Hello à tous ! Voici une petite fic qui se déroule du POV de Gwen Cooper. Gwen, c'est ma favorite. Je voudrais simplement qu'on la considère mieux et qu'on arrête de la critiquer sous prétexte qu'elle n'est pas "parfaite" (si elle avait été un homme, vous auriez moins fait les malins !). Mais personne n'est parfait. Ses petits défauts font d'ailleurs d'elle un personnage hors norme. Oui, je suis pour une relation plus qu'amicale entre elle et Jack parce qu'ils se correspondent autant qu'entre Jack et Ianto.
Les haters to the left !
Bonne lecture aux autres !
7h30 - Appartement de Gwen -
Je me réveille, tout doucement... La lumière du jour filtre à travers les rideaux de notre chambre et moi je me laisse une fois de plus dériver dans le sommeil. Rhys dort comme un bébé.
Qu'est-ce que je fais encore là ?
8h00 -
Je traverse la place Roald Dahl qui mène à la base. Notre base. Au début, je n'avais pas cette sensation, mais là, c'est définitif. Cet endroit est comme une deuxième maison pour moi. J'ai toujours envie d'y retourner, quelque soit le moment, même si je suis heureuse dans les bras de Rhys, peu importe. Il faut que j'y retourne.
Ma raison me guide, ou ne serait-ce pas plutôt mes sentiments ?
8h05 - Base de Torchwood -
Les portes s'ouvrent, je me sens apaisée. C'est comme si un nouveau souffle d'air frais m'envahissait. Je rentre, Toshiko et Owen sont en train de bavarder, un café à la main, devant les ordinateurs. Ils me saluent, je fais de même. Je me sens bien.
Je survole du regard la salle circulaire dont le plafond n'est jamais visible. J'entends des glouglous, des sons aigus, des clapotis, un croassement qui sort de l'ombre...
Une main se pose sur mon épaule.
Une seconde, mon coeur s'emballe, je me retourne.
Un sourire, non, ce sourire m'accueille. Il est tellement sincère, si joyeux. Comment arrive-t-il à l'être avec tous ces sombres secrets qui pèsent sur ses épaules ?
C'est mon héros.
Jack m'effleure du bout de ses lèvres en un baiser matinale. Il se détourne et moi je pose subrepticement ma main sur ma joue.
Oui, je me sens si bien ici...
La porte à barreau s'ouvre et laisse entrer Ianto. Jack ne s'intéresse déjà plus aux bavardages d'Owen et Toshiko...
8h45 - Base de Torchwood, salle de réunion -
Toshiko vient de nous annoncer qu'un événement étrange s'est déroulée dans le centre-ville de Cardiff. Nous voilà donc réunis pour discuter des faits, assis tout autour de la table. Des badauds auraient aperçu une sorte de monstre à tentacules dans des toilettes publiques.
Voilà notre quotidien.
Amusée, je ne peux m'empêcher de sourire, une main devant la bouche pour me cacher. Tout le monde parle avec sérieux, on se cherche du regard, je croise tour à tour celui d'Owen - évidemment plus amusé que moi - celui de Toshiko - qui expose les faits grâce à l'écran géant qui nous fait face - Ianto - qui reste toujours aussi imperturbable, et enfin, Jack...
Il me sourit de nouveau, appuyé sur la table, avec sa chemise bleu foncé et ses bretelles blanches. Il nous dit ce que nous devons faire, tel le chef qu'il est.
C'est notre patron et pourtant j'ai parfois l'impression qu'on est tous plus que de simples employés à ses yeux. En réalité, oui je le crois, nous sommes bien plus.
Nous sommes comme une grande famille, une famille qui sauve le monde des monstres recrachés par les failles spatio-temporelles de Cardiff.
