La Cavaliere du Sud

(LOTR)


I.
Venue de l'Est

CHAPITRE UN
« Alors que le premier vent n'avait pas soufflé… »


Le cavalier se présenta à l'aube aux portes d'Edoras, alors que le soleil n'éclairait encore que d'un rayon timide le plus haut pic des Montagnes Blanches et que le premier vent n'avait pas encore soufflé sur le Riddermark.

Monté sur un cheval que ni armure, ni armoirie n'ornaient, le cavalier était drapé dans une longue cape de voyage qui lui recouvrait tout le corps, allant de ses pieds où elle ne laissait dépasser que la pointe de bottes usées sur des étriers, jusqu'à la tête dissimulée sous un large capuchon que perçaient les contours d'un nez ou d'un menton. Sa monture allait d'un pas léger, rythmé et rapide, galopant vers les remparts de la cité des dresseurs de chevaux.

Elle ne ralentit qu'une fois face aux hautes portes en rondins de bois closes, coincées entre deux tours de gardes si imposantes qu'elles y semblaient à l'étroit. Puis, secouant sa crinière, l'animal poussa un soupir qui laissait deviner qu'il galopait depuis des lieux et des jours à une vitesse soutenue.

En effet, lui et son cavalier avaient été annoncés par un nuage de poussière qui s'était élevé à l'horizon alors que le noir de la nuit commençait à pâlir sous le réveil imminent du soleil. D'abord minuscule, il avait grandi avec une hâte étrange, car il n'était pas attendu.

Ce fut Háma, soldat de la Marche, perché sur le tour est, qui l'aperçut le premier alors que, ayant été de garde toute la nuit et sentant l'heure de la relève approcher, il s'extirpait de sa somnolence. Éored de longue date, Háma était un Rohir et un cavalier né et cela se voyait à sa carrure qui supportait fièrement l'armure au cheval blanc du Rohan, et à son physique. Certes, moins grand que la plupart de ses compagnons de chevauchée, il n'était pourtant pas frêle. Ses longs cheveux aux tresses rousses tombaient de son heaume sur ses épaules carrées et sa barbe qui lui couvrait les mâchoires et le menton et descendait dans son cou, lui donnait un âge relativement important et, par conséquent, de l'expérience. Des visiteurs, Háma en avait beaucoup reçu – moins, depuis quelque temps. Aussi se prépara-t-il, dès qu'il vit le nuage ocre, à accueillir ce visiteur inattendu.

Wilcuman la, ingénia !/Bienvenu étranger ! lança-t-il lorsque le cavalier se fut arrêté à l'entrée de la ville.

Aussitôt, le cheval fit mine de se cabrer. La fatigue le rendait peureux et il n'avait certainement pas vu le soldat que la hauteur du rempart rendait difficile à apercevoir. Son cavalier calma sa surprise par une douce traction sur ses rênes et une caresse flatteuse sur son encolure. La bête hennit, probablement ravie qu'on ne lui reprochât pas son soubresaut, et demeura paisiblement immobile sur ses quatre jambes.

Ayant vu la scène depuis son perchoir, Háma en conclut qu'il avait été un peu trop brusque dans sa voix. Alors il répéta plus calmement et dans la langue commune de l'Ouest :

– Je vous salue, visiteur que nous n'attendions pas. Hélas, vous arrivez à une heure bien matinale. Edoras dort encore et notre roi n'est pas prêt à vous recevoir.

Le cavalier leva la tête, toujours cachée par son capuchon, vers Háma. À cause de la distance entre eux et de la luminosité croissante, mais encore faible, du jour, ce dernier ne put pas clairement distinguer les traits de son visiteur. Lui, au contraire, n'eut aucun mal à voir le Rohir en haut de sa tour de garde. Il laissa volontairement quelques secondes de silence séparer la salutation du soldat de sa réponse.

– Je vous salue, gardien de la cité des fils d'Éorl et m'excuse de l'heure de mon arrivée que je ne pouvais prévoir. J'ai galopé longtemps et mon cheval en est très fatigué, mais il me tardait de voir les portes de votre ville. Mais voilà que je les vois et qu'elles me sont fermées. Ma monture et moi-même ne trouverons-nous point de repos au royaume des dresseurs de chevaux ?

Même si la voix était relativement grave, Háma y discerna les notes fluettes propres au sexe féminin. Cela n'influença pas grandement son attitude, mais le conforta d'en savoir un peu plus sur cette inconnue.

– Toute personne peut ici trouver un accueil de qualité pour peu qu'il se soit fait annoncer, dit-il. Or, et comme je vous l'ai dit, nous n'attendions pas de visite aujourd'hui.

– Ne vaut-il pourtant pas mieux une visite inopinée qu'un ami en retard ? répliqua la cavalière. Je serai ravie d'aller m'annoncer en personne au roi, si vous daignez me mener jusqu'à lui. Ainsi je pourrais lui demander son hospitalité.

