Disclaimer: Tout est à JKR - qui mérite des souffrances atroces pour avoir tué Cédric!
Note absolument inutile de l'auteur: Parfois, je me demande si Kiwi le Smoothie fait exprès d'écrire aussi bien et surtout sur les personnages et les couples que j'idolâtre par dessus tout parce qu'elle sait que je suis quelqu'un de très reconnaissant et que je serai obligé de la remercier en lui offrant une fic sur un couple qu'elle-même idolâtre. TYRAN! Bref, ceci est - probablement - un TwoShot, dont la deuxième partie viendra durant les vacances, quand j'aurai la fois de l'écrire - si d'ici là, Kiwi n'a pas écrit un autre truc complètement génial qui nécessitera un autre cadeau.
WARNING WARNING ! : Après avoir reçu un nombre de remarque à ce sujet, je décide, certes un peu tard, de prévenir les gens que l'écriture de cette fic est particulière puisque ne comprenant des sujets devant les verbes qu'en cas d'extrême nécessité. C'est un style que j'ai découvert dans la consolante d'Anna Gavalda et que j'ai voulu exploiter puisque l'ayant apprécié. Vous êtes donc prévenu, et je serai plus qu'heureux que vous preniez la peine de lire ces quatre chapitres. Si, cependant, votre seule conclusion est la lourdeur que vous avez ressenti face à cette absence, ne m'en faites pas part. Je suis conscient que ce style ne plait pas à tout le monde. Sur ce, bonne lecture.
O(+Foudre+)O
Partie 1
C'était une sensation que Cédric connaissait depuis toujours, qu'il avait déjà vécu des centaines de fois et qui aurait normalement dû être propice à l'éveil d'une certaine habitude; mais rien à faire, n'arrivait pas à prendre un certain recul, à se dire qu'il ne recommencerait plus, à y prendre un quelconque goût ou à ne plus tout simplement rien ressentir. Rien. Nada. Nothing. Ce putain de phénomène qu'on appelle si bien "gueule de bois" restait une des choses qu'il détestait le plus au monde et l'état physique dans lequel il aimait le moins se trouver.
Ses yeux s'étaient-ils à peine ouvert qu'une vive douleur avait surgis dans son crâne, le forçant à les refermer, d'autant que l'agressante lumière du soleil n'arrangeait absolument pas les choses. Les entrouvrit lentement, le temps de bien s'habituer à la lumière, puis les ouvrit en grands une fois que ce fut fait. La première chose qu'il vit fut un plafond de pierre, aussi blanches qu'après un ravalement de façade. Tourna sa tête vers la gauche et tomba sur plein d'autre lit aligné, ce qui lui permit d'arriver à une conclusion plus qu'évidente: se trouvait à l'infirmerie.
Ne se rappelant d'absolument rien, parcourut son corps avec ses mains afin de rechercher une éventuelle douleur. Rien de ce côté là, mais il nota au passage qu'il était complètement nu. Força son esprit à essayer de lui faire parvenir quelques images de la veille et ne rappela qu'avoir dansé avec Cho Chang tout en buvant plus que de raison. Rien de ce côté là non plus - Ne considérait pas une épaisse brume noire comme un signe distinctif de souvenir. Tendit l'oreille afin de vérifier que Mme Pomfresh n'était pas dans les parages et remarqua que le jour venait à peine de se lever, ce qui devait signifier qu'il devait être aux alentour de sept heures, et que l'infirmière ne devait arriver que d'ici une heure environ...
Que diable faisait-il ici?
Obtint la réponse quelques secondes plus tard lorsqu'un bras s'enroula autour de sa taille. Sourit. Connaissait - comme la plupart des élèves de cette école - le sort permettant de forcer les serrures et en déduit que sa compagne de danse, elle aussi trop arrosée par l'alcool, avait dû l'entrainer dans cette endroit déserté la nuit afin d'y passer un peu de bon temps. Avait plus d'une fois entraîné ses petites amis dans cet endroit, là ou l'intimité obligatoire - tout dépend des personnes - pour ce genre de relation est plus forte qu'un dortoir et un sort de silence. Sourit encore en se disant qu'il était parvenu à ses fins, son intention première étant bien sûr de séduire la chinoise, voir plus.
Pourtant, un instant plus tard, écarquilla les yeux sous la surprise.
