Message de l'auteur : pour bien caler mon histoire sur celle de Veronica Roth, j'ai dû recopier certains passages de son livre. Ils sont en italique dans le texte. Il y en a beaucoup dans ce chapitre, mais ça s'estompe par la suite. J'espère que vous aimerez malgré tout.
Cinq secondes, dans une toute une vie, ce n'est pas grand-chose. Mais parfois, ça peut tout changer.
TRIS
— Caleb. Donne-moi le sac à dos.
— Quoi ?
Je sors mon pistolet et je le braque sur lui.
— Donne-moi le sac !
— Tris, non, me répond-il en secouant la tête. Non, je ne peux pas te laisser faire ça.
— Pose ton arme ! rugit l'un des gardes au bout du couloir. Pose-la ou je tire !
— Je suis très résistante aux sérums, dis-je à mon frère. J'ai une chance de survivre à celui-ci. Toi, tu n'en as aucune. Donne-moi le sac à dos ou je te tire une balle dans la jambe et je le prends moi-même.
Puis je hausse la voix à l'adresse des gardes :
— C'est mon otage ! Si vous approchez, je le tue !
A cet instant, Caleb me rappelle mon père. Son regard est triste et fatigué. Son menton est bleui par une barbe d'un jour. Il me tend le sac avec des mains tremblantes.
Je le balance sur mon épaule et je mets mon frère entre moi et les gardes sans cesser de le viser.
— Caleb, je t'aime.
Ses yeux brillent de larmes tandis qu'il me répond :
— Moi aussi, je t'aime, Béatrice.
— A terre ! crié-je pour être entendue des gardes.
Caleb tombe à genoux.
— Si je ne m'en sors pas, dis à Tobias que j'aurais vraiment voulu rester avec lui.
Je pars à reculons en visant l'un des gardes par-dessus l'épaule de mon frère. J'inspire en stabilisant ma main. J'expire en tirant. L'homme pousse un cri de douleur et je me mets à courir. Le coup de feu résonne dans mes oreilles. Je fonce en zigzag, puis je plonge dans un tournant. Une balle se fiche dans le mur juste à côté de moi.
Sans ralentir, j'ouvre le sac à dos et je sors les explosifs et le détonateur. J'entends les cris des gens qui arrivent en courant derrière moi.
Vite. Vite.
J'accélère à une vitesse dont je ne me savais pas capable et mes pas vibrent dans tout mon corps. Encore un tournant deux hommes gardent la porte détruite par Nita et son groupe. Tout en serrant les explosifs contre moi, je tire dans la jambe de l'un et dans la poitrine de l'autre.
Le premier fait mine de prendre son arme. Je vise de nouveau et tire en fermant les yeux. Il ne bouge plus.
Je tourne dans le petit couloir et je fonce à la porte intérieure du labo. A toute vitesse, je plaque le boitier d'explosifs sur la barre en métal qui relie les battants. Je retourne m'abriter derrière le mur, j'appuie sur le détonateur et je me couvre les oreilles.
La déflagration me projette en avant. Mon pistolet glisse par terre. Des éclats de verre et de métal jaillissent dans l'air et pleuvent sur moi. J'entends toujours l'explosion quand je retire mes mains et je me relève tout étourdie, les jambes en coton.
Je prends cinq secondes pour ramasser mon arme, et c'est alors que les gardes surgissent en tirant. Je reçois une balle dans le bras qui tient le pistolet. Je hurle en plaquant une main sur ma blessure. La vision brouillée, je me précipite en titubant vers la porte béante.
Au-delà se trouve un petit vestibule et, au fond, une porte vitrée à double battant, sans système de fermeture. A travers les vitres, je vois le Labo d'armement, avec ses rangées de machines, d'appareils aux couleurs sombres et de flacons de sérum, éclairés par en dessous comme des objets de collection. J'entends une sorte de chuintement, et je sais que le sérum de mort a commencé à se disperser dans l'air. Mais les gardes sont sur mes talons, je n'ai pas le temps d'enfiler la combinaison de protection pour en retarder l'effet.
Je sais aussi, au fond de moi, que je peux survivre à ça.
J'entre dans le vestibule.
Je sais que je peux survivre. Je le sais, je le dois et je le veux.
Le sérum de mort a une odeur âcre et épicée, et mes poumons le rejettent dès la première bouffée. Je tousse, je crachote, et je me fais avaler par l'obscurité.
Je tombe à genoux. C'est comme si on avait remplacé tout mon sang par de la mélasse et mes os par du plomb. Un fil invisible me tire vers le sommeil, mais je veux rester éveillée. C'est important que je garde cette volonté-là. Je m'imagine cette volonté, ce désir, en train de brûler telle une flamme dans ma poitrine.
La tension du fil s'accentue et j'attise la flamme avec des noms : Tobias Caleb Christina Matthew Cara Uriah Zeke.
