Huit clos sanglant

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Un jour, un loup s'infiltra dans un groupe de lapins qui étaient bons amis. Il ne montrait son vrai visage que quand tout le monde dormait … Et chaque nuit il dévorait un lapin.

Les lapins qui ignoraient lequel d'entre eux était le loup, tinrent conseil, et décidèrent d'exécuter les uns après les autres tous ceux qu'ils suspectaient d'être la bête sauvage.

S'ils tombaient juste, les lapins seraient sauvés. Mais s'ils se trompaient …

Ils finiraient tous par se faire dévorer !

C'est d'une folie inspirée de cette histoire que dont nous allons maintenant parler …

"Doubt"

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PROLOGUE

Lorsque Harry reprit connaissance il ne put constater que deux choses ; la première, il ne pouvait bouger ne serait-ce que d'un millimètre son petit orteil, ou autre part de son corps, la deuxième, un mal de crâne lui broyait le cerveau sans ménagement. Il était simplement allongé sur le sol, les bras le long de son corps. Il ouvrit les yeux lentement et fut aveuglé par une lumière blanchâtre et chancelante qui venait du plafond. Il recouvrit aussitôt ses yeux de ses paupières, fines pellicules protectrices, ayant l'impression que quelqu'un lui plantait une multitude de petites aiguilles dans ses globes blancs. Il eut un léger relent gastrique dû à la douleur.

Il resta là, silencieux, sans bouger de longues minutes, de très longues minutes.

Petit à petit, il sentit son corps se réveiller. Il se sentait faible, très faible, tous ses muscles lui faisaient mal. Mais ce n'était rien comparé à la douleur atroce qu'il ressentait dans le cou. Il voulut lever sa main, pour toucher cette partie de son corps devenue si sensible qui le lançait violemment, mais elle n'en fit qu'à sa tête et retomba lourdement sur le sol après avoir légèrement bougé. Ce simple effort sembla avoir vidé le jeune Gryffondor des dernières traces d'énergie qui subsistaient dans son corps.

Il resta là, silencieux, sur le sol dur, froid et humide, impuissant.

- Tiens c'est étrange … Pensa Harry. Il y a quelques minutes j'étais dans le parc allongé sur l'herbe …

Ne pouvant toujours pas bouger, et devenu soudainement curieux, il se concentra sur les autres informations que ses rares sens encore en éveil pouvaient lui apporter. Il écouta attentivement les bruits qui l'entouraient. C'était calme, trop calme même. Pas de chant d'oiseaux, pas de brise même très légère. Aucun bruit de conversation aux alentours. Juste le bruit de gouttes d'eau qui tombaient, provocant un léger clapotis lorsqu'elle s'écrasait dans ce qui devait être une flaque. Il remarqua juste après un autre bruit, qu'il ne put immédiatement reconnaitre mais qui le réconfortait sans qu'il sache pourquoi. Il lui fallut un petit moment avant de pouvoir mettre un mot sur ce son : une respiration. Il n'était donc pas seul. Ils étaient donc deux ? Peut-être trois, il n'en savait rien.

Il respira lentement se concentrant sur les informations que son nez pouvait lui apporter. Ça sentait le renfermé, le moisi. La pièce n'avait pas dû être nettoyée depuis longtemps.

Au prix d'un immense effort il réussit enfin à ouvrir de nouveau les yeux. Il papillonna quelques secondes pour s'habituer à la lumière qui éclairait la pièce. Flou, tout était flou. Il comprit rapidement qu'il n'avait pas ses lunettes sur le nez et se mit aussitôt à tâtonner autour de lui pour les retrouver. Sa main s'arrêta lorsqu'elle toucha une surface humide. Il caressa quelques secondes le liquide du bout des doigts puis apporta sa main jusqu'à son nez. Ses narines humèrent lentement l'odeur jusqu'à ce que son cerveau enregistre l'information et lui précise que ce n'était que de l'eau. Sa main repartit à la recherche de ses lunettes sur le sol froid. Il y avait régulièrement des tranchées très peu profondes se trouvant à égal distance les unes des autres. Du carrelage sans aucun doute, ajouta Harry pour lui-même. Un peu plus loin il sentit une surface dure qui remontait verticalement et conclut qu'il se trouvait à proximité d'un mur.

Au bout d'un temps qui lui parut une éternité à explorer le sol des doigts, il mit finalement la main sur ses lunettes qu'il posa sur son nez. Tout était immédiatement plus clair. Il se redressa lentement et s'appuya sur le mur qui se trouvait juste à sa gauche. Il releva la tête pour voir où il se trouvait. Il fit rapidement le tour de la pièce, les yeux grands ouverts abasourdi par ce qu'il voyait. Il ferma les paupières et les rouvrit, répétant plusieurs fois le manège comme s'il espérait qu'il allait trouver devant lui un autre paysage.

- Putain, où est-ce que je suis ?

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La pièce était, à première vue, circulaire, et plutôt grande avec un plafond haut. On pouvait apercevoir la charpente plus ou moins recouverte de mousse et de moisissures, parsemé ci et là de toiles d'araignée impressionament grandes. Le carrelage, était jonché de morceaux de bois et de pailles. Il n'y avait pas de fenêtres. Seuls quelques trous dans la toiture laissaient filtrer la lumière, donnant à la pièce un aspect sordide ou était-ce la situation qui donnait à la pièce cet aspect ? Il y avait deux portes identiques qui se faisaient face. Harry se leva lentement, et longea le mur avec précaution pour se rapprocher d'une des deux portes. Il remarqua que cette dernière n'avait pas de poignée. Il tenta de l'ouvrir tantôt en poussant tantôt en tirant dessus, s'agrippant avec ses doigts aux anfractuosités, surement dû à l'usure, mais elle ne bougea pas. Il sortit sa baguette de la poche arrière de son pantalon et jeta un sort d'ouverture. En vain …

Déboussolé face à ses tentatives infructueuses, il se laissa glisser le long du mur pour se rassoir. Ses yeux se posèrent sur les autres élèves présents. Ils n'étaient pas deux ou trois comme l'avait supposé Harry, mais quatre, qui étaient encore endormis. Enfin camarades était un bien grand mot, puisque dans le lot d'élèves il y avait deux Serpentards, et un Poufsouffle.
Il était bien trop secoué pour pouvoir s'approcher d'eux, et avait trop peur que l'état des autres soit plus grave que le sien, bien plus grave. Il les fixa donc un à par un, quelques minutes. Tout se bousculait dans sa tête à une vitesse folle. Il ne comprenait rien, comment avait-il atterri ici avec ses autres étudiants ? Pourquoi ?

Plongé dans une sorte de méditation in-intentionnelle, il ne remarqua pas que la jeune fille qui se trouvait non loin de lui avait repris connaissance, et essayait tant bien que mal de se redresser. Ce sont ses gémissements de douleur qui tira le Gryffondor de ses pensées. Il se déplaça lentement vers elle et l'aida à se redresser et à prendre appui sur le mur. Elle semblait aussi perdue que lui ne sachant où poser son regard lorsque soudain elle prit conscience de la présence de la personne qui l'avait aidée.

- Potter ? Balbutia-t-elle en le regardant avec des yeux ronds, surprise.
- Bulstrode ? Ajouta Harry, amusé.

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