Bonjour. Je sais, ça fait longtemps, très longtemps, trop longtemps même que je n'ai pas été active sur ce compte. Mais malgré des facteurs tels que le lycée ou tout simplement, la vie, je ne peux me permettre d'arrêter d'écrire. Surtout en laissant AAU inachevé. Alors oui, je compte terminé la fiction, je ne sais même pas si j'aurai toujours des lecteurs, mais on sais jamais. En tout cas, même si ça me prend des mois, cette fiction sera finie.

Sinon, petite inspiration du soir. Je ne sais pas vraiment d'où ça vient, ni si ça plaira. Point de vue de Santana, présence de Brittana et de Pezberry. J'en ferai peut-être un two-shot, who knows?

Toutes faute d'orthographe est mienne, je n'ai plus de bêta vu que celle ci a aussi cessé toutes activités et Glee ne m'appartient pas.


"Tu n'es plus là où tu étais, mais tu es partout là où je suis."
- Victor Hugo

J'aurais dû prévoir que ça se passera comme ça. Les premiers signes. L'éloignement, le lit vide, les vêtements manquant, les soirées passée de plus en plus seule, les matins à l'attendre assise à la table de la cuisine.

Je la perdais. Petit à petit, elle partait, s'éloignait, se détachait de moi.

Pourtant, elle m'avait prévenu. D'ultimatum en ultimatum elle avait commencé des procédures de tout côté.

Même elle, elle avait fini par partir.

Le problème, c'est que lorsque tu es partie, tu as volé une partie de moi. Mon âme, mon cœur, ma raison. Qu'en sais-je ? Sans toi, mes jours étaient ternes, sans toi mes nuits étaient agitées.

Les souvenirs étaient là, vivides, douloureux, réels. Trop réels. Mais je ne voulais plus rien avoir à faire avec le monde du réel. Non, je voulais rejoindre celui où tu étais. Je ne sais pas vraiment comment il peut être. Dis-moi est-il à ton image ? Plein de couleur et de soleil ? Ou alors est-il pire que celui des vivants ? Est-ce vraiment possible d'avoir un monde pire que celui des vivants ?

Je crois que lorsque je t'ai perdue, je me suis perdue moi-même.

Tu as toujours été mon point d'ancrage. Dans tout. Depuis notre rencontre dans un coin du bac à sable jusqu'à mon choix d'université ou celui de la location de ton appartement. Certes, elle, elle était là aussi. Je veux dire, je l'aimais, je l'aime de tout mon cœur, mais...quand tout mon être vit dans le passé, comment mon cœur peut-il se consacrer au présent ? Alors, voilà.

Elle est partie, elle aussi.

Je l'ai supplié pourtant. Je l'ai supplié, à genoux.

Si tu m'avais vu, Britt, je peux te dire que toute ma superbe du lycée était bien loin. Je lui ai demandé de ne pas partir, de me laisser une dernière chance, une dernière occasion de me rattraper, un dernier entretien d'embauche auxquels me rendre. Et tu sais, au début ça a marché. Elle est restée, m'a cru, m'a enlacé, a embrassé mes cheveux, mes mains, mes joues, mes lèvres. Au début, elle revenait toujours le soir, que le diner soit prêt ou non, que j'ai l'air d'un macchabé ou d'un ange tout juste tombé du ciel. Et puis, elle s'est lassée, je crois. Je crois qu'elle a eu d'autre compagnie, d'autre propositions, d'autre rendez-vous, d'autre diner. Des hommes des femmes, qu'en sais-je. Je ne vais pas lui reprocher, je ne peux lui reprocher. Ce serait trop égoïste de ma part.

Ce n'est pas comme si elle avait abandonnée de suite. Non, voyons. Elle a tenue pendant sept ans tu te rends compte ? Sept ans pendant lesquels elle ne m'a pas lâchée. Jour et nuit elle était là. Au début, quand ça faisait juste...quelque instant que tu étais partie, je passais le plus clair de mes nuits contre elle, dans ses bras, le visage enfouis dans son cou. Ce n'était qu'un autre corps chaud pour remplacer le tien. Cruelle ? Non. Juste détruite. Je n'étais qu'un amas de poussière, par ci par là. Particules balayée par un vent de culpabilité. Celle de t'avoir faire sortir, celle d'avoir insisté pour conduire, celle d'être en vie tout simplement. Tu sais, il parait qu'il y'a plusieurs stades dans un deuil. Déni, colère, dépression, acceptation puis reconstruction ou je ne sais quelle autre conneries de psychologues. Je crois que quand ce chauffard a pris ta vie, il m'a condamné à rester dans un stade situé entre le déni dans les mauvais jours et la dépression dans les bons.