– Á cette heure, le roi n'est pas disposé à entendre une telle demande. Et, en ces temps troublés, je ne peux laisser entrer des étrangers dans notre chère ville.

– Je ne pense pas être suffisamment bien parée pour vous déclarer la guerre, soldat de la Marche. De plus, je ne suis pas étrangère au Rohan et Edoras me connaît bien.

– La vue que j'ai sur votre visage ne me permet pas d'en juger. Veuillez-vous découvrir ! ordonna le Rohir que cette cavalière commençait à agacer.

Cette dernière resta quelques instants immobile, puis le demeura. Son cheval secoua sa crinière comme si lui obéissait à Háma, mais le capuchon dissimulait obstinément le visage de la femme.

Trouvant ce comportement irrespectueux envers quelqu'un de sa fonction, le Rohir s'apprêtait à renvoyer l'étrangère d'où elle venait, lorsque cette dernière lança d'une voix teintée d'un sourire :

– Ne me reconnaissez-vous donc pas, frèond min/mon ami ?

Háma resta muet face à cette question. Non pas à cause de son contenu, mais à cause de son emploi de la langue du Rohan. En bas, la cavalière, probablement ravie de son effet, attendit sa réponse.

– Vous parlez le rohirique ? finit par demander le garde une fois remis de sa surprise.

Le rohirrique n'était parlé que par les Rohirrim entre eux. Parce que les gens venus d'au-delà la Marche avec qui ils leur arrivaient de converser ne prenaient pas la peine de s'attarder sur des quelconques mots de vocabulaire, règles grammaticales ou structures de phrase, l'ouistrain comblant les problèmes linguistiques. La seule personne non-Rohir connaissant cette langue, était le Magicien Blanc, protecteur d'Isengard et gardien de la tour d'Orthanc.

La cavalière continua de sourire sous son capuchon.

– Le mien s'est certainement un peu rouillé avec les années, mais c'est avec vous que je l'ai appris, Háma, huissier du roi Théoden.

Le trouble revint sur le visage du soldat qui, du haut de sa tour, ne savait comment prendre cette réponse.

Le soleil s'extirpait enfin de l'horizon, éteignant les dernières étoiles, mais ce maudit capuchon continuait d'exercer son charme sur les traits de la cavalière. Et, sa mémoire sortant du calme du demi-sommeil dans lequel sa garde nocturne l'avait plongé, aucun nom ne vint aider Háma. Ce dernier décida alors d'en avoir le cœur net et posa la question qu'il aurait dû poser dès le début :

Hwäet bith thïn nama ?/Quel est votre nom ?

L'étrangère sourit une nouvelle fois. Et, d'une main, rejeta son capuchon sur ses épaules, afin que le Rohir puisse la voir.

Un délicat visage de femme apparut alors aux portes d'Edoras. De la poussière hâlait sa peau que les rayons du soleil, ayant fini de dévaler les Montagnes Blanches, illuminaient. Ses pommettes hautes – presque hautaines –, son nez droit et ses lèvres roses étaient encadrés par des mèches de cheveux d'un marron identique à celui de ses yeux.

Mïn nama bith Frána/Mon nom est Frána, dit-elle avec un accent qui sonna amicalement familier à Háma.


Il est peut-être temps de faire connaissance, non ?

Merci d'abord d'être parvenu à la fin de ce premier chapitre, qui tiendra plus lieu d'introduction à cette fic, – cela a dû être une terrible épreuve.

Étant une grande fan et admiratrice de Tolkien et de son oeuvre, j'hésitais à écrire une fic sur sa trilogie du Seigneur des Anneaux. Je respectais bien trop l'univers pour oser m'y attaquer.
Mais depuis je suis devenue fanfictionneuse et j'ai gagné en arrogance. Alors je m'attaque à cette oeuvre qui occupe la place principale de ma bibliothèque.

Cette fic sera donc centré sur le Original Character dont vous venez de faire la connaissance : Frána.
J'en suis très fière et espère qu'elle vous plaira. Je me débrouillerai pour la tenir éloignée le plus possible de la Mary-sue, mais vous êtes seul juge.

Le genre Fantasy étant une formalité vu le fandom, parlons brièvement de la Romance. Je ne désire pas vous révéler l'identité du partenaire de ma chère OC tout de suite, mais ce point s'éclaircira au fur et à mesure des chapitres.

Pour le rythme de publication, je préfère ne rien promettre, ni prévoir – mes prédictions s'étant souvent révélées fausses par le passé. Disons que le deuxième chapitre est en cours de rédaction.

Les présentations faites, je terminerai par vous confier que je raffole des reviews et vous dis au prochain chapitre.

skya.


P.S : la langue utilisée dans ce chapitre – et qui le sera pour les autres – est du vieil anglais (trèèèèèèèèès approximatif) à quoi on associe souvent la langue des Eorlingas.

P.P.S : s'il y a une bêta en manque de travail, je suis prête à lui en donner - POSTE DONNÉ (merci à YaNa31)