Spoilers : saison 3
Notes : Cette fic m'est venue après avoir regardé un épisode de Stargate SG1, la saison 8 plus précisemment, lorsque Daniel se retrouve dans un restaurant avec Oma. J'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur, mais cette fic n'est pas trop dans la lignée de Prison Break puisqu'elle est un peu ... fantastique XD Je voulais simplement refaire vivre Sara, c'est tout :( Bonne lecture et, quelque soit votre avis, donnez-le moi ! )
Une route, quelque part. Très peu fréquentée, bordée par des kilomètres d'herbe jaunie par le soleil. Le ciel est d'un bleu limpide, sans aucuns nuages. Pas un seul oiseau ne se laisse porter par la légère brise qui fait bruire doucement les quelques buissons disséminés ça et là au milieu de cette étendue verte.
Lentement, le jour décline. Le ciel s'embrase, comme si on y avait mis le feu, l'air se rafraîchit à peine, le chant des grillons s'élève, annonçant une nuit douce.
Au beau milieu de la route, Sara Tancredi se demande ce qu'elle fait là. Et où elle se trouve. Et pourquoi elle n'est pas morte.
Instinctivement, la jeune femme quitte l'asphalte et se dirige vers le talus. Même s'il semblerait qu'aucune voiture ne passerait ici avant des siècles, mieux valait être prudent.
Ce sentiment lui parut soudain bizarre. Bon sang, elle devrait être morte, morte. Et pas là, au milieu de nulle part …
Sara regarde autour d'elle, fait quelques pas au bord de la route, veut crier mais renonce. Une sourde panique menace de s'emparer d'elle. Et, comme une vague qu'elle se serait prise en pleine figure, les souvenirs affluent.
Sara se souvient des jours qu'elle a passés, enfermée avec LJ. Dans une pièce sombre, la plupart du temps assise, attachée à une chaise. Elle se souvient aussi de cette femme. Son visage est resté flou, mangé par la pénombre de la pièce. Mais elle se rappelle sa voix, dédaigneuse, triomphante, insupportable. Elle se souvient du jour où cette femme est venue lui prendre la vie.
Sara se souvient très bien des hurlements de LJ, à côté d'elle. De la lame du couteau, contre sa nuque. Par contre, les mots de son bourreau ne lui reviennent pas. Ce qui lui revient, ce sont ces hurlements. Ceux de LJ, et les siens, lorsqu'ellea fait ce pourquoi elle était entrée dans la pièce. Une douleur atroce, abominable. Et puis plus rien.
Ensuite, il y a cette route. Avec un hoquet de terreur, Sara porte les mains à son cou, mais ne trouve rien. Pas la moindre cicatrice, juste sa peau.
Sa respiration est saccadée, rapide. Elle ne comprend pas, elle ne comprend rien. Elle pense à beaucoup de choses en même temps, elle veut appeler à l'aide mais sait que c'est inutile. Elle pense à LJ. Qu'est-il devenu ? Est-ce que cette folle l'a tué lui aussi ? Le visage de Lincoln apparaît dans son esprit. Et, inévitablement, celui de Michael. Pendant un instant, Sara lutte pour retenir les larmes qui menacent de dévaler ses joues. Mais les sentiments qui la submergent sont beaucoup trop puissants : avec un gémissement, elle s'effondre dans l'herbe alors que les dernières images qu'elle possède de Michael jouent au manège infernal dans son esprit. Elle réalise qu'elle ne le reverra jamais, qu'elle n'a même pas pu lui dire au revoir-adieu serait plus approprié, pense-t-elle-et qu'il est enfermé Dieu seul sait où dans ce foutu pays qui ne leur a apporté que des ennuis.