Mais je me sens céder sous le poids du sérum. Je m'écroule et mon bras blessé s'écrase contre le carrelage. Je dérive...
« Ce serait si doux de te laisser flotter, me dit une voix dans ma tête. De voir où ça te mène... »
Mais le feu, le feu.
Le désir de vivre.
Je ne suis pas encore vaincue. Non.
J'ai l'impression de creuser dans mon propre esprit. J'ai du mal à me rappeler ce que je suis venue faire ici, et pourquoi je tiens tant à me décharger de ce poids délicieux. Mais soudain mes doigts qui grattent trouvent ce que je cherchais : le visage de ma mère, et les angles bizarres que dessinent ses membres sur le trottoir, et le sang qui coule de la poitrine de mon père.
« Mais ils sont morts, me dit la voix. Tu pourrais aller les retrouver. »
« Ils sont morts pour me sauver », vient la réponse.
Et j'ai une chose à accomplir en retour. Je dois éviter à d'autres de tout perdre. Je dois sauver la ville et ceux qu'aimaient mon père et ma mère.
Le feu, le feu. Il fait rage en moi. Le feu de camp se change en feu de l'enfer et mon corps lui sert de combustible. Je le sens qui court en moi, grignotant le poids. Rien ne peut plus me tuer maintenant je suis forte, invincible, éternelle.
Je sens le sérum qui s'accroche à ma peau comme de l'huile, mais l'obscurité recule. J'abats une main lourde sur le carrelage pour me donner une impulsion et je me relève.
Pliée en deux, je pousse la porte d'un coup d'épaule et elle s'ouvre dans un grincement de joints qui se séparent. J'y suis. J'y suis.
Mais je ne suis pas seule. Je ne sais pas où je trouve le réflexe, mais je braque mon pistolet droit devant moi.
Baisse ton arme, m'ordonne David. Bonjour Tris.
— Comment as-tu fait pour te vacciner contre le sérum de mort ? me demande-t-il.
Il est toujours dans son fauteuil roulant, et me braque avec un pistolet.
Je cligne des paupières, encore étourdie. Mais je parviens à le garder en joue, en espérant avoir l'air aussi menaçante que je le souhaite.
— Je ne me suis pas vaccinée.
— Ne me prends pas pour un imbécile. On ne peut pas survivre au sérum de mort sans vaccin, et je suis le seul à en avoir un.
Je me contente de le fixer sans trop savoir quoi dire. Je ne me suis pas vaccinée. Le fait que je sois encore debout est impossible. Que pourrais-je lui dire de plus ?
— J'imagine que cela n'a plus d'importance, maintenant, reprend-il.
— Qu'est-ce que vous faites là ? bredouillé-je.
J'ai l'impression que ma bouche est énorme et j'ai du mal à remuer les lèvres. Je ressens toujours cette espèce de poids huileux sur ma peau, comme si la mort s'accrochait encore à moi après que je l'ai vaincue.
Je raffermis ma prise sur mon pistolet, heureuse d'avoir eu la présence d'esprit de le ramasser après l'explosion. Le contact du métal froid dans ma main me raccroche à la réalité, et me tient un peu plus éloignée de ce marasme dans lequel je semble flotter.
— Je savais que tu préparais quelque chose, me répond David. Tu as traîné toute la semaine avec des GD, Tris. Tu croyais que je ne m'en apercevrais pas ?
Il secoue la tête.
— Là-dessus, ton amie Cara se fait prendre en train de trafiquer l'éclairage. Mais elle a eu le réflexe de boire le sérum de paix qu'elle avait sur elle avant de pouvoir nous apprendre quoi que ce soit. Alors je suis venu ici, au cas où. C'est triste, mais je ne suis pas surpris de te voir.
— Vous êtes venu seul ? demandé-je. C'est pas très malin.
J'appuie mes dires en ajustant ma prise sur mon pistolet, et en visant sa tête.
Il me jette un regard oblique.
— Je te signale que moi aussi je suis armé, et qui plus est immunisé contre le sérum. Tu ne peux pas te battre contre moi, tu tiens à peine debout malgré toute ta volonté à me prouver le contraire. Je ne vois donc pas comment tu pourrais voler quoi que ce soit alors que je te tiens en joue. J'ai bien peur que tu n'aies fait tout ceci pour rien, et au prix de ta vie. Puisque le sérum ne t'a pas tuée, c'est moi qui vais le faire. Je suis sûr que tu comprends – officiellement, nous n'appliquons pas la peine capitale, mais je ne peux pas te laisser vivre après cela.
Il croit que je suis là pour voler les dispositifs de réinitialisation, pas pour en déclencher un. C'est parfaitement logique...
