Chapitre 1: L'aube d'un nouveau monde.
Il regarda avec un plaisir non dissimuler la ville d'Aberon, capital du Surda, le refuge officiel des Vardens, se dresser devant lui. Il avait parcouru plusieurs dizaines de lieue en quelques jours et il avait décidé de chevaucher jusqu'à ce qu'il arrive enfin à cet endroit. Il était déjà très tard et il savait qu'il n'avait aucune chance de rentrer dans la ville cette nuit: les portes était refermées dès le coucher du soleil. De plus, la méfiance engendrée par la guerre ne lui laissait guère de marge de manoeuvre. Il soupira et alla installer son campement : il ne dormirait pas dans un lit ce soir.
A l'aube de la nouvelle journée, il s'engagea sur le chemin de la ville. Il rajusta son capuchon et tenta de dépoussiérer sa cape. La matinée était relativement fraîche et il la resserra autour de ses épaules. Plusieurs gardes entouraient la porte. Ils le regardèrent avec suspicion. Il avait longuement réfléchit à la manière de présenter et préféra utiliser la bonne vieille méthode du soudoiement qui marcha à la perfection. Il pu ainsi entrer en ville et se dirigea lentement vers son centre. La ville était très animée. Il observa avec curiosité les individus qui déambulaient dans les rues.
Il arriva vite devant le palais du roi du Surda. Il savait ce qu'il cherchait ou plutôt qui il cherchait. Il fallait qu'il rencontre le chef des Vardens. Une femme du nom de Nasuada. Il avait été très étonné d'apprendre que le chef des Rebelles n'était pas un homme. Il entra dans le palais et demanda à voir Dame Nasuada. La femme a qui il avait parler observa l'étrange apparence de son interlocuteur avant de lui dire:
- Dame Nasuada reçoit les doléances de son peuple actuellement. Si vous attendez, vous pourrez lui parler.
Il hocha la tête et alla patienter dans le vestibule qu'on lui indiquait. Quand se fut enfin son tour, il entra dans la pièce qu'on lui désignait et en quelques coups d'oeil en fit le tour. C'était une pièce éclairée par de grandes fenêtres. L'endroit était très accueillant. Il remarqua la femme qui devait être Nasuada dans un coin de la salle. Elle observait la ville. Quand elle se retourna, il fut frappé par sa jeunesse. Elle devait avoir a peine 20 ans et malgré son jeune age, elle semblait parfaitement consciente du poids qu'elle avait sur les épaules. Elle paraissait sereine et posée.
Il se présenta et lui dit:
- Je suis venu de loin pour vous rencontrer ma Dame. Je serais heureux et fier de me battre au côté des Vardens.
Elle posa sur lui un regard étrange et vaguement interrogateur mais quand elle comprit qu'il ne lui dirait pas exactement ce qu'elle voulait savoir, elle préféra s'abstenir. Il lui demanda quelques informations sur la situation actuelle. Elle lui répondit ce qu'il savait déjà: la guerre avait commencé et les Vardens s'étaient replier au Surda pour organiser les prochaines batailles. Partout dans le pays les hommes se préparaient à la guerre. Elle lui apprit également le nombre approximatif de Vardens puis le nombre largement supérieur des troupes de Galbatorix et enfin que chaque armée avait un jeune Dragonnier et que bien sur, celle de Galbatorix avait l'avantage d'en avoir un deuxième. Elle lui apprit cependant qu'il restait un oeuf non éclos et que tout l'espoir des Vardens résidait dans le fait que son dragonnier soit en faveur de leur armée.
- vous comprenez donc que votre aide nous sera certainement d'un grand secours... Mon père m'avait parler de votre peuple mais je doutait de son sérieux. Maintenant en revanche, je dois avouer que je me suis trompé.
- Je peux comprendre cela ma Dame. Peux de gens connaissent notre existence.
- Mon père avait rencontrer l'un des votre je crois.
- Je suis venu au nom de mon peuple vous apporter mon aide. Si j'avais su je me serait débrouiller pour amener des amis.
- Nous ferons sans. Les Vardens savent se battre. Nous formons la population. Mais je crains que nous manquions de temps.
Elle semblait résigner tandis qu'elle prononçait ces dernières paroles. Il baissa la tête et se leva.
Avant de se retirer, il se retourna subitement et il posa la question qui lui brûlait les lèvres.
- N'y aurait il pas une femme du nom d'Angela parmis les Vardens?
Nasuada le regarda surprise:
- Angela l'herboriste?
- C'est possible, oui.
- Alors vous la trouverez dans un bâtiment un peu plus loin. La troisième rue a gauche. Un bâtiment en pierres blanches.
- Merci ma Dame. Ce fut un plaisir de vous rencontrer. Dit il en lui baisant la main.
Il sortit du palais en essayant de retenir son euphorie. Il se dirigea vers l'endroit que la jeune femme lui avait indiqué. Une fois devant le bâtiment, il respira profondément et entra. Une grande agitation régnait dans les différentes salles. Apparemment, ce bâtiment faisait office d'hôpital pour les blessés. Il demanda à une vieille femme où était Angela, puis il se dirigea vers les étages supérieurs. Une porte qui donnait dans une petite pièce était grande ouverte. Il vit une femme qui se demandait autour d'un chaudron et son coeur se mit a batte plus vite. Il frappa à la porte:
- Vous êtes Angela l'herboriste?
La femme semblait très absorbée par son travail mais hocha la tête.
- Oui c'est moi mais j'avais demandé à ne pas être dérangée. Ce que je fais pourrait être dangereux.
Il ne répondit pas tout de suite car il était incapable de parler. Puis, il prit son courage à deux mains et dit:
- Je suis désolé Primara, je reviendrai plus tard.
Angela, qui était en train de couper des racines redressa la tête. Elle était manifestement surprise. Elle se retourna et observa pour la première fois le jeune homme qui l'avait dérangé.
