Hellooo ! :D
J'espère que vous allez bien :)
Comme vous devez vous en douter, je n'ai pas pu tenir et j'ai décidé de donner une petite suite à cette première fiction Bienvenue au Sanctuaire (Syndrome Negan, vous comprenez xD). D'ailleurs je remercie encore pour les super review qui m'ont encouragé à imaginer une suite !
On retrouve le personnage de Julia, qui s'est échappé de l'emprise de Negan (ou il l'a laissé volontairement partir hihi ;)
J'espère que ce premier chapitre va vous plaire en tout cas !
N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, j'y vais à tâtons sans trop de matières (par rapport à la série) concernant les chapitres suivants.. Mais bouche cousue, je n'en dis pas plus ;)
Bonne lecture et à bientôt !
Julia marchait d'un pas rapide, tout en slalomant autour des nombreux arbres remplissant la forêt. Désarmée et impuissante, elle ne pouvait s'empêcher de lancer des regards derrière son épaule afin de vérifier la présence de rôdeurs, ou si personne ne la suivait. Les épais branchages se ressemblaient tous, comme deux gouttes d'eau et elle s'arrêta un instant pour examiner les environs : elle avait la désagréable impression de tourner en rond. Et si elle était réellement perdue, elle ne resterait pas longtemps en vie. La nuit tombait, égarée dans les bois sous une menace environnante... Elle secoua la tête en tentant de chasser cette idée défaitiste, mais pourtant, elle demeurait malheureusement vraie. Cependant, elle ne devait pas se laisser envahir par la réalité des choses : la peur passait en second plan, sa survie passant en premier. Julia s'encouragea, elle l'avait déjà fait, elle avait déjà vécu seule. Sauf qu'elle ne l'avait pas encore croisé à ce moment là. Sa rencontre avec l'homme en cuir avait été si étrange qu'elle ne savait quoi en penser. Effroi, complicité, tristesse, joie, désillusion. Mais une chose était sûre, il avait brisé la femme en elle, mais pas la combattante. Bien au contraire. Elle leva le menton, emplie de convictions positives.
En voulant continuer sa route, la jeune femme entendit un grognement lugubre émaner de sa droite, et elle comprit aussitôt qu'un intrus se présentait à elle. Malgré sa confiance, elle demeurait une proie facile, elle restait un être humain et les émotions n'étaient pas faciles à gérer, surtout dans ces conditions. Ainsi, un frisson la parcourut :
Elle ne pouvait pas se défendre, Julia était vulnérable. C'était Tom qui avait l'arme, c'était lui qui gardait le sac. Elle, devait le suivre aveuglément, devait se laisser conduire hors du Sanctuaire. Mais jamais elle n'aurait imaginé une telle situation. Negan l'avait attrapé, puis Negan l'avait relâché. Toutefois, le meneur restait tel quel et il s'était amusé, comme à son habitude, avec sa vie. Parce que c'est ce qu'il faisait, il jouait avec la vie des gens, torturant leur esprit pour les pousser à sa volonté, puis les tuer une fois leur utilité terminée.
Julia fixa la peur au ventre, la créature immonde qui avançait. Ses yeux presque exorbités sous des pommettes creuses et éclatées. Elle avançait, un bras vers l'avant comme si elle avait tenté de saisir une chose invincible, devant elle. Le rôdeur grogna en distinguant la chair fraîche et cette dernière pressa le pas pour se mettre à courir et lui échapper. Elle ne revint pas sur sa décision et évita les branches qui venaient lui lacérer le visage, en les écartant brusquement à l'aide de ses mains.
La course n'avait pas été longue et elle se retourna pour le voir au loin, tourner en rond, en des enjambées lentes et monotones, autour d'un buisson, pour revenir et continuer à nouveau. Encore et encore. Mais elle l'avait semé et il l'avait perdu de vue, là était le principal. Par précaution, elle ramassa un bâton brisé en pointe. Cela lui servirait d'arme si elle venait à rencontrer un cadavre trop obstiné. Julia tâtonna le sommet de sa paume, la peau de ses ennemis était flasque, elle pourrait aisément la planter, même s'il ne s'agissait pas d'un couteau ou autre ustensile tranchant.
