Hey !
Salut tout le monde, je suis ici, cette fois, pour consoler les pauvres âmes en peine qui, comme moi, sont déçues du peu de fanfic sur ce couple pourtant sublime. Pour faire sécher vos larmes, j'ai décidé de me mettre à la traduction (d'ailleurs c'est ma première donc vous étonnez pas si par moments j'ai fait de la merde) (et puisque c'est rated M, je jure comme je veux. Sacrebleu.) et de vous sortir une des mes fanfictions préférées de Doctor Who et aussi ma première en anglais.
Je remercie énormément Turkaholic pour m'avoir autorisé à traduire sa superbe fiction ainsi que pour sa gentillesse quand nous nous somme parlées ! Thank you so much !
Je vous recommande vivement d'aller jeter un coup d'œil sur son profil et à la fanfiction originale qui porte le même nom.
En parlant de ça, je vous invite à laisser des reviews s'adressant directement à l'auteure puisque celles-ci lui seront également traduites par mes soins. Je pense que ça lui ferait extrêmement plaisir vu le travail colossal fournit et le peu de retour que j'ai pu voir (n'oublions pas que même si un auteur écrit pour lui, c'est pour vous qu'il publie. Après tout, ce site nous offre la possibilité d'avoir un rapport auteur-lecteur qu'il est quasi impossible d'avoir avec des auteurs de livres classiques, autant en profiter).
Sur ce, je vous laisse avec un mot de l'auteure et je vous souhaite une bonne lecture ! :D
Préface :
Est-ce que personne n'a jamais eu ces petites idées insignifiantes ? Comme des vers à l'intérieur de votre tête une envie qui ne demande qu'à être satisfaite ? Eh bien, moi oui, et elles ont dérivé à l'intérieur de ma petite tête excentrique pendant des années, me harcelant de les écrire
Mon écriture, j'en suis consciente, a des défauts, et ce sera toujours le cas; cependant, les critiques constructives sont toujours les bienvenues. Je vous demanderai juste d'être patients, puisque c'est le premier chapitre et sinon tempi.
Cette fic n'est pas juste sur du sexe. C'est une histoire avec des scènes de sexe, pas une histoire sur des scènes de sexe. Ne vous méprenez pas –il y aura une bonne quantité de générosité Master/Doctor, mais fondamentalement, c'est une histoire épique sur la relation entre les deux Seigneurs du Temps. Il y a un fil conducteur, aussi. Appelez ça un travail d'amour.
Juste pour être claire : il n'y aura pas de viol, de BDSM lourd, etc. dans cette fic. Il n'est pas question de subjuguer le Docteur. Le Maître – je sais – pourrait être écrit comme ça, mais pas dans cette fanfic. Je n'ai jamais vu le personnage comme ça (du moins pas depuis que le Docteur est concerné), et je me soucie vraiment trop de ces personnages pour leur faire faire des choses qui ne font pas partie de leur caractère. La relation entre le Maître et le Docteur peut clairement être sombre et sinueuse, mais c'est toujours une romance (et une aventure… et un thriller psychologique… je ne sais pas, vous le direz). Pour finir, j'écris ça le plus proche possible du canon (puisque c'est ce que j'ai toujours imaginé qu'il s'est passé pendant l'Année-qui-n'a-jamais-eut-lieu). Dans ma tête très bizarre, c'est le canon, et l'a toujours été.
Et finalement: j'aimerais juste dire que rien dans l'ère de Moffat n'a de rapport avec cette histoire! De ma propre et étrange manière, je ne considère pas du tout le post-Ten comme le canon. Mon fandom ment uniquement sur l'ère pre-11th.
Ouf. Bref, c'est bon, gens. J'espère vraiment que vous apprécierez, et me laisserez une review.
Prologue
Le Capitaine Jack Harkness était assis seul au bar. Il ne se souvenait plus dans quel bar, ou même sur quelle planète il était. Il frotta négligemment son menton mal rasé, en air morose sur le visage tandis qu'il écoutait les conversations en langues aliènes autour de lui. Il regarda son reflet dans le miroir : les yeux rouges, privé de sommeil, mais toujours séduisant. Ou du moins il le pensait. C'était peut-être l'alcool qui parlait.
