Salutation, lecteur, lectrice
Vous trouverez ci-dessous une nouvelle fanfiction prenant principalement les personnages des vidéastes Mathieu Sommet, le Fossoyeur de Films, Inthepanda et Anthox Colaboy dans un univers où leurs passions sont loin de se limiter à faire des vidéos sur Internet...
Ces personnages appartiennent à leurs auteurs respectifs, je supprimerai cette histoire si jamais l'un d'entre eux me le demande.
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture~
Prologue
La pièce était silencieuse en cette soirée étrange où les couleurs du crépuscule se fondaient dans les volutes de brume qui se posaient dans les rues, soulignant les rayons mourants du soleil qui traversaient la fenêtre restée entrouverte. L'air frais de la nuit s'infiltra, venant se glisser contre les serpentins gris de la cigarette posée dans un cendrier laissé à l'abandon sur une table entourée de quatre chaises vides, non loin de la minuscule cuisine et de l'évier dans lequel traînaient encore deux assiettes et des couverts.
Une flamme s'alluma dans la pénombre de l'appartement, éclairant un visage cerné et rond, soulignant de reflets chauds des cheveux bruns ébouriffés défiant quelque peu la gravité, et venant allumer dans un éclat de braise la cigarette coincée au coin de sa bouche.
Il tira une simple bouffée. Relâcha la fumée dans l'atmosphère presque irréelle de la scène. Il savait qu'il avait fait le bon choix. Ça avait été dur, vraiment, mais au final, cela était mieux pour tout le monde. Bien sûr, les autres n'allaient pas le comprendre. Ne lui pardonneraient pas. Mais il l'avait fait pour leur bien. À ce rythme, ils auraient tous fini en taule ou flingués par les flics dans une confrontation qui se serait finie en une fusillade fatale.
Ses yeux suivirent la danse des volutes, observa les rayons du soleil caresser leurs courbes éphémères. Ses doigts se crispèrent sur le bâtonnet de nicotine qu'il tenait entre l'index et le majeur. À cette heure-ci, il devait déjà être derrière les murs d'un asile, en train de se faire shooter de médocs afin de « guérir » son trouble de la personnalité multiple. Il y avait fort à parier qu'il n'en sortirait jamais. Il était trop atteint et trop instable pour pouvoir être relâché. Eh, si même lui, un putain de tueur en série, trouvait le gars vraiment dérangé, le corps médical n'allait certainement pas le laisser filer !
Il tira une nouvelle bouffée de sa cigarette, se frotta vivement la nuque alors qu'il coinçait une nouvelle fois le bâtonnet blanchâtre entre ses dents. Il espérait que les docs allaient pas trop le déglinguer quand même… Il lui avait certes évité la prison, mais est-ce qu'au final c'était mieux ? Il ne savait pas. Il n'était jamais allé en hôpital psy. Qui sait, ça aurait peut-être pu lui éviter de virer connard perfectionniste et amateur d'hémoglobine à ses trop nombreuses heures perdues…
- Je peux savoir ce qui t'a pris de faire ça ?
La voix était calme, grave, posée. Pourtant, elle réussit à le faire frissonner. Il fallait s'en douter, ses manigances n'avaient pas échappé au pelleteur…
- Tu sais très bien pourquoi je l'ai fait.
La réponse était sèche, nerveuse. Il pouvait sentir le regard de son comparse vriller sa nuque en une sensation de brûlure désagréable. Il s'avança d'un pas.
- Justement, non. C'est pour ça que je t'ai posé la question.
Le timbre restait le même. Clairement pas le ton. Il s'était fait plus menaçant, plus sombre, mais restait malgré tout agréable à écouter. C'est sans doute ce qui lui avait permis d'envoûter tant de ses victimes…
- Écoute, j'avais pas le choix ok ?! C'était soit ça, soit il finissait par tous nous faire chopper avec sa manie de laisser des traces partout ! Sans compter que, si ça se trouve, il allait finir par nous dénoncer, je te rappelle que quelques-unes de ses personnalités n'étaient pas avec nous !
Il se sentit plaqué contre le mur. Son souffle se coupa, irradiant sa poitrine d'une douleur désagréable mais tenable comparé à ce qu'il avait pu déjà vivre. Son regard se baissa sur le manche de la pelle plaquée contre son torse par son acolyte.
- Et ça ne t'as jamais traversé l'esprit de, je ne sais pas, nous en parler à moi et à Anthox avant de foncer tête baissée faire une connerie ?
Un rire nerveux lui échappa.
- T'es sérieux ? T'as vu comment il est Anthox avec lui ? Il aurait jamais voulu entendre raison putain ! Pour lui c'est un frère ce mec !
- Justement ! T'as pensé aux conséquences de ton acte ? T'as pensé au fait qu'ils ont un moyen de nous trouver et de nous coffrer en l'ayant sous la main ?!
- Il est dans un putain d'asile ! Un asile ! J'suis pas sûr sûr que les flics se basent sur lui pour avoir des infos tu vois !
Son comparse tiqua, appuyant plus fortement sur sa chère pelle, le faisant grincer des dents. Et merde… Si ça continuait, l'autre allait finir par lui en coller une.
La pression sur son torse disparu soudainement, le laissant reprendre plus librement sa respiration.
- Putain, fais plus jamais ça mec…
- T'as trois secondes pour te barrer d'ici et ne plus revenir, capiche ?
- Quoi ?! Mais…
- Dégage. Maintenant. Je fais mon affaire d'Anthox. On s'arrangera pour cramer l'appart et laisser aucune trace derrière nous.
Il releva la tête vers lui, osant enfin croiser son regard. Les dernières lueurs du crépuscule firent rougeoyer la pièce, laissant des reflets mortifères dans les iris noirs du fossoyeur, soulignant la courbe de la pelle encrassée que soutenait son épaule droite. Il était sérieux. Mortellement sérieux.
- Grouille-toi avant que je ne change d'avis et que je ne t'éclate la gueule sur le carrelage. Ne cherche plus à nous contacter Anthox et moi... Et si jamais tu as de nouveau l'idée de nous trahir pour sauver ton cul…
Il lui attrapa le col, le soulevant légèrement pour le mettre à sa hauteur et le fusiller sèchement du regard.
- Je te retrouverai et je m'occuperai personnellement de ton cas…
Violemment, il le repoussa contre le mur de la porte d'entrée. Il ne se le fit pas dire deux fois. L'instant d'après, il courait dans les couloirs et s'empressait de prendre sa bagnole garée non loin. Le fossoyeur observa le tueur en série démarrer la vieille caisse blanche qu'il avait volé depuis un bail à un particulier et filer dans les rues de la ville, sous le brouillard qui masquait désormais toute visibilité à plus de cent mètre. D'un geste, il sortit le portable coincé dans la poche de son manteau et appela le dernier numéro contacté. Il espérait que cela ne leur portera pas plus préjudice…
Mais, quelque part, il savait que leur destin était scellé.