Elle le reconnu aussitôt. Il avait des cheveux noirs bouclés et des yeux très bleu, son teint était allé comme si il avait passé plusieurs mois au soleil.
- Daran?
Il sourit et acquiesça. Elle s'approcha un peu de lui.
- Oh Daran!
- Bonjour mère.
Elle le prit dans ses bras. Il profita de cet instant. Il en avait toujours rêvé.
- Oh Daran, comme je suis désolé!
- Voyons mère, ce n'est rien! Le principal c'est que nous soyons réuni maintenant.
Elle relâcha son étreinte.
- Si tu savais comme j'ai attendu ce jour!
- Et moi donc!
Elle sourit, le relâcha et lui fit signe de s'asseoir puis se plaça face a lui.
- Que fais tu là mère?
- J'aide les Vardens. Je possède certains dons qu'ils n'ont pas et puis j'ai été envoyé ici pour cela non? La question serait plutôt qu'est ce que toi tu fais la?
- Je suis venu te rejoindre mère pour t'apporter mon aide.
Elle haussa les sourcils.
- Et puis je commençais à ne plus pouvoir supporter Aniara.
Elle rit.
Ca ne m'étonne pas. Moi même j'avais du mal et pourtant nous étions jumelles.
Daran remarqua alors ce qui ne l'avait pas choqué outre mesure. Il se rappela du visage d'Aniara. Certes elle avait les traits d'Angela mais elle semblait beaucoup plus âgée; or sa mère paraissait avoir au maximum 30 ans. Angela avait compris.
- C'est un des privilèges de ma fonction.
- Mais Aniara te remplace. Pourquoi vieillit elle?
- Parce qu'elle n'est Primara que parce que je lui ais confier mes pouvoirs. Pas parce qu'elle a été choisit.
- Tu veux dire que...malgré tout ce qui c'est passé, tu es toujours Primara?
- Absolument.
Ensuite, Daran lui parla de lui, de tout ce qu'il avait fait depuis sa naissance jusqu'à maintenant. Quand il eut finit, elle le regarda intensément. Puis elle lui dit:
- Je trouve que tu es bien silencieux sur le sujet de ton père Daran.
Le jeune homme se rendit compte qu'il était mal à l'aise.
- Tu n'as pas a en avoir honte tu sais...c'était un homme bien, malgré tout ce que ma soeur t'as dit.
- Elle n'a rien dit. Enfin pas grand chose. Et je n'ai pas honte. Seulement, je préfère ne pas en parler. Est il ici?
- Non.
Il sentit une déception l'envahir. Il haussa les épaules. Puis il eut un éclair de compréhension.
- Il t'a abandonné?
Un sentiment de révolte s'empara de lui chassant tout autres sentiments positifs à l'égard de son père.
- On peut dire ça.
- Mère c'est révoltant! Dis moi où il est et je te jure que je...
- Ce ne sera pas vraiment nécessaire Daran.
Il se força de contrôler son emportement. Il vit la tristesse sur le visage de sa mère. Avant même qu'elle ne parla, il savait ce qu'elle allait dire.
- Il est mort, Daran. Cela fait déjà plus d'un an.
Il sentit comme une pression sur son coeur et son estomac se serra. Une ombre furtive passa sur son visage avant de se transformer en désintérêt.
- Je suis désolé mère.
Angela eut un sourire triste et baissa la tête.
- Nasuada m'a informé de la situation. C'est assez mal parti non?
- Plutôt oui. Surtout depuis qu'un deuxième Dragonnier a fait son apparition. Mais tout espoir n'est pas perdu.
- Non en effet: l'espoir perdure toujours non? Alors où est ce que je m'installe? Dit Daran en regardant autour de lui.
Angela se cala contre son dossier en souriant.
Quelques semaines passèrent. Daran avait entreprit de lire tous les livres à sa disposition. Il lisait avec une rapidité surprenante et gardait chacun des textes en mémoires. Bientôt, il connaissait l'histoire de l'Alagaesia sur le bout des doigts. Il parlait assez longuement avec sa mère, lui donnait des informations sur sa vie et des nouvelles des amis qu'elle avait eus auparavant. Quand il manifestait son désir de la ramener là bas, elle souriait et lui répondait « ma place est ici Daran ».
L'un dans l'autre, Angela était exactement comme il l'imaginait. Il s'entendait très bien avec elle, et il le savait déjà, il l'aimait depuis qu'il l'avait vu- qui aurait pu ne pas l'aimé sachant qui elle était-. Il lui apprit qu'un moment, il avait cru qu'Aniara était sa mère et lui avait mimer sa réaction quand elle l'avait su. Angela avait rit et dit « oui ça ne m'étonne pas, elle respecte les règles a la lettres ».
Elle lui raconta quelques petites choses sur sa vie, mais elle était très occupée et Daran passait la majeure partie de ses journées dans ses livres.
Une nuit, Daran eut un rêve étrange. Il y avait sa mère prêt d'un ruisseau qui lavait des draps blancs. Daran passait devant elle sans la voir et se dirigeait vers une lumière étrange. C'est alors que sa mère l'interpellait.
Daran. J'ai besoin de toi maintenant.
Alors le jeune homme se retourna et il comprit que cette femme n'était pas sa mère. Elle lui ressemblait énormément mais il existait en fait beaucoup de différences.
- Daran...il est temps pour toi d'accomplir ton destin.
- Je ne comprends pas...qui êtes vous?
- Ne le sais tu pas Daran? Ne le devines tu pas?
Alors, il comprit qui elle était. Il tomba a genoux.
- Oh Déesse, pardonnes moi.
- Mais oui Daran. Relèves toi maintenant.
Le jeune homme obtempéra.
- Qu'attendez vous de moi ma Dame?
La femme à la beauté parfaite sourit.
- Le temps presse Daran, je pensais qu'on en avait plus mais je me trompais. Ils vont totalement fermer le Surda et il va falloir que tu partes.
- Quand cela?
