Disclaimers: Les personnages et le monde d'Harry Potter appartiennent à J.K. Rowling, histoire à but non lucratif.
Avertissements: slash HP/DM, Rating "M" à partir du chapitre 6, vous serez prévenus en début de chapitre pour des avertissements plus spécifiques. Si l'un des thèmes abordés vous incommode, vous pouvez encore vous abstenir de lire cette fiction :D
Note de l'auteur: Voilà, j'ai franchie le pas, je publie ma première fiction sur internet ! Je vous cache pas que je suis un peu nerveuse ahah. J'accepte les commentaires et critiques avec plaisirs, tout est bon pour s'améliorer. Cette histoire est en cours et plutôt bien avancée, je devrais poster un chapitre par semaine. Bonne lecture !
6ème année à Poudlard en univers alternatif. Le retour de Voldemort n'est pas abordé ici.
Hatred
Je poussai un soupir avant de relever la tête pour détendre ma nuque raidie par l'immobilité. Le travail de bureau n'était décidément pas fait pour moi. Je fis craquer mes doigts tout en recensant toutes les choses que j'avais réussi à terminer aujourd'hui. En comptant mon devoir d'enchantement et celui de potion, j'en arrivais à une quantité honorable pour un dimanche matin. Je rassemblai tranquillement parchemins, plumes et livres, jetant par la même occasion un regard autour de moi. La bibliothèque était étrangement déserte ce matin là, plus que d'habitude. Ce n'était pas pour me déranger. Je préférais de loin la solitude à la perspective de devoir partager mon espace vital avec une mauvaise compagnie. Au moins de cette façon, personne ne venait distraire ma pensée avec des conversations futiles et dénuées d'intérêt. Ecouter les insignifiants bavardages de mes camarades m'ennuyait au plus haut point. Y participer était comme une brûlure sur ma langue, de l'acide coulant le long de ma gorge pour ronger mes organes. J'exagérais à peine.
Cela faisait un bon moment que je n'attendais plus rien des autres, et encore davantage de temps que je ne cherchais même plus à les comprendre. A la limite, je me servais d'eux de temps à autres, leur faisant accomplir les tâches ingrates que je me refusais à effectuer, mais nos interactions s'arrêtaient la. Même si je m'entourais la plupart du temps d'un groupe qu'une personne extérieure aurait pu qualifier "d'amis", les sentiments qu'ils éprouvaient à mon égard n'était nullement réciproques. Tout n'était que paraitre. Mieux valait former un noyau solide de connaissances, en cas de problème elles s'avéraient bien souvent utiles. Cependant, dès que j'en avais l'occasion, je n'hésitais pas à m'éclipser afin de retrouver le bonheur de la solitude et la paix intérieure. Qu'on me traite de misanthrope ne me faisait ni chaud, ni froid.
Je pris soin de remettre chacun des livres que j'avais utilisé à leur place respective. Je n'allais pas risquer de m'attirer les foudres de la bibliothécaire. Et puis, ranger me permettait de me vider l'esprit. Alors que d'autres préféraient agiter leur baguette et se hâter vers la sortie, j'aimais prendre mon temps. Sentir l'odeur de vieux livres poussiéreux collés les uns aux autres le long d'étagères interminables avait quelque chose de rassurant. Entendre chacun de mes pas résonner contre la pierre froide me semblait bien plus agréable que la caresse d'une femme contre moi. Etrange ? Pas pour moi. Pansy m'avait d'ailleurs plusieurs fois répété - et me répèterait sans doute encore dans le futur – que mon absence d'intérêt pour la gente féminine n'était pas normale. Que le fait qu'à l'âge de dix-sept ans, je ne sois toujours pas sorti avec une fille était bizarre, et pas dans le bon sens du terme, et que je n'ai même pas envie d'avoir de rapports avec elles relevait de l'abracadabrant – pour reprendre ses propres mots -. Elle affirmait que ma singularité allait finir par nuire à ma réputation, et qu'il arrivait déjà que l'on murmure derrière mon dos des remarques moqueuses. On commençait à douter de ma virilité selon la jeune fille. La bonne blague. Ils pouvaient bien douter tant qu'ils le voulaient, cela ne changerait rien au fait que les femmes n'étaient pour moi qu'une source d'ennui supplémentaire. Que j'autorise Pansy à se tenir à moins de cinq mètres de moi était déjà un exploit, je n'allais pas en plus me forcer à approcher d'autres filles pour son plaisir personnel.
Je haussai les épaules avec contrariété. Toute cette réflexion me donnait mal au crâne. Le dimanche devait être un jour de repos - le seul de la semaine - ce n'était pas le moment de penser à des choses déplaisantes. Je récupérai les affaires que j'avais laissées sur l'une des longues tables de bois de l'immense bibliothèque et en sorti à grands pas. L'heure du déjeuner était déjà bien avancée. Il fallait que je me dépêche si je ne voulais pas louper un repas.
