Auteur : Sephora85

Titre en anglais : Deadly Saviour

Titre en français : Sauveur mortel

Traducteur : DiagonAlleyParis

Disclaimer : Les personnages de Harry Potter appartiennent à J.K. Rowling.

Beta Reader : Lily Petite Etoile, qui me relit et corrige mes imperfections.

Sujet : En raison d'une nouvelle prophétie disant que Voldemort ne peut être vaincu que par lui-même, Dumbledore ramène à la vie le souvenir de Tom Jedusor, croyant que le garçon les aidera dans leur combat contre son futur lui-même. Cependant, Ginny craint que Tom ne puisse n'être qu'un monstre encore plus mauvais que Voldemort ne l'ait jamais été.

Remarque de l'auteur : L'histoire se situe après les évènements du Département des Mystères et Ginny Weasley a les yeux verts.

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SAUVEUR MORTEL

Chapitre 1 : La prophétie

C'est une belle journée d'été. Le soleil brille et réchauffe mon visage. Une merveilleuse journée. Un jour dont il faudrait profiter. Cependant, je n'arrive pas à feindre d'être heureuse. J'ai vainement essayé mais c'est impossible.

Depuis ce qui s'est passé au Département des Mystères, je suis hantée par ces souvenirs. Chaque nuit, je reste étendue et éveillée car j'ai trop peur d'avoir des cauchemars quand je ferme les yeux pour m'endormir. A chaque fois que je perds mon combat contre le sommeil, les images de la Chambre des Secrets ou du Ministère me hantent. Parfois, je crains que ma peur ne prenne le dessus en me contrôlant.

Si je pouvais au moins me distraire pendant la journée alors je pourrais peut-être dormir en paix mais je ne peux pas. Papa et Maman ne me laissent partir nulle part toute seule. Ils sont terrifiés à l'idée que quelque chose puisse m'arriver.

L'incident au Ministère leur a montré combien il était facile pour eux de perdre leurs enfants et maintenant ils sont hyper protecteurs.

Encore seulement deux jours et je retournerai à Poudlard pour ma cinquième année, peut-être que les cauchemars cesseront là-bas. Je peux entendre des cris en bas mais pas les rires ou les blagues qui remplissent habituellement notre maison. Tout le monde essaie de faire preuve de compassion vis-à-vis d'Harry. Il ne se sent pas bien, il fait le deuil de Sirius. Il a été très difficile pour lui d'accepter que son parrain soit parti pour toujours.

J'ai essayé de lui parler, de le consoler mais il ne veut personne près de lui. Cela me fait mal quelque part, parce que je souhaiterais tant être à ses côtés. Je sais que je ne devrais pas ressentir cela mais je ne peux pas m'arrêter. Durant la courte période où je suis sortie avec Michael, je pensais encore à Harry. C'est probablement la raison pour laquelle Michael et moi avons rompu. Il m'a accusée de ne pas le laisser être près de moi, d'être secrète et je crois qu'il avait raison.

Durant les deux mois de notre relation, nous ne nous sommes embrassés que deux ou trois fois et seulement brièvement. Je ne pouvais pas supporter sa proximité trop longtemps avant de le repousser loin de moi en évoquant quelques stupides excuses pour mon comportement. Michael est un gars patient ou alors il n'aurait pas toléré tout cela pendant deux mois. Je n'aurais pas eu cette patience si j'avais été à sa place.

Il n'y a eu qu'une seule fois dans ma vie où mes pensées n'étaient pas avec Harry mais entièrement avec quelqu'un d'autre. C'était seulement durant ma première année que j'ai oublié Harry et reporté toute mon attention sur un autre garçon, celui-ci était encore plus inaccessible qu'Harry, mais cette fois-là s'est terminée et jamais plus il ne reviendra. J'en suis d'ailleurs très heureuse. Je crois depuis lors que cela a été une expérience effrayante, d'être sous l'emprise de quelqu'un d'autre, un simple souvenir.

Un bruit à l'extérieur de la maison me tire de mes pensées. Je regarde à travers la fenêtre, le jardin du Terrier se trouve juste devant moi et je vois des robes de couleur bleu clair et des cheveux blancs.

Je fronce les sourcils et me demande ce que vient faire Dumbledore ici. Aujourd'hui, il n'y a pas de réunion de l'Ordre et en général celles-ci ne se tiennent pas au Terrier. Je me lève de l'appui de la fenêtre et me dirige vers la porte. Je l'ouvre et descends l'escalier. Je peux entendre les voix de mes parents et de mes frères ainsi que celle, profonde, de Dumbledore.