- Maintenant Daran. Prends tes affaires et sors de cette ville.
- Mais...
- pas d'objection jeune homme.
- Bien Déesse.
- Oh et quand tu iras voir ta mère, évite de la réveiller. Ce serait trop long à lui expliquer maintenant, nous n'avons pas le temps.
- Bien ma dame.
Daran se réveilla en sursaut. Il s'habilla en vitesse et alla récupérer ses affaires. Sans un bruit, il sortit de sa chambre, prit quelques provisions et entra silencieusement dans la chambre de sa mère. Elle dormait profondément. Il s'approcha d'elle et l'embrassa sur le front.
- Au revoir mère. Je reviendrai vite.
Il sortit du bâtiment. Il n'y avait personne dehors. Il rejoignit son cheval et entreprit de le charger. Au moment où il allait monter, il vit une petite fille brune se diriger vers lui. D'un geste, il lui intima le silence en souriant. Elle haussa les sourcils.
- Ne t'inquiète pas Daran, je ne vais pas mettre mon propre plan a l'eau en révélant a tous que quelques s'en va.
Daran ouvrit de grands yeux.
- Et arrête de me regarder comme ça!
- Mais, ma Dame...vous êtes vraiment la?
- Evidemment. Tu ne croyais pas que j'allais te laisser vadrouiller seul dans ce pays. Sans Eli, tu es perdu. Tu as autant de sens d'orientation qu'une huître. Alors, on y va?
- Mais je croyais que vous ne pouviez pas intervenir sur terre.
- Qui t'as dit une telle chose?
Et bien...
- Alors tais toi et partons.
Il acquiesça. Il la fit monter sur son cheval et le tira par la bride. Arrivé aux portes, il se rendit compte qu'elles étaient gardées.
Qu'est ce qu'on fait?
La petite fille haussa les épaules et une douce mélodie retentit. Les gardes s'affalèrent par terre.
Il faudra que j'apprenne à faire cela.
La déesse leva les yeux au ciel. Ensuite, elle tendit la main en direction de la porte et celle ci s'ouvrit sans bruit.
Daran se força à garder un air détendu comme si c'était une chose parfaitement normale. Il tira son cheval et sortit de la ville. Une fois dehors, la petite fille se retourna pour fermer les portes.
Allez Daran, on ne va pas rester la jusqu'au levé du soleil! Il faudrait qu'on soit le plus loin possible.
Daran monta derrière la déesse et talonna son cheval qui s'enfonça dans la nuit noire.
Eragon avait finit de préparer ses affaires. Il prit le sac qui contenait la nourriture dont lui et son cousin allaient avoir besoin pour leur voyage. Il se dirigea alors vers Saphira et l'accrocha à sa selle.
« Tout est prêt? »
« Oui, j'attends Roran et ensuite, nous pourrons y aller. »
« Nous avons le temps. Le jour n'est pas encore levé. »
Eragon acquiesça. Il mit la main sur sa dragonne et observa le ciel encore obscur. Déjà deux semaines avaient passé depuis la dernière bataille. Eragon et Roran avaient attendu d'avoir récupérer leur forces pour partir à la recherche de Katrina.
Le cousin d'Eragon – ou plutôt son frère - avait accumulé une fatigue immense en plusieurs mois de voyage pour échapper à l'empire et de toutes façons, Eragon avait aidé à soigner les blesser Vardens. Mais après ces quelques semaines de répit, Eragon se sentait prêt a venger leur père.
Il était parti de Carvahall pour cette raison mais avait du renoncer plusieurs fois a son projet. Cette fois ci, il avait le temps et il ne reviendrait qu'une fois la fiancée de son cousin libérée et les Ra'zacs morts.
Il se rendit compte qu'en tuant ses vieux ennemis, il vengerait en fait ses deux figures paternelles: Garrow qui l'avait élevé et Brom qu'il avait considéré également comme son père. Il ferait en fait d'une pierre deux coups.
- Alors ça y est? Tout est prêt?
Eragon se retourna, surprit. Il n'avait pas entendu quelqu'un venir. Il vit avec plaisir Nasuada sortir de l'obscurité. Elle portait une robe en lin blanche et une cape de la même couleur.
- Oui, nous allons bientôt partir.
- C'est une bonne chose. J'espère que tout se passera bien.
Eragon remarqua que la jeune femme paraissait légèrement anxieuse.
- Ne t'inquiète pas Nasuada. Je serais vite de retour. Je ne pense pas que Galbatorix attaque d'ici la. Il va tenter de regrouper son armée et de recruter de nouveaux soldats.
- Ce n'est pas pour cela que je m'inquiète Eragon.
Eragon hésita une seconde.
- Je ne pense pas que les Ra'zacs soient une aussi grande menace...enfin plus maintenant. Et puis, je ne serais pas seul.
- Je sais.
Elle s'approcha un peu plus.
J'ai quelque chose pour toi Eragon.
Elle lui tendit un paquet. Eragon le lui prit et l'ouvrit. Il en sortit une épée.
- Je sais qu'elle ne vaut pas Za'roc mais comme tu n'en a plus...
Eragon inspecta l'épée. Elle était de la même longueur que son ancienne épée - enfin l'épée de Morzan – il y avait une inscription sur la lame mais il n'arrivait pas a la déchiffrer. En tout cas, cette lame avait été parfaitement forgée. Il savait qu'elle ne valait pas une épée de Dragonnier mais pour une arme forgée par les humains, elle était parfaite.
- Je te remercie Nasuada. C'est un beau cadeau.
- Je t'en pris Eragon. En attendant d'en avoir une autre, je suppose qu'elle pourra t'être utile.
Il acquiesça. Il savait qu'il avait besoin d'une épée. Il avait refusé d'en prendre une a un Varden après que Murtagh lui ait repris son arme. En fait, depuis la bataille, il n'avait plus que l'arc offert par la reine des Elfes et malheureusement, il ne suffirait sans doute pas que ce soit contre les Ra'zacs ou contre un autre ennemis.