Tu sais, au début, quand tu perds un proche, tu es toujours entouré. Miraculeusement, la famille se reforme, les vieux amis rentrent à la maison, on t'embrasse de tout côté, on te porte, te soutient. Mais une fois toute les procédures du genre enterrement et tout le bordel, crois-moi, tu te retrouves seul.

Les gens sont retournés vivre dans leur bulle de bonheur tandis que moi je suis restée prostrée devant cette dalle de marbre gris portant ton nom en lettre dorée. Ma bulle de bonheur c'était toi. Toi partie, j'étais convaincue qu'être heureuse n'était plus un sentiment que j'avais le droit de ressentir.

Et puis, quelques mois après l'accident, après que tout le monde soit repartit, elle, elle est revenue. Toujours la même. Aussi agaçante, aussi pétillante, aussi attachante. Je soupçonne tes parents de l'avoir appelé aux renforts d'ailleurs. Comme à mon habitude, j'étais allongée sur mon lit, dans le noir complet quand ses bras s'étaient permis d'interrompre ma douleur pour m'attirer contre son corps. Je te l'ai déjà dit. Un corps chaud contre un cœur meurtri. Pour la première fois depuis ton départ, j'ai ressenti. J'ai eu mal. J'ai pleuré. J'ai hurlé ma douleur comme un loup le ferait lors de la pleine lune. Mais Berry n'a pas bronché. Elle est resté, forte, présente, bienveillante.

Je suis passée du choc au déni. Et c'est elle qui est devenue mon nouveau point de repère.

Rachel m'a remué tu sais, elle m'a fait sortir de notre ville d'enfance pourrie, m'a fait emménager avec elle dans une grande ville. New York, Brittany, t'aurais dû voir ça. Les lumières, les sons, l'odeur, les gens. Elle m'a accueillie dans son monde. Elle m'a fait redécouvrir la vie, la musique, la bonne bouffe, les choses telles que danser, rire, sourire.

Et tu sais, pendant quelques instants, quelques années j'ai cru que j'allais pouvoir me reconstruire. J'y ai cru. Toutes ses bonnes attentions, sa bonne humeur, sa joie, son appartement qui était devenue le nôtre, ses amis du coin qui étaient maintenant nos amis. C'était devenu mon nouveau foyer, mon nouveau point d'attache.

Un soir d'hiver où l'on avait trop bu, je l'ai empêché de tomber sur le sol verglacé et elle s'était rattrapée en agrippant mon manteau, nous étions collées l'une à l'autre. Je crois que ça faisait quelques semaines que ça la démangeait. J'ai pu le lire dans ses yeux avant qu'elle ne m'embrasse. Plus tard ce soir-là, alors que certains trainaient dans les bars sans but et que d'autres passaient la soirée en famille, je faisais l'amour pour la première fois depuis longtemps.

Je crois que c'est là où mon cœur a recommencé à battre.

Crois-moi, ça aurait été plus facile d'oublier cette nuit et de mettre tout sur le coup de l'alcool si je ne m'étais pas réveillée avec son corps entrelacé au mien. Ca faisait quoi maintenant ? 3 petites années qu'on vivait ensemble, presque 4 que tu étais partie. Mon cœur battait de nouveau, et j'étais en vie.

On a officialisé notre relation quelques mois après plusieurs rendez-vous et autres soirées passée ensemble. Je voulais faire ça dans les règles, je voulais lui montrer qu'elle comptait vraiment pour moi, que ce n'était pas qu'un rebond ou un gage de remerciement.

Les années ont passées, lentement mais surement, Rachel gagnant de plus en plus de popularité, moi, ayant fini un cursus qui ne plaisait pas plus que ça, je travaillais désormais dans une entreprise quelconque. Nous nous aimions, nous partagions un semblant de bonheur. Ou du moins, j'avais retrouvé cette bulle de bonheur. Certes, certains moments étaient difficiles, je ne vais pas te le cacher. Mais dans le fond, j'allais bien.

