Les gens sont fous

Chapitre I : Un nouveau travail… ou presque

- Urahara, j'écoute.

- J'ai un travail pour vous.

Il reconnu immédiatement cette voix de femme à l'autre bout du fil et soupira en levant les yeux au plafond. En temps normal, un détective privé adore entendre ce genre de phrase, mais à six heures un samedi matin, il lui préférait de loin les chants de Morphée.

- Nemu, il s'est encore « perdu » ?

Ce n'était pas un travail parmi tant d'autre mais toujours le même : retrouver le chercheur Kurotsuchi Mayuri et le ramener chez lui. Un adulte devrait être libre d'aller et venir à sa guise, me direz vous. Mais Mayuri travaillait pour le gouvernement sur des dossiers sensible, et souffrait de quelques troubles du comportement. Sa surveillance était en temps normal assurée par Nemu, un robot créer de toute pièce à ce qu'il paraît. Une fille assez sympas en fait, sauf lorsqu'elle le réveillait à six heures du matin un samedi.

- Je ne peux pas croire qu'il soit parti sans même me prévenir, il a encore tellement de travail !

Kisuke se tenait en caleçon dans l'entrée et ne l'écoutait plus que d'une oreille distraite. Son appartement commençait à être vraiment sale, ça devait faire une semaine qu'on ne voyait plus le sol.

- J'ai peur qu'il lui arrive quelque chose ! Continuait la voix affolé

Comment pouvait-il avoir autant de vaisselle sale dans l'évier alors qu'il ne mangeait que dans des assiettes jetables depuis un mois ?!

- Urahara san ?

- Mais oui…

En fait il avait acheté les assiettes jetables parce qu'il avait la flemme de faire la vaisselle, ça voulait dire que ces assiettes étaient là depuis un mois ? Bieurk.

- Vous allez vous en occuper ? Demanda-t-elle d'une voix douce.

- Va bien falloir, répliqua-t-il dépité.

Il ne pouvait tout de même pas jeter des assiettes qu'il pouvait laver, de toute façon il avait pas les moyens pour ça.

- J'ignore à quel heure il est parti et où il peut être, mais il était là hier soir, j'en suis certaine.

Kisuke avait froid et faim aussi, il se gratta la jambe gauche avec les orteils du pied droit et bailla.

- Oh, c'est vrai qu'il est tôt, je vous ai réveillé.

La voix de Nemu était timide, elle était visiblement gêné de le déranger. Il jeta un regard perplexe au combiné. Tous les mois Mayuri se « perdait » et à chaque fois elle l'appelait pour qu'il le retrouve et le ramène. En soit ce n'était pas désagréable, Nemu payait grassement et ça lui faisait une entrée d'argent régulière. Mais là tout ce qu'il voulait c'était retourner se coucher ! Son ventre gargouilla et lui souffla une nouvelle idée : manger d'abord et dormir après.

- Urahara san…

Il retourna à la contemplation de la pièce tout en se passant une main dans les cheveux, ils étaient gras, à quand remontait sa dernière douche ? Son regard passa sur un truc rouge qui attira son attention.

- Je suis vraiment désolé de vous déranger si tôt, c'est que je suis inquiète, vous comprenez ?

- Oui, oui ! Répliqua-t-il avec empressement.

Il battit des paupières, ses yeux étaient plein de sommeil c'est pas évident pour lire. Bon, alors c'était sur le frigo, vachement sale lui aussi ! Il devait porter au moins une trace de chacun des aliments qu'il avait contenu ces six derniers mois.

- Je vous présente encore toute mes excuses.

- Oui, oui…

Voilà, il y avait un calendrier aimanté et la date du quinze était entouré, avec le mot « LOYER » écrit en majuscule, le tout dans un rouge criard.

- Il finira bien par rentrer de lui-même, c'est un adulte après tout. S'excusa timidement Nemu.

