La porte grinça, alors qu'elle s'ouvrait doucement. La jeune fille devant la fenêtre passa une main sur le dos du chaton qu'elle tenait entre ses bras. Le chaton lui-même était terrifié, tout comme le petit garçon aux cheveux courts qui venait d'ouvrir la porte. La jeune fille souriait tout en regardant l'orage à l'extérieur. Elle aimait l'orage. Elle aimait les éclairs et le tonnerre. La puissance destructrice de la nature.

Elle ne daigna même pas se retourner vers le petit garçon qui regardait le sol, l'air honteux. Elle continuait de caresser le chat. Un coup de tonnerre retentit, faisant sursauter le garçon.

- Tu as peur ?

Il hocha honteusement la tête mais resta sur place alors que la fille se retournait, passait un doigt dans ses longs cheveux noirs avant de caresser à nouveau le chaton qui cette fois-ci ronronna.

- Tu ne devrais pas avoir peur.

Elle avança vers lui.

- Un futur tueur en série n'a pas à avoir peur.

Il leva les yeux vers elle.

- Qui t'a dit que j'en serai un ?

Elle sourit et se détourna de lui, lâchant le chat qui sauta sur le lit.

- La façon dont tu m'as répondue était presque dure, ce qui est beaucoup pour un enfant de quatre ans. Tu as peur du tonnerre et non de l'éclair, tu t'énerves facilement, tu aimes jouer avec les outils tranchants.

Elle marqua une pause.

- En fait, le tonnerre te fait peur parce qu'il est la preuve que la nature est plus puissante que toi. Mais tu arriveras un jour à rivaliser avec l'orage, j'en suis sûre.

L'enfant eut un sourire et s'assit sur le lit, caressant le chat qui ronronnait de plaisir.

- Et puis, hier je t'ai vu mutiler un oiseau encore vivant.

Il s'arrêta brusquement, alors que le chat venait se frotter à sa main immobile, en redemandant. Il leva des yeux écarquillés vers sa grande sœur.

- Je… Je m'ennuyais et…

- Tu n'as pas besoin de te justifier. Ton destin le veut, tu finiras comme ça.

Elle sourit, s'asseyant à son tour sur le lit, avant d'ébouriffer les cheveux du garçon qui tenta lui aussi un sourire.

- Bientôt, tu surpasseras l'éclair et le tonnerre, petit frère.

Le chat pointa ses pupilles jaunes sur celles identiques du frère et de la sœur. Pour lui, ils étaient tous trois semblables : fourrure noire, yeux dorés brillant dans le noir. Instinct de prédateur aussi. Le chat tuait pour manger. Le garçon tuait pour s'amuser. La fille, elle, il ne savait pas trop ce qu'elle faisait. Mais elle lui inspirait le respect.

Un nouveau coup de tonnerre retentit, faisant sursauter le chat et le garçon. Pas la fille.

- Un jour, Zolf, tu tueras les gens et leur dernière pensée sera que le son de leur mort ressemble à un coup de tonnerre et à la lumière d'un éclair. Tu auras l'orage au creux de tes mains.

- L'orage dans mes mains…

Zolf J. Kimblee baissa les yeux vers ses petites mains avec un sourire.

Être l'orage… Non, dompter l'orage.

Quoi de plus palpitant pour un enfant ?