9h25 -
Nous sommes en route vers le centre-ville dans le 4x4 noir qui fait honneur à la renommée de Torchwood : blindé d'appareils électroniques et dont les parois sont aussi épaisses qu'une porte en béton armé. J'aime à penser qu'on est en sécurité là-dedans mais parfois je peux aussi croire que l'effet qu'il donne est un peu trop tapageur. Mais Jack est comme ça : extravagant, que ce soit dans sa manière d'être ou dans sa façon de voir le monde. Et ce n'est certainement pas un défaut que je remets en cause.
Aujourd'hui c'est Ianto qui conduit la voiture. On va dire qu'il est beaucoup plus prudent que Jack, ce qui n'est pas étonnant venant de lui.
10h30 - Centre-ville de Cardiff -
Voilà bien trois-quart d'heure que nous pataugeons gauchement dans l'eau pas très propre des toilettes publiques. Et moi je suis empêtrée jusqu'au cou avec la bête aux tentacules qu'on a retrouvé au fond d'un siège de toilette.
« Gwen, tu t'en sors ? »
« Ca se voit pas que tout va bien ? »
Jack est également aux prises avec une autre immondice que je ne saurais décrire. Une sorte de rat géant - comprenez par là qu'il fait en gros un peu plus de cinquante centimètres - sans poils et tout gélatineux. Bref, une petite bête bien glissante qui ne se laisse pas attraper. Elle couine affreusement et se débat avec hargne dans les bras de notre capitaine. Ianto garde la voiture - bien heureusement pour son complet chic - et Owen et Toshiko sont en train d'installer des pièges pour les autres créatures qui vadrouillent dans le coin.
Je pousse un soupir furieux et projette la créature tentaculaire brutalement contre la glace déjà sale au dessus des lavabos. Elle émet une sorte de gémissement de protestation qui me fait froid dans le dos et je me recule alors pour éviter qu'elle me re-saute dessus.
Quelque chose se plaque contre mon dos. Ce n'est rien d'autre que celui de Jack qui essaye d'empêcher le rat sans poils de lui arracher le visage avec ses griffes.
Son beau visage...
Je me retourne brusquement et lui envoie une décharge électrique à l'aide d'un taser. Le rat sursaute et va finir la tête la première dans un des lavabos, à côté de la pieuvre extraterrestre.
« Qu'est-ce qui t'as pris ? »
Je fixe Jack avec des yeux écarquillés par la surprise. Il se rapproche de moi et nos visages ne sont plus qu'à quelques centimètres, cela juste pour que je constate qu'il n'est pas très content.
« Quoi ? »
« On est entourés d'eau et toi tu t'amuse avec un taser... Cherche l'erreur. »
Je détourne le regard, ayant enfin compris mais ne montrant pas non plus que je regrettais mon geste. J'ai une fierté à toute épreuve.
« Ne t'inquiète pas, je savais ce que je faisais » réponds-je en concentrant de nouveau mon attention sur lui.
Il avait mis ses mains sur ses hanches, dans cette attitude de celui qu'il n'est pas facile à convaincre. Je soupire une nouvelle fois et tente de l'amadouer avec un sourire faussement innocent.
« Désolée. Tu n'as pas confiance en moi ? »
« Là n'est pas le problème Gwen... Il y a une différence entre être inconscient et prouver qu'on est assez intelligent pour ne pas griller les fesses d'un co-équipier. »
Il met son doigt à côté de sa tempe et le tourne pour appuyer ses paroles. Je croise les bras en guise de riposte et le jauge de tout mon courage d'ex-policière.
« Et puis d'abord tes fesses n'auraient jamais à craindre d'être grillées... Tu aurais eu mal pendant quelques minutes et puis, hop, elles seraient redevenues aussi parfaites qu'avant ! »
Jack se recule, un sourire très évocateur étirant ses lèvres fines. Il croise ses bras également et se rapproche un peu plus de moi.
« Dis donc... Tu ne me materais pas en cachette toi, par hasard ? »
« Ce n'est plus un secret maintenant... Oups ! »
Son sourire se fige une fraction de seconde, juste le temps que je le remarque bien. Dans ses yeux brillent une flamme que j'ai peur de toucher.