J'allais mieux.

Bien sûr, il a fallu que ce soit à l'approche de la date de notre accident que tout recommence. A croire que toute personne destinée à m'aimer étaient condamnées. Je n'avais qu'un retard de cinq minutes pourtant, simple détour par un café et un fleuriste pour lui faire une surprise. Apparemment, ceci avait suffi pour changer la donne. C'est en arrivant vers la maison que j'avais compris. Rue bloquée, barrières de chaque côté, flics, sirènes, lumières bleues. Je crois que je n'ai jamais couru aussi vite de toute ma vie. Un attroupement sur un passage piéton, une silhouette féminine au sol, crois-moi, j'étais capable de reconnaitre ces chaussures de n'importe quelle distance.

Je me souviens avoir tenu sa main froide durant le trajet vers l'hôpital, du contraste de nos deux peaux à la couleur légèrement différente, je me souviens de son visage tuméfié, de l'angle terrifiant de sa jambe droite et de la plaie qui ornait son crâne tandis que les lignes qui représentaient sa vie semblaient s'arrêter. Je me souviens du goût acide de la bile dans ma gorge avant que la tête en avant je me précipite dans un coin du camion pour déverser le contenu de mon estomac.

Ce qui me terrifie, c'est qu'aujourd'hui encore, je ne me souviens toujours pas de ce qui est arrivé ensuite.

Elle était vivante, mais le mal était fait. Revivre l'hôpital et les questions des médecins avaient suffi pour me faire replonger. Et rien ne semblait être capable de me ramener à la surface. Même pas Rachel et son état, Rachel et son amour. Même pas ses demandes constantes de tenir, pour elle, pour nous. Ce que j'avais vu ce soir-là me hantait, se mélangeant à des évènements d'il y'a 6 ans. Le bleu des sirènes se mélangeait avec l'océan de tes yeux alors que la douleur de mon cœur à vif se confondait avec celle que mon corps enfermé dans la voiture accidentée avait pu ressentir. J'étais de retour dans cet état de demi-vie et Rach' était impuissante. Tout bonheur était partit, seule la douleur restait.

On a réussi à passer le cap des 7 ans comme cela, d'un pas mal assuré. Elle allait mieux, je dépérissais. Elle riait, je faisais semblant, pour elle. Et puis je crois qu'elle a fini par se lasser.

Sais-tu comment elle est partie ? Le cœur lourd et une valisette à la main. Le matin même j'avais trouvé une lettre posée en dessous d'une boite en velours bleue nuit. La lettre, pleine de d'amour et d'espoir inachevé. Elle avait gâché son amour pour une moins que rien comme moi. Des mots pleins de sincérité, et même des caractères effacés par ses larmes. L'écrin bleu. Un pincement au cœur. Une bague, une promesse d'espoir, de changement, d'un nouveau passage. C'est le soir en rentrant qu'elle m'avait quitté. D'un baiser salé sur la tempe, elle avait fait claquer ses talons d'un pas hésitant vers la sortie. Je crois que je ne suis pas capable de décrire ce qui m'est passé par la tête à ce moment précis. Mais ce que je sais c'est que j'ai sorti cette boite remplie de souvenir de toi, de nous et j'ai tout brulé. Sauf ce stupide bracelet de maternelle et cette photo lors de notre remise de diplôme.

Que veux-tu que je fasse maintenant, Britt' ? Je n'ai plus d'âme, plus de cœur. Je n'ai que mes yeux pour pleurer et une bâtisse pleine d'habitude à remplir. Se lever, manger, prendre des médicaments, se doucher, manger, boire, manger, dormir, manger, se lever, se doucher, pleurer, manger, pleurer, se lever, se doucher, marcher.

Tu parles d'une vie.

Que dois-je faire maintenant ? Je porte ton amour au poignet tandis que sur la table demeurent deux possibilités de vie. Celle de te suivre, et espérer retrouver ce sourire éclatant que j'ai tant aimé ou alors reprendre contrôle de ce que j'avais, retrouver les clés de ma voiture minable, agripper la feuille de papier et cette boite bleue et poursuivre celle qui semble être mon futur.

Dis-moi, est-ce temps pour moi, après avoir tant régressé, de passer définitivement au dernier stade, celui où je trouve la force d'avancer et de me reconstruire ?