Chères lectrices, chers lecteurs, bonjour.
Ca fait des années que je n'ai rien posté, mais allez savoir pourquoi, j'ai eu il n'y a pas longtemps une pulsion, et je me suis mis à écrire cette mini-fic.
Donc je l'annonce direct : cette fiction est terminée, et elle comportera 9 chapitres et je devrais normalement poster tous les samedis :) !
Je ne suis pas encore prête à me lancer dans de vraies fictions, aussi je préfère me lancer avec cette petite histoire haha.
Du coup, je vous laisse la découvrir !
CONTEXTE :
Un an après la Guerre, en septembre 1999, un Poudlard rénové ré-ouvre ses portes. Les élèves ayant décidé d'y terminer leur scolarité souhaitent retrouver l'ambiance qui régnait avant les événements qui ont tout changé. En cela, il y a une sorte de trêve tacite entre les étudiants, qui savent qu'ils ont trop perdu pour réellement continuer à se battre. Une petite rivalité oppose donc les Maisons, et non plus une haine viscérale.
Seulement, il y a des morts. Ronald Weasley n'est plus, par exemple. La promo 1998 est en deuil, plus que les autres. C'est chez eux qu'il y a eu le plus de décès. Malgré cela, nos héros savent qu'il faut aller de l'avant. Vivre pour ceux qui ont péri. Hermione et Harry sont plus proches que jamais, mais ce dernier ne peut plus compter sur la présence de Ginny Weasley, les deux jeunes gens s'étant rendu compte pendant la guerre qu'ils n'étaient pas faits pour être ensemble. Ils sont cependant restés bons amis.
Déjeuner, Grande Salle, un jour de septembre.
Les tables de la Grande Salle avaient été raccourcies en raison d'un nombre d'élèves moins important, mais avant-guerre ou après, certaines choses ne changeaient jamais, et le brouhaha ambiant ne faisait pas exception à la règle.
Parmi ce brouhaha, il y avait des discussions passionnées sur le dernier article de Rita Skeeter, des projets pour la prochaine sortie à Pré-au-Lard, mais aussi des piques, lancées et retournées sans vergogne.
Évidemment, il s'agissait de Gryffondor et de Serpentard. C'était parti d'une pauvre raillerie inter-Maisons, mais comme par hasard, une certaine brune aux boucles folles n'avait pu s'empêcher de répliquer. Certains diraient que ce n'était qu'amical, d'autres que ça allait clairement tourner au pugilat. Le fait était que ça s'était transformé en règlement de comptes personnel. Et là, Drago Malfoy était en train de faire sortir Hermione Granger de ses gonds.
Harry, comme toujours, avaient essayé de riposter, mais là, Hermione en avait plus qu'assez.
Elle s'était retournée, hargneuse.
-Parfait, tu veux que je te balance tes quatre vérités en face Malfoy ? Tu pètes tellement plus haut que ton cul, tu te crois tellement au-dessus de tout le monde à cause de ton nom, que tu ne vois même pas que c'est tout ce que tu as. Le jour où tu te retrouveras dehors, et que personne ne sera là pour te défendre après ce que tu as fait, parce qu'ils cracheront tous sur ton dos, là tu comprendras qu'en fait, tu n'es rien sans ton nom. Et là tu pourras pleurer. Parce que tu n'as aucune volonté et que tu préfères largement les laisser médire sur ton compte plutôt qu'ils s'intéressent à tes parents. Alors que tu es parfaitement capable de tous les envoyer paître en gardant ta dignité et en protégeant au maximum l'honneur de ta famille.
Elle avait raison cette folle. Elle savait taper ou ça fait mal. Mais lui aussi avait l'art de la parole. Et il avait des années de pratique de plus qu'elle. Sans compter que la passion que sa rivale mettait dans ses discours l'amusait plus qu'autre chose.
Derrière lui, la famille Serpentard créait des pompons pour encourager leur roi, sous les cris de Blaise et Pansy, ses plus grands supporters.