Par-dessus son épaule, il regarda les étranges créatures marmonnant, blotties dans leurs chaises. La plupart d'entre elles lui semblaient familières : certaines avec des visages comme ceux des Slitheen, d'autres se déplaçant comme des Weevils. Chacune ramenant un souvenir, comme un choc électrique traversant son estomac. Il se força à en détourner les yeux et avala le contenu de son verre tel un élixir. Il sentit le filtre brûlant de l'engourdissement le traverser.
"Hé, mon pote!"
Jack se balança sur son tabouret en levant la main en l'air pour attirer l'attention du barman. La créature verte, réduite, se tourna vers lui, sembla faire claquer ses mandibules avec impatiente et s'avança vers Jack, fixant son visage mal rasé.
Jack sourit. "Le type fort et silencieux, hein ? Je peux bosser avec ça."
Le tabouret à côté de lui grinça comme si quelqu'un venait de s'asseoir dessus. Il sentit une nouvelle paire d'yeux le fixer et agrippa le bord du comptoir, essayant de ne pas tomber. Les regards pesants n'avaient rien de nouveau, il était habitué à ce que les gens le trouvent séduisant ou encore fou –ou les deux. Dans les deux cas, Jack Harkness n'était pas d'humeur à divertir des étrangers.
Il fit glisser son verre vers l'homme-lézard. "Un autre, veux-tu ? Je me sens un peu sec ici."
Les pupilles du barman rétrécirent dans leurs fentes. Il claqua des mandibules, ignorant le verre vide devant lui.
"Payer."
Jack soupira et passa une main dans ses cheveux sals. "Mettez-le sur ma note."
"Note fermée maintenant. Payer."
"Ah, je ne pensais pas que nous pourrions en arriver là. Désolé, mon grand. On dirait que j'ai laissé mon portefeuille dans mon autre manteau."
Un flash vert. Le silence tomba sur le bar quand Jack sentit des mains palmées enserrer sa gorge. Un fracas assourdissant résonna dans la pièce comme si un tabouret avait été renversé et Jack fut hissé dans les airs.
"Je vais payer." Dit une voix calme à côté de lui. Des yeux humains et autres regardèrent une main glisser sur le bar entre eux, poussant une poignée de crédits vers le barman. Le sourire insouciant de Jack s'évanouit de son visage. Ses cheveux se dressèrent sur sa nuque. Il reconnaissait cette voix.
Le barman bavarda rapidement, ses mandibules claquant pensivement. Un moment plus tard Jack était sur le sol, la tête lui tournant plus que d'habitude, et le barman s'était éloigné, les crédits cliquetant dans sa main.
Tremblant, Jack se redressa sur ses pieds. Il s'appuya sur le rebord du bar, les sourcils toujours froncés. Peut-être était-il en train d'halluciner. Il n'avait jamais demandé ce qu'il y avait dans ses boissons, peut-être que la voix –cette voix impossible– n'était que le fruit de tout cet alcool et de ses pensées désireuses.
"Si tu continues de boire comme ça, Jack, tu vas te tuer." L'informa la voix. Jack baissa les yeux au sol, ayant presque trop peur de lever le regard. Il sourit ironiquement. "Ouais, et ce ne serait pas vraiment honteux." Jack frotta son cou meurtri en silence pendant un moment. "Je croyais que vous étiez mourant."
Il y eut un soupir. "Oui, et bien… tout va bien. E- est-ce que vous allez rester à vous balancer ici toute la nuit ?"
Jack railla. "Pas exactement. C'est un malheureux effet secondaire."
"C'est simplement juste un peu… eh bien… rebutant."
"Quoi, ça n'ajoute pas quelque chose à mon charme masculin ?"
Jack continua de regarder le carrelage tourner quand il entendit la personne se relever pour ramasser le tabouret renversé. Un moment plus tard il était tiré de son tabouret par une paire de mains solides. Des mains qu'il reconnaissait. Des mains qui le faisaient se sentir vivant. Finalement, Jack eut le courage de lever les yeux. Il déglutit.
"Je croyais que vous vous étiez régénéré."
Le Docteur s'appuya de sa main aux longs doigts sur l'épaule de Jack, la même main qui l'avait entraîné, lui et d'autres, à franchir les portes du Tardis tellement de fois. Ces yeux bruns vifs rencontrèrent ceux de Jack, d'un bleu plus doux, ces yeux qui avaient regardé des planètes brûler, des gens vivre et mourir. C'était le même Docteur. Pas de nouveau visage.
Le Docteur s'éclaircit la voix. "Non… ou plutôt, oui. En fait, oui et non. Un genre de. Longue histoire."