Soudain, Sara porte la main à sa poche et réalise avec soulagement que ce qui s'y trouvait n'y est plus. Elle se revoit, quelques heures avant… avant ça, la donner à LJ et lui faire promettre de la remettre à Michael. Cette rose en papier, elle l'a gardée sur elle depuis le jour où il la lui a donnée, à l'infirmerie. Ce simple morceau de papier plié était devenu une sorte de grigri, et le savoir toujours sur elle la rassurait, d'une certaine façon. Et lorsque Sara avait su qu'elle ne reverrait pas Michael, c'était le seul moyen qu'elle avait trouvé pour lui dire adieu, et lui faire savoir à quel point elle l'aimait.
Toujours prostrée dans l'herbe, la jeune femme tente de reprendre ses esprits. Elle décide de ne pas céder à la panique-pas tout de suite, du moins- et de trouver ce qu'elle fait ici. Et pourquoi elle est encore consciente. Et pourquoi son cœur continue de battre.
L'odeur de la mer, une odeur d'iode, salée, a à présent envahi tout l'habitacle. Michael s'y est habitué, désormais. Il n'y prête même plus attention. Il ne regarde pas non plus par la fenêtre de la voiture, pour admirer le paysage, à droite. Une eau bleue, aussi claire que le ciel, une plage, quelques arbres disséminés ça et là. Rien de tout cela ne le touche. Son regard est rivé sur la route qui s'étire devant lui. Ses pensées filent aussi vite que la voiture, ses sourcils froncés témoignent de sa concentration.
Michael n'a pas encore de plan précis ; mais il sait que tôt ou tard, il trouvera. Il a juste décidé de se laisser porter par les événements, de voir où cela le mènerait. Il n'était sûr que d'une chose : d'une manière ou d'une autre, quoi qu'il se passe, le meurtre de Sara ne restera pas impuni. Il sait que quoi qu'il fasse, la jeune femme ne reviendra pas. Michael veut simplement faire payer à cette femme ce qu'elle a fait. Il ne veut pas qu'elle s'en tire à si bon compte.
Sara ne sait pas depuis combien de temps elle marche au bord de cette route. Plusieurs heures, peut-être. Curieusement, elle ne sent pas la fatigue. Il lui semble qu'elle pourrait marcher des centaines de kilomètres sans rien ressentir.
Ce qu'elle ne s'explique pas non plus, c'est que plus elle avance, et plus elle se sent apaisée. Elle pense toujours à Michael, à LJ, elle se demande toujours où elle se trouve, pourquoi elle respire encore, mais tout est moins violent, dans son esprit. Et peu à peu, alors qu'elle sent la caresse d'une brise légère sur son visage, Sara cesse de se poser des questions. Elle se contente de marcher, jetant de temps en temps des regards en arrière. Sous ses pas, l'herbe bruisse doucement, et peu à peu, le ciel semble s'éteindre, alors que la nuit tombe, prenant la couleur de l'encre. Des étoiles viennent se piquer sur cette toile dans nuages, et Sara ne peut s'empêcher de lever la tête et de laisser son regard se perdre dans la voûte céleste.
Alors qu'elle se savait condamnée, Sara n'avait pas pensé à toutes ces choses qu'elle ne reverrait pas. Le jour se lever, la nuit tomber ; le givre gelant Chicago, en hiver, le soleil brûlant l'herbe des parcs. Le visage de Michael, alors qu'il cherchait une réponse à un problème ; ses sourcils qui se fronçaient lorsqu'il se concentrait. Elle n'avait même pas pu devenir accro à ses baisers. Ils n'en avaient échangés que trois, trois baisers dont elle se souvenait chaque détail.
Les grillons continuent de chanter ; une brise continue de balayer l'étendue d'herbe des deux côtés de la route. Seule la lune, pleine, éclaire les pas de Sara.
Après quelques minutes de marche supplémentaire, une ombre se dresse en face d'elle, de l'autre côté de la route.
Sara ne traverse pas, elle continue de marcher.
Elle s'arrête.
A quelques mètres d'elle se trouve un petit restaurant. Sur la façade, une enseigne lumineuse indique « On the Run ». Seul le mot « run » est éclairé. Un signe ? Sara n'y croit qu'à moitié.
Elle traverse, s'approche de la bâtisse, puis pousse la porte d'entrée.