Ne connaissait pas suffisamment Cho pour connaitre son corps dans les moindres détails, certes, mais il était toutefois certain, notamment grâce à ses premières analyse physique de l'attrapeuse, qu'elle s'épilait les bras. Fut donc surpris de voir qu'il ressentait quelques picotements sur son bras, celui de sa partenaire se trouvant sous le sien. Pensa au départ que la Serdaigle devait s'être trop tuée par l'alcool pour qu'il ait pu tenter d'aller plus loin avec elle, mais que souhaitant tout de même ne pas aller se coucher bredouille, avait pris une autre fille.
L'image d'une fille n'étant pas à la hauteur de sa réputation l'effrayant tant, ne se retourna pas et se dit qu'il serait préférable de regarder ce bras de plus prêt afin de voir déjà ne serait-ce que la couleur de peau, s'il y avait également des grains de beauté, une cicatrice, ou bien une quelconque marque particulière lui rappelant une fille avec qui il aurait pu avoir le moindre rapport. Souleva donc délicatement le draps et frôla l'infarctus en regardant en détail le bras de la personne partageant une nuit avec lui. Malgré les multiples pincement de peau qu'il s'auto infligeait, ne sortait d'aucun sortilège d'illusion et faisait toujours face au même bras et à la même constatation.
Ce n'était pas un bras de femme.
Mit en revanche bien moins de temps à se retourner qu'à en arriver à cette conclusion; devait savoir qui c'était et surtout s'il avait vraiment fait ce à quoi il pensait (je vois déjà Kiwi avec la bave aux lèvres). Ne sut, quand il vit la personne, ce qu'il y avait de pire: qu'il s'agisse véritablement d'un homme ou qu'il s'agisse plus particulièrement de son principal rival dans le tournois des trois sorciers, Viktor Krum. Ne sut pas non plus distinguer la pire situation entre le fait que le bulgare était également nu de la tête au pied ou qu'il venait d'ouvrir les yeux - ce qui signifiait qu'il avait complètement dessaoulé - et de lui balançait en pleine poire un magnifique sourire.
Ce qu'il eut la capacité de distinguer dans tous les cas, c'était qu'il s'agissait d'une position plus que gênante et qu'il devait s'en extraire le plus rapidement possible pour sa survie mentale, à laquelle il tenait beaucoup, surtout en temps que candidat du tournoi. Voilà pourquoi d'un bon il s'extirpa du lit et s'en éloigna le plus possible, non moins sans oublier de balancer un regard quasi-indéfinissable à Viktor, marqué de haine et d'incompréhension. Incompréhension tout à fait justifié puisqu'il ne pouvait décemment comprendre qu'il ait pu passer une nuit entière avec un homme à... Ne préférait guère envisager cette possibilité.
-Cedrrric?
Oh non non non non non! Connaissait trop ce genre d'intonation dans la voix d'une personne, l'ayant ouï de toutes les filles qu'il avait emmenées ici. Connaissait bien cette tactique de prononciation de prénom sur un ton interrogatif, qui signifiait en tout point: "Cédric? Pourquoi n'es-tu plus dans ce lit ou nous avons enfreint au moins une quarantaine d'article du règlement intérieur dans le seul but de nous envoyer en l'air et d'atteindre le septième ciel ensemble?". Eut par ce fait la plus démonstrative confirmation qu'il s'était bien passé quelque chose entre eux deux, et que Viktor se souvenait d'absolument tout - ce qui ne semblait pas vraiment le déranger, d'ailleurs!
-Mais qu'est-ce que c'est que ce bordel? s'époumona-t-il.
-Comment ça?
-Je te demande pardon? Je te signale que je n'ai pas pour habitude de me retrouver un matin dans un lit avec un autre homme, sans aucun souvenir de la veille, et qui plus est complètement à poil!
Par la fin de sa phrase et la manière dont le bulgare le regardait, se rappela qu'en effet il n'était pas vêtu de la plus chaude tenue. Injuria Merlin et le remercia du plus profond de son cœur la seconde qui suivit pour lui avoir fait remarquer que ses affaires se trouvaient à ses pieds. Enfila son pantalon avec tant de précipitation qu'il faillit tomber à la reverse, ce qui lui attira les rires de Viktor qui lui confia qu'il ressemblait vraiment à une fille n'arrivant à marcher avec des talons. Toutefois, cette exclamation se calma rapidement quand le bulgare se reçut son attaque favorite, le très mystique regard noir du Poufsouffle énervé.
