Cet OS contient un lemon.
Thème : Angst & Romance

En écoutant : Let Her Go de Passenger

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Elle ne me hante pas, mais...

Je me revois encore franchir le pas de la porte en courant, je me revois encore gravir les marches menant à l'étage.

Je la revois encore allongée dans l'eau teintée rouge de son sang, je la revois encore inerte et je me revois encore, dans un acte désespéré, l'étreindre une dernière fois, dans l'espoir de la sauver.

C'était hier et je me souviendrais de ce moment toute ma vie, ma sœur, mon amour, mon bébé, la personne que j'aime le plus au monde, est morte dans mes bras.

Ils l'ont rendu suicidaire... Un pari et une lame de rasoir, l'ont tué. Je les hais tous mais par-dessus tout je le hais, lui. Paul. Je ne veux pas y penser, mais aujourd'hui, ma tristesse et ma douleur m'étouffent, je suffoque à chaque minute, chaque heure.

Aujourd'hui, je suis pleine de rage à son égard, ma sœur est partie à cause de lui et plus jamais je ne la reverrais. Je suis seule au monde et c'est de sa faute.

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Je me rend au Lycée tribal de La Push, ce lycée qui a fait basculer sa vie à tout jamais. Je le cherche du regard et m'approche de lui pleine de rage.

Impitoyable, je le frappe, je le griffe, je le bats.

- Tu l'as tué ! hurlais-je en pleurant et le rouant de coups. Tu as tué ma petite sœur !Elle est morte à cause de toi ! À CAUSE DE TOI !

Je continue de le frapper, je me fais mal, mais je lui fais mal aussi.

- Elle s'est vidée de son sang ! Tout est de ta faute ! Tu l'as tué ! sanglotais-je encore, tout continuant mon assaut pleine de rage.

Deux bras, chaud, m'attrapent par la taille et me tirent en arrière, je me trouve plaqué contre le torse, chaud, d'un homme.

- Calme-toi, chut, ça va aller... me murmure l'homme à mon oreille.

Je me laisse bercer dans ses bras. Pleurant toutes les larmes de mon corps, pleurant qu'il l'a tué.

- Ça va, aller... chuchote-t-il de nouveau.

Je reconnais cette voix.

- Sam ? sanglotais-je, Sam, il a tué ma petite sœur !Elle est morte, Sam ! hurlai-je.
- Emily, occupe-toi d'elle s'il te plaît,demande ce dernier à sa fiancée.

Des mains féminines se posent sur mes épaules et glissent derrière mon dos. Ses bras finissent par m'encercler. Emily m'entraîne à l'intérieur du bâtiment, tout en me disant des mots réconfortants. Nous nous retrouvons très vite dans une pièce, qui me semble, à travers mes larmes, être un bureau.

Je laisse alors libre cours à mes peines et mes sanglots redoublent, je glisse contre un mur et Emily fait de-même. Cette dernière m'étreint de nouveau dans l'espoir d'apaiser mes peines.

Ava, ma petite sœur, mon bébé, est décédée à cause d'un stupide pari. Elle s'est suicidée à cause d'un garçon, elle est morte à cause de Paul. Il a parié sa virginité et elle en est morte.

Alors que je pleure dans les bras d'Emily, tous les souvenirs affreux me reviennent, en tête. Ma sœur, la baignoire, son sang.

La porte s'ouvre, je lève la tête dans un geste désespéré dela revoir, mais ce n'est pas Ava. Sue Clearwater s'accroupit en face de moi avec une mine défaite. Elle me serre dans ses bras.

- Elle est partie...murmurais-je entre deux sanglots, plus jamais...Je ne la reverrai plus jamais !
- Oh, ma chérie... Je suis tellement, tellement désolée... Si seulement... si seulement j'avais su...

Je pleure de plus belle, à tel point que je suffoque.

- Respire, ma belle, me dit l'infirmière scolaire, calme-toi...inspire et expire... je m'exécute mais respirer me fait mal.
- C'est bien, là... ça va aller ma puce... on est là pour toi... me rassure encore une fois, Sue.
- Je vais te ramener chez toi, Jade, je vais rester avec toi, d'accord ? dit Emily avec bienveillance.

J'acquiesce difficilement d'un signe de tête et les deux femmes m'aident à me lever, je trébuche quelque peu mais Sue me rattrape.

- Rappelle-toi ma puce, on est là pour toi... insiste Sue avant de m'étreindre en guise d'au revoir.

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Le jour de son enterrement, c'est comme si je n'avais pas été là. Je ne me souviens de rien à part m'y être rendue. J'étais physiquement présente, intérieurement absente et moralement morte. Car en vérité, je suis morte avec elle.

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J'erre chez moi tel l'âme en peine que je suis. Je n'ose plus entrer dans la chambre ayant appartenu à ma sœur, car cela me fait mal de penser qu'elle sera désormais vide.

En vérité, je ne me cantonne qu'à trois pièces : ma chambre, la cuisine et le séjour. Chaque pièce renferme son lot de souvenirs, qu'ils soient bons ou mauvais, mais le pire de tous est la vision ensanglanté du corps sans vie d'Ava.

Je n'ai pas réussi à entrer dans cette foutue salle de bain, je n'ai pas trouvé le courage de nettoyer le sang sur la baignoire. Je n'ai même pas le courage de regarder les personnes qui m'entourent lors des quelques brèves visites que je reçois.

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Comme pour m'achever, c'est à moi que l'on me demande de faire est de vider le casier de ma sœur au lycée. J'ai peur. Peur de découvrir ce qu'il renferme. De découvrir ses secrets.

J'avance lentement vers l'entrée du bâtiment, essayant de faire abstraction des regards que les élèves posent sur moi. À quoi s'attendaient-ils ? Que j'arrive avec une mine radieuse et non bouffé par la tristesse ? Que je fasse un effort pour m'habiller correctement ? Que mes cheveux soient propres, que mes ongles soient manucurés et que je sois maquillée ?

J'entre dans l'enceinte du lycée et je me dirige vers l'objet de mon angoisses, je tremble de plus en plus. Je retire mes lunettes de soleil et expose à tous mes yeux bouffis et rougis par les larmes.

Je me fige devant le casier d'Ava et ce sont les mains tremblantes que j'entreprends de composer le code du cadenas. Un déclic se fait entendre et j'ouvre maladroitement la porte du casier.

De nouvelles larmes menacent de rouler sur mes joues lorsque j'y découvre de multiples photos d'elle et ses amis. Je les décroche une à une et je les regarde avec affection.

Je vide le casier, prenant soin de d'étudier chaque cahier, chaque feuille dans l'espoir d'y trouver une formule pour la ramener à la vie.

Tout au fond du casier, caché derrière un classeur, j'y découvre son journal intime. Je me rappelle très bien lui avoir acheté ce carnet, spécifiquement pour cet usage. Je me mets à trembler comme une feuille et me tétanise.

Incapable de bouger, je perçois seulement qu'une personne s'approche de moi. Cette même personne attrape le journal et me le tend. C'est Seth Clearwater.

- Je ne suis pas venu te voir avant car cela n'aurait rien changé rien à ta peine, dit-il, je suis désolé...
- Le...Leah va bien ? demandais-je la voix tremblante, je...J'ai honte de ne pas être venus vous voir plus souvent...
- Viens manger à la maison un de ses quatre, tu as besoin du poulet au curry de maman, dit-il en souriant, sourire que je n'arrive pas à lui rendre, je vais te laisser... me salue-t-il en me déposant une bise sur la joue.

Je me retrouve seule avec mon angoisse. Que va me révéler ce journal ? Je l'ouvre. Quelque chose tombe d'entre ses pages. Une photo.

Je la ramasse et découvre avec effrois que c'est une photo de Paul. Mon regard balaye le hall à la recherche de ce dernier.

De loin, son regard accroche le mien. Je lui montre la photo, que je déchire, profitant de ce moment pour lui faire passer toute la haine que j'éprouve à son égard. Il me fixe, incapable de bouger.