J'essaie de garder une expression neutre, bien que je sois à peu près sûre que les muscles de mon visage sont encore relâchés. Mes yeux balaient la pièce à la recherche du dispositif de dispersion du sérum d'oubli. J'étais là quand Matthew a tout décrit à Caleb par le menu : un boitier noir avec un pavé numérique, marqué par un bout de scotch bleu portant un numéro. C'est l'un des seuls objets posés sur la paillasse le long du mur de gauche, à peine à plus d'un mètre de moi. Mais si je bouge, il me tue.
A moins que je ne bluffe. Je baisse alors mon arme, mais je ne la lâche pas.
Je vais devoir attendre le bon moment, et agir vite. En espérant que mes réflexes seront aussi aiguisés que d'habitude.
— Enfin un peu de bon sens, déclare-t-il. Tu sais que tu n'as aucune chance, tu fais bien de te rendre, même si ça ne changera rien au destin que je te réserve.
— Je sais ce que vous avez fait, dis-je.
Je commence à reculer, en espérant que mon accusation va le distraire.
— Je sais que vous avez conçu la simulation d'attaque. Je sais que vous êtes responsable de la mort de mes parents ; de ma mère. Je le sais.
— Je ne suis pas responsable de sa mort ! s'insurge David, les mots sortant de sa bouche comme d'une sarbacane, trop vite et trop fort. Je l'ai prévenue juste avant l'attaque pour qu'elle ait le temps de vous mettre à l'abri. Si elle s'était tenue tranquille, elle serait encore en vie. Mais c'était une écervelée qui ne comprenait pas qu'on doit faire des sacrifices pour le bien du plus grand nombre. Et elle en est morte !
Je le dévisage, perplexe. Quelque chose m'interpelle dans sa réaction, dans son regard voilé, quelque chose qu'il a marmonné quand Nita lui a injecté le sérum de peur, quelque chose à propos d'elle.
— Vous l'aimiez ? Toutes ces années pendant lesquelles elle vous a écrit... Si vous ne vouliez pas qu'elle reste là-bas... Si vous lui avez dit que vous ne pouviez plus lire ses rapports après son mariage avec mon père, c'était parce que...
Il reste immobile comme une statue, un homme de pierre. J'en profite pour reculer encore d'un pas, et je sens qu'avec les minutes qui s'égrènent, je reprends peu à peu contrôle sur mon corps. Le sérum de mort se dissipe en moi...
— Oui, m'avoue-t-il. Mais c'est du passé.
Ce doit être pour cela qu'il m'a accueillie dans son cercle rapproché. Parce que je lui ressemble, que j'ai ses cheveux et sa voix. Parce qu'il a passé sa vie à essayer de l'atteindre sans jamais saisir autre chose que du vide.
J'entends des pas dans le couloir. Les gardes arrivent. Parfait – ils vont m'être utiles. Ca m'arrange qu'ils s'exposent au sérum d'oubli et le transmettent au reste de la population. Espérons qu'ils attendront que l'air soit purifié du sérum de mort.
Je dois encore gagner du temps, je dois le faire parler.
— Ma mère n'était pas une écervelée. Au contraire, elle savait quelque chose que vous n'avez jamais compris : quand on prend la vie d'un autre, on n'accomplit pas un sacrifice, on commet un crime.
Je fais un nouveau pas en arrière en ajoutant :
— Elle m'a tout appris sur ce qu'est un véritable sacrifice. Qu'il doit être fait par amour, non par aversion irrationnelle pour les gènes des autres. Qu'il doit être fait par nécessité, pas avant d'avoir épuisé toutes les autres possibilités. Qu'il doit être fait pour ceux qui ont besoin de notre force parce qu'ils n'en ont pas assez. C'est pour ça que je dois vous empêcher de « sacrifier » tous ces gens et leur mémoire. Que je dois débarrasser le monde de vous une bonne fois pour toutes.
— Et comment comptes-tu t'y prendre ? En faisant tout sauter, comme tes petits camarades GD la dernière fois ? Oui bien en me tuant froidement ? Dans les deux cas, cet acte ferait de toi une tueuse, et je ne crois que ta mère en serait fière.
— Je crois que c'est la première fois depuis que je vous connais que je suis d'accord avec vous David. Mais encore une fois, vous vous trompez.
Puis, après une pause :
— Je ne suis pas venue ici pour voler quelque chose, David. Ni pour vous tuer. Même si ce n'est pas l'envie qui m'en manque...
C'est le moment de vérité. Je braque mon arme sur lui et lui vise son bras droit, celui qui tient son arme. Je suis rapide, mais il a l'avantage de ne pas être affecté par le sérum de mort. La balle atteint son but, mais après que lui aussi ait tiré.
Tout se passe très vite. Je me jette sur le boitier, et je sens la douleur se répandre dans tout mon corps quand la balle me touche.
J'entends encore Caleb répéter le code à Matthew. D'une main secouée de tremblements, je tape les chiffres sur le pavé numérique.