- Oui…

On devait être le dix ou le douze aujourd'hui et si ses souvenirs étaient bons, il lui restait un peu plus de 350 yens [2,50 €] sur son compte.

- Sur ce, je vous souhaite…

- NOOOOON ! Non, non, non, non, non ! Je vais m'en occuper ! Je vais prendre cette affaire !

Nemu avait tressauté à l'autre bout du fil, il fit son maximum pour qu'elle ne panique pas trop et surtout pour qu'elle ne raccroche pas avant de l'avoir engagé. Il lui fallait cet argent !

- Mayuri, il se reprit pour paraître le plus professionnel possible. Je veux dire M. Kurotsuchi, me connais bien, je sais où le trouver, enfin je devine toujours j'veux dire ! Va pas croire que je le cache ou un truc du genre !

Si elle raccrochait il était mort, pas dans un sens métaphorique du terme, mais vraiment très mort. Par nature la proprio n'était pas une tendre, elle ne tolérait pas un jour de retard pour le loyer. L'hiver dernier elle n'avait rien trouvé de mieux que d'épouser Zaraki Kenpachi, le chef du plus puissant clan de yakuza du pays ! S'il ne payait pas son loyer à temps il était sûr de disparaître mystérieusement sans que personne ne parvienne jamais à le retrouver.

- Il a dû aller se promener et il s'est perdu, tu l'imagine tout seule dans la jungle urbaine. Je suis certain qu'il m'attend, tu comprend ?

- Je ne sais pas trop, je vous dérange à chaque fois pour la même chose.

Il lui fallait cet argent ! Il prit une profonde inspiration et parla d'une voix calme, un peu grave, un ton sérieux qui appartenait à son ancienne vie de flic.

- Je vais le retrouver, fais moi confiance, mais ce n'est pas uniquement parce que tu me le demande. Je sais qu'il m'attends et je ne veux pas qu'un autre que moi le retrouve.

Il pouvait l'entendre sourire.

- Bien, je vous engage, ramenez-le moi rapidement !

- Tu peux compter sur moi !

Il raccrocha et expira tout l'air de son corps, bon il avait trouvé une source de revenu pour ce mois-ci. Mais Mayuri était vraiment le pire des emmerdeurs, il ne pouvait pas simplement prendre des vacances et des jours de repos comme tout le monde ?

Le ventre de Kisuke gargouilla à nouveau alors il entama la tourné des placards et du frigidaire. Il ne se souvenait même pas de son dernier repas, détective privé c'est cool pour frimer, ça fait loup solitaire, mais le moins que l'on puisse en dire c'est que ça nourrit pas son homme. Il poussa les vêtements sales par terre pour faire de la place sur la table à manger, il posa son butin et l'examina.

- Du maïs en boîte et des petits pots pour bébé…

Il passa la main sur sa barbe de trois jours, qui avait beaucoup plus que trois jours, c'était un tic qu'il avait lorsqu'il réfléchissait, mais l'avoir aussi longue le déconcentra. Sa barbe était longue, ses cheveux étaient sales, son appartement aussi, et il devait trouver Mayuri pour payer son loyer. Tout un tas de truc trop chiant en fait !

Il s'agitait tout seul lorsque son regard tomba à nouveau sur les petits pots.

- C'est vrai, le bébé…

La dernière fois qu'il avait nettoyé son appartement, il y a six mois environs, une femme était venue lui rendre visite. Elle avait toqué à sa porte et quand il avait ouvert elle lui avait remit un petit paquet.

« - C'est Ururu, ta fille. A ton tour de t'en occuper. »

Il l'avait rencontré dans un bar une dizaine de mois plus tôt après avoir rangé son appartement autant dire que l'heure était grave, il était pour ainsi dire au fond du trou. Il avait vu cette brunette, elle avait l'air plus mal que lui, alors ils avaient bue et finit dans son appartement. Ils avaient passé quelques jours ensemble, et lorsqu'elle lui apprit qu'elle était enceinte il avait accepté d'assumer la paternité. Enfin, il avait été présent pendant la grossesse, à l'accouchement et les quelques semaines qui avaient suivit. Mais ensuite ils avaient naturellement prit leur distance, d'ailleurs c'est bien ce type de père qu'il comptait être : distant.