Maintenant qu'il était tout habillé, que chaque partie de son anatomie n'était pas dévoilée aussi impudiquement, s'assit sur la chaise la plus proche et plaça sa tête entre ses mains, tentant de faire le point. Par le Quidditch comment avait-il pu atterrir ici! Certes, l'alcool n'avait jamais eu d'effet très positif sur lui, cependant, avait toujours su garder un minimum de contrôle permettant d'obtenir environ vingt pour cent de sa lucidité, ce qui était largement suffisant pour le refreiner lorsqu'un homme lui faisait des avances, ou le refreiner lorsqu'il voulait en faire sous l'effet de ces boissons du diable! Releva la tête en direction de Viktor, décidé à savoir absolument tout.
-Krum... Qu'est-ce qu'il s'est passé?
-Tu ne t'en souviens pas?
-Tu crois vraiment que si je m'en souvenais, je te le demanderais? Non! Je ne me rappelle de rien, à part d'avoir dansé avec Cho, c'est tout!
-Euh... murmura Viktor alors que son visage se teintait d'hésitation.
-Quoi?
-Je ne sais pas vrrraiment si tu as envie de savoirrr.
Soupira. Le désavantage majeur avec la gueule de bois, c'est qu'elle le rendait très impatient, mais à la fois très moue. Cette mollesse ne lui fit prendre conscience de ce que venait de dire le bulgare avec un peu de retard. Bien que leurs interprétations des gestes et des paroles puissent être diamétralement différentes - à ce qu'il en savait -, Krum avait surement noté qu'il était dans un état de frustration avancé et qu'il n'était peut-être pas dans son intérêt propre de l'aggraver par une révélation qu'il ne pourrait pas supporter. Comprit... Comprit qu'il avait fait quelque chose de particulièrement regrettable, comprit que l'entendre de la bouche de son rival serait également très dur, et pourtant, ne put s'en empêcher.
Se connaissait. Savait qu'il ne servirait à rien de tourner autour du pot durant des heures et des heures entière, qu'il s'emportait et qu'on retrouverait Krum dans une boite d'allumette, alors hocha la tête en signe d'approbation. Se demanda si le bulgare le croyait toujours envouté par les effets secondaire d'abus de bièreaubeurre, vu que ce dernier détourna son regard et contempla les draps. Confirma son hypothèse quant au fait que ce qu'il allait entendre allait fortement lui déplaire, Viktor étant - de ce qu'il avait vu - un garçon plutôt franche, n'hésitant guère à dire les choses en face - l'avait entendu dire à une élève de Poudlard qu'elle était grosse et moche et qu'elle n'avait même plus intérêt à lui tourner autour.
-Accouche!
-D'accorrrd, d'accorrrds! Comme tu le sais, j'étais avec Herrr-mion-heuu, et vu qu'elle avait l'air rrrelativement parrrtisante du : "boirrre avec modérrration", j'ai prrréférrré ne pas trrrop me gaver à la bièrrre... Ce qui n'était vrrraiment pas ton cas... Serrrieusement, Cedrrric, est-ce que tu as compté le nombrrre de bièrrre que tu t'es enfilé? Même moi, qui ne te rrregarrrdais pas tant que ça à ce moment, j'ai immédiatement deviné que tu buvais plus que de rrraison. Aprrrès, les prrrofesseurrrs nous ont virrré en nous disant d'aller nous coucher, mais avant que j'ai pu rrrejoindre mon dorrrtoirrr, tu m'as entrrrainé dans un couloirrr ou aucun prrrofesseurrr ne nous a vu. Comme tu peux t'en douter, je t'ai demandé des explication, et tu sais ce que tu as fait? Tu m'as embrrrassé Cedrrric! Tu m'as embrrrassé! Je t'ai rrrejetté en te disant bien que tu rrregréterrrait d'avoir fait ça une fois que tu serrrais lucide, mais tu as rrrecommençait, puis tu m'as emmené ici et...
Le bulgare n'avait en effet aucun besoin de continuer, avait déjà tout comprit, ce qui le détruisit encore plus. Durant la longue tirade du célèbre attrapeur, s'était mis à réfléchir à toutes sortes de possibilité, cherchant des suites plausibles avant de savoir qu'elle était la véritable. Crut que, complètement bourré, n'avait su repousser un homme faisant quasiment deux fois son poids, mais en aucun cas que c'était lui qui avait pu faire le premier pas, que c'était lui qui avait ouvert toute sorte de possibilités en provoquant un baiser, que c'était entièrement de sa faute s'il se retrouvait dans une toute nouvelle situation qu'il n'appréciait pas, mais alors vraiment pas du tout.