Roran arriva à cet instant. Il portait un sac sur son épaule. Il salua Nasuada et regarda Eragon intensément. Celui ci entreprit de ceindre sa nouvelle arme autour de sa taille. Nasuada s'approcha de Saphira.
- Prends soin d'eux Saphira.
Saphira la fixa de ses grand yeux bleu puis fixa Eragon et son cousin. La jeune femme s'approcha d'eux, salua d'un hochement de tête Roran et prit Eragon dans ses bras.
- Tout se passeras bien, Nasuada.
- Je sais. Revenez au plus vite.
- Je te le promets.
Eragon monta sur Saphira, suivit de Roran. La dragonne s'assura qu'ils étaient bien installés et prit son envol. Nasuada les regarda partir.
Saphira vola plusieurs heures d'affilées. Le jour commençait a se lever. Roran semblait émerveillé. Eragon se rappela la première fois ou il avait volé avec Saphira - enfin plutôt la deuxième fois - et essaya d'imaginer les sentiments qui devaient envahir son cousin.
Lui même était heureux de s'envoler de nouveau. Il se retrouvait dans son élément. La journée passa vite. Ils ne s'arrêtèrent qu'une heure pour manger et repartirent ensuite. Le soir arriva. Ils avaient déjà parcourut plusieurs dizaines de lieues et a ce rythme, ils seraient a Helgrind avant la fin de la semaine. Saphira se posa en douceur au sommet d'une colline, dans une clairière.
Les deux jeunes gens établirent leur campement et firent cuirent leur repas. Roran avait encore du mal a comprendre pourquoi Eragon ne mangeait pas de viande et il avait essayé de lui expliquer a maintes reprises les raisons de son choix mais Roran ne semblait pas pouvoir l'accepter. A chaque fois qu'ils en reparlaient, Eragon remettait toujours en avant le fait que les elfes ne mangeaient pas de viandes et Roran finissait toujours par hausser les épaules.
Après leur frugale repas, ils s'étendirent sur le sol. Eragon ne dormait plus et n'en avait pas besoin. Comme chaque soir depuis la dernière bataille, il se remit à ruminer les paroles de Murtagh. Et comme chaque soir, il éprouvait un mélanges de sentiments de toutes sortes a l'égard de son ancien ami – enfin son frère – mais n'arrivait pas a discerner lesquels étaient les plus forts.
Roran avait compris que quelque chose n'allait pas.
- Qu'y a t il Eragon?
Eragon ne répondit pas. Roran avait d'autres soucis en tête pour ne pas avoir à écouter Eragon se morfondre sur sa situation familiale.
- Eragon, on est frère. Je sais que ça ne va pas. Dis moi ce qui te tracasse.
- C'est juste que...c'est à cause de Murtagh.
- Murtagh? Ah oui! Le nouveau Parjure!
- Oui.
- Eh bien?
Eragon ne savait pas comment manifester son désarrois. Il avait été choqué par la trahison de Murtagh qui lui avait percé le coeur. Mais il ne savait pas comment l'expliquer.
- Murtagh était mon ami.
- Je sais.
- Je le considérais comme mon frère! Et il nous a trahit!
Eragon était maintenant énervé. Il s'était levé et commençait a faire les cent pas. Roran ne savait pas trop quoi dire. Il laissa son cousin vider son sac.
- Je lui faisais confiance. Quand il a été capturé, j'ai pleuré sa mort. Et en fait, il ne le méritait pas! Il nous a trahit a la première occasion! Je l'ai cru quand il m'a dit qu'il n'était pas comme son père! Je l'ai cru quand il m'a juré qu'il le haïssait! Je l'ai cru quand il m'a dit qu'il préférerait mourir plutôt que servir Galbatorix!
Eragon s'arrêta pour reprendre sa respiration. Il avait un peu exagéré. Murtagh ne lui avait jamais dit cette dernière chose mais il l'avait sous entendu une fois.
- Il nous a tous trahit! Il est devenu comme son père – Eragon se répugnait a dire « notre père »- il m'a trahit.
- Je comprends. Mais tu m'as dit une fois que ça n'était pas important pour toi.
Eragon eut un sourire triste. Il avait mentit a son cousin cette fois la. La trahison de Murtagh et toutes les révélation qu'il lui avait faites avaient touché Eragon au plus profond de son être. Saphira approcha sa tête du jeune homme. Il caressa distraitement son arcade.
- C'est vrai. Mais j'ai du mal à admettre qu'il ait fait cela. Il semblait tellement sérieux a l'époque.
Roran regarda les flammes et ne dit rien. C'est Saphira qui intervint.
« Je ne crois pas qu'il ait vraiment eut le choix, Eragon. Moi aussi je l'aimais bien. Je pense qu'il était sérieux, sinon, il ne t'aurait pas sauver a Gil'ead. Murtagh est une victime de Galbatorix, comme tous les humains d'Alagaësia. Il n'a jamais vraiment eu de chance dans sa vie. »
« C'est vrai. Murtagh n'a jamais bénéficié de la même considération que nous. Personne ne lui faisait confiance. Tout ça parce qu'il était le fils de Morzan. »
Eragon réfléchit une minute.
« J'ai eu de la chance Saphira. J'en avais toujours voulu a ma mère de m'avoir abandonné, mais aujourd'hui, je comprends pourquoi elle l'a fait. Elle m'a permis de connaître une vie plus saine que celle de Murtagh. Si quelqu'un avait su que j'étais moi aussi le fils de Morzan, ils m'auraient traité comme Murtagh et alors, nous ne serions peut être pas la... »
« Non, si ta mère ne t'avais pas abandonné, nous serions sûrement au coté de Galbatorix et de Murtagh. »
Eragon médita cette réponse qu'il savait vrai. La colère inspirée par la trahison de son frère s'estompait et était remplacée par de la pitié. Murtagh n'avais pas eut la chance de bénéficier du même sort que lui.
