Le soleil avait beau s'être levé depuis neuf heures, la jeune femme dormait toujours, serré contre un corps brûlant, couverte par une couette épaisse, le tout recréant l'ardeur chaleur de son pays natal. Elle gigota un peu, poussant des grognements, émergeant doucement de son profond sommeil. Elle se rapprocha du corps qui la serrait dans ses bras, les cheveux de cet inconnu, car c'était un homme bien sûr, lui chatouillant le nez. Sensation extrêmement désagréable qui fit ses paupières s'ouvrirent brusquement. Les rayons du soleil rencontrèrent ses iris et elle grimaça sous l'aveuglément, en lâchant un juron, d'une voix bien forte. Elle s'écarta de l'importante masse envahissante près d'elle, s'extirpa de son lit et se dirigea vers sa salle de bain.

Il dormait toujours, se sentant incroyablement bien aux pays des rêves, qui le séparait du monde réel, très chiant selon lui. Il dormait mais pouvait sentir que la demoiselle allongée dans le lit, blottie contre lui se mouvait et ne tarderait pas à se réveiller. Et c'est ce qu'elle fit. Elle pesta contre la violence de la lumière matinale, se dégagea de lui sans douceur et sortit du lit, et elle disparut de sa vue, sûrement partie se réfugier dans la salle de bain.

Quand elle revint, elle était parfaitement réveillée. Vêtue simplement de son peignoir, les cheveux un peu mieux coiffés, elle pénétra dans la chambre et entra dans une colère vive quand elle constata que le corps masculin sommeillait toujours paisiblement. Enervée, car c'était sa chambre et qu'elle désirait la récupérer, elle s'avança vers l'endormi, attrapa la couverture chaude d'une main ferme et la tira violemment, tirer du sommeil son partenaire nocturne :

- Mais ..qu'est-ce qu'tu fous ?

- Mon appart n'est pas un hôtel, alors dégage d'ici !siffla-t-elle, menaçante.

Sans un regard pour l'homme bien éveillé, elle ouvrit les rideaux, les fenêtres de sa chambre et partit très certainement dans la cuisine.

L'ex-endormi bougonna, mais quitta la tiédeur du lit rapidement. Il ne connaissait pas bien cette fille, mais son caractère impulsif qu'il avait repéré la veille, lui faisait clairement comprendre qu'il ne fallait pas se frotter à elle. Il s'agenouilla pour ramasser son caleçon, le revêtit, attrapa sa chemise et son jean qui jonchaient le sol de la belle, les enfila et descendit les escaliers pour se rendre au salon, où elle l'attendait, lui tendant une veste en cuir :

- Je n'ai pas droit à un petit déjeuner ?ironisa-t-il, son estomac criant famine.

- Je t'ai dit que ma maison n'était pas un hôtel. Rentre chez toi !

- Super accueillante ! T'étais plus chaleureuse, hier soir, railla l'homme, tandis qu'elle ouvrait la porte.

- Je t'emmerde.

- Au fait, mon nom est Yahiko, se présenta-t-il, alors qu'elle refermait déjà la porte.

La jeune femme soupira, et se rendit dans sa cuisine où elle se préparait une tasse de thé avec des biscuits au chocolat et repensa à l'homme qu'elle venait de mettre dehors. Mais qu'est-ce qu'elle s'en fichait de son prénom ! D'ailleurs, elle l'avait déjà oublié. Et le pauvre, s'il n'avait pas compris que c'était juste une aventure d'un soir….

Car oui, elle les enchaînait, elle, Temari no Sabaku, les aventures nocturnes. Juste une soirée de plaisir et le lendemain re-boulot. Pourquoi personne ne comprenait son désir de demeurer seule, indépendante et libre ? Toutes ses amies étaient quasiment comme elles lorsqu'elles étaient plus jeunes, mais plus le temps passait, plus elles commençaient à se ranger, sauf elle.

Elle, elle était exceptionnelle. Féministe jusqu'au bout des ongles, sûre à 1000 % d'elle, possédant un caractère bien trempé, elle ne restait pas avec une horrible créature de la malheureuse race déchue, soit un homme dans son langage, plus d'une nuit et d'une matinée. C'était comme cela qu'elle vivait depuis six ans et elle ne changerait pour rien au monde son quotidien.

Qu'on lui parle de mariage …elle en devenait malade et vomissait pour montrer son allergie à ce mot qui était banni de son vocabulaire.

Elle aimait être un nuage, libre de faire ce qu'il lui plaisait …

Et donc aucun homme pour l'emprisonner. La jeune femme rinça sa tasse, pénétra dans son salon où elle alluma son grand écran plasma, s'assit sur son canapé et écouta avec intérêt les actualités.

L'homme grommela quand il sentit deux mains froides se poser sur ses joues. Il ouvrit les yeux non sans traiter de catin la coupable, et aperçut son sourire et son visage ravis :

Espèce d'imbécile heureuse …

- Mon Shika d'amouur est réveillé !minauda la demoiselle, enveloppée dans un drap.