-Ah ouais ? Et toi t'es qu'une pauvre imbécile avec un balais dans le cul Granger. Tu ne comprends même pas que c'est déjà le cas ici. Que toi et ta pauvre Maison crachez déjà sur mon nom et sur ce que ma famille et moi avons fait. Tu crois que je ne le sais pas ? Mais je ne riposte pas parce que vous n'en valez pas la peine. Vous qui vous croyez si courageux n'êtes même pas capable de me le dire en ma présence. Vous vous contentez de murmurer entre deux cours. Et le pire, c'est que vous crachez aussi les uns sur les autres. Vous n'êtes pas différents de nous, vous aussi vous vous insultez les uns les autres. Alors peut-être que tu te crois trop bien pour critiquer tes camarades, mais ceux de ta Maison le font déjà, et depuis belle lurette. Et le pire, c'est que vous faites comme si de rien n'était. Toutes les autres Maisons le savent, les Poufsouffle savent que critiquer fait du bien quelques fois, les Serdaigle savent que c'est dans la nature de l'Homme, et nous nous en servons pour savoir qui sont nos alliés. Vous êtes les seuls à vous voiler la face. Et toi, tu ne vois rien. Tu ne vois même pas que tous tes efforts pathétiques pour essayer d'exister n'auront servi à rien, puisque derrière ton dos on dit que personne ne voudrait d'un rat de bibliothèque qui vendrait père et mère pour accéder à la Réserve de la Bibliothèque Magique de Londres. Même si tu t'efforces de faire le bien après ce qui s'est passé, tu n'y arriveras pas, et tu sais pourquoi ? Parce que personne n'est assez intelligent pour voir que toutes les connaissances que tu as accumulées feront de toi une des personnes les plus influentes de la prochaine décennie. Et ce pouvoir que tu auras ne sera pas corrompu, parce que tu es bien trop noble, ou stupide, pour te laisser influencer.
Ça, ça faisait mal. La Grande salle entière retenait son souffle, parce que c'était indéniable, Drago Malfoy venait de la rembarrer bien comme il le fallait.
Peu importe les compliments que les deux avaient laissé échapper, Hermione avait l'impression d'avoir reçu une gifle retentissante, et que sa dignité s'était envolée puisque tout Poudlard ou presque était témoin de la scène. Mais à cet instant, ce qui lui faisait le plus mal, c'était que Malfoy la regardait avec des yeux froids. Il ne regrettait pas, il pensait ce qu'il disait, et le pire, c'est qu'il y avait du vrai dans sa tirade.
-Tu n'es qu'un petit crétin sans cervelle incapable de vivre pour toi-même.
-Et toi tu n'es qu'une pauvre fille mal baisée qui tente de se faire remarquer en apprenant la Bibliothèque par cœur.
Tous les élèves présents dans la Grande Salle poussèrent des « oh ! » choqués et surpris. Tous étaient stupéfaits que quelqu'un ait osé dire tout haut ce que tout le monde pensait tout bas.
Celle-ci n'en revenait d'ailleurs pas. Toute pensée logique avait déserté son esprit.
Harry, lui, essayait de repousser les Gryffondor qui tentaient tant bien que mal de le retenir d'aller botter le cul de celui qui avait osé insulter sa sœur de cœur.
-Comment oses-tu ? Espèce de malotru, de fiente d'hippogryffe...
Il souriait d'un air satisfait. Il était doué, et il le savait.
-Y a que la vérité qui blesse, Granger.
Elle crut s'étouffer. Non mais pour qui se prenait-il ? Avant même d'y réfléchir une seconde fois, elle ouvrit la bouche.
Harry sentit le vent tourner une seconde trop tard. Il assista, horrifié et impuissant, à la réplique merveilleuse ou malheureuse qui allait sortir du cerveau génial d'Hermione.
-Herm, attends !
-C'est sûr que les petits cons dans ton genre qui croient la manier mais qui ne font que la faire avancer et reculer, effectivement, ça donne des raisons d'être frustrée.
Révolution dans toute la Salle. Depuis quand exactement la si Sainte-Nitouche Hermione parlait comme ça, et pire, comment se faisait-il qu'elle semblait parler en connaissance de cause ? Ce n'était plus de la surprise, mais bien le choc qui envahissait les élèves. Les cours allaient reprendre d'une minute à l'autre, mais qu'importe, un des temps forts de la nouvelle année à Poudlard se déroulait sous leurs yeux, et pour rien au monde ils ne rateraient la joute verbale épique qui avait lieu entre les deux Maisons.
Drago lui aussi était surpris. Il pensait l'avoir achevée, mais non, elle avait riposté avec encore plus de mordant, et force était de constater qu'elle avait du répondant. Il avait lancé ça au hasard, mais la plus si innocente sorcière semblait savoir de quoi elle parlait, et venait d'attaquer l'amour-propre du Prince des Serpentard. La Salle entière était en suspens, et attendait sa réponse. Et il ne voudrait jamais décevoir un si bon public.