Je m'apprête à être éjectée hors de la cuisine car je ne suis jamais autorisée à écouter les conversations importantes. Je pousse la porte et entre dans la pièce. Aussitôt, tout le monde se tourne vers moi et l'expression de Maman se transforme en inquiétude. Elle est toujours inquiète quand elle me regarde.

« Ginny, tu ferais mieux de retourner dans ta chambre », dit-elle avec condescendance. Je suis sur le point de protester mais un scintillement dans les yeux de Dumbledore m'arrête. Je fronce les sourcils, confuse, mais il m'adresse tout simplement un agréable sourire.

« Ahh, Molly. Je crains que Ginny ne soit obligée de m'accompagner à Poudlard », explique-t-il calmement.

Je le fixe, abasourdie, me demandant pourquoi je devrais aller au château deux jours avant le début des cours.

« Pourquoi ? », demande Maman immédiatement, les couleurs disparaissant de son visage. « Est-il arrivé quelque chose ? »

Mes frères, Harry et Hermione me regardent curieusement, comme si je connaissais la réponse mais je suis tout aussi désemparée qu'eux. Tout le monde me laisse dans l'ignorance, pourquoi cela serait-il différent cette fois-ci ?

« Ne craignez rien, Molly. J'ai juste besoin de l'aide de Ginny, c'est tout », dit Dumbledore en regardant par-dessus ses lunettes en forme de demi-lune et avec encore ce déroutant sourire sur son visage.

« Ce n'est pas dangereux, n'est-ce pas ? », murmure Maman en me fixant, inquiète. Je suis certaine qu'elle va m'étreindre à tout moment.

« Non, Molly », rassure Dumbledore.

« Pourquoi ne pouvons-nous pas vous aider ? », demande Ron, déçu.

« Tu ne vas certainement pas quitter cette maison, Ronald Weasley. »

Ron croise les bras sur sa poitrine, il semble être en colère.

Je n'ai toujours pas bougé de ma place et continue à regarder Dumbledore. Je veux lui demander ce qu'il compte faire avec moi mais son visage est illisible.

« Venez-vous avec moi, Ginny ? », me demande-t-il, ses yeux scintillant sans relâche vers moi.

Bien sûr, j'acquiesce. Je m'oblige à marcher dans sa direction et je le suis hors de la maison. Maman me regarde avec des yeux pleins de larmes et elle m'étreint très fort. Si elle pouvait arrêter de me traiter comme une stupide enfant… ! Mais je crois que j'ai perdu le droit d'être traitée comme une personne responsable quand j'ai commencé à écrire dans ce journal durant ma première année. Je lutte contre ma frustration et ma culpabilité et je souris à Maman.

« Maman, je vais juste à Poudlard », dis-je en lui rappelant ce fait mais elle éclate en sanglots. Elle est devenue très émotive dernièrement.

J'émets un soupir de soulagement quand la porte se referme et que je me retrouve seule en face du Terrier avec Dumbledore, mais maintenant je commence à me sentir mal à l'aise. Je n'ai jamais été seule avec lui et je me demande ce que je devrais lui dire.

« Nous allons transplaner côte à côte, étant donné que vous n'avez que quinze ans et que vous n'êtes pas encore autorisée à transplaner », dit-il.

Je cligne les yeux et hoche la tête instinctivement. Il tend son bras et je le lui prends. Mes yeux remarquent qu'une des mains de Dumbledore est noire, elle semble brûlée. Je n'ai pas le temps de réfléchir à cela car je me sens comme compressée à travers un étroit tunnel l'instant d'après. Avant que je puisse m'habituer à cette sensation, celle-ci s'arrête et je me tiens devant les portes de Poudlard.

Je ne crois pas que le transplanage figurera parmi mes moyens de transport préférés. J'ignore mon mal au cœur et suis Dumbledore vers le château, ma curiosité augmentant. Il ne m'a toujours pas dit en quoi je devais l'aider. Je n'ai que quinze ans, après tout. Comment pourrais-je lui être d'une quelconque utilité ?

« Monsieur, pourquoi suis-je ici ? » lui dis-je, incapable de rester silencieuse plus longtemps.