Eragon se demanda alors se qui se serait passé si Selena avait amené Murtagh a Carvahall pour le délivrer de l'influence de son père. Les trois garçons se seraient sûrement très bien entendus, il n'y avait pas de doute. Murtagh était un peu plus vieux que Roran mais la différence était faible. Eragon se rendit compte qu'il aurait aimé grandir en compagnie de ses deux frères. Cela lui aurait probablement évité de se retrouver dans cette situation. Et Murtagh ne l'aurait probablement pas trahit. Eragon s'allongea en prenant appui contre Saphira. Il ferma les yeux en essayant d'imaginer l'enfance qu'ils auraient eut tous les trois, si la vie avait été moins cruelle.
Les deux jours suivant passèrent à une vitesse folle. Bientôt, Dras-Leona fut en vue, ainsi que la montagne noire où était le repère des Ra'zacs. Ils décidèrent de s'arrêter pour la journée. Ils attaqueraient leurs ennemis de nuit. Ils se reposèrent donc quelques heures et mirent leur plan au point. Eragon se sentait de plus en plus exciter. Enfin la quête pour laquelle il avait tout quitté allait aboutir. Enfin il allait se venger.
Le soir arriva et la nuit tomba rapidement. Les deux frères montèrent sur Saphira qui s'envola. Elle survola la montagne plusieurs fois mais il ne semblait pas y avoir d'entrée. Aucune grotte, aucune porte, rien.
Eragon sentit la frustration s'emparer de lui. Pas question de partir d'ici sans en avoir finit. Se fut par hasard qu'il vit quelque chose qui paraissait étrange. Il en fit part a Saphira et celle ci s'approcha de la parois abrupte de la montagne. Eragon se pencha en avant et toucha la pierre. Pas de doute, elle était bien réelle. Mais il y avait quelque chose...
toc toc toc...
Eragon se retourna. Roran avait frappé sur la pierre. Ses coups semblèrent raisonner a travers la montagne. Eragon fronça les sourcils. Il dit en ancien langage:
- Ouvre toi!
Rien ne se passa. Puis ils entendirent un bruit sourd. Saphira se dirigea vers l'origine de ce son.
- La! Dit Roran
Eragon se demanda comment ils avaient pu louper cet endroit. Il semblait qu'il y avait une fissure dans la roche mais ils ne l'avaient pas remarqué plus tôt. Il comprit qu'il devait s'agir d'une porte qu'il avait réussit a entrebâiller. Il ordonna de nouveau:
- Ouvre toi!
Cette fois, la pierre sembla s'avancer puis se recula, laissant place a un passage assez grand pour que Saphira entre. Les deux jeunes hommes sautèrent de la dragonne. Eragon dégaina sa nouvelle épée et Roran son marteau. Ils avancèrent prudemment dans l'obscurité. Ils entendirent des bruits en dessous. Ils trouvèrent un escalier et décidèrent de l'emprunter. A ce moment la, ils entendirent une sorte de rugissement.
- qu'est ce que...
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase. Deux horribles monstres atterrirent avec fracas devant Saphira.
« Allez y! Je m'occupe d'eux! »
Eragon n'eut même pas le temps de protester, la dragonne s'envolait déjà au dehors. Il regarda Roran et lui fit signe de le suivre. Tout en avançant, il restait en contact avec Saphira et observait avec inquiétude chacune de ses prouesses aériennes. Il aurait préféré être avec elle. Mais elle semblait très bien se débrouiller seule et avait largement le dessus.
Les deux frères avançaient dans un couloir sombre mais il y avait plusieurs portes autour d'eux. Ils descendirent encore dans les grottes. Eragon essayait de trouver Katrina en entrant en contact avec son esprit. Après plusieurs essais, il la trouva enfin. Elle était très faible mais elle était consciente, c'était le plus important. Eragon fit signe à son frère. Celui ci ouvrit de grands yeux quand il comprit que sa fiancée était là. Eragon s'approcha de la porte en question et passa la main droite sur la serrure en murmurant les mots appropriés.
La porte s'ouvrit d'elle même. La pièce était noire. Eragon trouva sans peine la jeune fille. Elle releva la tête a son approche et se recroquevilla. Roran s'avança vers elle.
- Katrina... c'est moi, Roran. Je suis venu te libérer.
- Roran?
Elle avait une voix si faible que le coeur d'Eragon se serra. Il lui détacha les mains et Roran la prit dans ses bras. Ils sortirent de la cellule. Eragon vit que Saphira était encore occupée avec un des deux monstres.
- Qu'est ce qu'on fait?
- Tu devrais remonter Roran. Saphira va bientôt avoir fini. Je vais m'occuper des Ra'zacs.
-Non, je viens avec toi!
- Très bien, dit Eragon résolu.
Eragon chercha ses ennemis et les trouva très rapidement. Il se dirigea vers un autre couloir, suivit de son cousin qui tenait toujours Katrina.
Avant d'entrer dans la pièce, il s'arrêta une minute et inspira a fond. Puis,il empoigna son épée et fit littéralement exploser la porte avec une boule de feu.
La fumée se dissipa. Les deux Ra'zacs étaient au fond. Ils avaient du être projeté contre le mur. Eragon s'avança, son épée maintenant en position d'attaque.
- Alors, vous vous souvenez de moi?
- Et de moi?
Roran apparu a son coté, son marteau faisant des moulinets plus que menaçants. Il avait du déposer la jeune fille dans le couloir.
En tout cas, les deux ennemis n'en menaient pas large. Eragon avait énormément changé depuis leur dernière rencontre et Roran lui même, avec sa barbe et son marteau, n'avait rien de rassurant.