Il savait pas trop y faire avec les enfants, leur rythme de vie n'étaient même pas compatible. Par exemple les enfants doivent manger tous les jours et même plusieurs fois par jour, lui pouvait facilement se contenter d'un repas toutes les deux ou trois jours.

Kisuke soupira lourdement, il était temps pour lui de se reprendre en main, il fallait qu'il se lave, qu'il se rase, qu'il mette des vêtements propre et qu'il mange. Il prit donc son trousseau de clé et quitta son appartement, il le verrouilla puis entra chez son voisin d'à côté grâce à un autre jeu de clés sur le même trousseau.

Il prit une grande inspiration et soupira de plaisir, ça sentait bon les crêpes. La disposition de leur appartement était exactement la même, pourtant celui-ci semblait plus grand, en même temps y'avait pas tout un tas de trucs qui traînait partout.

Aux fourneaux on trouvait Kurosaki Isshin, son coéquipier de quand il était flic, depuis le temps il n'avait pas vraiment changé, toujours aussi grand, les épaules aussi larges et les cheveux bruns coupé court. Il avait les traits durs, mais ça ne se voyait quasiment pas parce qu'il passait son temps à sourire. On fait difficilement plus viril que ce mec, même s'il fait des crêpes avec un tablier rose bonbon pour ses enfants le samedi matin. C'était le cas typique de gros dur au grand cœur, qui pouvait rassuré une fillette perdu à un moment et déboîter la mâchoire d'un dealer celui d'après. D'un naturel tactile et câlin, il s'était spécialisé en combat rapproché.

Kisuke laissa son regard aller dans la pièce, apparemment il ne l'avait pas entendu entrée. Isshin avait mit un canapé et un tapis de jeu pour ses enfants dans l'espace salon et sur le plus grand mur de la pièce il y avait une immense photos de Masaki, son épouse, décédée il y a deux ans. C'était une femme merveilleuse qu'on ne pouvait qu'aimer, elle était épanouit, elle fut une excellente mère et épouse. Sa mort avait causé de la peine à beaucoup de personne. Et Kisuke ne pouvait s'empêcher d'y penser lorsqu'il voyait son visage souriant.

Heureusement son ventre gargouilla et le ramena bien vite à la réalité, c'était l'heure de manger ! Il s'approcha discrètement d'Isshin et tâcha de lui faire peur en lui touchant brusquement les épaules, mais il n'eut pas l'effet escompté, ce fut même l'exact opposé. Isshin se tourna et lui tapa lui le sommet de la tête avec sa spatule en bois.

- T'es sale ! Je t'ai senti d'ici ! T'étais où ces deux dernières semaines ?

Kisuke recula en baissant timidement la tête.

- Les personnes normales commencent par se dire bonjour.

- Oui, on fait ça entre personnes normales, et on se lave de temps en temps aussi. Alors, où t'étais pendant tout se temps ?

Kisuke se redressa et bomba un peu le torse, puis il se gratta la tête, Isshin reconnu immédiatement ce geste. Il voulait dire « J'sais pas trop ce que j'ai fais comme connerie, mais j'assume ». Il détourna le regard en pensant à combien il leur était facile de se comprendre, sans même avoir à parler.

- Quoi qu'il en soit… J'ai faim vieux et j'suis tellement sale que je me dégoûte moi-même. Ah, et puis il me faudrait des vêtements propre aussi, et comme je vais bosser il me faut de l'argent pour me déplacer alors…

Isshin croisa les bras, inclina la tête sur le côté, les lèvres pincée, Kisuke se tassa un peu et se retint de se gratter à nouveau la tête.