Je range le journal de ma sœur avec le reste de ses affaires et me dirige vers la sortie les bras chargés, laissant derrière moi des dizaines de morceau de papier au sol. Sans un regard en arrière, je quitte le lycée. J'en ai finis avec tout ça.

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J'ai relu les journaux intimes de ma sœur. J'ai pleuré. J'ai pleuré, car elle était heureuse.

Lire ses journaux m'a enfin donné le courage de nettoyer la salle de bain, mais je l'ai vu, cet autre journal. Il était là. Par terre. Là où j'aurais très bien ne pas le voir. Et je l'ai lu, lui aussi. Et j'ai pleuré. J'ai pleuré, car elle était malheureuse et que je n'ai rien vu de son mal-être.

J'ai lu sa descente aux enfers. J'ai lu tout ce qu'il lui a fait subir, ce qu'ils lui ont fait subir. Elle y a écrit : « Je sais que ce n'est pas à moi d'avoir honte, que ce n'est pas à moi de souffrir, je sais que je ne devrais pas, mais, permettez-moi d'être lâche ». Et je l'ai vue aussi, la tache de sang, au bas de la page. Son sang.

C'est cet événement qui m'a décidé d'aller voir Paul. Je veux qu'il lise, lui aussi. Je veux qu'il souffre comme il a fait souffrir ma sœur en ne sortant avec elle que pour un pari, en ne couchant avec elle que pour un pari. Je veux qui se sente sale comme elle s'est sentie salie.

Je toque à la porte, serrant les carnets de ma sœur contre moi. Un homme m'ouvre, ce doit être le papa.

- Bonjour, est-ce que Paul est ici ?
- Euh, non, il est absent actuellement...Vous voulez l'attendre ? Mais je ne sais pas à quelle heure il rentrera... me demande-t-il avec bienveillance.
- Non, mais j'ai quelque chose à lui donner, je tends les carnets à mon interlocuteur, qui s'en saisit avec précaution, vous lui direz que c'est de la partd'Ava.
- Aaa... Ava ? s'étrangle-t-il.
- Je suis sa sœur.
- Je... euh... mes condoléances ne changeront rien et je sais que mon fils y est pour quelque chose, mais il... il a changé depuis, il veut vraiment changer.
- Je m'en fiche, ça ne la fera pas revenir, crachais-je.
- Je sais, je le sais très bien... J'aimais beaucoup Ava et si j'avais su quoi que ce soit, j'aurais empêché mon fils de lui faire du mal, croyez-moi.

J'acquiesce et pars sans un mot.

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Je ne mange presque plus et ne dors pas non plus. Je broie du noir. Je suis malheureuse. Je ne suis plus que l'ombre de moi-même. Je suis une épave. En d'autres termes : je me laisse mourir.

Il y a trois semaines que je suis morte, morte avec elle. Physiquement présente, intérieurement absente et moralement morte.

Les Clearwater, Emily et Sam me rendent souvent visite. C'est d'ailleurs grâce à eux que j'ai au minimum un repas par jour. Je maigris à vue d'œil malgré les bons petits plats que l'ont m'apporte mais je n'arrive pas à manger seule, je n'en ai pas la force.

Mon médecin me menace de me nourrir par perfusion si je ne mange pas alors à tour de rôle, mes amis ou le peu de famille qu'il me reste me donner à manger comme à un bébé. C'est pour ma santé qu'ils disent, mais quelle santé ? Je suis déjà morte.

« Permettez-moi d'être lâche », c'est ce qu'Ava a marqué dans son journal. Permettez- le moi aussi.

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Pour m'enfoncer encore plus dans la tristesse, la pluie bas son plein sur La Push. Ça ne m'étonnerait que le temps tourne à l'orage ou à la tempête. Et pour accompagner tout ça, voilà quelques nuits déjà que j'entends des loups hurler à la mort dans la forêt. Cela m'attriste. Je m'imagine qu'ils ont perdu un frère ou une sœur, eux aussi. Je les comprends.

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Emmitouflée dans une couverture, j'observe la nuit par la fenêtre de la cuisine. Lorsqu'il ne pleut pas, j'ai une vision parfaite sur les maisons de la réserve. Je peux ainsi surveiller la communauté.

La vue doit me faire défaut, ce soir. Je crois distinguer une silhouette dans la nuit et entre les gouttes d'eau de l'averse. Je dois être devenue folle. Cela doit être comme ça lorsqu'on se laisse mourir... La folie vient nous chercher, puis la mort nous emporte.

Néanmoins, la silhouette se dessine plus nettement, un homme approche de la maison. Cet homme m'intrigue et l'envie de savoir qui il est m'attire vers la porte d'entrée. Je sors.

Nous avançons l'un vers l'autre de manière synchronisée. C'est alors que je le vois.

Paul.

Il est là, à deux mètres de moi.

Comme je me suis arrêtée, il s'est arrêté aussi. Je le toise tandis qu'il me contemple.

- Qu'est-ce que tu fiches ici ? criais-je.
- Je les ai lus, dit-il, les journaux d'Ava. Je les ai lus et je voulais que tu saches que je n'imaginais pas qu'elle en arriverait jusque-là ! continue-t-il. Si j'avais su...Si j'avais su je n'aurais rien fait...Et pas qu'à elle. Si j'avais su que ce pari entre mecs aboutirait à un suicide, je n'aurais rien fait !

Je le fixe toujours avec un regard haineux.

- Je l'aimais, dit-il.
- Si tu l'avais vraiment aimé, tu n'aurais jamais rien fait contre elle.
- Je m'en suis rendu compte trop tard.
- Salaud.

Il baisse la tête.

- Tu vas me dire que tu braves la tempête juste pour me dire ça ? ricanais-je.
- Non.

Je le regarde incrédule.

- Et alors quoi ? Pourquoi tu es là ? m'énervais-je.

Je commence à perdre patience.

- Je suis là pour toi !

Je ne comprends pas où il veut en venir.

- Je suis amoureux de toi à cause de nos putains de gênes Quileute ! Jet'aime comme personne net'a jamais aimé, je suis dingue de toi, tu me hantes ! s'écrit-il. À cause de cette putain d'imprégnation je suis obligé de t'aimer, toi et personne d'autre ! Il y a des milliers de femmes sur terre et il a fallût que ça tombe sur toi ! Je suis la personne qui t'a fait le plus de mal et pourtant je suis aussi celui qui apaisera tes peines... dit-il attristé.

Je ne comprends rien, il est devenu fou ? Ou alors est-ce ma propre folie ?

- Mais qu'est-ce que tu racontes ?! l'interrogeais-je, le prenant pour débile.
- Je suis un loup-garou, Jade, dit-il sérieux, je me transforme en un gigantesque loup gris argenté. Comme nos ancêtres avant moi !
- ÇA T'AMUSE ?! explosais-je. ÇA T'AMUSE DE ME RACONTER ÇA ?! TU N'ES QU'UNE PITOYABLE PETITE ME...

Soudain, un énorme loup gris se trouve devant moi, à la place de Paul. Il tente de faire quelques pas, mais il s'effondre au sol. Le loup reprend forme humaine, Paul est nu comme un ver. Je vois alors du sang. Beaucoup de sang.

Pourquoi faut-il que ma propre mort soit aussi douloureuse ? Qu'ai-je fait pour mériter d'être hantée par le souvenir de Paul agonisant devant ma maison ? Je n'aurais pas seulement dû retrouver ma famille dans un joli jardin ensoleillé ?

J'observe Paul, toujours allongé sur le sol boueux. C'est peut-être un test, je dois choisir entre sauver Paul et rejoindre ma famille en paix ou le laisser là et brûler en enfer pour l'éternité ? Mais brûler en enfer n'est-ce pas une douce pénitence pour ce qu'il a fait subir à ma sœur ? Ainsi qu'à moi ?

