Bonjour à mes fidèles (et anciens, maintenant^^) lecteurs ! Bienvenue aux nouveaux !

Je suis de retour pour vous jouer des mauvais tours. Euh… Non ! Pas du tout. Cette fanfic' restera une parenthèse, (j'en suis convaincue) dans mes « travaux ». Vous verrez au fil des chapitres que cette histoire n'a rien avoir avec ce que j'ai pu écrire auparavant. Vous comprendrez très vite… Que le style est beaucoup plus léger, plus guilleret….

Enfin bref, je vous laisse avec ce chapitre d'introduction. Bonne lecture !


Chapitre 1 : La vie, ce mystère.


Une époque venait de se terminer, une page venait de se tourner… Une nouvelle vie commençait. Tout allait changer : leurs habitudes, leurs amis, leurs amours, leurs repères… Un avenir se profilait devant eux. Leurs destins allaient se jouer après ce rite auquel aucun étudiant ne pouvait se soustraire ou échapper. Si pour certains, il n'était qu'un passage obligatoire et barbant, il revêtait pour d'autres, une réelle signification.

Une cinquantaine de jeunes gens étaient installés sur une scène de fortune construite pour l'occasion mais une jeune fille se distinguait aux yeux de ses parents.

Coiffée d'une toque carrée, Katherine Beckett venait de déclarer son discours, scotchant l'assemblée par son assurance et ses mots. Elle s'était entrainée des mois, cherchant le mot le plus juste, le mot le plus percutant sans jamais s'inspirer de modèles. Elle voulait que son message soit unique, personnel et par l'acclamation qu'elle avait reçu, elle pouvait affirmer que c'était chose faite. Son monologue terminé, elle observait son père et sa mère. Ils reflétaient la fierté et bien plus encore, l'amour, celui-là même qu'elle espérait un jour trouver auprès d'un garçon amusant, romantique et séduisant. Elle souhaitait suivre leurs traces : faire des études, réussir, voyager et fonder une famille. Des rêves assez simples, réalistes et surtout terre à terre.

Elle avait toujours affirmé avec la plus grande fierté qu'elle était cartésienne. Ses parents avaient beau eu, à maintes et maintes reprises tenté de refreiner ce côté rationnel que la jeune femme n'en ressortait à chaque fois que plus déterminée. Mais si elle revendiquait à quiconque voulait l'entendre ce défaut, elle n'en restait pas moins innocente avec sa devise directrice : pourquoi rêver l'impossible, s'il n'était atteignable ?

-Je suis fière de toi, s'émut sa mère en la serrant dans ses bras.

-Moi aussi ma Katie, sourit son père. Ton discours était sublime.

-Merci pa', merci mam'.

-D'ailleurs, nous avons vu avec Lanie, Madison, Kevin, Jenny et Javier pour que vous passiez une semaine au chalet.

-Sans…

-Sans nous.

-Oh c'est formidable, s'enthousiasma-t-elle en les serrant dans ses bras.

-Pas de bêtise ! Se sentit obligé de rajouter Jim.

-Tu me connais, rétorqua leur fille d'un air malicieux.

-Ce n'est peut-être la meilleure des réponses, marmonna le patriarche.

-Arrête de la couver, le rabroua Johanna.

La petite famille se mit à rire devant cette discussion leur ressemblant tellement. Jim surprotégeait sa petite fille alors que Johanna tentait de la laisser voler de ses propres ailes. Si l'un voyait son enfant devenir femme, l'autre feignait la vérité espérant naïvement qu'elle ne grandisse pas. Pour Jim, le temps où Kate tenait dans ses bras, où elle venait dans ses jambes quand elle avait peur ou que tout naturellement, elle voulait un câlin, lui paressait si récent encore.

-Elle restera notre petite fille, murmura sa femme à son oreille.

-Je me doute Jo'.

Elle savait que son mari avait du mal à couper le cordon avec sa Kathie adorée mais bientôt, elle serait la princesse de son propre roi, dans un château plus ou moins lointain.

Les Beckett les avaient déposés puis installés mais bien vite, Jim et Johanna avaient remarqué qu'ils étaient de trop. Ils avaient donc repris le chemin inverse afin de laisser ces jeunes gens décompressaient après cette dernière année de lycée. Et cela ne manqua pas. A peine, le père de Kate avait-il mis le contact de la voiture que leur fille prenait les commandes des opérations.

-Qui dort avec qui ? Lança-t-elle à l'attention des nouveaux occupants du chalet.

-Est-ce une proposition indécente ?

-Très drôle ! Lanie et Javier, vous dormirez ensemble ?