« Ca y'est, on a fini de poser les pièges ! »
Nous nous détournons l'un de l'autre en même temps. Toshiko finit d'entrer dans la pièce inondée suivie de près par un Owen grognon. Il n'aime pas se salir lui aussi, apparemment.
« Vous en avez déjà capturés ? »
« Oui, il y en a trois qui sont coincés dans les toilettes des hommes. Après je crois que les autres ont réussi à se glisser dans les égouts. »
« Merveilleux ! Qui veut aller faire une petite promenade dans les bas-fonds de Cardiff tout à l'heure ? »
« Jack ! Ne me regarde pas comme ça ! »
« Oh, allez, Owen... Tu ne vas pas faire ta chochotte. Toshiko viendra avec toi et moi et Gwen on continuera dans le sens inverse. C'est qu'on va avoir du chemin à faire, les enfants. »
« Bordel, et pourquoi Ianto n'irait pas plutôt à ma place ? Moi aussi j'ai le droit de me tourner les pouces dans une bagnole avec l'air climatisé ! »
« Si tu veux mais après ce sera à toi de nous faire le café et de ranger nos affaires tout le reste de la journée. »
Je crois qu'Owen a soudain envie de balancer le monstre aux tentacules à la tête de Jack. Mais il se retient, prit par un brusque mutisme agacé. Toshiko tapote son dos avec compassion.
« Arrêtez de vous chamailler comme des gamins et allons plutôt charger les cages dans la voiture. »
« Hey ! ... c'est pas à moi de dire ça ? »
« Trop tard, il fallait que tu retrouve ton sérieux de patron un peu plus tôt » répond Toshiko en lui jetant un regard malicieux.
11h45 - La base (aussi appelé le "hub") -
Petite pause déjeuner avant de repartir nettoyer les rues de Cardiff. Parfois je me sens comme une héroïne qui se doit de garder sa véritable identité secrète et cela me rempli encore plus de fierté. J'ai enfin la sensation d'être utile pour la société. Ne pas pouvoir le dire à Rhys est assez gênant mais au fond ça me convient très bien, étrangement. C'est comme si j'avais deux vies très différentes l'une de l'autre, une pour me sentir normale et une autre pour me sentir exceptionnelle. Parce qu'appartenir au groupe Torchwood est exceptionnel. Je comprends mieux pourquoi maintenant.
Tous les événements étranges et les créatures bizarres que j'ai croisées jusque là, je m'y suis faite. Tous les mensonges que je dois répéter jour après jour à Rhys, je m'y suis faite. Tous les mystères que nous cachent Jack... est-ce que je m'y suis faite ? En partie peut-être.
D'un autre côté, et il le sait, j'aimerais vraiment en savoir plus sur lui. J'en ai tellement envie qu'il me vient à penser à lui dans les moments les plus inattendues. Ma curiosité me pousse à agir ainsi... Ou peut-être est-ce bien plus que de la curiosité. Je veux le connaître, écouter tout ce qu'il a à me dire sur son passé, le plus petit élément, le moins important, peu importe, j'ai envie de tout savoir.
Suis-je bizarre ?
Ce ne serait pas étonnant vu que je côtoie un homme étrange aussi étrange que Jack.
12h20 -
Nous voilà repartis. Ce midi nous avons encore mangé la pizza habituelle mais ce n'est jamais bien grave, parce que c'est un peu comme un rituel.
Toshiko nous a conseillé de prendre des filets, car on ne sait jamais ce qui pourrait traîner dans des égouts, ainsi que des taser et des flingues.
Et maintenant nous nous avançons dans un tunnel sombre et humide armés d'épuisettes... La scène est presque drôle.
Toshiko et Owen sont partis de leur côté et moi et Jack avons choisi d'aller vers le sud. Je ne me suis jamais aventurée si bas sous terre, c'est une première. Et j'espère aussi que c'est la dernière.