Je me penche sur lui, il grimace en tournant la tête.

- Aide-moi... aide-moi à me lever, supplie-t-il.
- Pourquoi je ferais ça ? crachais-je.
- Parce que je suis le seul à pouvoir t'aider.

Étrangement, ses paroles me touchent et j'en frissonne. Poussée par je ne sais quel instinct, je choisis de partir en paix et je l'aide à se remettre debout. Il me regarde dans les yeux.

- Merci, dit-il, sincère, je n'aurais pas dû me transformer, ça a rouvert ma blessure, se justifie-t-il.
- Elle y croyait...murmurais-je, Ava croyait aux légendes...

Une larme roule sur ma joue, mais elle passe inaperçu avec la pluie. Cette unique larme me ramène à la réalité. Je ne suis pas morte, je ne suis pas folle et Paul est un guerrier-loup.

- Il faut désinfecter la plaie, suis-moi, ordonnais-je.

Tel un automate, je retourne dans la maison et grimpe à l'étage. Figée devant la salle de bain, j'ouvre doucement la porte et entre dans la pièce. Paul me suit, sans un mot. Tandis que je m'empresser de fouiller dans l'armoire à pharmacie, il reste silencieux et immobile au milieu de la pièce.

Je finis par me retourner vers lui, une bouteille de désinfectant des des cotons à la mains. Je lui intime l'ordre de se tenir au lavabo, me déplaçant derrière lui.

J'observe la plaie et grimace. Paul étouffe un grognement en me voyant à travers le miroir fasse à lui. Je reste focalisée par la griffure traversant le dos du garçon de l'épaule à la hanche. Sans prévenir, je déverse de l'antiseptique sur l'entaille et la tamponne avec du coton. Pour finir, je la recouvre le plus délicatement possible avec des compresses que je fixe à l'aide de sparadrap.

Lorsque je mets une place le dernier bout sparadrap, au niveau de sa hanche, je lève les yeux vers le miroir, face à nous.

- Je ne suis pas obligée, c'est ça ?

Son regard accroche le mien et ils ne se quittent plus. Un frisson me parcourt le corps. Pourquoi faut-il que tout soit si compliqué ? Mon regard est toujours ancré dans le sien, je n'arrive pas à m'en détacher. Qu'ai-je fait par le passé qui mérite un tel châtiment ?

Je réussis bon gré mal gré à détourner le regard, balayant la pièce des yeux. Malheureusement, tout me ramène à lui. Lui, qui est responsable de tout mes malheurs, mais lui qui est mon âme-sœur.

Passant mes bras autour de sa taille et me pressant contre son dos. Je laisse libre cours à mes sanglots. Je frissonne.

Paul tourne sur lui-même et je me retrouve la tête contre son torse, une de ses mains me caresse la joue tendrement. Cette tendresse me trouble, son odeur m'enivre et le son de sa voix m'ensorcelle.

- Non, tu n'es pas obligée.

Je relève la tête et nos regards se croisent de nouveau. Son visage s'approche du mien, doucement. Ses lèvres entrent en contact avec les miennes, sa langue caresse mes lèvres, que j'entrouvre. Nous nous embrassons comme deux adolescents tentant une première expérience. Puis plus passionnément.

Il m'embrasse comme personne ne m'a jamais embrassé et ne m'embrassera jamais.

Mes mains remontent du bas son dos jusqu'à sa nuque. Nous nous séparons pour reprendre notre souffle, ses pouces caressent mes hanches sous mon tee-shirt. Je l'embrasse de nouveau, il comprend.

Je ne devrais pas faire ça. Je brûlerais en enfer.

Il déboutonne mon jean et entreprend de me le retirer, je l'aide. Je me presse contre lui et je sens sa verge devenir dure, seule ma culotte sépare mon intimité de la sienne.

Et il brûlera avec moi.

Ses lèvres dérivent de ma bouche à ma joue et de ma joue à mon cou. Il me suçote la peau, je gémis. Ses mains s'attardent à me retirer mon sous-vêtement mais finissent par le déchirer d'un geste brusque.

Mon suçon fait, il m'embrasse de nouveau. Je me presse contre lui, impatiente. Il m'attrape une jambe au niveau du genou et la lève jusqu'à son bassin, je gémis encore et il me pénètre.

Je me retrouve finalement dans ses bras, mes jambes entourant sa taille. Il me plaque contre une mur, commençant ainsi ses mouvements de va et vient. Nous gémissons à l'unisson.

Et je m'abandonne à lui corps et âme.

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Je me réveille dans mon lit, la place d'à côté encore chaude. Il est parti. Tant mieux, à quoi je pensais ? Faire l'amour avec Paul aura été une terrible erreur.

Je sors du lit et descends les escaliers doucement. Au rez-de-chaussée, je me retrouve nez à nez avec Paul sortant de la cuisine, un plateau petit-déjeuné dans les mains.

- Tu croyais que j'étais parti, hein ? Désolé de te décevoir, trésor, mais je nous préparais de quoi manger !Tu vois, je voulais te réveiller avec des mots doux,mais c'est loupé, dit-il en haussant les épaule.
- Tu es tout nu, répondis-je bêtement.

Il rit alors que je m'approche pour lui prendre le plateau des mains. Je m'installe à à table et Paul me rejoint. Nous mangerons sans parler. Il a fait des pancakes et grillé pain des petits pains briochés.

-Ça ne se reproduira plus, Paul.
- Qu'est-ce qui ne se reproduira plus ?
- Toi et moi. C'était une erreur que je ne commettrais pas une nouvelle fois.

Il ne dit rien, préférant baisser les yeux sur son pancake.

- Et pense à ce que diront les gens de la réserve, Paul, continuais-je, pour quoi vais-je passer ?
- Ils diront sûrement que tu es folle, que tu n'as pas de respect pour ta sœur. Ils diront sans doute que tu es masochiste, voilà ce qu'ils diront. Mon cœur se serre, mes larmes menacent de couler, encore. Je baisse la tête vers mon bol de lait chocolaté. Mais je te rendrais heureuse et leurs ragots cesseront avec le temps, Jade. Je relève la tête. Je sais que d'être désolé ne changera rien, il y aura toujours une part de toi qui me détesteras et je ne te demanderais jamais de cesser de me détester parce que c'est comme ça que tu m'aimes...
- Je ne t'aime pas.
- Que tu m'aimeras, rectifie-t-il.

Je reprends une bouchée de mon pancake sans rien ajouter. Il faut que je réfléchisse à tout ça. J'ai certes ressenti un profond désir pour lui, mais ça ne change rien. Que je sois abandonnée à lui ne change rien.

Quelqu'un toque à la porte, je me lève.

- C'est Sam, tu peux ouvrir, me signale Paul.

Je vais ouvrir et Sam entre dans la maison avec des vêtements pour Paul.

- Salut Jade, me dit Sam, comment vas-tu ?
- Ça va mal...

Sam me plaque contre lui.

- Jade, tu peux refuser l'imprégnation... me prévient-il en regardant Paul manger.
- Ouais. Je vais aller voir Ava aujourd'hui et je reviendrais ici pour travailler...
- Je vais demander à Leah va venir te voir, d'accord ?
- Oui, je veux bien.
- Paul, on y va,ordonne Sam d'une grosse voix. À bientôt ma belle... Emily t'attend à la maison, tu sais, dit-il plus doux.
- J... Je ne pense pas que ce soit une bonne idée...
- Au contraire, tout le monde serait ravi de t'accueillir ! insiste-t-il.
- Je vais y réfléchir...

Sam me relâche et il s'éloigne. Paul s'avance vers moi, mais son Alpha le retient, il obtempère et s'en va. Je me retrouve seule à ruminer mes pensés. Je finis mon petit-déjeuné puis je m'habille pour aller sur la tombe de ma sœur.

Au cimetière, je m'assoie devant la pierre tombale de ma sœur et me met à la caresser tendrement.