Eragon eut un sourire ironique. Il s'avança vers ses ennemis. Les Ra'zacs reprirent leur contenance. L'un d'eux dégaina ce qui semblait être une épée et attaqua Eragon. Celui ci para le coup avec une aisance déconcertante. Ses nouvelles capacité le rendait meilleures que n'importe quel adversaire (même certains elfes) et le Ra'zac ne faisait pas le poids. Son camarade essaya de frapper Eragon par derrière mais sa tentative fut un échec: Roran l'arrêta en plein vol et lui balança son marteau dans la tête, tout en retenant son épaule qui recommençait a le faire souffrir.
L'un dans l'autre, ce n'était pas un duel équitable. Eragon était bien supérieur. Il laissa pourtant son ennemi l'attaquer encore. Il fit durer le plaisir. Il ne voulait pas que sa vengeance soit bâclée.
Roran s'acharnait sur son ennemi avec férocité. Il le fit tomber a terre et lui frappa savamment certaines parties de son corps. Le Ra'zacs cria un moment puis Roran, qui semblait enragé, se redressa et dit:
- De la part de Garrow, mon père!
Et il le frappa une dernière fois dans ce qui devait être son visage. Il y eut un craquement écœurant et son ennemi était mort. Il se redressa et observa Eragon.
Celui ci avait finit par jeter son adversaire a terre. Il se relevait et allait de nouveau attaquer. Alors Eragon murmura quelques chose et enfonça son arme dans le corps du Ra'zac.
Il se tourna vers son cousin qui lui sourit et il hocha la tête.
- Ils sont vengés. Les Ra'zacs ne feront plus souffrir personne.
- En effet.
Eragon regarda les corps sans vie de ses adversaires. Puis, il murmura quelque chose et deux boules de feux apparurent. Ils les lança sur chacun des deux corps et ceux ci brûlèrent avant de disparaître et ne laisser derrière eux que de la poussière. Eragon contacta Saphira pendant que Roran allait chercher Katrina. Il comprit que celle ci avait elle aussi gagné. Elle volait en lançant des rugissements victorieux autour de la montagne. Eragon sourit. Il rejoignit son frère. Tout a coups, la montagne sembla trembler.
- Nous devons y aller.
Katrina sembla reprendre ses esprits.
- Attends...mon père...il est ici...
Roran se raidit. Eragon savait pourquoi. C'était lui qui les avait trahit et qui avait livrer sa fille aux Ra'zacs. Eragon tourna la tête. Il savait où était Sloan. Il regarda Roran. Tout a coup, un morceau du plafond rocheux commença à se détacher.
- Nous n'avons pas le temps Eragon.
- Nous ne pouvons pas le laisser mourir ici.
Eragon se précipita dans un couloir adjacent et alors que la roche tremblait de plus en plus, il se précipita sur une porte qu'il ouvrit.
« Tiens toi prête Saphira, la montagne s'écroule! »
« Je vois cela! Dépêches toi! »
Il vit la silhouette de Sloan attachée a un mur. Il se rua sur lui et le détacha. Il semblait aussi faible que sa fille. Il était inconscient. Eragon tenta de le porter sur son dos mais le poids de cet homme allait le retarder. Il sortit de la cellule et rejoignit Roran et Katrina qui avaient commencés leur ascension vers la sortis. Mais alors qu'ils arrivaient au niveau des premiers escaliers qu'ils avaient empruntés, un énorme rocher tomba du plafond, suivit par plusieurs autres. Le passage, déjà étroit auparavant, était maintenant impraticable. La montagne tremblait toujours et Eragon sentait que bientôt, ce tunnel n'existerait plus. Il regarda Roran. Celui ci semblait paniqué:
- On est piégé Eragon! Il n'y a pas d'autre issus!
Murtagh commençait a s'inquiéter. Cela faisait déjà près de deux semaines que la bataille des Plaines Brûlantes était terminée. L'armée de Galbatorix s'était repliée aux frontières du Surda. Le roi avait apparemment sous estimé Nasuada et ses troupes et ne s'était visiblement pas attendu a l'arrivée des renforts de l'armée des nains et encore moins a l'alliance des Vardens avec les Urgals.
L'armée de l'Empire en avait donc prit un coup et le roi allait devoir mobiliser de nouvelles forces. Le jeune Dragonnier avait repoussé au maximum son retour a la capital notamment parce qu'il devait expliquer a son « maître » qu'il avait volontairement laissé partir Eragon. Il savait qu'il allait lui reprocher sa faiblesse et qu'il allait le punir.
Le pire dans tout cela, c'est que ce n'est pas la possibilité de sa souffrance future qui l'inquiétait mais le fait qu'il ne regrettait pas son action. Il savait qu'il avait fait le bon choix. Il savait qu'il avait eut l'opportunité unique de capturer son frère. Il savait que ca ne serait pas facile maintenant. Il avait vu les nouvelles capacités d'Eragon et ses nouveaux pouvoirs. Il savait pertinemment qu'Eragon ne serait pas dans l'état de faiblesse dans lequel il était l'autre jour. Et pourtant, il l'avait laissé partir. C'était peut être une manière de jouer son rôle de grand frère, une façon de le sauver, de le préserver, de le protéger. Et peut être aussi une façon de montrer au roi qu'il ne lui obéirait que si il n'avait pas le choix. Il savait que maintenant, l'amitié d'Eragon lui était perdu a jamais.
Murtagh n'avait jamais rien demandé. Il n'avait pas demander a naître, il n'avait pas choisit d'avoir un père à la fois infâme et pathétique. Lui tout ce qu'il aurait voulu – et qu'il n'avait pas eu- c'était l'amour d'une famille et la douceur d'un foyer.
Durant les quinze premières années de sa vie, il n'avait aimé que sa mère, Selena. Elle était sa seule famille. Il ne se rappelait pas grand chose d'elle mais avait garder quelques impressions. Il se rappelait qu'elle était belle, qu'elle l'aimait mais surtout qu'elle était toujours très triste. En grandissant, il avait compris ce qui la rendait malheureuse: son père évidemment. Murtagh n'avait jamais aimé son père. Comme tout le monde d'ailleurs.