David tire une deuxième fois.
Une nouvelle vague de douleur m'assaille et ma vision se tache de points noirs, mais j'entends toujours la voix de mon frère. Le bouton vert.
Tellement mal.
Comment est-ce possible, alors que mon corps est si engourdi ?
Je chancelle et je plaque la main sur le pavé numérique tout en m'affalant. Le bouton vert s'allume.
J'entends un bip et le bruit d'un mécanisme qui mouline.
Je m'effondre. Quelque chose de chaud coule dans mon cou et sous ma joue. Rouge. Le sang est d'une drôle de couleur. Foncée.
Du coin de l'oeil, j'entrevois David affaissé dans son fauteuil.
Et ma mère arrive derrière lui.
Elle porte les mêmes vêtements que la dernière fois que je l'ai vue, du gris des Altruistes, tâchés de son sang, les bras nus, révélant son tatouage. On voit encore les trous faits par les balles dans sa chemise et, en dessous, le rouge de ses plaies. Mais elles ne saignent plus, comme si le temps s'était arrêté pour elle. Elle a noué ses cheveux blond cendré en chignon, mais quelques mèches folles encadrent son visage d'or.
Je sais qu'elle ne peut pas être vivante ; ce que je ne sais pas, c'est si je délire parce que j'ai perdu trop de sang, si le sérum de mort m'embrouille l'esprit, ou si c'est encore autre chose.
Elle s'agenouille à côté de moi et pose une main fraîche sur ma joue.
— Bonjour Béatrice, me dit-elle en souriant.
— Ca y est, c'est fini ? demandé-je, sans savoir si je prononce réellement les mots ou si elle les lit dans mon esprit.
— Oui, me répond-elle, les yeux brillants de larmes. Ma fille chérie, tu as été admirable.
Elle s'arrête et me regarde, un air triste dans le regard qui contredit le sourire sur ses lèvres.
— J'aimerais tant t'emmener avec moi, murmure-t-elle en laissant couler ses larmes. Mais je n'ai pas le droit d'être égoïste, je suis une Altruiste. Ton heure n'est pas encore venue, mais l'épreuve qui t'attend sera la plus difficile.
Une épreuve ? Encore ? Je ne veux pas, je ne peux pas, je veux dormir, là, maintenant...
J'ai envie de fermer les yeux et de me laisser happer par ce fil qui me tire. Mais j'entends la voix de ma mère, et j'ai l'impression qu'elle me secoue.
— Ne t'endors pas Béatrice ! implore-t-elle. Tu dois combattre ton corps qui veut abandonner. Tu dois tenir encore, et sortir d'ici. Caleb est toujours dehors, il prendra soin de toi.
— Je ne peux pas maman... Je...
— Bats-toi ! Tu es une Audacieuse, tu n'as pas le droit d'abandonner !
— Je suis fatiguée, maman... Je suis fatiguée de me battre...
Je sens mes yeux qui se ferment. Il serait tellement doux de me laisser aller... J'ai tellement mal...
— Rappelle-toi la dernière chose que t'as dit Tobias, me dit-elle. Rappelle-toi !
Tobias... J'étouffe un sanglot tandis que l'image de Tobias surgit dans ma tête et que je repense à son regard, si sombre et profond, à ses mains, si chaudes et si fortes, la première fois que nous nous sommes retrouvés face à face.
Puis la dernière image que j'ai de lui me revient à l'esprit. Son regard. La flèche de bleu plus clair dans son oeil gauche, et ce bleu sombre qui me donne une sensation d'enveloppement et de sécurité.
Et les derniers mots qu'il m'a dit résonnent dans mon esprit :
— Moi aussi, je t'aime. A bientôt.
« A bientôt. » Oui Tobias, à bientôt. Je vais y arriver, je vais me battre, une dernière fois. Pour toi. Pour nous.
Je serre les dents et je frappe le sol de la main aussi fort que je le peux. Le choc résonne dans tout mon corps et fait reculer brièvement l'engourdissement qui commençait à me gagner. C'est contre moi que je me bats, contre mon propre corps qui est blessé et n'aspire qu'à se reposer, à abandonner. Je sais que je perds beaucoup de sang, et c'est probablement ça qui risque de me tuer. C'est une course contre la montre, je dois faire vite, alors que je ne peux aller que très lentement. Si je dois m'en sortir, c'est ma volonté qui fera la différence.
Je ne peux pas marcher, je suis trop faible. Alors je rampe. Mon bras blessé traine inerte à côté de moi, c'est à la force d'un seul bras que je prends appui sur le sol pour me propulser en avant.
Avancer, coute que coute.
Je ne vois plus ma mère, elle devait être une hallucination, mais elle a provoqué un déclic en moi. Je peux y arriver. Pour elle, pour Tobias. Je vais y arriver.