-Pas de problème, s'enthousiasma le latino.

-Doucement bel étalon, le rembarra sa petite amie.

-Jenny, Kévin, vous pouvez dormir tous les deux ?

La question avait été lancée à demi-voix car même ensemble, ils restaient très sages et romantiques. Ils souhaitaient prendre leur temps, se découvrir, ne pas brusquer les choses comme ils aimaient le dire.

-Euh… Hum.

-Jenny, tu peux dormir avec Maddy. Kévin et moi dormirons ensemble, proposa la maitresse des lieux.

-Ok.

Se laissant parfois porter par la spontanéité de la vie, de ses paroles ou par son esprit rationnel, Katherine était une antithèse, un oxymore à elle toute-seule. Figure de style rayonnante, la belle brune restait une jeune fille un brin malicieux, fidèle à ses amis et toujours à l'écoute. Sa relation avec Kévin en était l'exemple même. L'irlandais et elle, étaient inséparables depuis l'école maternelle. Ils ne se quittaient pas d'une semelle : de vrais jumeaux disaient leurs parents ! Elevés dans les mêmes traditions, dans le même respect de l'autre, les deux meilleurs amis avaient reçu la même éducation. Jenny portait donc une confiance aveugle en Kate pour la laissait dormir avec son petit-ami. Il est vrai, au début de leur relation, elle était légèrement méfiante surtout quand on voyait la plastique de la jeune femme et son intellect mais aujourd'hui, elle avait compris qu'ils ne se passeraient rien entre eux. Elle s'était même vue rassurer par une déclaration émouvante de Kévin : « Kate est ma sœur de cœur, une fille qui aura toujours une place importante dans ma vie. »

Mais si la plus belle amitié de Beckett se partageait avec Ryan, elle n'en oubliait pas moins celle qu'elle consumait avec Queller et Parish. Elles étaient au lycée ensemble et n'avaient à première vue rien en commun. Maddie et Lanie étaient des filles populaires. Quant à elle ? On ne pouvait pas dire qu'elle n'était pas populaire, car elle l'était d'une certaine manière… D'une manière toute différente. Les garçons étaient bien sûr nombreux à lui faire la cour mais les filles l'admiraient aussi pour sa beauté et son intelligence. Toutefois, à l'inverse de ses deux copines de lycée, elle n'était pas le bout en train inconditionnel du groupe, car Maddie et Lanie ne seraient pas les dernières pour animer comme il se devait, cette semaine au chalet malgré les avertissements de son père… Elles s'étaient apprivoisées, domptées, bridées et étaient devenues au fil des années des confidentes et des partenaires de soirées. Entre rires et pleures, elles avaient traversé de nombreuses émotions ensemble et elles en traverseraient encore beaucoup…

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Même évènement, même période mais vie bien différente...

Le jour tant attendu de la remise des diplômes n'avait rien avoir avec ce qui se passait dans les films. Tout le monde était serré dans un gymnase où transpiration et odeur de plastique se mêlaient. Les professeurs faisaient l'éloge de leurs étudiants, ceux-là même qu'ils critiquaient un mois avant. Le principal se félicitait de la promotion sortante, flattant son propre égo devant des parents émus et fières de leurs progénitures. Pour finir, il y avait les étudiants, acteurs centraux de cette pièce mal assortie. Les sourires, les envolées lyriques, les grandes déclarations, les discours volés aux plus grands et les remerciements faux-culs étaient de sortie ou plutôt de circonstance.

-Richard Rodgers, toutes mes félicitations, déclara le directeur en lui remettant le soi-disant Saint Graal. Un discours ?

-Non, une interrogation. Pourquoi parler quand personne ne se rappellera ?

-Très bien, Monsieur Rodgers. Je vois que vous n'avez pas perdu votre sens de la répartie.

Le jeune homme lui lança un sourire entendu et reprit place parmi ses camarades. Il avait jeté un froid dans l'assemblée mais là, n'était pas son but. Il souhaitait simplement faire réfléchir sur le sens des mots, le poids de leurs significations. Il leur portait une telle importance qu'il ne comprenait pas que l'on puisse les enfermer par ordre alphabétique dans un gros livre, que l'on puisse les cantonner par définition alors que le sens est infini au nombre de personnes les usant.

Il était pour la liberté des mots quand les autres défendaient la liberté de l'Homme.