Dumbledore me regarde, son sourire s'élargit encore. « Vous devrez attendre la réponse à votre question jusqu'à ce que nous soyons dans mon bureau. Les murs ont tendance à avoir des oreilles et je ne veux pas que quiconque puisse entendre notre conservation. » Puis il continue sa marche en jetant de temps en temps des coups d'œil vers moi.

Je dois admettre que sa déclaration me déroute encore plus ! Qu'est-ce qui pourrait être si important que nul ne puisse l'entendre ? Et pourquoi ai-je le droit de le savoir ? Je ne suis pas stupide mais je ne suis pas Hermione. Je ne suis pas froussarde mais je ne suis pas Harry. S'il recherche de la bravoure ou un esprit infini, il aurait dû parler à l'un d'entre eux mais pas avec moi. Je suis juste Ginny, l'enflammée, la rouquine, maîtresse ès sortilège de chauve-furie.

Dumbledore arrive devant la gargouille qui garde l'escalier en colimaçon qui mène à son bureau. Le directeur se retourne vers moi comme s'il veut vérifier que je l'ai bien suivi. Je le regarde et essaie de paraître détendue alors que dans ma tête une tornade de pensées y met la pagaille.

« Baguette magique à la réglisse. »

La gargouille incline un tantinet la tête vers l'avant et l'escalier commence à tourner. Avec la grâce d'un jeune homme, Dumbledore saute sur une des marches et regarde d'un air débonnaire comment je le suis. Il me mène dans son grand bureau que je n'ai vu que deux fois auparavant. Cela me rappelle de mauvais souvenirs. La première fois que j'y étais, c'était juste après l'incident avec la Chambre des Secrets, et la seconde était celle où Papa avait été attaqué par un serpent au Ministère.

Assise sur une chaise en face du bureau de Dumbledore, j'espère que cette fois-ci sera beaucoup plus plaisante que les précédentes. Je le regarde dans l'expectative, mes yeux rivés sur son visage.

Je remarque que son comportement a légèrement changé. Une partie de son aisance a disparu et a été remplacée par de la tension et de la gravité. En voyant cette modification, mes espoirs d'avoir une agréable conversation s'amenuisent et je sens l'anxiété qui commence à s'infiltrer dans mes veines, mes membres, dans tout mon corps.

« Monsieur », dis-je en osant prendre la parole et en me pétrissant nerveusement les genoux avec mes mains.

Il reporte son regard sur moi, le scintillement au fond de ses yeux a disparu. « La raison pour laquelle vous êtes ici est que le monde magique, tel que nous le connaissons, court un grave danger. La guerre qui fera bientôt rage pourrait conduire celui-ci à sa destruction. »

J'ai le souffle coupé, j'essaie de ne pas sembler impatiente. Tout ce qu'il m'a dit n'est pas nouveau pour moi. Je vis dans ce monde, j'ai été au Ministère. Je sais que la guerre arrivera bientôt mais comment pourrais-je l'aider ?

« Je pensais que Harry était le sauveur de notre monde, ne l'est-il pas ? », dis-je en demandant cela l'air de rien.

« Eh bien, moi aussi je le pensais », réplique-t-il presque amèrement.

Je le fixe bouche bée et je cherche mes mots. « Mais la prophétie… » Je m'arrête en vitesse, réalisant que je ne devrais pas la connaître. Ce serait le cas si je n'avais pas écouté aux portes une conservation entre Harry, Hermione et Ron cet été.

« Ahh, Harry vous a dit à propos de la prophétie ? », me demande Dumbledore, son regard scrutateur m'examinant, et j'ai la nette impression qu'il sait que ce n'est pas Harry qui m'en a parlé.

Je détourne les yeux et murmure : « Pas vraiment. »

« Durant toutes ces années j'ai espéré que Sybille Trelawney donnerait une autre prophétie qui pourrait nous aider à gagner cette guerre. C'était la principale raison pour laquelle elle restait au château », commence soudain Dumbledore, avec son regard perçant qui jamais ne vacille.

« Et puis il y a quelques semaines, ce jour est arrivé mais avec un résultat complètement différent de celui que j'avais espéré », continue-t-il, mais son vieux visage affiche le sourire d'un homme plein d'amertume.

Je ne réponds rien car je n'ai toujours aucune idée de pourquoi je suis assise là en face de lui. Je le regarde prendre un flacon de son bureau. Un épais brouillard tourbillonne à l'intérieur et je sais ce que c'est. Il va me faire écouter la prophétie.

Je retiens ma respiration tandis que je vois Dumbledore l'ouvrir et libérer ainsi la brume. Puis une voix d'une femme s'élève à travers la pièce.