-Et tu n'as rien fait pour m'en empêcher à part me dire que j'allai le regretter?
Cette interrogation lui paraissait en tout point impératif et inévitable, car aux dernières nouvelles, Viktor Krum était hétérosexuel. N'était pas un adepte inconditionné de tous les magazines peoples magiques, seul papier ou il pouvait entendre autre chose que des éloges sur le bulgare, mais d'un coup, ça lui parut être l'évidence même. Après tout malgré une insensibilité si prononcé, comment pouvait-il résister aux multiples avances qu'il recevait chaque jour de la part de toute la gente féminine de Poudlard ou de Beauxbâtons? N'importe quel homme en rêvait, et lui, s'en fichait ouvertement? C'était surréaliste.
-Tu... Tu es gay?
Vit ce que personne d'autre que lui n'aurait l'occasion de voir, Viktor devenant aussi rouge que les couleurs Gryffondoriène. Eut une petite envie de rire. Le grand Viktor Krum, considéré comme un des meilleurs attrapeur de sa génération, se montrait sous son véritable jour, devant ses yeux, et il n'arrivait à nier le fait que c'était incroyablement mignon. Et il n'y avait pas que la rougeur de ses joues, mais aussi son expression timide, ses yeux cherchant n'importe quoi à regarder autre que lui, ses doigts s'entremêlant, et enfin, son petit hochement de tête discret. Le schéma parfait du petit garçon dont on a découverte le secret.
Malgré tout, trouva cela des plus étranges. Ayant l'immense chance de posséder une belle gueule lui attirant bien des petites amies potentielles, savait combien on pouvait atteindre parfois des seuils insupportable. Et encore, ne vivait cet agglutinement que dans une grande école, alors que Viktor, lui, devait subir ça dans le monde entier. Voilà pourquoi si se demanda pourquoi un coming-out ne s'était pas imposé dans son esprit, justement pour que ce dernier se libère et souffle de temps en temps, les cris hystériques n'étant pas l'ambiance la plus bénéfique à une parfaite concentration.
-Je sais ce que tu te demandes... Je suis joueurrr de Quidditch prrrofessionel, Cedrrric, si tout le monde savait que je suis gay, crrrois-moi quand je te dis que j'aurrrai déjà perrrdu mon poste depuis longtemps. Il rrreste malheurrreusement trrrop de con surir cette planète, et un bon nombrrre d'entre eux sont des joueurrr de Quidditch. Il Garrod en tête cette image de l'homosexuel supers efféminé incapable d'attrrraper un ballon sans se casser un ongle... Non, Cedrrric, il m'est impossible de le dirrre à qui que ce soit, et encorrre moins dans une école ou le moindrrre secrrret ne le rrreste qu'une heurrre tout au plus.
Acquiesça, également conscient que Poudlard n'était vraiment pas le meilleur endroit de la terre pour garder un secret bien au chaud. Comprenait ce que venait de lui dire Viktor. En effet, depuis une année de ça environ, joueur de Quidditch professionnel était un métier que de plus en plus de jeune souhaitait faire, et vu que certain parmi eux - pensait plus particulièrement à Oliver Wood - possédait de vrai talent, les places devaient se garder précieusement. Viktor ne pourrait risquer de mettre en danger une place qui pourrait lui être pris par un jeune, ne pouvait risquer de perdre son gagne pain et le luxe auquel il s'était habitué.
Réfléchit. Viktor venait de lui avouer son homosexualité, et d'après ce qu'il voyait, venait de coucher avec ce dernier. Réfléchit et de dit qu'il fallait absolument mettre les choses aux claires, avant que l'attrapeur ne se mette en tête des idées qui resteraient à jamais irréalisables. Ne connaissait pas suffisamment Krum pour savoir s'il était le genre de personne à vouloir plus après un rapport, ce genre de personne qui a vécu un petit truc avec quelqu'un et qui croit que ce dernier est un signe évident d'amour purement réciproque, ce genre de personne qui interprète tout de travers et qui s'enflamme pour au final redescendre et s'écraser sur le sol douloureusement.