Mais peut être avait il plus de raison de lui en vouloir. Il ne lui avait jamais permit d'être un vrai enfant. Même mort il était toujours la, a lui gâcher la vie en permanence. En fait, la haine qui lui vouait n'avait absolument pas d'égal. Même Brom, qui avait haïe son père plus que tout au monde n'avait pas pu le haïr plus.
Murtagh avait toujours pensé qu'il serait différent de son père. Il voulait, il s'était jurer de ne pas être comme lui. Et pourtant, maintenant, c'était trop tard. Murtagh ressemblait à son père et la ressemblance n'était pas que physique. Murtagh avait trahit son frère et même si il ne l'avait pas vraiment voulu, il l'avait fait. Il s'était trahit lui même de toutes façons.
Il avait pourtant cru avoir réussit. Quand il s'était échapper d'Uru'baen, quand il avait rencontré Eragon, son premier véritable ami – et certainement le dernier – et quand il s'était battu au coté des Vardens.
Son coeur se serra au souvenir de son frère. Eragon et Murtagh ne se ressemblait pas physiquement mais ils avaient tout deux un caractère semblable et c'étaient bien entendu durant leur voyage. Quand Murtagh avait compris qu'il était son vrai frère, il avait d'abord été surpris. Puis, il s'était rendu compte de la logique de toute l'histoire. Il avait enfin compris pourquoi sa mère s'était évanouie dans la nature et pourquoi elle était revenue si faible. Tout s'était imbriqué en quelques instants. Sa mère était parti pour protéger Eragon, pour le mettre à l'abris de son père. Murtagh en avait alors voulu à sa mère de ne pas l'avoir emmené lui aussi. Il aurait été beaucoup plus heureux avec son frère et il aurait eu ce qu'il désirait le plus au monde.
Il chassa ses pensées de sa tête et entra dans la salle du trône qui était vide a cette heure tardive. Le roi l'attendait visiblement et Murtagh s'inclina.
- Alors Murtagh, je vois que tu as échoué.
- Maître, il s'est passé des choses auxquelles nous n'étions pas préparé.
Il lui expliqua la situation en quelques minutes, allant de l'arriver des nains aux replis des armées du roi.
- Oui, ça je veux bien l'admettre. Mais je ne parlais pas de cela mon jeune élève.
- La aussi, Maître, certaines choses ont changé.
Murtagh lui expliqua les changements opérés en Eragon.
- Bien, je vois. Je n'imaginais pas que cela était possible. Mais si j'ai bien compris ton histoire, il était a ta merci.
- En effet maître.
- Alors?
Murtagh fit silence. Il regarda le sol visiblement très gêné.
- Alors? Pourquoi n'est il pas ici?
Murtagh ne répondit pas.
- Je vois...tu l'a laissé partir. Je peux savoir pourquoi?
- Non, Maître, il s'est échappé...
- NE ME MENS PAS! Je sais bien que tu la laissé s'échapper lui et sa dragonne! Tu as été faible Murtagh! J'avoue que tu me déçois. Je m'attendais à mieux.
Murtagh enrageait intérieurement mais il s'efforça de ne rien laisser paraître.
- Crois tu que tu me sois indispensable? Dès que le dernier oeuf aura éclos pour l'Empire, tu ne seras plus aussi important. N'oublie jamais que je pourrais te détruire avant même que tu es pu y penser.
- Vous vous tromper Maître. Vous avez besoin de Thorn et je suis son Dragonnier donc vous avez besoin de moi.
Pour l'instant Murtagh, mais quand les Vardens auront été exterminé et que l'empire sera de nouveau en paix, alors tu ne seras plus aussi indispensable. Prends garde! Si ton frère m'est nécessaire, toi par contre, tu ne l'ais pas. Nous sommes a l'aube d'un nouveau monde mon jeune élève, ne l'oublie pas et c'est a toi de décider si tu veux en faire partie.
- Que se passerait il maître si le dernier oeuf n'éclosait pas pour vous?
- Cela ne se produira pas jeune homme. Ca je peux te l'assurer. Il est temps maintenant que je te fasse payer ta faiblesse.
S'en suivit pour Murtagh une séance de torture les plus douloureuse de son existence. Le roi lui faisait payé chaque seconde des pensées tournée vers son frère ou vers l'amour qu'il éprouvait pour lui. Il lui fit faire de nouveaux serments en ancien langage qui ne lui permettrait plus de protéger Eragon. A la fin, n'en pouvant vraiment plus, il se laissa aller dans les ténèbres.
Il se réveilla quelques heures plus tard. Il sentit la présence de Thorn a ses coté et il ouvrit les yeux. Il inspira difficilement et se rendit compte que son corps le faisait souffrir de toutes part. Il se redressa avec douleurs.
« Tu vas bien? »
Si il n'avait pas autant souffert, il aurait bien rit de cette réplique. Il examina son corps. Comment pourrait il aller bien? Il était blessé de toutes parts. Il fallait qu'il soigne ses plaies. Il commença a marcher difficilement.
« Ou vas tu Murtagh? »
« Chez le guérisseur ».
Il continua a avancé. Les gens le regardaient étrangement et beaucoup murmuraient sur son passage. Murtagh progressa lentement. Quand il arriva devant la maison du guérisseur, il frappa trois coups. Il entendit a peine l'homme arrive et ouvrir la porte. Sa tête tournait, il avait mal et encore une fois, il s'évanouit.
Cette fois, il se réveilla ans un lit chaud et confortable. Il ouvrit les yeux. Et respira calmement. L'air était chargé d'une bonne odeur et il se rendit compte qu'il avait faim. Un vieil homme entra.
- Vous êtes réveillé! C'est bien.
- Depuis combien de temps suis je ici?
- Plusieurs jours déjà.
- Des jours?
- Oui.