"Comme toujours, n'est-ce pas ?"
Le visage du Docteur se détendit un peu, le fantôme d'un sourire apparut sur ses lèvres et il s'adossa au bar. Mais malgré ça, Jack pouvait sentir quelque chose semblable à de la tristesse derrière celui-ci.
Le Tardis était dans une ruelle en face du bar. Pas vraiment loin, mais assez pour que Jack trébuche et butte plusieurs fois dans le vide. A chaque fois le Docteur –son Docteur– le rattrapa, le réprimandant à chaque fois de la même vieille façon. Quand les portes du Tardis s'ouvrirent à leur arrivée, se fut comme si Jack se promenait sous les lueurs du soleil. Le Docteur le déposa sur le sol du Tardis.
"Désolé Jack, mais vous êtes trop lourd pour que je puisse vous porter jusqu'à une chambre."
"J'ai dormi dans des endroits bien pires dans ma vie. Mais quand même ... quelle déception pour un gars."
La lèvre du grand, mince Docteur se crispa momentanément dans un sourire, mais quand Jack ferma les yeux le sourire du Docteur était déjà tombé, et il réalisa qu'il semblait presque aussi fatigué que Jack lui-même.
Pour la première fois depuis des mois, Jack se réveilla sobre. Chaque centimètre de lui le faisait souffrir, à l'intérieur comme à l'extérieur. Le bruit du Tardis heurta ses oreilles de plein fouet, lui donnant l'impression que sa tête pourrait exploser à tout moment, et des pas tintant sur le métal, produisant un bruit sourd, semblèrent provenir de derrière lui. Il se griffa contre le mur, les yeux toujours bien fermés.
"Aïe." Murmura-t-il de façon redondante. Les bruits de pas se stoppèrent.
"C'est un peu un euphémisme, je pense." Commença une voix amusée, portant par-dessus le bruit des machines palpitantes. "Vous avez l'air à moitié mort. Vous avez bu combien de verres exactement la nuit dernière ?"
Jack garda un œil ouvert, toujours appuyé au mur du Tardis. La lumière lui brûlait les yeux comme l'aurait fait le soleil, mais ils restèrent sur le Docteur, un regard d'incrédulité et d'amusement mélangé sur son visage. Jack déglutit douloureusement. "Assez. Assez pour en découdre avec un homme-lézard, si je me souviens bien."
"Oh, non non non non non ce n'était pas un lézard. Une race hybride Sauraphore. Un mixte entre un lézard et un insecte, d'où les mandibules. Vraiment utile quand ils mangent des fruits de mer, les coquilles se déchirent immédiatement... c'est sans importance– "
Le Docteur sauta soudain sur les grilles autour de la console de contrôle et bondit au sol pour se placer à côté de la prise d'enroulement. Le bruit produit fit grincer les dents de Jack. " Vous, Jack Harkness, avez besoin de vous sevrer. Vous empester… l'alcool et… la saleté. Les vapeurs que vous dégagez sont assez fortes pour rendre le Tardis patraque. Je ne veux pas que ça arrive –encore."
Il était douloureux de penser. L'esprit de Jack se retournait de questions, mais il savait l'humeur du Docteur en trop bon état pour ça. Il n'y avait pas moyen qu'il obtienne une réponse claire à l'heure actuelle.
"…bien." Jack osa ouvrit son autre œil sous les lumières brûlantes, déposant son regard sur le visage impossible du Docteur. "Les toilettes… toujours à l'opposer de la piscine ?"
Le Docteur tapota simplement son épaule et fit un clin d'œil joueur, puis se retourna vers le panneau de contrôle, laissant Jack amusé et agacé, et trébuchant aveuglément vers le couloir.
Le Docteur écouta attentivement, simulant de presser des boutons et de regarder les écrans jusqu'à qu'il entende l'écho des pas de Jack à bonne distance. Il se stoppa soudainement, se penchant sur la console, ses longs doigts pâles serrant les contrôles fermement tandis qu'il regardait distraitement dans le vague.
Le Tardis semblait différent. Plus grand; plus vif que Jack ne l'avait jamais vu. Chaque surface semblait irradier d'énergie, chaque lumière semblait le baigner dans quelque chose… d'autre; quelque chose de plus épanouissant. Et pourtant le Tardis était le même. C'était Jack qui avait changé. Ce qui avait était une aventure était devenu un besoin.