- Salut petite sœur...Tu me manques, tu sais ? Cen'est pas pareil sans toi...Je suis seule. Je pleure. Tu es partie et tum'as abandonné !Je suis toute seule dans cette grande maison ! Tu sais, jen'arrive pas à entrer dans ta chambre et je prends une douche une fois par semaine...Voir cette baignoire me rend folle ! Mes larmes coulent encore et encore. Pourquoi tu as fait ça, Ava ?Comment veux-tu que je tienne sans toi ?Papa et maman sont partis quand on avait dix et quinze ans et jen'ai plus la force pour vivre. Ava,maintenant que tu es partie, plus rien ne me retiens ici...Je veux être aussi lâche que toi...Jen'arrive plus à réfléchir correctement et hier...hierj'ai fait une grosse bêtise... Je pleure sans m'arrêter. Je... J'ai fait l'amour avec Paul... Oh Ava nem'enveutpas jet'en prie...Ce...C'est un loup !Mon loup. Je suis désolée, tellement désolée ! Je touche les lettres de son prénom et gravées dans la pierre. Je te promets que je nel'ai pas fait exprès, ça ne se reproduira plus.Je te le promet.

Je me tais et je lève les yeux vers le ciel.

- Dis à papa et maman que... dis leur que je vais être aussi lâche que toi !

Je fais un bisou sur la pierre et me lève. En me retournant, je tombe nez à nez avec Leah. Elle me regarde droit dans les yeux, son regard est obscurci par la colère. Soudain, sa main se lève et claque sur ma joue. J'ai mal.

- Je t'interdis de tenter quoi que ce soit, Jade. Je t'interdis de te suicider. Je titube puis me fige. Je regarde de nouveau Leah dans les yeux. Tu n'as pas le droit de mourir comme ça ! hurle-t-elle, JE TE L'INTERDIS, TU M'ENTENDS ? Je ne réponds rien. Que dire, de toute manière ? Leah se calme peu à peu. Si tu as besoin de te défouler, fait le sur autre chose que sur toi ! Elle m'attire contre elle et je fonds en larme. Tu n'as pas le droit de mourir, Jade, pas comme ça !
- Leah...
- Je sais que c'est dur, je sais que perdre un proche n'est pas facile, mais, c en'est pas la solution.

Je verse des torrents de larme.

- On va rentrer toutes les deux et se changer les idées, décide-t-elle fermement.

Nous revenons chez moi. Je prends une pile de documents déposé dans l'entrée et pars m'installer dans le canapé. J'ai repris le travail à domicile depuis peu. Je suis agent d'édition, je lis les romans que les gens envoient et je choisis les meilleurs, ceux que nous publierons. Leah décide de m'aider en sélectionnant des romans qu'elle lirait selon le synopsis.

Je soupire.

- Pourquoi ne retournes-tu pas travailler à l'agence ? Ça te changerait les idées ! Tu rumines ton désespoir tous les jours dans cette maison...
- Si je m'en vais, je ne reviendrais pas.
- Je pense que si !

Elle rit.

- Cette maison est ta maison, tu y as vécu toute ta vie, tu ne partirais pas comme ça, je te connais !

Elle a raison, si je pars, je reviendrais, c'est ici chez moi, c'est ma maison depuis toujours. Et ce malgré le décès de mes parents, je suis resté en tant que majeur émancipé pour m'occuper d'Ava.

Leah reste avec moi une bonne partie de l'après-midi, et finit par rentrer chez elle. Je me retrouve seule de nouveau. Tristement et désespérément seule.

Les heures défilent. L'ennuie et la tristesse me rongent. Leah a raison, il faut que je me défoule sur quelque chose, quelque chose qui me hante, quelque chose qui me fait mal.

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J'entre dans la maison avec l'objet qui soulagera mon mal-être et me dirige vers l'escalier.

J'entre dans la salle de bain et m'approche de la baignoire. De cette satanée baignoire.

Une masse à la main, je réunis toute la force nécessaire pour la soulever au-dessus de ma tête et je tape. Je tape la céramique, je tape aussi fort que possible.

La baignoire se brise sous les assauts orageux de ma masse. L'eau qui sort des tuyaux m'éclabousse et inonde la salle de bain, mais je m'en fiche, le plus important est de détruire cette foutue baignoire.

Je crie, je pleure. Je casse, je détruis et je réduis en poussière. Je me libère. Je libère ma haine, je libère ma peine, je libère ma rage et je libère mon âme.

Je n'entends pas la porte claquer, ni ne remarque que l'eau se coupe. Je ne réagis pas. Je n'entends pas non plus la voix masculine qui m'appelle. Je suis dans mon monde, dans ma bulle. Je détruis mon malheur.

Quelque chose arrête l'élan de ma masse et un bras chaud entoure mes épaules. Je me débats mais la personne est plus forte que moi.

- C'est fini, Jade.

C'est Paul.

- Tu as cassé la baignoire, il n'y a plus que des débris.

Je m'écroule en larme.

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Je vis actuellement chez Emily. Ma maison est en travaux depuis j'ai démoli ma baignoire et le carrelage de la salle de bain. Je pourrais largement y vivre chez moi, mais Sam a pensé qu'il serait bon de refaire intégralement mon intérieur. Et j'avoue que vivre avec Emily et lui m'est bénéfique, je pense à autre chose.

Les garçons de la meute, car entre-temps Sam, Jared et Paul ont été rejoints par Embry, Jacob et Quil, on prit en main les travaux. Je leur fait confiance, mais j'ai préféré poser une condition : que je puisse choisir les couleurs des peintures, papiers peints et carrelages. Pour le reste, libre a eux. Du moins, libre à Emily et Leah.

Paul vient me voir tous les jours, il reste avec moi silencieusement et finit pas s'en aller patrouiller ou il rentrer chez lui... Pouvoir le regarder dans les yeux a été une grande étape. Avoir succombé à son charme ayant été une terrible erreur, je ne voudrais pas la répéter.

Il l'a compris et laisse faire le temps. Si quelque chose devait ou non arriver, il sait pertinemment que je ne le laisserais pas forcer les choses.

J'ai toujours une profonde rancœur pour ce qu'il a fait, mais je ne peux plus nier le fait qu'il m'attire. Imprégnation oblige. Il est tendre et compréhensif, néanmoins il est reste la cause de mon plus grand malheur.

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Trois mois. Cela fait trois mois qu'Ava est morte. Je suis enfin retournée travailler à l'agence d'édition, j'ai réorganisé mon bureau et les travaux de ma maison son presque terminés. Je change de vie petit à petit.

La meute s'est également agrandit, Leah et Seth l'ont rejoint depuis peu. C'est la première fois qu'il y a une louve, mais elle est coriace, ma Leah. Elle a failli tuer Paul pour s'être imprégné de moi, mais Sam l'en a dissuadé en lui expliquant inlassablement que cela ne se contrôle pas. Elle a abandonné ses tentatives de meurtre, mais elle lui en veut. Pourquoi moi ?

Je lui en veux également car je me surprends à aimer le haïr et à haïr de l'aimer. Son être tout entier me répugne et me fascine. Je deviens folle. Paul Lahote me rend folle.

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J'ai enfin pu ré-emménager chez moi. Les garçons et les filles ont fait un boulot remarquable, je ne reconnais plus rien et c'est magnifique. Ils ont tout cassé pour tout refaire, leur base était les quatre murs, les porteurs et le toit. Je me sens bien dans cette -presque- nouvelle maison. Une page se tourne.

Paul vient me rendre visite tous les jours après les cours. Comme je suis seule de nouveau, il me fait à manger, regarde la télé avec moi puis repart chez lui ou patrouiller. Cette routine me plaît. Égoïstement, j'aime qu'il s'implique dans cette relation à sens unique et qu'il s'occupe de moi.

Cinq mois. Cinq mois depuis qu'Ava est morte. Je vais mieux, j'ai repris du poids, je mange et dors correctement. Psychologiquement parlant, ce n'est pas vraiment ça, mais il m'arrive de rire et c'est déjà beaucoup. Je ne suis pas heureuse, mais pas malheureuse non plus.