Au fil des minutes, toujours aussi longues et pesantes, elle repensait à sa fuite. Que lui serait-il arrivé si elle ne s'était pas enfuie ? A cette pensée, son cœur se serra et elle préféra oublier. Elle préférait l'oublier. Autour d'elle, tout était calme, d'un silence lourd, annonciateur de mauvais présage. Mais étrangement il n'y avait plus de rôdeurs éparpillés autour et elle poursuivait son chemin à l'aveuglette, sans connaître sa direction. Sa réflexion prit une nouvelle fois le dessus et elle en vint à se demander les répercussions de son évasion sur l'adolescent. Le jeune Tom n'avait pas eu la chance de quitter le refuge. Negan l'avait retenu prisonnier. Elle le revit, agenouillé à ses pieds, son visage tétanisé par son bourreau, affichant un sourire glacial au dessus de lui. Elle frissonna. Pauvre de lui, il avait simplement voulu l'aider, mais il avait échoué. Il devait être mort à cette heure-ci. Quant à elle, l'homme en cuir l'avait laissé filer. Peut-être avait-il changé d'avis, ou peut-être jouait-il encore à ce jeu mesquin qu'il appréciait tant. La nuit commençait à tomber, les rares oiseaux cessaient leur chant. Tout sombrait un peu plus dans le calme déjà profondément installé depuis quelques heures.
…
L'obscurité envahissait la forêt, d'épais nuages venaient cacher la faible lueur de la lune et Julia avançait sur la pointe des pieds. Toujours armée de son bâton dont elle redoutait l'efficacité, elle s'engouffrait encore et toujours entre les arbres. Elle se demanda si elle ne tournait pas en rond, mais motivée à se sortir de ce pétrin, elle releva la tête et continua sa marche. Elle croisa une carcasse ressemblant à ce qui devait être un vieil homme. Par réflexe, la jeune femme baissa la tête en louchant sur son t-shirt éventré, laissant apparaître entrailles et cumul de sang séché. Elle en eut la nausée: le triste sort réservé à ceux qui refusaient de lutter. Un craquement de brindille retentit derrière elle, et elle visualisa un rôdeur :
Une femme cette fois-ci, la robe en lambeaux et les cheveux en bataille, elle trépignait en déambulant maladroitement sur une jambe arrachée. Sur le coup, Julia eut envie de rire, la forme désarticulée motivée à la croquer semblait sortir tout droit d'un film d'horreur à petit budget. Mais sa malice s'envola immédiatement quand elle se souvint de celui qui se moquait de la sorte, des cadavres qui marchent. Les cadavres dégueulasses, comme il les appelait. Ainsi, elle la fixa, tendant des doigts fébriles dans sa direction dans l'espoir de l'attraper. Elle la trouvait répugnante. Ses gémissements lugubres n'arrangeaient pas les choses, et elle ne put retenir un ricanement étouffé. Non, elle ne voulait pas lui ressembler, malgré l'empreinte qu'il avait laissé sur elle. Toutefois, il fallait admettre que ce rôdeur là, était vachement drôle tant il était difforme. Sa joue avait été arrachée, laissant une mâchoire apparente ainsi qu'une gencive noire, accompagnée de dents claquantes. Ses cheveux frisés étaient emmêlés, comme si elle revenait d'une soirée un peu trop arrosée, sans se souvenir des événements de la veille. Et cette jambe ! Cette jambe venait s'écraser au sol pour se plier à chaque enjambée. Toutes personnes censées et normales auraient hurlé de douleur en subissant la douleur de l'os, fissuré. Mais pas elle, et elle continuait à avancer avec la réelle intention de la mordre. La scène en était pathétique. C'est ce qu'était devenu le monde désormais :
- Si tu te voyais... lui lança doucement Julia, rictus aux lèvres, avant de s'avancer vers elle pour lui planter le sommet de son arme sommaire, dans le crâne. Le rôdeur se figea sous l'impact puis poussa un grondement sourd. Julia l'observa, ses yeux vitreux s'ouvrirent soudainement un peu plus. Elle aperçue nettement sa pupille blanchâtre et le cadavre s'effondra au sol. Elle venait de mettre un terme à sa souffrance.
Elle la fixa encore quelques secondes, pour se souvenir qu'elle n'avait pas tué depuis son arrivée au Sanctuaire. Du moins, pas tué d'aussi près. Elle avait tiré une fois sur un rôdeur, sauvant son bourreau, par la même occasion. Mais elle avait été parfaitement lucide ce jour là, et elle avait agi consciemment... Negan. Negan. Julia lui avait épargné une douloureuse morsure, accompagnée d'un détrônement ainsi que d'une mort lente. Pour sûr, il n'aurait plus été le chef des Sauveurs. Quoi qu'il aurait été capable de se mutiler pour échapper au sort funeste et préserver son statut de mâle dominant. Et si cela avait été inévitable, une balle entre les deux yeux et ça en aurait été terminé. Sur cette pensée, Julia se demanda ce qu'il ferait de sa chère Lucille, s'il devait s'en séparer pour ne jamais la retrouver. Est-ce qu'il la confierait à quelqu'un de confiance, témoignant de son obsession à l'égard de la batte ? Ou la laisserait-il dans l'entrée, comme à son habitude, les barbelés attendant à terre, pour terminer son existence dans sa chambre, la porte verrouillée ?
