Fandom : A Song of Ice and Fire/Game of Thrones.

Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas, ils sont la propriété de G. R. R. Martin et la série est une création de David Benioff et D. B. Weiss.

Personnages, couples : Sansa Stark, Cersei Lannister.

Rating : K+.

Genre : Angst.

Note : je vous offre, avec une certaine satisfaction, un trio de textes courts autour de Sansa et des citronniers. Je mets en scène sa relation avec Cersei, Petyr et Margaery, tout en gardant pour thème les citrons et les citronniers. Ce premier texte a été écrit il y a quelques temps, sur Sansa et Cersei, et se déroule juste après la mort de Ned. J'ai profité de la Nuit du FOF pour écrire les deux autres qui seront publiés très rapidement.

En espérant que cela vous plaise, bonne lecture.


Les Citronniers

La Lionne


– Il n'y a rien qui puisse pousser au Nord, hormis les mauvaises herbes.

Les paroles de Cersei sont durs et terriblement insultantes. Sansa enrage, mais garde la tête basse, les yeux loin du regard de la reine qu'elle entend cueillir un citron. Les feuilles bruissent, la branche craque.

– N'es-tu pas d'accord avec moi, Sansa ?

Elle suit avec prudence la reine dans l'allée. C'est l'une de ses préférées, en temps normal, là où poussent les agrumes qui servent à préparer ses gâteaux favoris, ces gâteaux pour lesquels sa mère faisait parvenir par bateau des caisses de citrons et qu'elle s'efforçait de préparer elle-même.

C'est pour cela que Cersei l'a conduite ici. Comme si la mort de son père – et la disparition de sa sœur, de septa Mordane et de tous ceux qui les avaient accompagné à Port-Réal – n'avait pas suffisamment puni Sansa.

Elle aimerait se dire qu'elle ne laissera pas Cersei lui dicter sa conduite, mais elle sait qu'elle évitera pendant des jours ces allées – et leur parfum, leur si doux parfum. Elle ne parviendra plus jamais à les arpenter sans entendre la voix de Cersei lui murmurer qu'elle n'est qu'une bonne à rien.

Une mauvaise herbe, se corrige-t-elle mentalement. Une fille de traître qui trahira à son tour et qui doit pourtant épouser son fils. C'est pour ça qu'elle veut me voir souffrir.

– Non, il n'y a rien qui puisse pousser au Nord, répète-t-elle d'une petite voix.

Elle n'a pas levé la tête, ne veut pas la regarder dans les yeux et surtout, surtout ne pas voir ce sourire mesquin orner ses lèvres comme elle porterait une couronne.

Mais Cersei ne prend du plaisir que dans le malheur des autres.

Elle insiste :

– Je n'ai pas entendu. Peux-tu le répéter plus fort ?

Elle sent une main caresser sa joue, glisser jusqu'à son menton. L'étreinte est légère, mais assez ferme pour lever son visage. Cersei la fixe et comme Sansa l'avait présagé, ses lèvres sont courbées en un fin sourire.

– Non, il n'y a rien qui puisse pousser au Nord, Votre Majesté, répète-t-elle.

Elle a appris à se soumettre – au bon moment, quand il le faut. Il ne lui sert à rien de provoquer la reine parmi ces allées désertes – et si elle n'en sortait jamais ? et si la reine l'assassinait et laissait pourrir son corps sous un citronnier jusqu'à ce que les vers viennent le dévorer ? Elle se trompe. Oui, elle se trompe et elle doit garder les yeux ouverts, ne pas battre des paupières et laisser couler sur ses joues quelques larmes. Cersei a besoin d'elle et du Nord.

Je dois baisser les yeux, s'entend-elle penser. Avant que la reine ne parvienne à lire ce qui se cache au plus profond de moi.

Mais elle ne peut pas. Elle reste le regard rivé vers ces yeux de vipère qui, elle le sait, si elle détourne le regard, la mordra.

La reine, sans doute satisfaite, finit par s'éloigner.

Sansa reste seule au milieu des citronniers.

Elle se souvient quand elle était enfant d'avoir rêvé passer ses après-midis sous ses arbres, le nez empli de cette odeur si particulière.

Mais l'odeur devient entêtante et lui donne la nausée.

Cersei a tout ruiné.