Tout ça c'est grâce à la meute et, je dois le reconnaître, surtout grâce à Paul. Comme il me l'a si bien dit : « je suis aussi celui qui apaisera tes peines » et je ne peux plus le nier, sa présence m'est devenue indispensable. Tellement indispensable que je ne peux plus dormir sans lui.

000

Ce soir, je me retrouve seule. Paul est en patrouille. Ne sachant quoi faire, je décide de monter dans ma chambre avec un script découvert il y a peu. Avant de me mettre en pyjama, j'ouvre le loquet de la fenêtre pour que Paul puisse entrer sans encombre.

Enfin changée, je me glisse sous les couvertures et continue ma lecture. Je me rend seulement compte du temps qui passe lorsqu'un bâillement de fatigue me tire de ma lecture. Je pose l'ouvrage sur ma table de nuit, éteint la lumière et me cale au chaud sous la couette.

Un courant d'air me tire de mon demi-sommeil tandis qu'un corps chaud se love contre le mien.

- Tu es là... dis-je.
- Tu ne pensais pas t'endormir sans moi ?
- Je ne m'endors jamais sans toi... Allez, dors.

Il me rejoint dans mon lit et je me blottis dans ses bras chauds. Paul me fait un bisou tendre sur le front.

- Je t'aime, dit-il.
- Paul, on ira au cimetière demain, je vais te présenter à mes parents.

Il rit légèrement.

- Un peu morbide... mais, c'est d'accord.

000

Ce matin, Paul entre dans ma... notre chambre avec un plateau dans les mains.

- Tu n'étais pas obligé...
- Trésor, je ferais toujours tout pour te faire plaisir ! répond-il en posant le plateau sur ma table de nuit.

Nous petit-déjeunons ensemble tranquillement avant de nous préparer pour notre rendez-vous au cimetière. J'angoisse terriblement... Chose qui est très stupide, j'en conviens bien, mais annoncer ma relation avec Paul à mes parents... à ma sœur me fait terriblement peur. Et s'ils se fâchaient ?

Nous nous y rendons à pied et c'est main dans la main que nous arrivons sur place. Ma grand-mère paternelle, assise sur un siège de camping, se trouve devant les pierres tombale. Je lâche la main de Paul avant qu'elle nous voit.

- Mamie ! Ça fait longtemps !
- Oh bon Dieu, tu m'as fichu la trouille ! Comment vas-tu, toi ? dit-elle de façon bourru, en se tournant vers moi. Hum... apparemment tu vas bien ! lâche-t-elle amère.
- Jade ? Tu me laisses discuter avec ta grand-mère quelques instants ? demande Paul, insistant du regard.

Il ne va tout de même pas raconter tout à ma mamie ? Si ?

- Je vais voir Harry, annonçais-je en m'éloignant.

Harry Clearwater, le père de Leah et Seth, était comme un père pour moi. Je le salue, lui demande s'il va bien avant de fondre en larme.

- Je suis désolée de ne pas être venue te voir avant, tu sais, avec tout ce qui est arrivé...Je...j'ai eu du mal à sortir la tête de l'eau... ça va mieux depuis que Paul est là, tout a l'air de s'améliorer... L'imprégnation, c'est quelque chose d'étrange...

Je sèche mes larmes

- Ils vont bien là-haut ? Papa et maman ? Ava ? Tu lui a mis un coup de pompe au cul j'espère ! riais-je et pleurais-je en même temps. Je renifle bruyamment. Tu nous manques Harry, tu nous manques vraiment beaucoup...J'aurais vraiment besoin d'un papa en ce moment, surtout d'un papa qui connaît les légendes par cœur... Je caresse distraitement la pierre tombale. Je pourrais parler avec Billy, mais ça ne sera pas pareil... Je soupire et essuie mes larmes. Tu sais, Paul...Paul est bon pour moi... Il veut mon bonheur, mais je ne lui rend pas... Je suis malheureuse.

Quelqu'un arrive derrière moi.

- Loup-garou ou pas, si jamais il fait quelque chose de mal, je le tue avec le fusil de ton grand-père ! déclare ma grand-mère.

Je la regarde s'en aller claudicante, son siège de camping sou le bras.

- Jade ?

C'est Paul. Je me tourne vers lui.

- J'ai parlé de nous à ta grand-mère, elle a comprit mais je pense qu'elle va rendre visite à Billy...
- Elle ne veut pas que tu me fasses du mal... dis-je tout bas.
- Je sais, Trésor, confirme-t-il en me faisant un un bisou au sommet du crâne. On va voir tes parents ?

Nous retournons dans l'allée de mes parents. Devant la pierre tombale, je fais les présentation en bonne et due forme puis j'attends, comme s'ils allaient répondre. Paul se racle la gorge discrètement.

- Je prendrais soin de votre fille, dit-il calmement, je l'aime de toute mon âme et bien plus encore... Si vous croisez Taha Aki et sa troisième épouse, ils vous expliqueront ça mieux que moi...avoue-t-il.
- Je reviendrais plus tard d'accord ? terminais-je, je vous aime.

Nous rentrons alors à la maison, main dans la main. Lorsque j'ouvre la porte, Paul se dirige vers l'escalier, il file à l'étage tandis que je m'installe sur le canapé, j'entends ses pas se diriger vers la bibliothèque. Il y va souvent et j'avoue ne pas savoir pourquoi, il y reste pendant des heures puis revient me voir comme si tout allait bien. Je n'ose pas le déranger, il a ses secrets... Je suppose qu'il pleure la mort d'Ava. Cela me fait mal au cœur, pourtant une part sombre de ma conscience se réjouit et je n'en éprouve aucune honte.

Plusieurs jours ont passé depuis que j'ai présenté Paul à mes parents. Rien de fabuleux ne s'est passé dans ma vie, si ce n'est que Paul me paraît de plus en plus dévoué, bien que je ne sois pas sur que ce soit humainement possible.

000

Nos réveils sonnent à quelques minutes d'intervalles. Je paresse au lit quelques instants, avant de constater que monsieur dort toujours à poing fermé.

- Il faut que tu te lèves, tu as cours... le grondais-je.
- Hum... Pas envie.
- Je sais bien que tu es fatigué, que tu as patrouillé toute la nuit mais, il faut que tu y ailles...
- Pourvoi... ?

Je soupire.

- Parce qu'il faut que tu aies ton diplôme pour avoir un travail décent plus tard. Je vais travailler et toi tu vas en classe.
- Dis à Bob que tu es malade, comme ça tu restes avec moi !
- Non, je ne peux pas faire ça à Bob, tu sais, il m'a donné une chance alors que je n'avais aucun diplôme.

Il grogne et je me lève pour me préparer.

Au bureau, je passe saluer Bob, comme tous les matins. Bob était un ami d'Harry Clearwater et de mon père, ils étaient à la fac ensemble et lorsque papa est décédé, il m'a promis un place dans son agence d'édition afin que je puisse subvenir à mes besoins. Tout comme Harry, Bob a été un père pour moi. Depuis la mort d'Ava, il a été un soutient infaillible, allant jusqu'à me permettre de travailler de chez moi plus qu'autorisé par la filiale.

- Oh, tu as une petite mine, toi... dit-il inquiet, aller entre et assieds-toi.

Je m'exécute.

- Ma chérie, est-ce que ça va, vraiment ? Tu peux tout me dire, tu sais.
- Oui, ça va, beaucoup de choses ont changé et ça va mieux...

Il fait mine de réfléchir.