- Et puis… t'aurais pas vu Ururu par hasard ?

Comme il le craignait Isshin l'attrapa par une oreille et le tira à lui.

- Est-ce que « par hasard » j'aurais vu ta fille ?

Il chuchotait pour ne pas réveiller les enfants qui dormaient encore, mais n'en était pas moins effrayant.

- On sait jamais, des fois qu'une petite de dix-huit mois déciderait d'aller faire un tour !

- C'est qu'elle est précoce et vraiment agile, se défendit Kisuke. C'est ici que je l'ai vu pour la dernière fois, tant qu'elle est avec toi j'ai pas à m'inquiéter.

Isshin le secoua un peu et le relâcha.

- Tu te fout de moi ! J'ai un vrai boulot j'te signale ! As-tu la moindre idée des soucis que j'ai eu pour la faire garder ?

Kisuke détourna le regard, il ne se sentait pas le moins concerné du monde.

- T'es un super papa toi, donc ça va. J'étais vraiment à sec et jouer avec un bon à rien comme moi n'est pas très amusant, même pour un bébé. Ici elle a à manger et des camarades de jeu.

Il se mordilla la lèvre inférieure en détournant les yeux, Isshin n'avait jamais rencontré de personne plus timide que Kisuke.

- Écoute, j'ai bien conscience de beaucoup m'appuyer sur toi, mais dans la police quand on est partenaire, c'est pour la vie.

Isshin se sentit rougir malgré lui, Kisuke ne faisait pas seulement allusion à leur carrière, après avoir été diplômé de l'école de police ils s'étaient mit en couple. Ils avaient même partagé un appartement durant quelques années, puis Masaki était apparut dans leur vie.

Isshin prit une grande inspiration et le repoussa.

- Je sais ! On répond présent quand l'autre appelle, et ce moment j'entends distinctement les appels au secours de ton corps rongé par la crasse. Tu ferais mieux de lui venir en aide au lieu de débiter tes bêtises. Et ne fait pas de bruit, les enfants dorment !

Kisuke joignit les mains pour le remercier et fila à la salle de bain, là il retrouva sa brosse à dent, son rasoir et son peignoir. Qu'on soit clair, il ne vivait pas ici, mais passait juste de temps à autre rendre une visite de courtoisie. Il se regarda dans le miroir et ce qu'il vit n'était pas très beau, son regard était terne, ses traits tirés et ses cheveux ressemblaient à un vieux ballai en pailles plein de poussière. Il était pourtant certain de s'être allongé dans son futon la dernière fois qu'il s'était couché.

Il commença par se raser et contrairement à Isshin qui avait toujours un rasage au poil, lui en laissait toujours plein, c'est qu'il avait peur de se couper il n'était pas particulièrement douillet mais ça fait super mal ! Des mains se refermèrent sur sa jambe droite et il baissa simplement les yeux vers Ururu, avec le temps ce contact lui était devenu familier.

Elle frotta son visage contre sa jambe, Kisuke ne savait pas vraiment pourquoi elle faisait ça, c'est pas comme si elle se mouchait. Au début il trouvait ça un peu bizarre, mais maintenant c'était plutôt mignon, elle lui faisait penser à un chat.

Ururu leva sa petite tête ronde vers lui avant de le saluer en fermant les yeux.

- Bonjour, pa-pa.

- Bonjour Ururu, ça va ?

Elle ouvrit ses grand yeux bleu et se gratta la tête. Ses cheveux noirs et fins allaient dans tous les sens, témoignant d'une nuit agitée.

- T'as fait un mauvais un rêve ?

- Hum-um, nia-t-elle doucement.

Kisuke opina et continua à se raser.

- Tu trouve que j'ai une mauvaise odeur ?

Elle le regarda un instant et fronça les sourcils.

- L' odeur de la maison. Papa, je veux brosser les dents.

