout ce qu'elle avait lentement cédé d'autre au cours de l'été.

Caroline attrapa son téléphone à côté d'elle mais se retint de ne serait-ce que le déverrouiller.

- Allez, Caroline, ressaisis-toi, s'exaspéra-t-elle en refourrant le dessin à sa place d'origine et en fermant le tiroir avec un peu trop de force.

Après qu'elle ait laissé tomber le téléphone sur son lit, il commença à vibrer mais elle secoua la tête et prit sur le lit la robe qu'elle s'apprêtait à mettre à la place. Elle devait encore décider ce qu'elle allait faire avec ses cheveux. Elle jeta un coup d'œil au lit une dernière fois avant de disparaître dans la salle de bain.


- Je vais dans l'arrière cuisine, fit Jérémy en brandissant le carton dans sa main au gars derrière le comptoir. En prendre plus pour la fête.

Le gars qui remplaçait maintenant Matt acquiesça, occupé avec sa lourde tâche de laver les verres. Jérémy alla dans l'espace de stockage en veillant à être seul, puis il verrouilla la porte de l'intérieur et se concentra.

- Bonnie ? appela-t-il les yeux fermés.

- Hey Jér... fit une voix douce, lui faisant ouvrir les yeux.

- Bonnie !

Il s'approcha d'elle avec un grand sourire qui s'effaça rapidement quand il toucha sa joue mais ne put la sentir.

- Ça devient de plus en plus dur à gérer, Bonnie, et Caroline se rapproche de moi.

- Je sais, j'ai essayé de rester éloignée mais ce n'est pas aussi simple que ce que je croyais et je l'ai vue quelques fois : elle a l'air triste.

- Elle était vraiment occupée avec tous les préparatifs pour la fac durant l'été mais maintenant elle devient agitée.

- C'est un signe d'alerte pour Caroline…

Bonnie croisa les bras, souhaitant pouvoir faire quelque chose pour son amie.

- On devrait lui dire, Bonnie, et à Elena aussi.

- Non, déclara-t-elle, déterminée : c'était la seule chose dont elle était sûre. Ça accablerait Caroline de savoir que je ne vais pas revenir.

- On pourrait peut-être trouver un moyen, commença Jérémy, mais elle l'interrompit, comme toujours.

- Ce n'est pas une possibilité, dit-elle avec une pure résolution.

- C'en est une pour moi, si j'avais su que tu te sacrifierais pour moi, je ne t'aurais jamais permis de le faire.

- J'étais déjà morte, et tu es important Jérémy, répondit Bonnie en secouant la tête. Elena a déjà perdu trop de gens… Je n'ai laissé personne. Tu as une longue vie qui t'attend, finit-elle en tentant un sourire.

- Bonnie… Non, la supplia-t-il, mais elle disparut d'à ses côtés.

Jérémy jeta le carton au loin, furieux, et se prit la tête dans les mains, désespéré.


Bonnie essuya ses larmes, ça aurait dû devenir plus facile mais c'était tout le contraire : elle était désormais de l'autre côté, incapable d'aider ses amies et d'être avec celui qu'elle aimait. Elle regarda Jérémy quitter la pièce, elle était encore là avec lui mais maintenant qu'elle avait appris à briser la connexion, il avait perdu la capacité à la voir dès que les choses devenaient trop douloureuses pour lui. Bonnie se retourna vers une autre surprise qu'elle apprenait encore à gérer.

- Laisse-moi seule.

- C'est tellement touchant de te voir avec lui, se moqua Kol en s'appuyant contre une étagère.

- Arrête de me suivre partout, fit-elle d'un air renfrogné.

- J'étais dans le voisinage de mort, reprit-il en haussant les épaules.

- Y a-t-il la moindre chance que tu ailles embêter un autre fantôme que moi ?

- Tu es la seule personne que je connais dans ce Royaume de Morts, répondit-il sérieusement en secouant la tête.

- Dommage, lança Bonnie en souriant avant de disparaître de la pièce.

Kol sourit en disparaissant également puis apparut à côté d'elle dans le jardin public.

- Un tour très rusé, chérie, mais je l'ai appris moi-même il y a quelques semaines.