-Ecoute-moi bien, Viktor - préférait utilisait son prénom, pour avoir plus d'impact -, ce qui c'est passé n'est qu'une monumentale erreur. Tu l'as dis, j'étais bourré, je ne me rendais pas compte de ce que je faisais... Donc désolé si tu as cru que je pouvais éprouver quelque chose pour toi... Je... Je t'aime bien en temps que personne, tu es franche et amical, mais ça ne va pas au delà, compris?
Viktor hocha la tête, mais lui, vit que c'était comme lui demandait de s'enfoncer un couteau dans le coeur, comme si on venait de lui annoncer une chose terrible. Comprenait cela également, ayant lui aussi plus d'une fois cru qu'une chose sérieuse pouvait se produire entre une femme et lui, jusqu'à ce qu'il découvre que cette dernière n'avait fait ça que pour se vanter d'être sorti avec un mec aussi populaire que lui. Ne voulait pas faire souffrir Viktor, car, comme il l'avait dit, c'était une personne fort sympathique, mais il préférait que celui-ci ne se fasse pas de faux espoir, qu'il ne croit pas inutilement et qu'en conséquence cela lui fasse du mal.
-C'est amusant, fit le bulgare.
-Quoi donc?
-Je ne sais pas... Je pensais que tu rrréagirais autrrrement, que tu serais beaucoup plus énerrrvé...
C'est vrai, pensa-t-il. Avait également cru en se levant qu'il ne réussirait pas se contrôler, qu'il menacerait Viktor, qu'il se persuaderait que c'était l'entière faute de l'attrapeur et que celui-ci l'aurait forcé à faire ceci, qu'il aurait profité de son état. Ne savait pas lui-même pourquoi il n'avait pas réagi de la sorte, peut-être parce qu'il accordait un grand respect à son rival, qu'il enviait son talent au Quidditch et son courage durant la première tache. Ne savait pas. Etait une personne calme qui ne cherchait pas les problème, mais surtout, qui assumait ses erreurs. Avait fait une erreur, l'acceptait. C'était entièrement suffisant.
-Bon, salut, dit-il en enfilant le reste de ces vêtements. Dépêches-toi de t'habiller, l'infirmière va arriver d'ici cinq minutes, continua-t-il avant de sortir.
O(+VKCD+)O
Enrageait.
Bien des événements avaient pu l'énerver tout au long de sa vie, le poussant dans des états de colère incroyable qu'il n'arrivait plus à contrôler, cassant tout autour de lui. Ces états de colère étaient la plupart du temps provoqués par l'incompétence de certain membres de son équipe alors qu'ils se trouvaient dans d'importantes compétitions. Se souvenait particulièrement bien de la coupe du monde qu'il avait disputé au début de l'année et de son énervement quant à la mauvaise manœuvre de son batteur lui ayant par mégarde envoyé un cognard qu'il avait évité de justesse. Eprouvait encore une douleur à la gorge d'avoir crié de la sorte.
Mais là, pour une fois, ça n'avait aucun rapport avec le Quidditch. Son énervement lui venait d'un domaine qu'il ne connaissait quasiment pas, un domaine qu'il avait toujours soigneusement évité par peur qu'il ne prenne l'ascendant sur sa carrière professionnelle et qu'elle ne lui entache, l'empêchant de se concentrer suffisamment. Bien sûr, était conscient qu'il ne contrôlait en aucun cas ces crises, qu'elle survenaient sans qu'il ne s'y attende - malgré sa connaissance parfaite de la longue liste des choses qui l'énervaient le plus -, et qu'il ne tenterait en rien de se calmer, parce que crier ou taper sur quelque chose le détendait, ça ne l'empêchait pas de bouillonner.
Un mois. Un mois maintenant que Cédric l'évitait ouvertement. Un mois maintenant qu'il n'arrivait même pas à s'approcher d'un mètre avant que le Poufsouffle ne balance il ne savait quoi à ses amis pour s'esquiver. Un mois maintenant que son rival ne le regardait même plus dans les yeux - ne le regardait plus tout court. Un mois maintenant qu'il essayer de lui parler mais qu'il n'y arrivait pas. Un mois maintenant que Cédric sortait officiellement avec Cho Chang et qu'il s'amusait presque à l'embrassait devant ses yeux. Un mois maintenant qu'il n'avait pu manger ne serait-ce qu'une fois avec lui - ça leur arrivait de temps en temps. Un mois maintenant qu'il s'apercevait maintenant que Cédric compt...