Elle fit cette demande en se tapotant les incisives du bout du doigts, l'air fière, en même temps à chaque fois qu'ils se voyaient Kisuke la complimentait à leurs sujets. Elle veillait à prendre bien soins pour qu'elles ne tombent pas comme celles des enfants Kurosaki. Ichi nii lui avait raconté qu'une souris lui avait volé les siennes, ça sentait le mensonge à plein nez compte tenu de la dentitions parfaite qu'il arborait. Mais elle se méfiait tout de même des rongeurs, on ne sait jamais.

Son père la mit debout sur un petit escabeau et elle se hissa sur la pointe des pieds pour se voir dans la glace.

- Attend, on va faire en même temps ! Lui proposa Kisuke plein d'entrain.

Ururu opina vivement et attendit qu'il se rince le visage.

- Alors, il est beau papa ?

- Oui ! Mais les cheveux sont bizarre !

Kisuke passa une main pleine de dégoût dedans.

- Ouais, ils sont sales, hein ? C'est moche, hein ?

- 'ti peu, conclu la fillette. Je veux brosser les dents… s'il te plaît papa.

Il lui donna sa brosse à dent et prit la sienne, elle brossait méticuleusement et crachait toutes les deux secondes, lui ne prêtait pas vraiment attention à ce qu'il faisait. Quand il disait à Isshin qu'Ururu était précoce il ne voulait pas le croire, pourtant lorsqu'on arrêtait de lui parler comme à un bébé elle devenait super sérieuse, elle utilisait déjà le « je » par exemple. Selon des revues spécialisé ils sont pas sensé le faire avant l'âge de quatre ou cinq ans !

- Papa… papa… pa~paaaaa.

Kisuke se tourna vers Ururu, son regard était humide et les coins de sa bouche allait vers le bas, c'était pas bon ça ! Elle allait pleurer ! Elle allait vraiment pleurer !

- Qu'est-ce qu'il y a bébé ?

Elle lui présenta sa main recouverte de mousse blanche et pleura, Kisuke se pencha un peu et comprit. Il lui avait craché dessus, à plusieurs reprise. Sa chance dans tout ce malheur était qu'Ururu avait une façon bien à elle de pleurer, elle devenait rouge, les larmes roulaient sur ses joues mais elle ne produisait presque aucun bruit. Il la prit rapidement dans ses bras et elle se calma aussitôt.

- J'ai pas fais exprès, désolé !

Elle essuya la mousse dans les cheveux de son père, sans doute sa manière à elle de lui signifier qu'ils étaient quitte.

- Bon, on va prendre la douche et faire un shampoing ?

Ururu opina, ils se déshabillèrent et se mirent debout dans la baignoire, la fillette avait à cœur d'imiter chacun des gestes de son père, ils se lavèrent donc les cheveux au même rythme. Et il fallait dire que Kisuke trouvait lui aussi ça vachement chouette.

Ils étaient en train de faire trempette lorsque Isshin toqua à la porte puis entra, il était consterné. La salle de bain ressemblait à une patinoire synthétique, à tel point que le tapis de douche gorgé d'eau glissait imperceptiblement sur le sol.

- Je la cherchais partout, Ururu.

Elle leva les yeux vers lui en se mordillant la lèvre inférieure, un geste qu'elle avait hérité de son père. « Je sais que j'ai fais une gaffe, mais soit indulgent, je suis tellement mignon(ne) » Kisuke hésita un instant puis l'imita, peut-être qu'Isshin serait émue de les voir en harmonie.

- Kisuke…

Zut, c'était un échec, il opta donc pour un ton offensif et autoritaire, en bref gonfler les plumes pour avoir l'air plus imposant.

- T'es toujours en train de me reprocher de ne pas m'occuper de ma fille, c'est exactement ce que je fais en ce moment.

- Bien, super papa, je vais récupérer la princesse pour son petit déjeuner et toi tu vas me nettoyer tout ça.

Ururu se redressa et tendit les bras vers Isshin qui l'emmaillota dans une serviette.