-Ne te méprend pas Granger. Je ne suis pas de ces pauvres mecs qui ne pensent qu'à leur propre plaisir et qui ne savent pas tenir plus de cinq minutes. Ma réputation me précède, et tu sais très bien que je pourrais te faire voir le septième ciel.
Retournement de situation. Ce qu'il venait de dire était vrai, tout le monde savait qu'il était un Dieu au pieu, et si tout Poudlard disait avec une once de jalousie que toutes les filles étaient passées dans ses draps blanc, la vérité était que les rares qui avaient eu le privilège de connaître une nuit d'amour avec Drago Malfoy n'en ressortaient jamais, jamais déçues, et qu'on le savait parfaitement...
C'était de sa faute, elle ne pouvait plus reculer, et tout le monde le savait. C'est donc devant une assemblée excitée qu'Hermione s'entendit répondre :
-C'est un défi, Malfoy ?
Ils se regardèrent dans l'iris des yeux pendant quelques secondes, sous l'œil avide de tous les élèves présents.
Dans quoi s'étaient-ils embarqués encore ?
Et depuis quand cette coincée de Granger, qui ne pouvait survivre sans étaler sa science et qui s'habillait chez les femmes enceintes tellement ses vêtements étaient amples, depuis quand arborait-elle cette lueur joueuse dans le regard ?
Non que l'idée de parier avec celle qu'il avait détesté durant toute sa scolarité pour se prendre pour la Miss Je-sais-tout-mieux-que-tout-le-monde nationale n'était pas tentante, mais sérieusement.
Il voulait bien admettre qu'elle avait du charme, ça, pas de doute. Elle en faisait secrètement rêver plus, qui la voyaient en maîtresse sexy mais lui ne voyait que l'intello de service, qui lui taperait sur les doigts pour chaque mauvaise réponse.
Elle n'était pas laide, loin de là. Elle n'avait pas un physique ingrat, quelques rondeurs qui n'étaient pas de vraies formes, et son sourire avait le don de vous remonter instantanément le moral.
Mais sa vraie force résidait dans son regard. Ses yeux couleur noisette étaient capable de vous transpercer et de vous faire croire qu'elle savait tout de vous. Comment faisait-elle pour garder un regard si intense tout le temps ?
Tous deux savaient qu'ils avaient perdu le contrôle de la situation.
Comment une séance d'insultage en règle avait-elle pu dériver à ce point ?
C'était ce que tous les deux se demandaient, mais à son habitude, Hermione se reprit la première.
Elle se rapprocha de Drago, et leurs deux souffles purent se mélanger, tandis que personne n'en perdait une miette.
-Alors je relève ton défi. Jouons. On se parlera sans s'insulter, tous les jours, tout le temps. On se battra. On se dira bonjour et bonne nuit. On ira en cours ensemble. On se donnera des surnoms. On se mettra au défi. On aura des rendez-vous. On se fera des câlins. On s'insultera. Et surtout, on continuera de se charrier à longueur de temps.
Le temps s'était arrêté. Personne, pas même Hermione qui s'auto-surprenait, pas même Drago, dont le masque de neutralité ne trahissait pas la surprise qui l'étouffait intérieurement, ne s'était attendu à ça. Chacun se demandait comment allait réagir celui qui ne reculait devant rien. Et pour une fois, personne ne pipait mot. Ni Blaise et Pansy, ni Harry, ni un petit Première année qui tentait tant bien que mal de prendre une photo de ce moment historique.
L'occasion était trop belle. Il n'allait pas la rater, et elle viendrait le supplier d'arrêter de la faire autant chier, et il rirait de la voir si minable. Un petit sourire carnassier se dessina sur ses lèvres, et subitement, Hermione eut un peu peur.
Il allait lui faire ravaler sa superbe, et pas avec le dos de la cuillère. Il allait lui montrer ce qu'il en coûtait de s'en prendre au Prince des Serpentard. Il allait lui montrer qui dominait l'autre. Il allait lui faire voir que...
Bref. Et il allait s'amuser, ça c'était sûr.
Il franchit la moitié de la distance qui les séparait.
-Il paraît que tu aimes les compet', Granger. Et j'aime jouer. Le premier de nous deux qui tombe amoureux en premier ? Perd.
Hermione serra les dents. Elle aurait dû s'y attendre, et elle venait de se faire avoir en beauté. Elle avait posé les règles, sans s'apercevoir que son rival en profiterait. Et elle savait parfaitement qu'il ne faudrait que quelques secondes pour que son cœur de jeune femme frémisse devant les avances de ce séducteur de Malfoy. Elle avait plus de chances de se retrouver avec le cœur en morceaux que de faire tomber le mâle le plus charismatique de l'école.