La liste était plutôt longue, et il préféra ne pas l'établir en entier par peur d'être encore plus énervé qu'il ne l'était. Enrageait parce que le Poufsouffle s'était bien foutu de sa gueule en lui montrant que cela ne le dérangeait en rien qu'il soit gay, que cela ne le dérangeait en rien qu'ils aient couché ensemble puisque les choses avaient été bien mis aux claires, et que ça avait été mis sur le plan de l'alcool - au moins pour un d'entre eux -, que cela ne changerait rien à l'entente qu'ils avaient jusque là... Ca avait été tout le contraire. Avait l'impression d'être la peste et avait l'impression que Cédric avait une peur bleu de l'attraper.
C'était vraiment déroutant, d'autant qu'il se rendait de plus en plus compte qu'il commençait à éprouver quelque chose pour Cédric, autre que du respect et de l'attirance physique. Dès qu'il l'avait vu, s'était dit avec justesse qu'il devait être un peu le stéréotype du mec populaire par excellence, à tous les coups hétéro avec une farandole de fille délurées à ses pieds. Se connaissant, s'était en conséquence promis de ne pas trop l'approcher afin que son attirance ne soit pas trop grande. Malheureusement, Cédric avait comme lui était sélectionné pour participer au tournois, et par conséquent, un lien amical s'était instauré entre eux.
Avait mis ça, la première fois que le Poufsouffle était venu lui parler, sur le compte d'une stratégie pour le tournoi afin de lui soutirer des informations, voilà pourquoi il n'avait parlé que de Quidditch et avait toujours dérivé le sujet de leurs conversation vers ce sport qu'ils pratiquaient tous deux. Pourtant, à mesure que le semaines défilaient, s'était aperçu que peu de gens parlaient aux élèves de Durmstrang - savait bien que son école possédait une mauvaise réputation -, et que personne, même pour un enjeu aussi important que le tournoi des trois sorciers, ne serait venu lui parler. A part Cédric, qui lui avait parlé en toute franchise, et de qui il ne s 'était plus méfié à cause de ça.
Détestait qu'on l'ignore, mais détestait encore plus qu'on l'ignore pour une raison aussi merdique. De quoi l'anglais avait-il donc peur? Que dans une poussée d'hormones, le contrôle de sa propre personne lui échappe et qu'il lui saute dessus en définitive? Savait tout de même se contrôler! Et ceci, devait le faire comprendre au Poufsouffle, quitte à utiliser la force pour y parvenir.
Se trouvait au détour d'un couloir, ou il attendait tranquillement la fin des cours pour les Serdaigles et les Poufsouffles. Les élèves de Durmstrang partageaient leurs cours avec ceux de Serpentard, tandis que ceux de Beauxbâtons suivaient avec les Serdaigle. Depuis maintenant plusieurs mois qu'il étudiait dans cette école, avait pu constater l'écart entre l'enseignement britannique et bulgare. Les professeurs de Poudlard étaient exceptionnels et possédaient une qualité certaine, voir un don pour l'enseignement. En moins d'une année, avait revu en entier le programme de toutes ces première années, qu'il avait étonnamment compris dès le première explication. Comme toute personne se trouvant dans un pays qui n'est pas le sien - supposait-il -, s'était vu obligé de demander aux enseignant de parler un peu moins vite, même si tout le monde lui disait qu'il avait un parfait anglais.
A peine eut-il le temps d'admirer le système scolaire britannique, qu'il le maudit l'instant suivant, la sonnerie magique annonçant la fin des cours lui perçant le tympan. Etant un joueur professionnel, son ouï devait être au dessus de la moyenne afin qu'il puisse distinguer le bruit d'un cognard fendant l'air quand celui-ci arrivait de derrière. Chose qui ne lui paru plus si utile que ça en ce moment. Mais ça restait un mal pour un bien puisqu'au final, cela lui rappela qu'il n'était pas là pour rien, aussi guetta-t-il attentivement la porte des cachots menant à la salle de potion.