Elle garda une allure constante : tant de visages familiers qui regardaient dans sa direction sans la voir ou la sentir le moins du monde.

- Tu es un très vieux vampire, comment est-il possible que tu ne connaisses personne de ce côté ?

- Est-ce que tu penses à mon frère le martyr qui est en train d'utiliser son temps perdu pour se réconcilier avec sa copine fantôme, ou peut-être à mes parents ? J'hésite profondément entre essayer de retrouver ma mère qui nous a tous liés pour nous tuer ou tendre la main à mon père qui nous a traqués. D'ailleurs je ne te vois avec personne non plus.

- Je n'arrive pas à trouver ma grand-mère… marmonna Bonnie.

Elle vit Caroline et sourit. Ça lui manquait tellement de serrer son amie dans ses bras mais il n'en était pas question, comme il n'était pas question de se débarrasser de l'Originel qui se plaça devant elle avec un sourire tel qu'elle avait envie de frapper son visage sexy pour le lui enlever.

- As-tu eu assez de temps pour commencer à regretter ta décision, petite sorcière ?

- Je t'ai tenu éloigné d'Elena… donc non, répondit-elle en souriant à Kol.

- Ah oui, la douce et innocente Elena, l'éternelle victime, à moins qu'elle décide de tordre les règles et parvienne à ce que les Dieux favorisent son côté en faisant en sorte que ton petit ami me transforme en flamme éternelle.

- Mignon et croquant, fit-elle en le poussant avec un sourire encore plus grand.

Kol la saisit à la gorge en un éclair.

- Je n'ai pas encore trouvé le moyen de mettre la main sur le héros Gilbert mais comme on est tous les deux coincés de ce côté… où je peux réellement toucher et blesser quelqu'un…

Son visage changea et ses crocs apparurent.

- Une chose amusante à ce sujet, en fait… commença Bonnie en plissant les yeux et en lui envoyant un jaillissement de douleur. Certaines choses sont plus fortes de ce côté également.

Kol fut forcé de la relâcher mais contrairement à ce à quoi elle s'attendait, il n'essaya pas de la blesser de nouveau. Au lieu de ça, il pencha la tête avec un sourire narquois.

- J'ai eu du temps pour m'adapter, ici, et pour découvrir quelques règles de la maison… Elles n'aiment pas beaucoup les méchantes sorcières.

- Elles ? demanda Bonnie en regardant lentement autour d'elle.

Tout devenait sombre, comme si la nuit se glissait sur eux, et elle ne pouvait plus voir ou entendre quiconque. Une grosse fumée sombre les enveloppa. Elle fit face à Kol, l'air perplexe.

- Il est temps pour moi de partir et de te laisser avec les Ombres, appelle ça mon petit châtiment, savoir qu'au moins un membre du groupe d'exécution souffre, dit-il avant de disparaître.

Bonnie était seule avec une fumée sinistre qui s'enveloppait autour d'elle, puis, quand ça atteignit sa main, ça commença à courir sous sa peau, et Bonnie ne put plus respirer. Elle essaya de crier mais la douleur la paralysait tandis que ça atteignait son épaule avant de la recouvrir complètement.


Caroline dressait le stand de limonade en soupirant, elle pouvait entendre Damon et Elena approcher avec leur ennuyant étalage public de romantisme.

- Hey Care… fit Elena en essayant de convaincre son amie avec un doux sourire. Désolée de t'avoir lâchée tout à l'heure… Damon peut être très persuasif.

Caroline ne fit même pas l'effort de la regarder, elle ajouta les glaçons dans la limonade en souriant.

- Ne t'inquiète pas Elena, je m'en suis chargée.

- Et ça a l'air incroyable, ajouta Elena en observant le pique-nique de la ville. Comme toujours.

- Je sais, répondit simplement Caroline.

- Tu es fâchée…

Caroline s'essuya les mains en regardant la brunette, qui portait une simple queue de cheval.

- N'importe quoi… C'est ce que je fais, j'organise des évènements, Elena.

