Prologue : Une bleuet au milieu du champs de bataille (Point de vue de Gilgamesh)

Parmi la salissure noirâtre de la guerre et le rouge sang des cadavres mutilés, se détachait une once de bleu du tableau meurtrier. Aussi aberrant qu'une bleuet qui s'épanouissait au milieu d'un champs de bataille, un combattant portait une armure posée sur une robe azur aux dentelles blanches immaculées. Invaincu, il maniait avec une grande agilité une épée céleste. Le bruit des lames qui se croisaient rythmait la danse macabre du chevalier dans cette cacophonie sanglante.

Mon regard se posa sur ce rare joyau. Ses yeux émeraudes avaient cet éclat qui n'était guère entaché par la peur, le doute, et l'horreur, toutes ces émotions humaines que provoquaient la mort. Ils étaient impassibles devant cet acte impie qui était celui de tuer. Magnifique.

Sa singulière épée indiqua l'identité de la personne. Arturia Pendragon, plus connu sous le nom majestueux du Roi Arthur, ou encore la seule personne qui fut digne de posséder Excalibur, eut vécu au Moyen Âge jusqu'à être assassiné par son propre fils. Même après la mort, ce roi chercherait à effacer les pires lamentables regrets que pouvaient avoir le dirigeant d'un pays, ceux de ne pas avoir pu sauver son peuple.

C'était insensé. Comment pouvait-il exister un être aussi misérable et aussi sublime ? Comment pouvait-il être si humain et divin ?

L'absurdité que constituait le fait que ce remarquable être était de sexe féminin me tira un sourire en coin. Les femmes étaient de si belles créatures à posséder, et celle-ci était la plus désirable. Sa beauté, sa grâce, son impassibilité devant la mort, et sa rareté étaient plus que séduisants.

Voilà enfin une femme digne d'être à mes côtés.

Moi, Gilgamesh, Roi des Héros, la ferait mienne.