- Tonton est fâché ? Demanda la fillette en lui faisant son regard le plus attendrissant.

- Non, j'étais juste inquiet parce que je ne te voyais plus ! Tu t'es bien amusé avec papa ?

Kisuke déglutit difficilement et ferma les yeux, priant tous les dieux pour que la fillette ne dénonce pas leur malheureux incident de brosse à dent !

- Oui, bien amusé ! On a lavé les cheveux comme ça !

Kisuke soupira de soulagement et Isshin prit tranquillement le chemin de la porte qu'il ouvrit, mais il fit une pause dans l'entrebâillement.

- Quand tu auras finit de tout ranger vient manger ! Dit-il tout en souriant. On discutera après.

Il referma la porte et Kisuke s'enfonça dans son bain et fit des bulles, il était foutu, alors même qu'Ururu avait essayer de lui sauver la mise. Qu'est-ce qu'il avait mal fait cette fois ? Bon, il avait craché sur Ururu, mais c'était pas par exprès et il lui avait même apprit à se laver les cheveux toute seule, c'est un point pour lui, ça, non ? Il adorait sa fille et il s'en occupait de son mieux, seulement y'a pas de mode d'emploi pour élever un enfant et visiblement l'amour ne suffit pas.

Il fit la moue. De toute façon, personne ne faisait le poids à côté d'Isshin, il était né avec un gêne en plus le prédisposant à élever les enfants.

Kisuke remonta à la surface et prit une grande inspiration, il avait de quoi relativiser. Il était un honnête détective privé avec ce qu'il faut de problème pour ne pas s'ennuyer et aucune dette, ce qui représente l'équilibre parfait pour un homme sans réel but dans la vie.

Il quitta son bain et passa son peignoir, il n'était pas fan de ménage mais lorsqu'il s'y mettait il le faisait bien. Après avoir épongé la pièce avec le tapis de douche il se lava les mains et rejoint la famille.

- Good morning, every body ! Annonça-t-il joyeusement.

- Bonjour ! Répondirent-ils en cœur.

Les jumelles Karin et Yuzu, ainsi qu'Ichigo leur aîné, n'avaient pas l'air surprit de le voir et Kisuke rejoint sa place entre les deux personnes les plus sympas avec lui : Yuzu et Ururu.

- Papa a dit qu'on irait au parc aujourd'hui, déclara Yuzu le visage tartiné de confiture. Tu vas venir avec nous tonton ?

- Désolé, j'peux pas, j'ai du travail.

- Ururu va venir avec nous ? Reprit la fillette.

Les regards convergèrent imperceptiblement vers lui et Kisuke sentit qu'il n'avait pas trop le choix, ça faisait deux semaines qu'il n'avait pas vu sa fille.

- Excusez-moi ! Je vais vous enlever Ururu aussi !

La fillette se tourna vers lui et sourit de ses quatre incisives. Isshin semblait un peu perturbé.

- Tu vas l'emmené sur une enquête ?

- Oh, c'est pas vraiment une enquête, j'suis détective privé pas flic, c'est moins dangereux. Ce sera comme une journée de découverte professionnelle.

Une ambiance assez pesante tomba sur la tablée, personne ici n'aimait parler du temps où Kisuke était policier, à cause des circonstances qui l'avait mené à cesser de l'être. Et un silence désagréable associé à de douloureux souvenirs se serait sans doute installé si Ururu n'était pas intervenu.

- Ce sera amusant ! S'écria-t-elle d'une voix illuminé par son sourire.

- N'est-ce paaaas ! Ajouta Kisuke en se penchant sur elle. On va chasser le Mayuri tous les deux, si c'est amusant c'est aussi très difficile !

La tension s'était envolé et ils recommencèrent à manger normalement, échangeant des petites discussion sans grand intérêt.

Lorsque arriva le moment pour eux de partir, Isshin prit Kisuke à part quelques instant, pendant que les enfants regardaient la télé.