- Tu t'occupes aussi de tout ce qui concerne la fac, y compris ma candidature et où on va vivre et tout… reprit Elena en se frottant la nuque et en regardant Caroline d'un air désolé. Je n'ai rien fait du tout à part passer tout mon temps avec Damon et Jérémy.

- Tu as eu une année difficile.

Elena fronça légèrement les sourcils : Caroline ne semblait pas aussi sincère que ce à quoi elle s'attendait.

- Eh bien… ouais…

- Et comme toujours nous sommes tous là pour toi.

Caroline semblait si sérieuse qu'Elena se sentit mal à l'aise.

- Je suis très reconnaissante envers mes amis, dit-elle, pas sûre de ce qui était en train de se passer.

- Profite bien de la fête, Elena, lança Caroline en se retournant rapidement. Jolie queue de cheval, au fait.

- Caroline… appela Elena, mais ça n'empêcha pas la blonde de s'éloigner.

Elena toucha sa coiffure, se demandant si elle n'avait pas fait trop simple pour l'évènement de la ville.

- Qu'est-ce qui se passe avec Blondie ? demanda Damon en lui tendant une bière.

- Je crois que Tyler lui manque vraiment… répondit Elena en prenant la bière et en se concentrant sur les yeux bleus de Damon avec un sourire.


- Une fête magnifique, Caroline, dit Rudy, enchanté par l'organisation sans défaut.

- Merci… Monsieur le Maire, avez-vous eu des nouvelles de Bonnie ?

- Elle m'a envoyé un email la semaine dernière : elle adore Denver, répondit-il avec le plus grand sourire possible.

- Un email ? s'étonna Caroline.

Rudy était bien conscient de son subtil jugement.

- J'essaye encore de regagner la relation fragile que j'ai avec ma fille. Si elle choisit de ne rester en contact avec moi que par email, je dois respecter son souhait, Caroline. Je m'accroche à tout ce que je peux pour ne pas la perdre une nouvelle fois.

- C'est juste que mon amie me manque vraiment, fit Caroline en essayant de retenir sa langue bien pendue et en souriant poliment.

Le Maire lui sourit chaleureusement et lui serra le bras avec condescendance.

- L'été est presque terminé et ensuite les trois meilleures amies se concentreront sur la nouvelle étape importante de leur vie.

Caroline garda son sourire tandis que le Maire s'éloignait. Son téléphone recommença à vibrer et elle s'apprêtait cette fois à prendre l'appel quand elle vit April courir vers elle. Elle laissa à contrecœur son téléphone dans l'une des poches de sa nouvelle robe couleur crème.

- Tout est sous contrôle et on est dans les temps, le feu d'artifice commencera exactement à l'heure prévue, l'informa April.

- Merci pour tout, April, je n'aurais pas pu tout mettre en place sans toi, avoua sincèrement Caroline.

April fut prise au dépourvu par le compliment et rougit.

- C'était un honneur… Tu… es incroyable.

- Eh bien, rit Caroline, j'espère que tu as tout appris correctement parce qu'à partir de maintenant, tu seras chargée des évènements de la ville.

- Moi ? fit April en se mettant les mains sur ses joues rouges.

- Je suis Caroline Forbes et j'ai encore du pouvoir dans cette ville. Je dois aussi choisir qui s'occupera de mon héritage, et je crois que l'actuelle Miss Mystic Falls est la candidate idéale.

April ouvrit la bouche, étonnée.

- Je suis tellement flattée, Caroline.

- Ce sont de grands talons aiguilles que tu chausses, April Young, ajouta Caroline en la regardant très sérieusement. J'attends de grandes choses de toi.

April acquiesça simplement, hébétée, en regardant Caroline partir. Elle déglutit nerveusement mais Caroline lui faisait confiance avec ça, donc elle se reprit et prit une grande inspiration. Quand l'un des jeunes appartenant au comité d'organisation de l'évènement passa près d'elle, elle l'attrapa par le bras.

- Je vois beaucoup de bouteilles vides éparpillées.

Le jeune lui lança un regard amusé.

- On doit faire quelque chose à ce sujet.

Elle essaya de paraître ferme : elle devait faire ses preuves auprès de Caroline, après tout.