Connard. Il venait de la piéger, il le savait, et il savait aussi qu'elle ne pourrait rien faire, sa fierté de Gryffondor l'empêchant de refuser.
Elle se rapprocha encore. Leurs chemises se frôlaient. Elle planta ses yeux dans les siens.
-Parfait.
Il sourit. Le combat promettait d'être intéressant.
Drago se rapprocha encore. Plus besoin de se rapprocher pour distinguer clairement les traits de l'autre. Il se pencha, dominant sa voisine d'une demi-tête. Que c'était bon de toiser son ennemie...
-Prépare-toi à perdre, Granger.
Elle sourit aussi. Elle détestait perdre, et pour le coup, elle avait un défi de taille. Au moins, elle aurait de quoi s'occuper.
Elle se rapprocha encore, de manière à n'avoir qu'à chuchoter. Leurs cheveux se mêlaient, et tout le monde était dans l'expectative. L'année avait déjà bien commencé, et s'annonçait chargée avec les ASPIC, mais là, ça dépassait toutes les espérances.
La tension était à son comble, et chacun se demandait déjà qui allait gagner le défi.
-Va crever, Drago.
Les deux sorciers sourirent, chacun sûr de sa victoire. La mauvaise ambiance qui s'annonçait, plusieurs mois après la Guerre, venait de s'alléger d'un coup. Un départ sur les chapeaux de roues, et des paris tout au long de l'année, sur le couple le plus improbable de la « Demi promo » aurait de quoi faire oublier toutes les rancœurs en cas de fin heureuse.
Les deux intéressés n'y pensaient pour l'instant pas, se disant surtout que la guerre était déclarée.
Ils se séparèrent, et toute la tension accumulée s'évapora d'un coup, alors que chacun se dépêchait de se rendre à son cours, et que la nouvelle se répandait à la vitesse de la lumière.
Avant la fin de la matinée tous les élèves étaient au courant, et avant la fin de la soirée le corps professoral au grand complet pouvait admirer les paris qui se mettaient déjà en place, incarnés par une liasse de parchemins, qui se mettaient automatiquement à jour à chaque nouvelle entrée. Évidemment, rien de tout cela n'était « officiel », mais grâce à un ingénieux génie, les élèves maîtrisaient parfaitement le sortilège de duplication, et avaient donc tous leur exemplaire personnel. Bien évidemment, tout jeu d'argent était prohibé, mais rien n'interdisait de commenter, ni de mettre en jeu un mois de portage de sac pour qui aurait raison sur le pari « Qui de Drago ou Hermione embrassera l'autre en premier ? » par exemple.
Le revers de la médaille était que Drago et Hermione étaient maintenant épiés du matin au soir, et que la notion d'intimité ne s'appliquait plus à eux. Les yeux étaient littéralement braqués sur eux, et chacun de leur mouvement était interprété dans un sens ou dans l'autre.
Mais rien qu'à voir l'air conquérant qu'arboraient le « couple », on savait d'avance que le jeu allait être passionnant.
Ce soir-là, une Ginny exaltée sauta sur Hermione quand celle-ci remonta dans la Tour. Les deux amies se demandèrent pendant des heures ce qui avait bien pu prendre Hermione pour oser le défier, et passèrent de longues discussions à se demander comment faire pour qu'Hermione gagne.
Cependant, Ginny savait très bien ce qu'impliquait ce jeu. Le chat et la souris. 90% du temps, on finissait par se faire entuber, qu'on le veuille ou non. Donc malgré son soutien inconditionnel à la tête pensante de Gryffondor, elle était quand même inquiète.
-Es-tu sûre de ce que tu fais, Herm ? questionna Ginny, l'inquiétude perçant dans ses yeux bleus.
-Mais oui, Gin, tu sais bien que je contrôle la situation, répondit Hermione avec un petit clin d'oeil.
Au moins une chose était sûre, Hermione Granger n'avait pas froid aux yeux.
Bon, voilà pour ce premier chapitre !
Certains doivent penser que j'ai choisi la facilité avec un plot super bateau de Hermione/Drago/pari, mais avant de vous faire un avis tranché, laissez-moi vous présenter la suite de la fic !
N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez en laissant une review, je me ferai un plaisir de les lires et d'y répondre :)
Alice.