« Le Seigneur des Ténèbres est sur le chemin de la domination car il n'existe pas de pouvoir dans ce monde pour l'arrêter. Il ne peut seulement être battu que par lui-même, par le simple souvenir qu'il a créé. C'est le souvenir d'un garçon qui le condamnera ou qui le sauvera. Il ressuscitera d'entre les pages froides d'un journal intime pour être le sauveur d'un monde qu'il méprise. »

Parmi toutes les choses à lesquelles je m'attendais, celle-ci n'y figurait pas. Je prends une profonde inspiration et me dis à moi-même que la prophétie ne peut pas signifier ce à quoi je pense. Je fixe de nouveau Dumbledore, m'attendant à une sorte d'explication, mais il me regarde comme si j'étais la réponse à tout cela.

« Je ne veux pas arriver à des conclusions erronées », murmuré-je, hésitante. « Mais il me semble que la prophétie se réfère au journal. Au journal de Tom. » Je chuchote à peine son nom, ayant combattu trop longtemps pour l'oublier et ne voulant pas que celui-ci détruise tout. Je fixe Dumbledore, priant intérieurement qu'il se moque de moi et me dise que la prophétie ne parle pas du journal.

Il sourit et affiche de nouveau ce troublant sourire. « Vous n'êtes pas arrivée à de fausses conclusions, Mademoiselle Weasley. C'est exactement comme vous le pensez. »

« Mais, Monsieur le Directeur, le journal est détruit. » Je ressens un soulagement qui m'envahit au son de mes propres paroles parce que je sais que c'est vrai.

Tom a disparu à tout jamais.

Il ne peut pas revenir et encore moins sous sa forme corporelle.

Dumbledore sourit. Comment peut-il faire cela ?

« Le fragment de l'âme de Tom qui était placé dans le journal n'a pas été détruit. Il s'était simplement caché plus profondément dans celui-ci afin de ne pas signaler sa présence. »

Mon estomac se resserre douloureusement et j'essaie de ne pas paniquer. « Monsieur, vous n'envisagez pas de ramener son souvenir à la vie, n'est-ce pas ? » Ma question semble craintive même à mes propres oreilles.

Dumbledore détourne son regard de mes yeux pour la première fois et il contemple ses mains qui sont posées sur son bureau, comme s'il ne pouvait pas me regarder au fond de mes yeux, se sentant honteux.

Je me force à prononcer les mots suivants même s'ils risquent de m'étouffer. « Monsieur, vous ne pouvez pas le ramener à la vie ! Vous ne le pouvez pas. Il est dangereux. »

Lentement, Dumbledore relève les yeux de son bureau, il me regarde dans les yeux et je sais.

Oh, mon Dieu. Je le sais.

Je ferme les yeux pendant un instant et j'essaie de respirer régulièrement.

Inspirer. Expirer.

Inspirer. Expirer.

C'est ce que je me dis à moi-même.

Les enfants peuvent respirer tous seuls depuis leur naissance mais cette capacité semble avoir disparu pour moi à cet instant précis.

« Non ! », dis-je en m'étouffant presque. « Non ! » dis-je de nouveau encore plus fort.

Mes yeux s'ouvrent immédiatement et je fixe l'homme assis en face de moi. Je sens les larmes qui montent et je ne sais pas pourquoi elles arrivent maintenant. Je ne les ai certainement pas appelées en ce moment où je dois être forte.

« Il est trop tard, Mademoiselle Weasley. J'ai ramené le souvenir de Tom à la vie hier », me répond-il calmement.

« Comment avez-vous pu ? », dis-je sur un ton plein de reproches et en sentant quelques larmes, non voulues, s'écouler sur le long de mes joues.

« Vous avez entendu la prophétie. C'est notre seule chance de vaincre Voldemort. »

Je grimace en entendant ce terrible nom. Je rabats ma colère, ma peur, mon désespoir et je me force à parler d'une voix calme et ferme alors que je ne le suis pas. « Comment avez-vous fait cela ? Il n'était qu'un simple souvenir après tout. »

Un sourire satisfait revient sur le visage de Dumbledore et avec lui, ma colère envers l'homme.