- T'es complètement inconscient !

Comme Kisuke s'y attendait Isshin n'avait pas oublié et comme à chaque fois qu'il faisait des gaffes il se faisait tirer les oreilles.

- C'est super dangereux de se baigner avec un bébé, la baignoire est glissante et pleine d'eau. La chute et la noyade sont au moins deux raisons pour ne pas le faire !

- C'est un rêve de parent de prendre un bain avec son enfant, personne ne pense à ça !

- Peut-être bien, mais le problème avec toi Kisuke c'est que tu ne pense pas du tout !

Ils étaient dans la chambre d'Isshin, qui ne prendrait jamais le risque d'exposer les enfants à une dispute. L'expression de Kisuke devint plus neutre et il regarda dans le vide, quand il se mettait dans cet état, ça ne servait plus à rien de lui parler.

Isshin s'assit sur le lit et tapota la place à côté de lui, Kisuke prit place le regard toujours dans le vide.

- A quoi tu pense ?

Sa voix était douce et paternelle, s'en était insupportable.

- Je me disais que t'étais un bon père… t'as toujours été un bon père. Le problème c'est peut-être que tu n'es qu'un bon père.

Isshin détestait le voir dans cet état, d'autant qu'il n'avait pas toujours été comme ça. Bien sûr la mort de Masaki avait marqué d'un avant et d'un après la vie de tout ceux qui la connaissait, mais on aurait dit que depuis, l'horloge de Kisuke s'était cassé. Il n'avait jamais réussit à se remettre de sa mort.

- Kisuke…

Il battit des paupières à plusieurs reprises, comme s'il émergeait d'un rêve, et posa la tête sur l'épaule d'Isshin. Là il leva un regard amoureux sur lui, un sourire léger sur les lèvres.

- Tu me passe ta carte bleue ?

Isshin le repoussa et le fusilla du regard.

- Tu te moque de moi ?!

- Non. J'suis à deux doigts du découvert. Pourquoi tu crois que j'ai accepté un boulot ?

- Parce qu'il te faut contribuer au progrès de la communauté, comme n'importe quel individu appartenant à une société organisé.

Les yeux de Kisuke brillait d'admiration, Isshin soupira lourdement.

- Et à quoi tu pense là ?

- Que ça fait longtemps que j'ai pas fait de phrase aussi longue. Tu me passe ta carte ? Ah, et les clé de la voiture aussi.

- De ma voiture ! Et pourquoi je ferais une chose pareil ?

- Parce que j'en ai besoin et pas toi. Vous allez au parc à pied, c'est juste à côté et pas moyens d'utiliser ta carte de crédit là-bas. Je sais que t'as prévu le coup et que t'as du liquide.

- Si t'étais plus prévoyant tu serais pas là à me demander ça.

Kisuke s'allongea sur le lit et prit l'oreiller d'Isshin dans ses bras, il l'utilisa pour dissimuler la partie basse de son visage, il faisait toujours ça quand il était gêné. Un silence agréable s'instaura entre eux, et il en profita pour glisser ses doigts entre ceux d'Isshin.

- Je n'ai pas besoin d'être prévoyant, parce que tu es là.

Sur ces quelques mots il raffermit sa poigne et ils échangèrent un regard complice.

- T'as vraiment aucun orgueil !

- Je suis trop pauvre pour ça.

Il le suivit du regard, alors qu'il récupérait sa carte de crédit dans son portefeuille.

- Tu sais Kisuke, c'est une bonne chose que t'ai voulu assumé l'éducation d'Ururu, mais tu devrais être plus sérieux dans ce cas. J'en ai parler à Sandy…

- C'est qui Sandy ? Demanda le détective aussi sec.

Isshin lui prit doucement l'oreiller des mains et le lui mit sur le visage.

- Tu te fou de moi ? C'est le nom de la mère de ta fille !