À un endroit nous sommes obligés de nous enfoncer jusqu'aux genoux dans l'eau boueuse et puante de l'égout. Je ne réprime pas une grimace de dégoût mais Jack lui semble s'amuser de la situation.
« Bon, ça commence à être fatiguant... On est vraiment sûrs que les autres bêbêtes se sont enfuies dans ce secteur ? »
« On se trouve en dessous des toilettes publiques, donc, oui, c'est bien ici qu'il serait le plus envisageable de chercher... »
Je m'arrête puis le regarde avec un air peu convaincu. Il me répond par un clin d'oeil et continu ensuite d'avancer dans le liquide saumâtre. J'ai presque envie de lui faire remarquer que son beau manteau ne va pas ressortir entier de cette aventure. Je le suis tout de même en silence durant plusieurs mètres.
Au fur et à mesure que nous avançons, il fait de plus en plus sombre. Nous n'avons pas eu la présence d'esprit de rapporter des torches électriques avec nous mais heureusement j'ai toujours un petit stylo-lampe sur moi. Je l'allume rapidement et le mince faisceau de lumière semble se faire happer tout entier par les ténèbres. Je sens Jack se rapprocher de moi et me prendre le bras. Son visage se rapproche également et il me murmure à l'oreille :
« Je crois que nous n'allons pas tarder à avoir de la compagnie... »
Je réprime un sursaut nerveux.
« Tu as vu quelque chose ? »
« Aperçu brièvement serait plus approprié. Mais en gros... oui. Ca bouge dans le noir »
Il avait soufflé ces derniers mots comme si ça n'avait pas d'importance. Et moi mon coeur me vrille la poitrine. Je commence sérieusement à flipper et lui tout ce qu'il trouve à dire c'est que des créatures sûrement mal intentionnées sont en train de ramper autour de nous... Merde, j'ai parfois envie de lui foutre une claque pour être aussi calme dans des situations pareilles.
Sa main resserre subitement son emprise. Il la glisse ensuite dans mon dos et me colle à lui. Je sens sa joue frotter contre mon front. Mon coeur bat un peu plus encore.
« Les voilà... »
Quelque chose passe entre mes jambes. Je sursaute et pousse un cri soudain qui surprend également Jack. Il se détache de moi et dégaine son flingue pour mettre en joue un point invisible. Notre agitation se fait surprendre par le silence. Nous ne bougeons plus et moi je m'empêche même de respirer pour essayer de percevoir des bruits qui seraient suspects dans ce noir environnant. Un frisson glacial me parcoure l'échine quand j'entends enfin une sorte de gargouillis rauque provenir de ma gauche.
Jack tire.
Le bruit strident de la balle qui siffle fait écho dans l'étroit tunnel. Jack tire une nouvelle fois et la lumière des étincelles se pose en des fractions de seconde sur son visage concentré. Je tente de m'avancer vers lui pour le stopper mais je trébuche sur quelque chose dans mon avancée. Jack parvient tout juste à me rattraper avant que je ne tombe dans l'eau entièrement mais la chose sur laquelle j'ai trébuché s'est accrochée à mon pantalon et essaye de me tirer hors de la portée de mon partenaire.
Mes mains s'agrippent désespérément au col du manteau de Jack pourtant, rien n'y fait, je sombre dans l'eau. La créature qui m'a piégée se frotte le long de mes jambes et je comprends vite que ça a la forme d'un serpent. Je sens ses grosses écailles ripper contre mon jean. La peur au ventre et l'adrénaline au plus haut, je me débats violemment pour me sortir de son emprise. Dans un dernier accès de conscience je pose ma main sur mon arme mais elle ne semble plus être à sa place.
Merde, elle n'est vraiment pas dans son étui.
Je commence sérieusement à suffoquer et j'aperçois brièvement deux yeux brillant me fixer. Cette satanée créature rampante ne veut pas me lâcher !
Mes yeux se ferment... Il fait noir, ma gorge est en feu. Je ne sens... plus rien.