« Il existe de la magie qui dépasse votre entendement, Mademoiselle Weasley. »

« Vous n'auriez pas dû faire cela », dis-je de nouveau, bien que je sache qu'on ne puisse pas l'annuler. « Il ne nous aidera pas. »

« Je ne suis pas d'accord, Mademoiselle Weasley. Tom n'a que seize ans. Il y a encore une chance pour que nous l'influencions et le mettions dans le droit chemin. Il a seulement besoin d'une personne qui le guidera. »

J'ai presque envie de rire en entendant cela et par la naïveté de la déclaration. Je me demande comment Dumbledore peut croire qu'il pourra contrôler Tom, qu'il pourra le faire plier à sa volonté. Je sais que le Tom que je connais ne se soumettra pas à la volonté de quelqu'un d'autre. Tom impose la sienne aux autres, mais jamais l'inverse.

Dumbledore l'apprendra à la dure, nous allons tous l'apprendre de cette manière, j'en suis sûre. Penser que quelqu'un sera capable de changer Tom sans son accord ou sans qu'il le remarque est absolument ridicule. Tom ne le permettra pas. Je n'ai jamais rencontré une personne aussi perspicace, prudente, soupçonneuse que Tom. La confiance est un concept que Tom ne peut pas comprendre. C'est une faiblesse selon lui.

Je ne pense pas que cela ait changé depuis que je lui ai écrit lors de ma première année. Souvenir ou homme, Tom est dangereux.

Je ne sais pas si Tom combattra Vous-Savez-Qui mais je suis sûre qu'il ne se battra pas à nos côtés. Le seul côté que Tom connaisse et duquel il se soucie est le sien. J'ai été le témoin de l'étendue de ses pouvoirs et je me demande s'il est le moins mauvais par rapport à Vous-Savez-Qui ou s'ils sont interchangeables, peut-être même que Tom est encore pire que Vous-Savez-Qui.

« Vous ne comprenez pas. Personne ne le connaît comme moi. J'ai passé toute ma première année en sa compagnie et cela m'a presque tuée », dis-je, en colère, ne me souciant pas de manquer de respect vis-à-vis du directeur. « Il ne se laissera jamais influencer par quiconque. »

« C'est pourquoi j'ai besoin de votre aide, Ginny », déclare Dumbledore d'un air grave.

Je ferme la bouche et le fixe, luttant contre ma colère. Il a dit « Ginny » juste pour me calmer. Il essaie de me tromper. Pourquoi ne peut-il pas comprendre qu'il compromet tout ?

« Mon aide ? », dis-je de nouveau, incrédule.

Dumbledore acquiesce de la tête et me regarde d'un air implorant. « Comme vous l'avez dit, vous êtes la seule personne qui le connaisse. »

Je secoue la tête, ne voulant pas entendre ce qu'il va dire mais il continue.

« Vous, vous seule, êtes capable de gagner sa confiance. Vous seule, Ginny. »

Je ferme les yeux, ne voulant pas voir son exigeant regard. Il ne me rendra pas responsable, il ne pourra pas m'utiliser comme sa marionnette dans son jeu. Qu'importe ce qu'il fera ou dira, je ne veux pas participer à cela. A un jeu que nous ne pouvons pas gagner. Je ne le ferai pas.

« Tom a demandé après vous lorsque je l'ai ramené à la vie. Il vous a demandée, Ginny. »

J'ouvre les yeux, bien que je ne devrais pas.

« Moi ? », murmuré-je, et je ne peux garder une voix vide de toute émotion. Celle-ci paraît pleine d'espoir alors qu'elle ne le devrait pas.

L'espoir !

Un sourire paternel apparaît sur le visage de Dumbledore mais je sais qu'il est tout sauf paternel.

Zut ! Maudit soit-il pour me manipuler ainsi !

« Oui, Ginny. Tom veut vous voir. Il se souvient de vous », murmure Dumbledore. Il sait qu'il a gagné. Je peux le voir dans ses yeux.

Je ne devrais pas demander ce que je vais demander, je ne devrais pas. « Où est-il ? »

« Il est à l'infirmerie. La méthode pour le ramener à la vie a été épuisante pour lui », répond Dumbledore, le scintillement revenant dans ses yeux.

J'acquiesce et fixe intensément mes genoux.

« Vous savez, monsieur, les gens ne seront pas contents d'apprendre que vous avez ramené à la vie le jeune Vous-Savez-Qui », dis-je en essayant de m'ôter de l'esprit que Tom est dans le même château que moi.

« Ahh, Ginny… mais ils ne le découvriront jamais ! »

Je le fixe de nouveau. Il doit avoir perdu la tête. C'est la seule explication.