La jeune femme hocha la tête en constatant qu'il devenait de plus en plus difficile d'avancer dans le noir grandissant. Une chose était certaine, si Negan devait le faire, ce serait dans ses appartements, probablement au pied de son lit, après avoir bu un verre de whisky. Elle l'imagina un instant, voyant ses traits toujours aussi prétentieux et ce sourire en coin, qui ne cessait de paraître amusé. Il se jouait de la mort et il n'avait pas peur. Il n'aurait jamais peur, c'est ce qu'il lui avait dis un soir. Tout était encore ancré, ses paroles raisonnant dans sa tête, en lui tordant l'estomac. C'était certainement cela qui le rendait si hors norme au point de frôler la folie : la solitude, l'inquiétude, la souffrance, la peur, la mort, il s'en moquait et cela pouvait lui passer devant le bout du nez, il resterait impassible.
La jeune femme arriva au pied d'un grand arbre, dont les branches, relativement proches et épaisses lui permettaient de grimper. Elle n'allait pas passer la nuit au sol, sans arme. Ce serait de la folie, elle finirait par s'endormir pour se réveiller, une morsure au bras, ou pire, ne jamais se réveiller du tout. Ainsi, elle remarqua un creux dans le tronc, et y enfonça stratégiquement son pied pour s'élancer. Elle s'aida de tout son corps pour se soulever puis porta de nouveau ses bras aux branchages, et ainsi, sous l'effort, elle atteignit, non pas le sommet, heureusement, mais la partie la mettant hors de danger. Rien au sol ne pouvait l'atteindre. Julia s'adossa au tronc et y posa sa tête pour soupirer longuement. Une douleur perceptible dans les muscles suite à son escalade, son ventre qui criait famine et sa bouche pâteuse sous la déshydratation naissante. Elle ferma les yeux. La fatigue dû à l'accumulation de stress des événements précédents l'avait épuisé. Si elle n'avait pas quitté le Sanctuaire, elle y serait passé, se rassura t-elle comme elle le pouvait, luttant contre ses paupières qui se fermaient toutes seules. Non, elle ne devait pas dormir. Si elle avait eu une corde, elle se serait attachée au tronc, mais ce n'était pas le cas. Elle tomberait à coup sûr, et la chute ne serait pas des plus réjouissantes.
Après de longues minutes à méditer sur sa condition et son potentiel avenir, si elle réussissait à s'en sortir, elle eut une idée. Immédiatement, Julia loucha sur ses chaussures. Les lacets feraient peut-être l'affaire. Sa sœur lui avait souvent trouvé un côté débrouillard, qu'elle avait accentué en l'incitant à rentrer dans l'armée plus jeune. Mais pour la femme rêveuse qu'elle était, il en était hors de question. Quant au coup des lacets, elle ne se gêna pas pour se complimenter, fière de cette idée qui s'annonçait toutefois périlleuse. Elle pourrait les enlever, les lier entre eux pour créer une rallonge et l'enrouler autour d'une de ses jambes, ce serait déjà une première précaution. Ainsi, elle s'exécuta. Lentement pour ne pas perdre l'équilibre, elle tira sur les cordelettes pour les nouer entre elles. Une fois fait, elle saisit délicatement sa cuisse pour la plaquer contre le bois. Le semblant de corde autour, elle peina à faire un nœud, même le plus minime, sous le manque de matière et la petitesse des lacets. Julia poussa un gémissement impuissant en serrant un maximum, puis termina la boucle après une bonne dizaine de minutes, de combat acharné contre celui qui ne faisait que se défaire. Il ne tiendrait pas longtemps en place. Alors, elle pria pour que le nœud résiste une heure ou deux, le temps de s'assoupir pour reprendre des forces. Elle veillerai ensuite jusqu'au petit matin, pour continuer sa route dans l'espoir de trouver un abri, contenant nourriture, eau et lit. Comme elle en rêvait. La solitude de la nuit, et la peur qu'elle insufflait la prit, et lorsque la vérité lui éclata au visage, elle baissa tristement la tête pour laisser les larmes couler. Alors, elle cessa de lutter. Cela la soulageait, de relâcher cette énorme pression qui la dévorait intérieurement. Se battre pour sa survie était une chose, se battre seule en ayant aucun espoir, en était une autre. Comme il était difficile de tout recommencer à zéro. Retour à la case départ, elle n'avait pas le choix.
