Réflexe conditionné
La "crise" était passée. Déjà les cheveux de Paradox commençaient à retrouver leur indigo initial, à mesure que les traits de son visage s'adoucissaient. Constatant l'étendue des dégâts, elle dit à Mycènes:
- Je suis navrée. Elle a encore repris les commandes au pire moment.
Le Lion,torse nu, observa seulement ses mains maculées. Il avait beau être un guerrier endurci, il était quand même chamboulé par ce qui venait de se passer. Tentant encore de s'excuser, Paradox reprit:
- Sans doute que, en se découvrant pétrissant cette chose flasque et informe, elle aura réagi à l'instinct.
Cette sentence blessa la fierté de Mycènes. Flasque et informe! Alors que quelques mouvements de mains supplémentaires auraient suffit à rendre la "chose" bien plus solide et pour tout dire majestueuse. Ni tenant plus, il contre-attaqua:
- C'était pourtant ton idée! Dois-je te rappeler combien tu insistais? "C'est une entrée en matière des plus sensuelles"... Ce sont tes propres mots!
- Oui. Mais mes envies et mes goûts ne sont pas forcément en adéquation avec les siens.
- Et il a fallu qu'elle l'expédie dans une autre dimension! Regarde ça, de quoi ai-je l'air maintenant?
- Pas de problème. Je le ramène tout de suite.
Ouvrant les portes dimensionnelles, Paradox rappela à elle le tour de potier, qui avait bien mal vécu ce transfert contre-nature. Essuyant l'argile qui salissait son pantalon et ses pectoraux, Mycènes grommela que, dut-ce Patrick Swayze se retourner dans sa tombe, plus jamais il ne rejouerait la soi-disant mythique scène de Ghost avec quiconque.