Kisuke repoussa mollement le coussin, un sourcils baissé.

- C'était pas Sacha ?

- Tu me désespère. Quoi qu'il en soit elle t'est vraiment reconnaissante. Pour ma part je pense que ta situation actuelle n'est pas assez stable pour élever un enfant.

Kisuke se mit sur le ventre et fit la sourde oreille, alors Isshin lui tapa l'arrière de la tête.

- Ça fait mal !

- Tu vas faire l'autruche encore longtemps ? Tu pourrais pas te trouver un boulot stable, sérieusement ?!

- J'ai qu'à retrouver Mayuri, ça va.

- Bien sûr que non ! T'as idée de la somme que tu m'as emprunter ?

Kisuke se redressa brusquement en le menaçant de l'index.

- Et pourquoi je devrait tenir des comptes ?! Je te rembourserai jamais de toute façon ! Tu le sais très bien, c'est dingue que tu sois aussi pédant malgré tout. C'est vraiment pas beau !

- Je ne te parle pas de remboursement, encore que ce serait le signe que tu te ressaisis, mais tu devrais passer à un autre mode de vie !

Le blond se leva en soupirant, il prit la carte de crédit et posa un baiser sur la joue d'Isshin.

- J'y travail, tu sais ? J'y travaille tout le temps !

Il s'en allait lorsque Isshin le retint.

- Kisuke…

- Hum ?

- Quoi qu'il en soit… c'est bien que tu prenne ce temps pour t'occuper d'Ururu aujourd'hui. Soit prudent.

Kisuke baissa timidement les yeux en rougissant malgré lui, lorsqu'ils étaient encore coéquipier Isshin lui disait toujours ce genre de chose quand il partait en mission. Lorsqu'ils vivaient ensemble il le lui disait à chaque fois qu'il franchissait le pas de la porte. Il lui répondit du bout des lèvres avec une voix emprunte de mélancolie.

- Je le suis toujours.

Après cela il s'installa parmi les enfants devant la télé et attendit la fin de leur épisode pour récupérer Ururu. Avant de sortir il prit les clés de la voiture sur un tableau de liège à l'entrée.

Et une fois devant sa porte il posa Ururu sur le sol.

- Écoute papa. Je vais récupérer quelques affaires et on va jouer à cache-cache, okay ? Si tu rentre je risque de te perdre encore. Et tu te rappel combien tonton Isshin avait crié cette fois là ?

- Hum, il avait même tiré les oreilles de papa.

- Il avait même tiré les oreilles de papa ! Renchérit Kisuke. Alors Ururu attend ici.

Elle opina doucement mais le suivit lorsqu'il ouvrit la porte, alors il la repoussa doucement dehors.

- Non, non. Écoute bien. Papa rentre ici, ensuite on va jouer à cache-cache.

- Cache-cache ? Répéta la fillette, le regard soudain très vif.

- Oui, cache-cache. C'est un peu le travail de papa. Alors tu reste ici et moi je vais là. Ensuite on va jouer. Tu as compris ?

- Oui papa.

Kisuke entra mais revint sur ses pas.

- Et ne suis personne ! Surtout s'il s'appelle Mayuri, d'accord ?

Elle opina en fronçant les sourcils.

- Oui papa !

Elle déglutit, et il lui ébouriffa un peu les cheveux, puis il entra dans l'appartement et referma la porte.

Quand on à deux ans, on à soif d'aventure et toute l'énergie du monde à revendre. Et même si le monde des adultes et encore hors de porter il ne nous est pas inaccessible. Les enfants savent ce que nous avons oublié, l'innocence est l'intelligence primaire.

Et si Ururu ne resta pas gentiment devant la porte comme lui avait dit son père, c'était uniquement parce qu'elle ne comprenait pas ce qu'il avait dit. Les enfants ne savent pas parlé, le langage articulé est vecteur de trop d'embrouille pour trouver grâce à leurs yeux.