- Pardonne ma question, mais est-ce que ça va, avec ce Paul ?... Je veux dire qu'il euh... eh bien... Il ne termine pas sa phrase.
- Il me rend heureuse, Bobby, je sais que tu ne me comprends pas, mais il m'aide... avouais-je.
- Il te fait souffrir...
- Je n'oublie pas, mais il m'aide et me comprend, c'est... c'est compliqué et à la fois très simple... Tu sais il... il m'aime.
- Si tu sais ce que tu fais, je ne vais pas t'embêter plus, soupire-t-il, Helen voudrait tu viennes à la maison, nous souhaiterions te parler.
- Venez manger à la maison ce soir, vous n'avez pas vu le nouvel intérieur.

Il se gratte le menton distraitement avant d'acquiescer. Je me rends alors à mon bureau afin de véritablement commencer ma journée, entre lecture et rendez-vous.

Helen et Bob arrivent à la maison en fin d'après-midi. Paul est entrain de faire ses devoirs et cette image me fait sourire tendrement.

- Oh ma puce, tu as repris des forces depuis la dernière fois ! annonce Helen en me serrant contre elle, je suis si soulagée, continue-t-elle en tapotant la joue avant de me coller une bise maternelle sur la joue.

Je demande à mes invités de s'asseoir confortablement sur le canapé tandis que je prends place sur un fauteuil. Nous discutons de choses diverses et variées. Je sens bien que le couple est tendu, je décide de prendre les choses en mains.

- Allez, dites-moi pourquoi vous vouliez me parler.

Ils échangent un regard entendu avant que Bob ne prenne la parole.

- Tu sais que nous n'avons pas d'enfants
- Oui... répondis-je ne voyant pas où il veut en venir.
- Et tu sais que nous vous considérions comme nos filles, Ava et toi.
- Oui, je...
- Nous réfléchissons depuis un moment déjà, me coupe Helen, et nous voulons t'adopter.
- M'adopter ? m'étonnais-je.
- C'est juste une formalité... commence Bobby avant d'être coupé par sa femme.
- N'avons pas eu d'enfants pour cause d'incompatibilité et nous n'avons jamais pu adopter par manque de moyen... explique-t-elle, nous voulions attendre la majorité d'Ava pour vous en parler, mais depuis... sa voix se voile et ses yeux s'embrument.
- Je serais ravie que vous m'adoptiez, dis-je tout bas.

Bob sort des papiers du sac de son épouse et me les tend, je prends le temps de lire l'ensemble du documents.

- Et pour mes grand-parents ? Est-ce que cela va changer quelque chose ?
- Ce seront toujours tes grands-parents et tu seras toujours leur petite-fille, me rassure Bob, seulement légalement, tu deviendras notre héritière directe s'il nous arrive quelque chose.

J'acquiesce avant de signer en bas de page. Paul nous rejoins dans le salon à ce moment.

- Vous restez bien dîner ? demande ce dernier.
- Nous ne voudrions pas déranger ! s'exclame Helen.
- Vous ne dérangez jamais ! m'exclamais-je. Restez...
- C'est ce qui était convenu, me soutiens Bob.
- Je vais chercher mon père, dans ce cas, si cela ne dérange personne...
- C'est une très bonne idée ! répondis-je.

Paul s'en va et j'en profite pour faire visiter la maison à mes parents adoptifs. Helen décide de m'aider à préparer le repas lorsque Paul revient avec son père. Je le salue timidement, consciente que notre dernière conversation n'était pas très cordiale.

Alors que nous mettons la table, quelqu'un toque à la porte, je vais ouvrir.

- Il paraît que tu as invité Bobby et Helen, alors Emily à fait une tarte aux pommes, me salue Sam avant de me coller une bise sur le front.
- Comment tu as su ?
- Disons que j'ai du flair, rit-il.

Je salue Emily et la remercie pour la tarte au pomme. Alors que les discussions vont bon train, je rajoute deux couverts. Tous à table, nous mangeons en parlant joyeusement de diverses banalités, comme de mon boulot, de l'avenir de Paul en tant que comptable, de la petite entreprise de dépannage informatiques de Steve... L'ambiance est bonne, mais je me sens légèrement mal à l'aise par moment.

- La tarte doit être assez chaude, je vais la chercher.

J'apporte le dessert et le repas suit son cours entre café ou thé. Au terme d'une soirée agréable, chacun rentre chez soi.

000

Aujourd'hui avec Paul nous nous rendons chez Emily et Sam. D'habitude je ne préfère pas l'accompagner car je ne ne me sens pas légitime au sein de la meute. Lorsque nous passons le seuil de la porte, les garçons me font un grand sourire. Ces sourires francs me font chaud au cœur. Dans un coin,je remarque une jeune fille qui me sourit timidement, cela doit être Kim, l'imprégnée de Jared.

Nous passons la journée tous ensemble, comme une famille. Mon cœur se serre, Paul doit le sentir car il me serre contre lui afin de me réconforter. Au cour de la journée, les garçons patrouillent en petits groupes qui change toutes les heures. Lors des absence de Paul, je me sens comme perdue, ce qui n'a pas échappé au reste de la meute, Emily et Kim y compris. Foutue imprégnation et foutues hormones.

En fin de soirée, installé contre Paul dans le salon, l'ambiance me paraît tendue.

- Ce serait bien que tu ailles chez Bob et Helen quelque temps, m'annonce Paul.
- Pourquoi ?
- Pour te reposer, profiter d'eux, je ne sais pas... Ce serait bien.
- Qu'est-ce qui se passe ? insistais-je.

Quil soupire de désespoir devant Paul qui s'y prend comme un pied. Je le regarde en fronçant les sourcils.

- Ce qui Paul essaye de te dire, c'est qu'on va se battre contre des nouveau-nés, enfin, des vampires ! Et il a trop peur que tu restes chez Emily.

Je décide passer cette journée là avec Kim et Emily. Après tout, rien ne risque de m'arriver, il y aura Collin et Brady pour nous défendre si besoin.

000

Paul m'a tout raconté concernant cette fameuse bataille contre les nouveau-nés, je sais désormais qu'ils traquent Bella Swan, que les Cullen sont des vampires dit « végétarien » car il ne boivent pas de sang humains mais du sang animal et qu'ils ont entraînés la meute au combat depuis des semaines.

Le grand jour approche plus vite que prévu. Le Lutin, enfin, Alice Cullen, aurait annoncé à la meute que le combat serait pour le 15 juin. J'ai, dans un premier temps, été dubitative fasse à cette annonce, comment pouvait-elle être aussi sur des événements à venir ? Jacob m'a alors expliqué que certains vampires ont des capacités spéciales et qu'Alice pouvait prédire l'avenir, qu'Edward pouvait lire les pensés et que Jasper pouvait contrôler les émotions. J'en suis restée bouche-bée.

- Paul, si Alice Cullen peut lire l'avenir... Elle connaît l'issue du combat, non ?
- Ça ne marche pas comme ça malheureusement... soupire-t-il, nous y avons pensés aussi, mais elle nous a expliqué comment son don fonctionnait : Elle ne peut voir l'avenir qu'à partir du moment où une décision à été prise.
- Je ne saisi pas bien...
- Les vampires ont décidés de nous attaqué le 15 juin alors Alice l'a vu, mais elle ne peut pas connaître l'issue de la bataille car elle ne sait pas comment elle se déroulera, explique-t-il, par contre, nous pourrons mettre en place une tactique et ainsi déjouer leurs actions.

J'acquiesce avant de me perdre dans le flots de mes pensés. J'espère que tout ira bien pour eux...

000

Il est très tôt et je me réveille en sursaut. Nous y sommes. Paul est déjà debout et enfile sont short.

- Je ne voulais pas te réveiller, dit-il désolé.
- Tu serais partis sans un mot ?

Il nie de la tête.

- Je voulais te laisser dormir encore un peu...
- J'ai toute la journée pour dormir.

Je me lève à mon tour et descends préparer un petit déjeuner royal. Il lui faudra des forces. Paul me rejoint rapidement et m'aide. Je l'observe attentivement... Que deviendrais-je s'il ne revenait pas ? Qui s'occupera de moi ?