Caroline se tenait contre un arbre en regardant sa montre : c'était presque l'heure.

- Pathétique… ronchonna une voix à côté d'elle.

- Qu'est-ce que tu veux ? fit Caroline en la regardant en un sévère haussement de sourcils.

- Un ticket pour quitter cette ville insignifiante qui fait des pique-niques où tout le monde est normal et tristement pathétique ? lança sèchement Katherine.

- Oh, tu veux dire comme tu l'es maintenant ? Une humaine sans intérêt ? demanda Caroline avec un sourire hypocrite.

- As-tu réfléchi à ma proposition ?

Caroline commença à rire.

- Je ne vais pas te transformer, Katherine.

- Pourquoi pas ? fit-elle avant de sourire. C'est ta chance de te venger de moi pour avoir écrasé un oreiller contre ton visage pendant que tu dormais et pour t'avoir tuée froidement et brutalement.

Caroline s'arrêta près de Katherine.

- Et rater ma chance de te renvoyer toute cette souffrance et la douleur que tu m'as fait subir depuis le début ? Jamais.

- Klaus viendra après moi dès qu'il découvrira que je suis humaine et capable de lui fournir du sang pour ses hybrides.

Caroline lança un dernier regard à Katherine et lui sourit froidement.

- Tu es humaine depuis des mois, maintenant, et il n'est toujours pas venu pour toi. Ton important statut dans nos vies a été révoqué.

Katherine ravala sa colère.

- D'ailleurs tu as été humaine à une époque et tu as trouvé le moyen de t'en sortir.

- Personne ne me transformera… dit-elle, profondément contrariée. J'ai essayé, ajouta-t-elle amèrement.

Caroline haussa les épaules.

- Les avantages d'être un dommage collatéral.

Alors qu'elle s'éloignait, à précisément 21h, le feu d'artifice commença, enchantant tous ceux qui regardaient vers le ciel avec émerveillement et faisant s'énerver Katherine contre elle dans son dos. Elle sourit, heureuse que son dernier évènement de la ville se soit terminé d'une façon si magnifique et poétique.


Caroline s'assit sur le banc à l'extérieur du Grill et prit son téléphone. Elle vérifia les appels qu'il avait passés sans qu'elle réponde. Elle hésitait à appuyer sur son nom sur l'écran pour le rappeler, après une brève délibération elle abandonna et rechercha le nom de Tyler à la place. Après quelques sonneries, la voix du répondeur s'enclencha à la place de la sienne et Caroline lui laissa tristement un autre message auquel il mettrait des heures à répondre.

- Hey, je pars demain et j'ai toujours besoin de savoir si tu prévois de régler le petit détail qu'est le fait de ne pas avoir officiellement terminé le lycée parce que je dois savoir si mon petit ami ira à la fac avec moi ou me préfèrera Danse avec les loups, termina-t-elle le message, furieuse.

C'était tellement pénible, d'effacer tout ce qui était insupportable chez lui. Tyler prenait sa quête de se mettre en contact avec son côté loup garou un peu trop au sérieux et elle ne savait pas si ses actions puériles étaient quelque chose qu'elle pourrait supporter beaucoup plus longtemps. Ce n'était pas comme si elle ne savait pas que Tyler avait essentiellement passé son été à participer à des fêtes sauvages et à chasser avec des meutes qu'il idolâtrait désormais. Pourtant elle l'encourageait à se remettre de la perte de sa famille entière, mais quand son téléphone recommença à vibrer, elle dut faire face à un cruel dilemme.

Une part de son inconditionnel soutien et de sa patience biblique concernant le comportement de Tyler allait un peu plus loin que l'amour qu'elle ressentait pour lui : c'était douloureusement lié au mouvement que faisait son doigt sur la marque verte de son écran. C'était une simple surcompensation pour le petit péché qu'elle s'était secrètement accordé tout l'été.

- Je commençais à croire que tu jouais à ignorer mes appels.

Caroline joua avec ses cheveux, qu'elle avait lissés ce jour-là.

- J'étais occupée.

- Comment était le parfait évènement de la ville que tu as passé la semaine à organiser ?

Caroline sourit.