Le Tardis n'était plus juste le Tardis maintenant. Elle était la salvation.
Jack prit son temps pour retourner à la salle de contrôle; explorant chaque coin à côté duquel il passait comme s'il était nouveau, et renforçant son mal de tête malgré lui. Quand Jack fût de retour, les machines s'étaient arrêtées.
"Nous avons atterri ?" Appela-t-il. Le Docteur se détourna de l'écran et l'examina. Un sourire bienveillant s'étendit sur son visage.
"Oh, c'est mieux maintenant." Le sourire changea dans une variante légèrement maniaque. Tout ce que Jack pouvait faire était de sourire en retour. Les sourires du Docteur étaient toujours contagieux. "Visage propre… les cheveux de nouveau comme ils devraient toujours être…"Le Docteur lui fit un salut rapide. "Bon retour, Capitaine."
"C'est bon d'être de retour. Hé, je pourrais dire la même chose pour vous." Jack se précipita vers la passerelle. "La dernière fois que je vous ai vu, c'était comme si on se disait adieu."
"Et bien les plans changent… particulièrement les miens. Comme je l'ai dit –longue histoire."
Jack haussa les épaules. "Ce n'est pas vraiment comme si on manquait de temps."
Le visage du Docteur changea; juste un peu. Son sourire s'évanouit une fraction de seconde. Jack saisit l'allusion. Il se tourna vers les portes. "Alors, où avons-nous atterri ?"
Le Docteur jeta un rapide coup d'œil vers les portes puis se concentra de nouveau sur l'écran. "Nulle part. Pas encore."
"Mais les moteurs se sont arrêtés."
"Nous sommes… actuellement en train de flotter dans l'espace."
Jack fronça les sourcils. Quelque chose dans la voix du Docteur sonnait faux.
"… On est dans l'espace ?"
Il y eut une pause. Le Docteur renifla, se promenant autour de la console, vérifiant les écrans.
"La… Cascade de Méduse."
Le Docteur s'éclaircit la voix, essayant d'avoir l'air occupé. Jack se retourna sur place, le front plissé.
"La Cascade de Méduse ? Mais Docteur, c'est –"
"Je sais."
"Mais –mais pourquoi ?"
Il y eut un moment de silence. Les seuls bruits provenaient du Tardis: les soupirs des tuyaux sous leurs pieds; les gazouillements et les cliquetis des informations apparaissant et disparaissant sur les écrans. Le Docteur semblait incapable de regarder Jack en face.
"Oh… Jack." Le Docteur soupira, son visage tomba dans une expression de contrariété. "Les humains posent toujours les questions dans le mauvais ordre. La question que vous devriez poser est celle-ci:" Il le regarda par-dessus ses lunettes, les yeux dans ceux du Capitaine avec ce regard sérieux. "Pourquoi suis-je revenu pour vous ? Pas d'offense, mais vous n'êtes pas un de mes premiers choix en tant que compagnon de voyage. Donna… Martha… même –"
Un autre mot flottait dans l'air; tacite, mais dans leurs deux esprits. Jack sentit son estomac se contracter, mais comme d'habitude il haussa les épaules avec un sourire. "Ok, j'ai compris. Je ne suis pas dans votre top dix. Donc… pourquoi êtes-vous revenu pour moi ?"
Le Docteur hésita avant de répondre, cherchant apparemment les bons mots. Il focalisa son regard sur les écrans encore une fois. "Parce que… vous êtes le dernier qui reste." Il soupira, la tristesse filtrait à travers ses yeux. "Ils ont tous avancé, mais vous ? Vous êtes coincé dans le passé, tout comme moi. Revivant des milliers de regrets, incapable d'aller de l'avant. Paralysé par votre passé."
Les mots enveloppèrent Jack. Ses yeux devinrent vitreux, et il plaça ses mains dans ses poches inconfortables, trop conscient de la sympathie dans la voix du Docteur.
"J'ai appris pour Ianto Jones. Je suis désolé."
"Ouais." Jack acquiesça, baissant la tête. "Moi aussi."
"Mais c'est pourquoi je suis revenu pour vous. Vous êtes le seul qui peut éventuellement comprendre ce que je m'apprête à vous montrer. Et –c'est une très longue histoire mais– je ne peux pas avancer tant que je ne l'ai pas partagée."