« Ce sera notre petit secret, Ginny. Vous et moi ne le dirons à personne d'autre. »

Je hoche la tête. « Mais, les gens ne vont-ils pas le reconnaître ? »

« Seules quelques personnes encore en vie ont rencontré Tom Jedusor, peu se souviennent de lui et presque personne ne sait que Tom deviendra Voldemort. »

Je grimace de nouveau, incapable de supporter qu'on prononce ce nom.

« Seul le Professeur Slughorn, qui prendra le poste de professeur de Potions cette année, sera en mesure de le reconnaître, et bien sûr Voldemort lui-même. »

Je commence à me sentir prise de vertige en raison de toutes ces informations mais j'acquiesce néanmoins.

« J'ai déjà informé le Professeur Slughorn et il m'a promis de ne parler à personne de la véritable identité de notre nouvel étudiant. »

Mes yeux s'écarquillent. « Nouvel étudiant ? »

Le sourire de Dumbledore s'élargit encore bien que je ne sache pas pourquoi exactement. « Oui, Tom poursuivra sa scolarité à Poudlard, il sera en sixième année. »

« Ohh… » Que pourrais-je dire d'autre ? Je n'ai jamais entendu un plan aussi fou auparavant.

« Sachant que vous n'êtes qu'en cinquième année, j'ai réfléchi à la possibilité que vous ayez des cours avec lui. Vous devrez garder un œil sur lui, après tout », dit Dumbledore en m'adressant un clin d'oeil.

Clin d'œil.

« Hmm… » Je suis à peine capable de contrôler ma colère, mais je ne la montre pas. Je ne vais pas perdre le contrôle de moi-même. Je ne le ferai pas.

« Vous assisterez aux cours de Potions et de Défense contre les Forces du Mal avec les sixième années car ce sont les deux matières qui fascinent le plus Tom et cela peut mettre en danger sa personnalité. »

« Monsieur », dis-je. « Les gens vont se demander pourquoi je dois assister à ces deux cours. Je ne suis pas un génie en Potions, ni en DCFM d'ailleurs. »

Il doit réaliser que son plan ne peut pas marcher avant qu'il ne soit trop tard. Peut-être est-il déjà trop tard…

« Vos notes sont plus qu'honorables, Mademoiselle Weasley. »

Retour à Mademoiselle Weasley maintenant ?

Je le fixe de toutes mes forces. « Honorables ne suffit pas à sauter une classe. »

« Ne vous inquiétez pas. J'ai déjà parlé avec les Professeurs Rogue et Slughorn. Ils ont décidé de vous autoriser à assister aux deux cours. »

« Aux deux cours ? Je suis censée assister aux cours de cinquième et de sixième année en Potions et en DFCM ? »

« Ahh… Je suis sûr que vous vous en sortirez bien et puis Tom vous aidera certainement », dit-il, amusé.

Je serre les poings. « Est-ce que le Professeur Rogue ne sera pas soupçonneux ? Je ne fais pas partie de ses élèves préférés. »

Dumbledore ricane. « Je lui ai parlé de notre plan à propos de Tom. »

Je le regarde, bouche bée. « Vous avez parlé à Rogue ? »

« Au Professeur Rogue, oui. Je l'ai fait. Il est de notre côté et nous avons besoin de son aide pour que notre plan fonctionne. » Dumbledore me survole d'un air content avec ses lunettes en forme de demi-lune.

Je le fixe et me demande s'il a remarqué ma colère ou s'il a tout simplement choisi de l'ignorer.

« Je pense qu'il est temps que vous rencontriez Tom. Je suis sûr qu'il vous attend déjà », dit Dumbledore qui m'interrompt dans mes sombres pensées.

Mon regard furieux disparaît de mon visage, celui-ci est remplacé par de l'anxiété. J'acquiesce et je me lève de ma chaise.

Dumbledore fait de même, souriant, satisfait. « Je suis sûr que Tom et vous allez parfaitement vous entendre. L'avenir du monde magique est entre vos mains, Ginny. »

Aucune pression, me dis-je, sarcastique, tandis que je lutte contre une nouvelle hausse de panique.

« Maintenant, venez. Ne laissons pas Tom attendre plus longtemps. »

Je suis Dumbledore dans la cheminée de son bureau, je respire très profondément. Je peux le faire.

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Voilà, encore une nouvelle histoire de Sephora85. Je vous préviens, celle-ci sera assez noire.

Merci de me laisser vos premières impressions.

A bientôt.

DiagonAlleyParis