- Je ne suis pas ton Shika d'amour. Dégage, maugréa l'homme, alors que la rouquine se collait à lui.

Sans une once de douceur, il s'arracha à elle, entoura son bassin avec sa couverture et sortit de sa chambre, la jeune femme sur les talons.

- Shika, je t'ai préparé ton café-crème !

- J'ai horreur du café …

- Je te sers un verre de jus d'orange, alors ? Paraît que c'est bon pour être en forme grâce à la vitamine C !récita la belle, en ouvrant le réfrigérateur.

- Mais … c'est que tu as une cervelle pour retenir les informations des pubs débiles !vanna l'homme, un regard rempli de dégoût pour la fille devant lui.

- Oh, Shika …pourquoi es-tu aussi méchant avec moi ?pleurnicha la jeune femme, en se collant encore une fois à lui.

- Parce que tu es une idiote, Tayuya, répliqua le brun, en allant s'enfermer dans sa salle de bain.

Il laissa passer une dizaine de minutes, avant de rouvrir la porte. Sans surprise, il tomba nez à nez avec la rouquine qui le fixait avec des yeux emplis de larmes.

- Tu connais la sortie.

- Shika, tu m'appelleras ?bredouilla Tayuya.

- Sûrement.

- Promis ?

- Si tu te barres d'ici, oui, je le ferai, jura l'homme, fatigué.

Toute heureuse de cette promesse, ladite Tayuya lui sauta au cou, plaqua un baiser sur ses lèvres et s'enfuit de l'appartement, n'ayant sur elle que le drap du jeune homme. Celui-ci le remarqua et soupira, irrité :

- Mon drap ! Galère …quelle crétine !

Il s'enferma à nouveau dans sa salle de bain et prit une bonne douche froide pour le réveiller. Il n'aurait jamais dû s'embarrasser d'une telle sangsue mais c'était le seul moyen qu'il avait trouvé pour satisfaire ses besoins sans s'encombrer d'une femme, créature la plus chiante et invivable au quotidien selon lui. Il apprécia la froideur de l'eau sur son corps chaud et s'imprégna de gel douche, avant de se faire un shampooing. Il voulait ôter au plus vite toutes les marques de passage de cette Tayuya sur lui, son parfum horrible, ses mains grosses et vilaines, sa bouche dégoûtante … franchement, il se demandait bien ce qu'il foutait avec cette fille, mais il se rappela qu'elle n'était qu'une simple lycéenne qui croyait au prince charmant et qu'elle ne lui demandait aucun argent pour une soirée avec elle.

« Normal, songea le jeune homme, vu comment elle est .. »

Non, fallait pas qu'il soit aussi méchant avec elle. Elle avait un beau corps, des mensurations correctes mais sans plus. Elle n'avait aucun charme, était aussi demeurée qu'un poisson et l'emmerdait profondément. Enfin, il ne la verrait que dans huit jours quand il se sentira encore soumis à ses hormones. Il se rinça, ôtant toute trace de mousse et se sécha rapidement. Sa serviette d'un vert sombre maintenue à la taille, il rentra dans sa chambre, ouvrit en grand son armoire et en sortit un jean noir et un polo vert foncé, qu'il enfila avec une lenteur extrême. Il se parfuma légèrement, emporta sa veste et quitta son appartement pour son cabinet de gynécologie.

Oui, la nature faisait des choses étranges. Comment un misogyne pouvait-il être un gynécologue. Et pas n'importe lequel. Shikamaru Nara, du haut de ses vingt-huit ans, était le gynécologue le plus célèbre au monde pour être celui des stars internationales. Toutes passaient à son renommé cabinet où les consultations n'en finissaient plus. Il se glissa dans sa Porsche Carrera GT noire, démarra et fila à grande vitesse à son travail.

Pour savoir ce qui l'avait poussé à devenir gynécologue était très simple : sa mère, qui répondait du nom de Yoshino Nara, était décédée à cause d'un cancer du col de l'utérus, alors qu'il avait vingt ans, en plein dans ses études de médecine. Il s'était senti terriblement impuissant face aux souffrances de sa mère et en avait gardé un souvenir douloureux. Si douloureux qu'il s'était juré d'éviter le plus possibles de femmes atteintes de ce cancer qui lui avait arraché sa mère.

Le voici donc, lui, le macho le plus détestable de la terre, gynécologue. Shikamaru gara sa belle voiture dans son parking où était déjà présente celle de son assistante et patiente, prénommée Tenten Hitora. Cette jeune femme brune, pétillante de vie, était toujours à l'heure, même quand elle avait des soirées. Tiens, en parlant de soirée … Non, il ne s'en rappelait plus. Tant pis. Il passa la porte et une sonnerie stressante retentit, attestant sa présence.

- Bonjour, Docteur !l'accueillit Tenten, radieuse.