Le vit, toujours aussi souriant, discutant avec une pimbêche, ce qui l'énerva encore plus. Attendit qu'il s'éloigne assez pour pouvoir le suivre avec discrétion et attendre qu'il soit isolé - difficile avec sa carrure. Pesta quand il rentra sans faire exprès dans une fille de première année, trop petite pour qu'il ait pu la voir. Eut la plus forte envie de meurtre de sa vie, et l'éprouva pour la même fille n'ayant pas décidé de lâcher Cédric d'une semelle. Emit une critique désapprobatrice sur l'aspect de Poudlard, plus proche d'un labyrinthe que d'une école. Cria mentalement de joie quand Cédric se sépara d'elle, lui parlant surement de Chang, et s'engagea dans un couloir. Courut et lui agrippa violement le bras pour le forcer à lui faire face. Observa la tête du Poufsouffle, qui s'était crispée dans une expression d'étonnement.
-Tu te fous de ma gueule? Tu te fous vrrraiment de ma gueule?
-C'est quoi ton problème Krum? Lâche-moi, tu me fais mal! Lâche-moi bordel!
Réduisit son étreinte mais ne lâcha pas prise pour autant, hors de question qu'il s'échappe. Eut peur un moment que Cédric le prenne pour un malade, qu'il puisse croire qu'il allait lui sautait dessus... Ne perdit pas pour autant sa détermination. Voulait savoir pourquoi, voulait savoir s'il avait vraiment un aspect si répugnant lui donnant des airs de pervers. Devait savoir. Se rendait de plus en plus compte que Cédric atteignait une certaine importance pour lui, alors même s'il n'avait pas le droit de lui imposer ses sentiments, devait tout faire pour qu'il y ait un minimum d'échange, ne serait-ce qu'un signe de tête... Pas de la fuite.
-Non, bien sûrrr! Tu me fuis ouverrrtement depuis je ne sais plus combien de temps, mais à parrrt ça, tu ne te fous pas de moi!
-Je ne vois pas de quoi tu parles...
S'énerva encore plus. Que le Poufsouffle l'ignore, c'était une chose, mais qu'il ose démentir alors qu'un aveugle aurait pu le voir, ça, c'était encore plus inacceptable que la simple fuite. Detestait qu'on le prenne pour un con. Detestait qu'on n'assume pas ses actes, qu'on fasse comme si rien ne s'était passé, qu'on esquive une discussion alors qu'elle est impérative. Se retenait à grands coups de gifles mentales de ne pas envoyer son poing dans le visage de Cédric. Cependant, la perspective de se faire exclure du tournoi ou d'abimer un si beau visage le remit dans le droit chemin.
-Arrrrrête de te foutrrre de moi! Je veux juste que tu admettes le fait que tu m'esquives - je ne vais pas te manger si tu le fais. Si tu ne veux plus qu'on se parrrle suite à ce qu'il s'est passé, dis le moi! Mais ARRRRRÊTE de me fuir ouvertement...
S'était persuadé qu'en disant ça, Cédric, en bon garçon soucieux du bien être de tout être vivant peuplant cette planète, tenterait de lui prouver le contraire et se lancerait dans un long monologue lui expliquant l'embarras qu'il éprouvait depuis l'épisode de l'infirmerie, que le fait de l'éviter soigneusement était devenu plus un réflexe qu'une action pleinement consenti, etc. Aurait entendu tout ce qu'il aurait voulu entendre et aurait ensuite sourit au Poufsouffle avant de s'excuser pour s'être emporté. Puis tout serait revenu dans l'ordre...
Que nenni
Vit juste cette expression sur le visage de son rival. N'entendit rien. Constata que la réponse était négative, qu'en effet, Cédric ne souhaiter plus le compter parmi ses fréquentations... Tirer cette conclusion l'abattit. Que pouvait-il faire? N'allait quand même pas forcer Cédric - ou quiconque, d'ailleurs - à éprouver ne serait-ce que de l'amitié. N'allait pas imposer un raisonnement personnel à une personne aussi buté, impossible. Allait juste dire qu'il comprenait. Allait juste partir et se maudire de n'avoir pas eu la force d'arrêter un homme bourré pour lequel il ressentait quelque chose. Allait juste lui faire ses adieux.
-D'accorrrd... On se rrretrrrouve le quatorrrze fevrrrier...
A suivre...
J'espère que cette première partie vous aura mis l'eau à la bouche et que vous aurez su l'apprécier. La suite dépendra du bon vouloir de Kiwi. Autrement dit, si elle décide que cette fic devra suivre l'histoire originale, alors Cédric mourra – mais la connaissant, ça ne risque pas d'arriver.