Jack sentit un frisson sur sa nuque, bien qu'il sache le Docteur assez bon pour ne pas le montrer. Les mots du Docteur semblaient faire un écho à l'intérieur des grands murs du Tardis, comme si elle savait que quelque chose n'allait pas; que quelque chose manquait.
"Okay, Docteur. Vous avez fait beaucoup plus que votre part pour le reste de l'univers. Peut-être que le moment est venu que je vous renvoie la pareille."
Le Docteur retira ses lunettes, les plaçant doucement sur la console. Il prit une profonde inspiration et se redressa.
"Nous sommes au centre de la Cascade de Méduse parce que j'ai besoin de son énergie pour faire ce travail."
"Faire quel travail ?"
"Les lieux ont des souvenirs: c'est pourquoi il y a des fantômes, pourquoi vos cheveux se dressent lorsque vous visitez un endroit avec lequel vous avez des liens étroits. C'est l'énergie contenue dans vos souvenirs qui se synchronise avec celle contenue dans ceux la zone. Ces souvenirs se synchronisent et réagissent –comme quand les atomes fusionnent entre eux."
Jack hocha la tête, le front plissé. "Donc vos souvenirs de la Cascade de Méduse réagissent avec ceux déjà présents."
"Oui. En ce moment, l'air est chargé d'énergie. De l'énergie mémorielle. Inutile, et indétectable. Sauf si vous êtes un Seigneur du Temps."
La tête de Jack tournait, et pas seulement à cause de sa migraine. Les actions du Docteur n'avaient pas de sens. Mais pourtant, pensa-t-il, quand en avaient-t-elles jamais eut ?
"Alors qu'est-ce que fait "l'énergie mémorielle" ?"
Le Docteur le regarda en haussant les sourcils, incrédule. "Quoi ?"
Jack roula des yeux. "L'énergie mémorielle, Docteur. Qu'est-ce qu'elle fait ?"
"Vous ne m'avez pas écouté ?" Il tira sur un levier. Le Tardis lâcha une sorte de cri. "Elle recrée les souvenirs."
Jack s'accrocha à la rambarde quand le Tardis bascula, sifflant et gémissant péniblement, tous les murs et le sol grinçant avec la pression drastique. Jack sentit une poussée d'adrénaline surgir dans son corps fatigué pendant qu'il s'agrippait, essayant désespérément de ne pas être jeté en l'air. Un sourire nostalgique étira son visage. Ça lui avait manqué. Tout ça.
"Où allons-nous ?"
"Dans mes souvenirs." S'écria le Docteur, concentré sur la console de contrôle. Il se balançait inconsciemment à chaque embardée, comme un capitaine l'aurait fait à bord d'un navire. "Il y a neuf cent quatre-vingts quatre jours exactement."
Le murmure d'un souvenir balaya l'esprit de Jack, mais avant qu'il n'ait pu le placer le Tardis fit un arrêt frémissant, le laissant avec un mal de mer et des vertiges.
Pendant que Jack se dégageait des grillages, le Docteur pressa un bouton final et jeta un coup d'œil au moniteur, la lumière baignant son visage dans l'ombre. Il semblait toujours fatigué, pensa Jack, mais comme un hologramme l'effet ne pouvait être vu que sous certains angles. L'appréhension remplaça l'adrénaline, et ce sentiment de mal-être se glissa dans son estomac.
"C'est fait ? Où sont ces souvenirs ?" Les yeux du docteur vacillèrent vers les portes. Jack se tourna. "Eh bien ? Qu'est-ce qu'on attend ?" Il fit un pas vers la sortie.
"Jack, attendez."
Le Capitaine obéit, se tenant sur place. Les pas lents derrière lui l'avertirent que le Docteur venait se placer à ses côtés. Il y eut un soupire.
"Ce que vous allez voir derrière ces portes va probablement… et bien –ça ne fait vraiment aucun doute– ça va changer à jamais la façon dont vous me voyez." Il passa une main incertaine dans ses cheveux. "Eeeet c'est le problème. Je ne sais pas si vous comprendrez tout ce que vous allez voir, mais vous devez me promettre avant d'aller où que ce soit derrière ces portes que vous tiendrez le coup; et que vous essaierez de faire de votre mieux. Essayez de comprendre."
Jack tourna la tête, le fixant. Un profond et complexe froncement de sourcils ornait le visage du plus grand, ses mains crispées le long de son corps.