- Parfait, Klaus ! répondit-elle d'un air suffisant, avant d'entendre un léger rire de l'autre côté, et cette pensée recommença à la tourmenter. Tu dois arrêter de m'appeler…

- Alors tu dois arrêter de prendre mes appels, mon ange.

Caroline baissa les yeux, accusant l'exactitude de son ton moqueur. Depuis ce premier soir où elle avait pris son appel, et qu'il l'avait appelée tous les autres soirs au cours de l'été, et chaque fois avec une culpabilité qui devenait de moins en moins forte, elle avait accepté son attention.

- En fait, je voulais te remercier parce que la meilleure chambre de tout le Campus est juste miraculeusement devenue libre après que je t'en ai parlé.

- C'était la seule qui était vaguement à la hauteur de tes hauts standards, la taquina-t-il ouvertement.

Caroline prit la mouche puis croisa les jambes en faisant paresseusement tournoyer ses pieds.

- C'était la seule chambre assez grande pour nous accueillir toutes les trois, et il y avait une grande liste avant moi. J'ai essayé d'utiliser l'hypnose pour grimper dans cette liste en vain, et ensuite tu as fait quelque chose et j'ai eu la chambre…

Elle stoppa net ses mouvements.

- Attends, as-tu tué tout le monde sur cette liste ? fit-elle en grimaçant, atterrée.

- Occasionnellement, je commets des atrocités et j'utilise l'argent.

Caroline leva les yeux au ciel. La voix de Klaus lui était devenue familière : elle était désormais capable d'identifier la rare douceur authentique en lui ou le brusque mépris. Donc elle perçut également facilement le sérieux de sa voix.

- J'ai un problème important dont je dois discuter avec toi que je préfèrerais aborder en personne.

Caroline plissa son nez.

- Est-ce que c'est une autre tentative de me faire venir à la Nouvelle-Orléans, Klaus ?

- J'ai peur que ça soit un peu plus sordide que ça, Caroline, mais peut-être que je devrais te laisser profiter de ton affreux premier jour à la fac avant d'aborder le sujet qui requiert quelque subtilité.

- Tu ne me rends pas du tout nerveuse, grimaça Caroline.

- Tu as surmonté le lycée, la fac devrait être un défi vraiment plus facile pour toi.

Caroline n'admettrait jamais qu'elle était craintive à propos des nouveaux changements qui allaient survenir dans sa vie, mais plus effrayant que ça, c'était le fait qu'au fil de l'été elle s'était habituée à ses appels et aux longues discussions consistant principalement en ses divagations stupides dont il ne se plaignait jamais.

- Il y a une toute petite chose dont j'ai besoin… commença-t-elle en prenant le temps de rassembler son courage pour lui demander un service.

- Tu as une requête, déclara-t-il solennellement.

Caroline prit une grande inspiration.

- J'ai besoin que tu retrouves Bonnie pour moi. Je sais qu'elle n'est pas à Denver. J'ai appelé la famille d'Elena et ils n'ont jamais reçu de coup de fil de Jérémy, alors je ne sais pas pourquoi ils me mentent mais j'ai le sentiment persistant que Bonnie pourrait avoir des problèmes.

- Je vais mettre quelqu'un sur le coup immédiatement.

Caroline sourit, d'un sourire sincère pour la première fois de toute la journée.

- Merci, Klaus.

Elle pouvait sentir qu'il souriait de son côté.

- Nous sommes amis, n'est-ce pas ?

Et juste comme ça, il la fit sourire de nouveau, et comme avec tous ses appels, il la fit se sentir moins seule et déprimée.

- Oh mon dieu, s'écria-t-elle soudainement, est-ce que tu peux croire que Katherine m'a encore demandé de la transformer ? Genre, sérieusement ? Si je choisis un jour de commencer une lignée, je n'irai pas du côté de cette garce insensible !

- Tu pourrais toujours l'engendrer et obtenir une rétribution poétique.

Caroline éclata d'un joyeux rire plein de vie.

- J'étais sérieux, Caroline… clarifia-t-il, mais ça la fit seulement rire encore plus fort.


Bande sonore :

Around you – Ingrid Michaelson