Nous mangeons dans un silence religieux. Je ne sais pas quoi dire, j'ai trop peur de raconter n'importe quoi. Et a priori, pour lui s'est pareil.

Je le laisse terminer son repas tranquillement et vais m'habiller afin de nous rendre chez Emily. Lorsque je reviens à la cuisine, tout est débarrassé et rangé.

- Tu es prête ? demande Paul, le regard dans le vague.

Je sais ce qu'il fait. Je m'approche de lui et le serre contre moi.

- Embrasse-moi, ordonnais-je.

Il a un hoquet de stupéfaction, nous ne nous sommes pas embrassé depuis le soir où il m'a révélé être un loup-garou et qu'il s'était imprégné de moi. Son regard plonge dans le mien et il m'embrasse tendrement. Mes main agrippent sa nuque afin de prolonger se baiser. Lorsque nous nous détachons l'un de l'autre, son regard brille d'un amour infini.

Nous nous rendons chez Emily où la meute se rassemble avant la grande confrontation. Tout le monde est déjà sur place, les garçons sont tendus et notre arrivé ne passe pas inaperçue. Emily donne ses dernières recommandations à Sam telle une mère poule. J'hésite à faire pareil, mais me ravise, elle a du faire le tour de toutes les directives.

- C'est l'heure, déclare Sam.

Paul s'avance vers le reste de la meute, mais je le retiens. Il se tourne vers moi, fronçant les sourcils d'incompréhension.

- Reviens-moi, suppliais-je.

Il acquiesce sans un mot et qui la maison d'Emily avec le reste de la meute.

Au cours de la journée, je me rassure en me remémorant le plan d'action : Hier, Jacob a emmené Bella au sommet de la montagne, ils ont très vite été rejoint par Edward pour la nuit. Ce matin Seth prend la relève de Jacob, le reste de la meute et des Cullen attendent dans la clairière où le parfum de Bella a été pulvérisé afin d'attirer les nouveaux-nés. Tout est parfaitement sous contrôle. Tout est sous contrôle...

000

Je n'aurais jamais été heureuse que lorsque Paul a passé la porte ce soir là. Attendez... C'est moi qui parle ? Mon cœur bat à toute vitesse, mais il ne semble pas s'en apercevoir.

C'est là que je m'en rends compte. Il est accompagné de Quil et Jared, seulement de Quil et Jared...

Je vois Emily défaillir à ma gauche, elle est aussitôt rattrapée par Collin. Jared se précipite vers elle et l'étreint avec force.

- Il est vivant Emily, tout le monde est vivant, déclare-t-il.

Elle pleure toute les larmes de son corps suite à cette annonce et je ne tarde pas à la rejoindre. Kim reste silencieuse, la main sur le cœur, visiblement soulagée.

- Jacob est blessé, il est chez lui en train d'être examiné par le Dr Cullen. Nous sommes venus vous chercher, votre présence peut lui faire du bien d'après Billy, continue Jared.

Lorsque nous arrivons sur place, tous les loups sont attroupés sous le porche de la maison des Black. Je me précipite dans les bras de Seth et de Leah. Cette dernière me semble contrariée et mes soupçons se confirme lorsqu'elle m'annonce d'un grognement que Jacob aurait pu être épargné s'il n'avait pas voulu faire son beau devant Swan.

- Je l'avais, gronde-t-elle. Ce vampire était finit mais non ! Il a fallut qu'il intervienne !

Je tente de la calmer, ce qui fonctionne dans un premier temps, mais l'arrivée de Bella Swan et Edward Cullen ravive sa rage. Je soupire.

La journée aura été longue, le Dr Cullen a réussit à soigner Jacob qui a maintenant besoin de repos. Tandis que Bella entre le voir, j'en profite pour saluer tout le monde. Ma présence n'est pas utile malgré ce que penser Billy Black.

Paul m'accompagne sans un mot, personne ne lui en tiendra rigueur de tout façon, ma sécurité étant plus importante.

A la maison, je lui prépare un bon repas qu'il dévore, toujours sans un mot. Je ne sais pas quoi dire non plus, je suis confuse.

- Je vais prendre un bain, dit-il pour conclure son repas.

Je le suis du regard, avant de le suivre tout court. Il est déjà nu dans salle de bain a attendre que l'eau coule dans la baignoire. Tremblante, j'entreprends de sortir des sels de bains du placard, mais le pot me lâche des mains.

Paul le rattrape avec dextérité et le pose sur le rebord du bain. Son silence me rend terriblement nerveuse. Des larmes embrument mes yeux, elles menaces de couler mais ne vienne pas. Qu'est-ce que j'ai fait ? Qu'a-t-il vu ? Que lui ont-ils fait ?

- Paul... chouinais-je, pourquoi tu ne me parles pas ?

Il ne répond rien et se contente de me regarder dans les yeux. L'imprégnation a-t-elle été brisée ? J'essuie mes larmes avant de tourner les talons. Mon cœur se serres, je ne comprends plus rien...

- C'est ce que je ressens tous les jours, déclare-t-il enfin.

Ces mots me fond l'effet d'un coup de massue et me glace. Je l'entends entrer dans son bain. Je me retourne lentement et le fixe.

- Jade, je ne veux plus de cette relation à sens unique, dit-il, je ne veux plus être le seul à m'investir dans notre vie de couple. Quitte-moi une fois pour toute.

Je ne sais pas quoi dire, ni quoi faire. Mon cerveau est en surchauffe, des questions se bousculent dans ma têtes, j'ai envie de hurler, de pleurer mais rien ne se passe. Je suis frigorifiée, j'ai chaud, j'ai peur. Son regard ne quitte pas le mien. Je me surprend à l'observer attentivement, plus que je ne l'ai déjà fais. Il est beau.

J'inspire et expire. Je ne m'étais pas rendue compte que j'avais la respiration coupée. L'oxygène me monte au cerveau, ce qui provoque en moi un déclic.

- Je t'aime, déclarais-je enfin.

Poussée par je ne sais quelle force, je me dirige vers la baignoire et grimpe dedans, toujours habillée. Assise à califourchon sur Paul, je l'embrasse avec passion. Ses mains entreprennent de me retirer mes vêtements trempés, ce qui n'est pas une mince affaire... Au terme du lutte acharné, mes vêtements tombent lourdement aux sol, puis nous passons à l'acte, de manière presque brutale.

000

Le lendemain, nous nous réveillons complètement nus dans notre lit. Nous avons fait l'amour encore et encore jusqu'à... Non, ce n'est pas vrai. C'est ce qu'il s'est passé dans mes rêves. Après avoir fait l'amour dans la baignoire, nous sommes simplement allé nous coucher.

Paul reste à la maison aujourd'hui, tandis que je retrouve le chemin du travail. Je suis particulièrement enjouée aujourd'hui et la plupart de mes collègues le remarquent. Paul va continuer de me rendre heureuse et je vais enfin pouvoir le rendre heureux également.

000

Les jours suivant passe relativement vite. Jacob a guérit plus rapidement que prévu, aucun nouveaux-nés vampires n'est revenu traquer Bella, les loups et les Cullen vivent leurs vies chacun de leur côté. Tout va bien dans le meilleur des monde... mais lorsque Paul rentre à la maison ce soir-là...

- Tu es enceinte, m'annonce-t-il.
- Pardon ?

Il répète alors ce qu'il vient de dire, et touche son nez pour appuyer ses propos.

- Non ! m'écriais-je. Je ne peux pas... On ne peut pas ! Pas maintenant ! C'est impossible !
- Pourquoi ?
- Je n'ai pas les moyens de m'occuper de toi et d'un bébé !
- Je travaillerais après le lycée !
- Il est hors de question que tu abandonnes tes études Paul Lahote ! grondais-je. Je n'ai aucun diplôme et j'ai dû être pistonnée pour trouver un job décent...
- Je deviendrais informaticien dans l'entreprise de mon père !
- Non ! Tu seras comptable au terme de tes études comme tu l'as toujours voulu !
- Alors quoi, tu vas avorter ? s'emporte-t-il soudain. Fait des formations, passe des concours, parle à Bobby !