"Docteur… vous avez changé ma vie." Les mots se coincèrent dans sa gorge. Il tendit la main et saisit celle du plus grand. Il se crispa un instant, mais ne la retira pas. "Rien de ce que vous pourrez jamais dire ou faire n'enlèvera ça." Le Docteur resta silencieux. Jack se mordit la lèvre. Ne comprenait-il pas tout ce que Jack lui devait ? "… Vous avez ma parole."
"Bon." Il renifla, évitant toujours le contact visuel. "Dans ce cas… allons-y."
Alors les portes s'ouvrirent, et Jack fut aveuglé par les lumières.
Le Maître se tenait sur le pont du Valiant, les bras croisés, et un regard de délectation mal dissimulée déformant son visage.
"Je prends le contrôle, Oncle Sam. Et je commence avec vous. Tuez-le."
Jack détourna son regard, mais il ne pouvait pas bloquer le cri - ni les souvenirs de ce qui s'est passé ce jour-là. Les images flashèrent face à lui –sang ; entrailles ; douleur… c'était trop dur à supporter.
Le Docteur se tenait à côté de lui, tenant toujours inconsciemment sa main, enfonçant ses doigts osseux dans la chair de Jack. Il regardait la scène passivement, comme s'il s'agissait d'un film se jouant devant eux sur un écran de télévision.
"Docteur ! Ces gens vont mourir, on ne peut rien faire pour les sauver ?"
"Désolé Jack." Murmura le plus grand, une bosse se formant dans sa gorge. "Ce n'est pas réel. C'est une représentation visuelle, forgée à partir de mes souvenirs avec l'énergie de la Cascade de Méduse. Ces gens sont déjà morts." Il regarda le capitaine, ses yeux vitreux de larmes. "Ce sont des ombres; rien de plus."
"…Et regardez-moi ça, la gonzesse et le monstre. Quoique… je ne suis pas sûr de qui est qui."
Les cheveux de Jack se hérissèrent sur sa nuque tandis qu'il se regardait lui-même fixer le Maître. Son souffle se bloqua dans sa gorge.
Puis il se regarda mourir.
"Vous savez…" Il soupira, serrant les dents, " j'ai toujours en quelque sorte pensé que c'était d'une manière tragique et sexy quand je mourrais, mais –" Il grimaça face à l'autre Jack qui s'effondrait dans un enchevêtrement de membres sur le sol. Martha cria. "- vraiment. Ce n'est pas très digne."
Le Docteur refusa de répondre, ses yeux grands ouverts. Il regardait attentivement la scène se jouer devant lui, ses yeux alternant d'un acteur à un autre, créant comme des connections; rappelant des regrets que Jack ne pouvait pas voir ou même comprendre. Ou, du moins: que Jack ne pouvait pas comprendre pour le moment.
Alors Jack et le Docteur regardèrent. Le Docteur se regarda supplier aux pieds du Maître, ses cœurs battant frénétiquement dans sa poitrine. Il s'entendit crier quand le Maître manipula son code génétique; et il vit son propre lui vieillissant, son vieux corps flétrit s'effondrant sur le sol, et se vit lui-même murmurer ces mots fatals à l'oreille de Martha. Les Sphères tombèrent sur Terre avec leurs lames acérées. Martha s'échappa. Jack fut emmené, et le Docteur fut placé sur une chaise : l'animal de compagnie du Maître. Le trophée du Maître. Le souvenir s'obscurcit.
Jack cligna des yeux. Il hoqueta, ses poumons commencèrent à lui brûler. Il n'avait pas réalisé qu'il avait retenu son souffle, et le liquide chaud coulant sur ses doigts: son poing s'était fermé. Il s'était lui-même fait saigner.
"Docteur, je ne comprends pas." Souffla-t-il. "Nous avons déjà vu ça. J'étais là !"
"Ce n'était que le début." Répondit-il avec une émotion contenue. "Vous avez vu le début et la fin de l'histoire, mais vous n'avez jamais connu le milieu. J'ai toujours espéré pouvoir y échapper, le jeter dans un coin sombre de mon esprit comme tant d'autres choses, mais à présent il s'avère que je ne peux pas." La voix du Docteur tomba lourdement dans le néant, amer et acre aux oreilles de Jack comme un glas. "Je ne peux pas avancer jusqu'à que vous sachiez."
Jack tenait toujours la main du Docteur, au point que leurs sueurs s'étaient mêlées. Il la serra doucement.
"Alors montrez-moi."