De toute manière, pour lui, la liberté résidait dans l'expression, dans la chance de pouvoir écrire. Et cela, une seule personne pouvait l'entendre : sa mère, Martha Rodgers. Installée au sixième rang, elle n'avait pas été surprise par l'aplomb de son fils. Cette femme de classe, un brin déluré connaissait la passion de son garçon pour l'écriture. La seule chose qu'elle ne connaissait pas, c'était ses écrits qui demeuraient abstrus. Jamais au grand jamais, elle n'avait eu le privilège de lire son fils. Etait-ce un jardin secret où il s'inventait une vie ? Etait-ce un monde parallèle ? Etait-ce un lieu où il extériorisait sa peine et sa colère ? Elle ne savait pas… Mais espérer secrètement le savoir un jour.

Comme le voulait cette stupide tradition, Rick avait lancé sa toque en l'air elle était retombée sur la tête de quelqu'un d'autre, bien sûr. Dans les films aussi, les diplômés rayonnent dans leurs toges. Manque de chance pour Richard, une chaleur accablante noircissait le tableau. Ses mains étaient moites, ses joues rosies et son visage perlait de gouttes de sueur. Le summum : il s'ennuyait.

Sa mère l'avait reconduit au loft, tentant de faire la discussion mais musique sur les oreilles, elle avait bien compris qu'il ne voulait parler. Rick s'était refermé sur lui-même ou plutôt sur les diverses notes qu'elle entendait malgré le casque. Si l'écriture était un exutoire pour son fils, la musique en était un aussi un moyen de s'évader au fil des sons sur une mélodie bien plus joyeuse que sa vie.

Ça, c'était ce que sa mère pensait, croyait…espérait. La vérité, c'est qu'aujourd'hui, son père lui manquait terriblement.

Say something, I'm giving up on you.

I'm sorry that I couldn't get to you.

Anywhere, I would've followed you.

Say something, I'm giving up on you.

Après avoir retiré avec bonheur sa robe noire, effet sauna, il s'enferma dans sa chambre sous les cris de sa mère.

-Richard ! Richard !

-Quoi ?

-Pourquoi ne veux-tu pas fêter ton diplôme avec ta classe, tes amis ?

-Pas envie.

Réplique parfaite pour ne pas avouer à sa mère qu'il n'avait pas d'amis. Des connaissances, rien de plus. Et puis… A quoi servent les amis ? A ne pas se sentir seul ? A sortir en groupe au lieu de trainer comme une âme solitaire dans les New-Yorkaises ? Foutaise !

Après les études, vous les perdez de vue. Quelques hamburgers, quelques cafés, quelques coups de fil, quelques SMS… Plus rien. Le jeune homme trouvait d'ailleurs assez risible cette forme de loi illogique démontrant que plus le temps défilait moins les anciens lycéens restaient en contact. A part bien sûr, les hypocrites voulant prouver ou se prouver à quel point ils réussissent.

-Tu sais, nous pourrions faire une petit réception au loft, tenta Martha.

-Combien de fois, faudra-t-il te dire que je ne veux voir personne !

-D'accord, d'accord. Dans ce cas, voudrais-tu au moins m'accompagner au Hampton pour les vacances ?

-Dans la maison de papa ? S'étonna son fils.

-Oui.

Par cette proposition, Rick avait conscience des efforts réalisés par sa mère. Depuis le décès brutal de son père alors qu'il n'avait qu'un an, Martha n'aimait pas aller à la maison familiale : tout lui rappelait son défunt mari, parti bien trop tôt.

-Ok pour les vacances.

-A la bonheur ! Prépare tes valises, nous partons demain matin.

La rousse était contente mais elle savait dans son for intérieur que ces deux mois seraient le reflet de la vie new-yorkaise. Richard se lèverait et se coucherait tard, répondrait vaguement à ses questions et écrirait des heures durant sans jamais détacher ses beaux yeux bleus de son écran ou de son calepin. L'écriture était devenue bien plus qu'un simple passe-temps, c'était devenu une dilection.

Elle n'était pas aveugle et déplorait cette solitude. Elle avait conscience qu'il gâchait sa jeunesse mais que faire ? Elle aurait apprécié qu'il sorte, qu'il voit des amis, qu'il se trouve une gentille demoiselle… Qu'il vive comme un garçon de son âge. Certes, la disparition de son père l'avait affecté et le manque se faisait sentir mais elle agissait toujours pour son bien-être.

Les deux heures de route les séparant des Hamptons s'étaient déroulées dans le confort de la Mercedes mais dans le silence de Rick. Si Martha s'était concentrée sur la route, son fil, lui, s'était pris d'admiration pour le paysage.