Il pose une boite boîte rectangulaire sur la table devant moi et quitte la maison. C'est un test de grossesse. Je récupère un gobelet en plastique et grimpe dans la salle de bain.

Accroupie dans la douche, je fais pipi dans le récipient et y trempe le capteur du test. Après quelques minutes, d'attente et selon la notice d'utilisation, je suis bien enceinte. Je soupire.

000

Au boulot, je demande un entretiens privé à Bob. Au terme de ma discussions avec lui sur mon avenir dans l'entreprise, je lui explique la situation.

- Enceinte ? dit-il incrédule.
- Oui. Je suis enceinte de Paul et après mure réflexion, j'ai décidé de le garder.
- Enfin, Paul est encore un adolescents ! Comment peux-tu être sure qu'il ne te quittera pas après l'accouchement ? proteste-t-il.
- Bob, il ne me quittera pas, affirmais-je.

Je le vois alors sortir un carnet qu'il lit attentivement.

- Tu n'as fait qu'une formation proposé depuis ton arrivée ici. Je vais t'inscrire à différentes sessions d'examens qui te permettrons d'acquérir un diplôme universitaire, déclare-t-il en me souriant, ça marche ?
- On fait ça, affirmais-je.
- Alors rendez-vous la semaine prochaine dans la petite salle de réunion.

Paul est revenu à la maison au bout d'une semaine, Sam lui ayant annoncé à ma place que je n'allais pas avorter mais bel garder notre enfant. Depuis lors, Bob et moi travaillons sans relâche afin de me permettre d'avoir un diplôme, un vrai. Je vais passer en tout trois examens complémentaire qui me donneront l'équivalence d'un Master « Métier du livre et de l'édition » qui me donnera accès à un salaire plus confortable.

000

Ma grossesse ce passe bien, les mois défilent à une vitesses folle que j'en suis déjà à 5 mois. Demain, je passe mon dernier examen, je devrais alors attendre deux mois pour avoir les résultats. Paul est déjà en dernière année de lycée, mais ses patrouilles le ralentisse fortement dans ses cours.

Je fais de mon mieux pour l'aider, mais ses derniers temps furent compliqué pour la meute. En effet, Bella Swan, devenue Cullen, a accueilli en septembre dernier une petite fille prénommée Renesmée avant d'être transformée en vampire. La naissance de la fillette vu un véritable raz de marée pour les loups qui ont vu en elle une terrible menace, mais c'était sans compter l'imprégnation de Jacob. A cause ou grâce à cela, les Cullen font entièrement partie de la meute.

Et si seulement ça s'était arrêté là... Il a fallut qu'une vampirette blonde voient la petite Renesmée et aille avertir les pseudo Rois vampires que la famille Cullen a enfreint la loi en créant un enfant immortel. Tout ça vous semble du charabia alors laissez moi vous expliquer.

Les lois vampiriques sont régies par les pseudo Rois, les Volturi, qui ont ainsi prévu, et à juste titre, que la création d'enfant immortel, comprenez « transformation d'enfants humains dont la capacité à se comporter d'une manière compatible avec les lois vampiriques », est interdite.

Ainsi donc, quand la vampirette blonde à vu Renesmée, Nessie de son petit nom, elle a cru voir un enfant immortel, alors qu'entendons nous bien la dessus, la petite Cullen grandit à vu d'œil et possède un cœur qui bat.

La meute a alors immédiatement ralliés les Cullen afin de protéger Nessie.

D'après Alice, les Volturi seront à Forks au moment des premières neige. Je prie les Dieux pour que cette foutue neige n'arrive pas et que cette histoire se tasse d'elle même... Surtout qu'Alice est partie ! Elle a lâchement quitté sa famille alors qu'ils ne cessent de convaincre des amis vampires de les aider en témoignant en leur faveur.

D'ailleurs, cette accumulation de nouveau vampire a déclenché une vague de mutation hors norme. La meute devenant de plus en plus nombreuse et les nouveaux loups de plus en plus jeunes.

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Les premiers flocons sont tombés. Paul et le reste de la meute sont partis rejoindre les Cullen depuis plusieurs heures. Le stress de le savoir en danger me créé des pics d'angoisse. Le Dr Cullen m'a prescrit des calmants naturel à base de plante afin de m'aider à gérer mes émotions.

Cette fois-ci, ce sont Kim et Emily qui viennent à la maison. Nous passons notre journée à regarder divers catalogue pour bébés sur internet. Dans un premier temps, je n'avais pas voulu connaître le sexe du bébé, mais apprendre toute cette histoire de guerre vampirique m'a fait revoir mon jugement. Paul voudrait savoir pour qui rester en vie, non ? C'est avec cette idée que nous nous sommes rendu mon obstétricien afin d'avoir la réponse à cette question.

Alors n'ayant rien acheté pour ma future fille, j'ai prévu que je le ferais ce jour en compagnie de mes deux amies afin de nous changer les idées. Ce qui a grandement fonctionné.

Lorsque les loups sont revenus, nous étions tellement absorbé par nos achats, que nous nous sommes pas aperçues tout de suite de leur présence, mais seulement lorsque la voix de Sam retenti, approuvant mon choix de gigoteuse.

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Les trois mois suivant furent les plus difficile, ma grossesse commençait à être pénible. J'avais hâte d'accoucher et lorsque ça arriva, cela fût un véritable soulagement.

Ma petite Ava est née aujourd'hui, le 3 mars. Demain, nous rentrons à la maison.

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Après avoir rassemblé mes affaires dans le coffre, Paul installe le cosy de notre petite fille dans la voiture. Je vérifie l'installation avant de grimper dans la voiture.

Nous roulons jusqu'à La Push tranquillement et lorsque nous arrivons à la maison, je pousse une soupire de soulagement. J'allais enfin pouvoir me reposer. Nous sortons de la voiture, et Paul me retiens un instant.

- Attends moi avant d'entrer dans la maison... Je voudrais qu'on soit tous les trois... dit-il, légèrement gêné.

Je souris tendrement avant de détacher le cosy de ma fille. Paul finis de rassembler mes quelques affaire et nous nous dirigeons vers la maison.

Lorsque j'ouvre la porte, je suis surprise de voir toute la meute, mes grands-mère, mon grand-père, Bob et Helen, Steve et Sue. Ils nous accueillent avec « Félicitations ! » enjoués. Paul savait, naturellement. Mon regard s'attarde sur la banderole accrochée au plafond avant de retomber sur mes grands-parents maternels. Nany, ma grand-mère - l'autre pas celle qui boite - s'approche de moi, un sourire un peu crispé.

- Je n'ai pas été la meilleure grand-mère du monde et je ne l'ai réalisé que trop tard... dit-elle. Nous n'apprécions pas ton père et nous n'avons fait aucun effort pour nos petites filles, j'espère pouvoir être une meilleure arrière-grand-mère, si tu me le permets...

J'acquiesce sans rien dire et je lui tends ma petite Ava.

- Son second prénom est Emily, déclarais-je, Ava Emily Lahote.

Nany prend le bébé dans ses bras et fait le tour de l'assemblée en lui présentant ses oncles, tantes, grands-parents.

La porte d'entrée s'ouvre et la jolie Renesmée entre suivit de sa famille. La petite Cullen va se nicher dans les bras de son Jacob après avoir salué tout le monde.

Les discussions vont bon train et je finis par récupérer ma fille. Rosalie m'accompagne dans la chambre afin de la coucher.

- Je peux rester pour lui chanter une berceuse ? me demande-t-elle avec tendresse.
- Bien sur Rose.

Je m'installe dans un fauteuil près du berceaux et observe ma fille endormie. Bercée par les douces paroles de Rosalie, je finis par m'endormir.

000

Ta mort m'aura brisé, mais sa vie va me sauver...

... Ava.