OoOoOoO
Je tournai sans appétit ma fourchette dans mon assiette. Rien ne me faisait envie aujourd'hui. Tout ce que je voulais, c'était retrouver ma solitude. Toute cette agitation me donnait la nausée. Je commençais sérieusement à envisager l'idée de me faire faire apporter mes repas, voir de me passer de nourriture. Sans doute existait-il un sortilège capable de maintenir un Homme en vie sans qu'il n'ait plus besoin de se sustenter. A coté de moi, Pansy me lança un regard désapprobateur :
« - Mange Draco. T'es tout maigre, personne va plus vouloir de toi si tu continues comme ça. »
Pourquoi fallait-il qu'elle ramène toujours les choses désagréables sur le tapis ? Pansy avait l'art de sentir quand frapper où ça faisait mal, impitoyablement. Je restai le nez dans mon assiette, sans daigner lui répondre, et me concentrai sur les restes de mon repas. Elle n'avait pas tort. La maigreur ne me mettait pas à mon avantage, rendant mes traits fins encore plus androgynes qu'ils ne l'étaient déjà. Je haussai les épaules. Je n'en étais pas moins désirable au vu des regards concupiscents posés sur mon corps que je surprenais parfois. Qu'ils viennent de temps à autre de mecs n'était qu'à moitié étonnant, et je m'y faisais. Qu'est ce que je pouvais bien faire d'autre de toute manière ?
OoOoOoO
Je heurtai violemment une personne au détour d'un couloir. Le choc me laissa désorienté durant quelques instants avant que je ne relève la tête pour voir le visage de mon agresseur. Plutôt grand. Portant une robe à la couleur rouge vif caractéristique de la maison Griffondor. Je ravalai ma salive avec dégoût Rentrer dans un Serpentard n'aurait valu qu'une moue méprisante. Percuter un Griffondor était une toute autre affaire, même si j'étais la cause de cette rencontre intempestive. Je pris soudain conscience des yeux aux iris d'un vert profond braqués sur moi, et mon cœur manqua de s'arrêter alors que je prenais enfin la mesure de ma malchance. Harry Potter se tenait devant moi et me clouait sur place d'un regard venimeux. Ça en aurait presque été effrayant. Quelle journée de merde. Je soutins son regard, l'argent de mes prunelles se durcissant d'un coup.
« - Tu peux pas regarder ou tu marches Potter ? », lâchai-je dans un sifflement écœuré. Je n'avais rien trouvé de plus convaincant à dire, pris de court par la présence inattendue du brun dans cette partie du château. J'occultai de mon esprit la petite voix qui me disait de ne pas trop chercher Harry. Il avait apparemment l'air d'aussi mauvaise humeur que moi, et je n'étais pas préparé à me battre contre lui au milieu du couloir.
« - Je pourrais te retourner la question Malfoy. Perdu dans ses pensées ?, répondit-il d'une voix acerbe, empreinte d'animosité. Et après on osait dire que j'étais le méchant dans l'histoire.
- Ferme-la.
- Houla, j'ai peur. Le grand Malfoy serait-il en manque d'inspiration ou a t-il juste oublié son arrogance habituelle ? »
Mes joues rougirent sous l'insulte. Sans réfléchir, je sortis ma baguette de ma poche et la pointait dans sa direction. La haine clairement visible sur le visage de l'autre me fit crisper davantage ma main sur le morceau de bois poli. Alors qu'Harry dégainait la sienne, me mettant au défi de l'attaquer, un bruit de pas dans son dos nous immobilisa.
« - Garde tes forces pour plus tard, t'en auras besoin. », Glissa le brun dans un souffle avant de ranger précipitamment sa baguette et de continuer son chemin, non sans me bousculer de nouveau d'un violent coup d'épaule. Je laissai échapper un grognement, le souffle court. Pourquoi diable avait-il fallu, sur tout Poudlard, que je tombe sur la personne avec qui je m'entendais le moins ? Et qu'est ce qu'il pouvait bien faire à cet endroit précis, si loin de la tour de Griffondor ? Seul qui plus est. Soit il préparait quelque chose de louche, soit il m'avait attendu. Il n'y avait pas d'autre explication possible. Je frissonnai. Les parcelles de ma peau qui avaient été en contact avec le brun irradiaient. L'humiliation. J'allai m'appliquer à lui faire regretter ses paroles. Ces paroles qui d'ailleurs semblaient dénuées de sens. Que pouvais bien signifier cette menace ? Je courbai inconsciemment les épaules, parcouru d'un mauvais pressentiment.
Rogue apparu à l'angle du corridor tandis qu'Harry disparaissait un peu plus loin. Toujours la au bon moment. Ou au plus mauvais, tout dépendait du point de vue. Je lissai ma robe froissée, conscient du regard suspicieux qui me détaillait. Rogue passa à mon côté, le courant d'air provoqué par le mouvement des multiples épaisseurs de tissu de sa robe réduisant étrangement la chaleur de mes joues.
« - Je vous conseille de faire attention à vous monsieur Malfoy. Je ne voudrais pas avoir à nettoyer derrière votre passage. »
Je hochai la tête tandis qu'il continuait son chemin. Ses talons claquaient sur le sol de manière menaçante et le sifflement de sa voix résonnait encore à mes oreilles. Faire attention ? A quoi donc ? Potter ? Je roulai des épaules en me remettant en marche. J'étais tout à fait capable de m'occuper de ce connard tout seul. Pas la peine qu'il se soucie du ménage, je ne laisserai aucune trace. Je me hâtai vers la salle commune de Serpentard, pressé de retrouver la protection rassurante de ses murs.