Sous ses yeux bleus, défilés à vive allure les photos d'un New-York à deux visages. Le béton, les immeubles, les embouteillages, les gratte-ciels laissaient peu à peu place à des étendues sauvages où les herbes ployaient au vent et où les arbres se jouaient des mouettes et autres goélands. Cette nature prenait naissance image après image devant lui pour finir inéluctablement sur l'océan. L'atlantique apparaissait comme un oasis dans le désert, comme la fin de la terre se jetant à corps perdu dans l'infinité du monde mais avec toujours, ce quelque chose de familier.

Deux semaines plus tard…

-Richard, tu ne veux pas sortir un peu ?

-Non, pas le temps.

-Je te rappelle que tu es en vacances.

-Je te l'accorde.

-Tu pourrais te baigner ? Il fait chaud et l'océan est sublime.

-Ennuyeux.

-Te promener, alors ? Qui sait, tu trouverais peut-être de l'inspiration, essaya sa mère dans une vaine tentative de le sortir de sa chambre.

-J'ai compris ton petit manège maman.

-Et bien, laisse-toi porter dans ce cas.

Elle referma la porte et regagna la terrasse pour savourer les joies de l'été : la chaleur, le soleil, le calme seulement perturbé par les oiseaux et l'embrun de l'océan. Elle se perdait à nouveau dans les souvenirs quand elle entendit deux portes claquaient. Le temps de se retourner et elle vit Rick prendre la poudre d'escampette avec un calepin à la main. Finalement, elle avait réussi à le faire sortir de sa tanière.

Vêtu d'un vieux short, d'une marinière et le pas déterminé, Richard paraissait savoir où il allait.

C'était le cas.

Environ cinq minutes plus tard, il avait rejoint une petite crique. Légèrement reculée et aussi calme que le silence, elle disposait d'une vue imprenable sur l'immensité de l'océan. Il s'était perdu ici durant ses jeunes années où le vélo était l'une de ses préoccupations. Assis devant l'étendue marine, il respirait à plein poumons ce mélange d'iode et de fleurs il savourait les grains de sable lui chatouillant les orteils et par-dessus tout, il s'aveuglait des vagues s'écrasant contre les rochers. Seul face au monde, seul face à l'infini, il se sentait si fragile et puissant à la fois, si petit et grand… Si seul et accompagné.

Sa mère avait raison, les idées viendraient peut-être plus facilement si elles étaient stimulées par le monde extérieur. Les plus grands faisaient souvent cela. Si Wagner composait ses œuvres suite à des rêves, Camus s'inspirait de sa propre vie, Rimbaud de ses voyages et Renoir des paysages l'entourant. Alors pourquoi, Richard Rodgers ne se laisserait pas aller aux mêmes manies ?

Le jeune diplômé profitait donc de ses vacances pour laisser cour à son imagination, sa frustration et sa douleur. Assis dans le sable, sur un rocher ou sur un tronc d'arbre, il écrivait, sans cesse et sans arrêt. Ne se souciant pas une seconde de l'année suivante qui s'avérerait pourtant difficile au regard de la manière dont il avait obtenu son année.

-Tu as encore attrapé un coup de soleil, tu vas finir par faire une insolation !

Martha avait conseillé à son fils de sortir… Et pour une fois, il l'avait écouté à la lettre. Le pied à peine posé au sol, il déguerpissait pour rejoindre, elle ne savait quelle contrée, revenant seulement pour manger. Qu'il pleuve, qu'il vente, il sortait. Elle s'était même surprise à penser que Rick tombait en pamoison devant les orages. A chaque éclair, à chaque déflagration de foudre, il semblait lui aussi traversé par un élan littéraire. Il redevenait ce petit enfant joyeux et excité par les tumultes du temps. Elle se rappelait encore, quand son petit bonhomme jouait à sauter dans les flaques, se moquant d'être trempé jusqu'aux os et encore plus, d'être malade. Il était loin ce temps où Rick ne se souciait guère de rien, où son insouciance lui valait le sourire de sa mère.


Terminé pour aujourd'hui ! Alors je sais, j'avais dit que j'attendrai avant de poster une nouvelle fanfic' mais j'avais besoin d'avis pour me donner cette force de poursuivre... Alors qu'est-ce que vous pensez de cette intro ? Et surtout qu'est-ce que vous imaginez pour la suite ? Je suis toujours curieuse de savoir où part votre imagination.

Excusez-moi par avance pour la qualité de cette histoire… Je n'arrive pas à la trouver satisfaisante à mes yeux.

NB : Indication temporelle- Beckett et Rodgers sont étudiants en ce moment-même (2015) PAS de retour dans les années 80 !

A bientôt !