Shikamaru mettra sa main au feu qu'elle avait passé une bonne soirée avec Neji, son fiancé depuis trois ans déjà.

- Bonjour, Tenten, salua le brun, en retirant des clés de sa poche pour ouvrir son cabinet. Qu'y a-t-il aujourd'hui ?

- Madame Anna Tsuchiya vient à 13 h 30, Miss Aya Kamiki à 15 h, Crystal Kay Williams à 15h45 et Jolin Tsai à 17h et votre journée est terminée, informa Tenten.

- Ok. Donc Anna vient dans quinze minutes, c'est ça ?

- Exact !

- Parfait. Ca me laisse le temps de me préparer.

Le médecin entra dans son cabinet, installa et prépara toutes ses affaires, consulta le dossier médical de sa patiente et alla la quérir à l'entrée. C'est ce qui faisait la célébrité de Shikamaru, l'accueil agréable qu'il offrait à ses clientes, sa précision, sa discrétion, son professionnalisme, son charisme, les petits plus dont bénéficiaient les patientes. Car, bien qu'il excelle dans le domaine gynécologique, Shikamaru était aussi très bon dans les affaires. Les gérants publicitaires se l'arrachaient pour être connu par les grandes stars que côtoyait le brun. Aussi lui offraient-ils des séjours aux Seychelles, dans des onsens ou hôtels bien huppés, des croisières, etc …pour qu'en échange, le Nara parle à ses patientes de leurs entreprises. Il n'avait qu'à insérer dans la conversation médicale une marque ou autres et il était assuré de gagner au moins soit des voyages, soit des chèques bien remplis.

Le jeune docteur accueillit courtoisement la grande actrice et chanteuse Anna Tsuchiya, et l'entraîna dans son cabinet, seul endroit où ses gardes du corps n'avaient pas le droit de venir. Ils discutèrent comme de bons vieux amis et il se mit aussitôt à l'examen médical, le temps d'Anna étant compté.

Shikamaru s'étira longuement, tandis que sa secrétaire éteignait l'ordinateur, un sublime Mac, dont son patron lui en avait offert un pour son anniversaire. Tenten n'avait plus de paperasse inutile maintenant, tout était dans l'ordinateur. Elle enfila sa légère veste, vérifia si elle avait bien pris ses clés de voiture, son patron occupé à refermer soigneusement son cabinet.

- Au fait, Patron, vous vous rappelez de la fête que j'organise samedi ?

- Euh … pour être franc, ça m'est sorti de la tête.

- J'aime votre honnêteté, Patron, ricana la brune, en le suivant du regard. Mais vous pourrez venir ou pas ?

- Samedi, tu dis ? Euh …non, je n'ai rien à faire, réfléchit le brun, en installant l'arme.

- Ok, vous êtes ajoutés à la liste des invités.

- C'est pourquoi encore cette fête ?

- C'est une soirée entre amis. Neji et moi avons quelque chose à vous annoncer et le meilleur moyen était de réunir tous nos amis, énonça énigmatiquement la brune.

Shikamaru, connaissant le caractère de sa secrétaire, devina qu'elle cachait un secret, une surprise qu'elle allait dévoiler ce samedi. Il se dirigeait vers sa voiture quand elle l'attrapa par sa manche.

- Autre chose ?

- Oui. J'ai une amie qui souhaiterait consulter un gynéco, son ancien était assez pervers.

- Pourquoi ne prend-elle pas une femme ?ironisa Shikamaru.

- Ben, justement, c'était une femme. Maintenant, elle en a peur. Vous pourrez la consulter ?

- Je dois en juger qu'elle n'est pas une star ?devina le brun, toujours perspicace.

- Non, mais elle est très connue quand même, et pourra respecter vos honoraires.

Shikamaru comprit de quels honoraires la brune voulait parler. Il en avait crée deux : un pour les patientes aux revenus modestes, un autre pour les starlettes. Mais que cette amie de Tenten, à qui il offrait carrément la consultation, désire le voir, il n'allait pas lui faire payer comme une célébrité, même si elle en avait les moyens.

- Tenten, si cette fille est ton amie, je refuse qu'elle paye au tarif Excellence, d'accord ?

- Très bien, Patron. Je vous la mets pour quand ?

- Quand elle est disponible, dit machinalement Shikamaru, en s'installant dans sa voiture. Bonne soirée, Tenten et à samedi.

- Samedi, c'est après-demain, rappela la brune.

- Oui, je sais …je ne vais pas oublier, Tenten. J'y serai à ta soirée, juré, promit Shikamaru, tandis que la brune lui faisait un joli sourire, satisfaite.

Il se sourit à lui-même quand il comprit qu'elle désirait juste avoir la certitude qu'il serait présent à sa fête. Il n'allait pas lui faire faux bond, il n'était pas suicidaire à ce point. Il s'engagea dans la rue principale, en prenant soin d'inscrire sur son portable dernier cri, la date de la soirée.