L'homme lui inspecta ses plaies qui étaient presque toutes refermées. Murtagh se rappelait de cet homme même si ce n'était que très vague. Il était déjà venu ici quand il était petit et avait passé presque deux semaines alité avec sa mère qui le surveillait. Il se rappelait vaguement d'un autre homme mais il ne se rappelait ni son nom ni son visage.
- On peut dire que vous avez eu de la chance Monseigneur. Si je n'avait pas été la, vous vous seriez vidé de votre sang. Certaines de vos blessures étaient profondes.
-Je sais.
- Pourquoi n'avez vous pas fait appel à un médecin de la Cours?
- Parce que je ne voulais pas que tout le monde soit au courrant. Je sais que je peux compter sur votre discrétion...
- Evidemment. Je n'ai jamais rien dit a personne pour votre mère. J'ai été triste d'apprendre sa mort. C'était un femme bien.
- Pourquoi avez vous dit cela? Ma mère n'avait aucun secret.
Le guérisseur blêmit et sembla reprendre son emprise sur lui même.
- Elle n'avait pas dit a votre père où elle vous avait emmené durant ces deux semaines.
- Ah bon?
- Oui. Il ne l'a jamais su.
- Vous en êtes sur?
- Oui. Sinon, il ne vous y aurait pas laissé. Enfin...triste histoire.
Murtagh ne répondit rien. Il avait l'impression que cet homme ne lui disait pas tout. Il resta encore quelques heures dans cette chambre puis Thorn entra en contact avec lui et, se sentant un peu mieux, il décida de rentrer chez lui. Il resta encore une semaine alité mais se rétablit plutôt vite. Quand il fut totalement remis, le roi fit appel a lui et il reprit son entraînement a la magie. Près d'un mois passa. Le roi faisait comme si tout était redevenu comme avant. Murtagh en avait l'habitude, il l'avait gratifié du même numéro quand Thorn était venu au monde. Le roi restait tout de même toujours implacable et Murtagh se sentait toujours mal à l'aise en sa présence.
Un soir où il était particulièrement énervé après une centaine d'exercices ridicules, Thorn l'emmena dans une clairière à la lisière de la foret qui jouxte la capitale. La bas, Murtagh pu se laissé allé a sa colère sous l'oeil impassible de son dragon.
- Tout ça c'est la faute de mon Père. C'est a cause de lui si je suis ici! Ma vie a été un enfer a cause de lui! Il a tué ma mère! Et maintenant, je suis esclave du roi par sa faute! JE TE HAIS MORZAN! Si tu n'étais pas mort, je te tuerais de mes propres mains! C'est de ta faute si tout le monde me hais et se méfie de moi! Tout ça parce que tu as exister! Parce que tu es mon père! JE TE HAIS!!!
Il continua a injurié son père pendant plusieurs minutes. Puis, quand il n'arriva plus a crié et qu'il s'arrêta pour reprendre sa respiration, Thorn lui dit:
« Tu as tord Murtagh de croire que tu es seul...je suis là maintenant. Je serais toujours là. »
Murtagh se calma et médita ses paroles qu'il savait vrai. Il se sentait tellement fatiguer.
Il se laissa tomber contre Thorn et ferma les yeux. Il du s'endormir parce que quand il les rouvrit, il remarqua que le jour tirait a sa fin. Dans moins d'une heure, il ferait nuit. Il entendit alors un bruit venant d'un sentier a proximité. Il se releva d'un bond et dégaina Zar'roc. Thorn le regarda.
« Ce n'est rien. Deux humains. »
Murtagh abaissa son arme mais ne la rengaina pas. Il tendit l'oreille mais ne comprenait pas ce que les voyageurs disaient. Il murmura un mot en ancien langage et alors, il eut l'impression que les cavaliers étaient a coté de lui.
- ... devrait arriver en ville avant la nuit, ce serait mieux.
- Oui, prendre un bain et dormir dans un lit ne serait pas du luxe.
- Tu te ramollis. Enfin, d'après la carte, la ville devrait être en vu dès qu'on sortira de cette foret.
- Sauf si on s'est perdu.
- J'en doute. Si c'était le cas, Elle serait apparu et aurait dit genre (il prit une voix de fillette exaspérée) « tu es un incapable! Comment as tu pu te perdre alors que cette ville est si facile a trouver! Nous n'avons pas le temps pour ses enfantillages »
- Si elle savait que tu l'imites ainsi, elle te tuerait!
- J'en doute. Elle m'aime trop. En plus, je suppose qu'elle a besoin de nous pour quelque chose de très précis sinon, Elle nous aurait pas fait traverser la moitié du pays, alors je pense pas qu'elle me fera quelque chose avant.
- C'est pas faux. Mais j'espère qu'elle sait ce qu'elle fait. Nous envoyer comme ça dans la gueule du loup, c'est tout de même un peu fou.
L'autre cavalier rit.
- Tu blasphèmes là, Eli.
- Son compagnon ne répondit rien. Il y eut un silence puis:
- Ah tu vois! Je savais bien qu'on y était presque!
- Oui, et bah si tu veux qu'on entre, il faudrait peut être se bouger un peu non?
Murtagh arrêta d'écouter. Il se demanda qui pouvaient être ses deux cavaliers et ce qu'il pouvaient vouloir faire dans la capital et surtout qui était ce « Elle » qui visiblement les commandait. Il monta sur Thorn et celui ci s'éleva dans les airs.
« Reste a proximité, j'aimerai savoir qui ils sont »
« Très bien ».
Le dragon s'éleva suffisamment pour que personne ne le voit mais pas assez pour qu'il perde de vue les deux cavaliers. Il les vit s'élancer au galop en direction de la ville, il est vrai qu'il était déjà tard et que les portes fermeraient très bientôt. Leurs chevaux allaient a un train d'enfer, le vent fit tomber le capuchon de l'un des deux étranger laissant apercevoir les mèches rousses de sa chevelure. Ils accélérèrent encore l'allure et pourtant Murtagh savait qu'ils n'arriveraient pas a temps. Alors Thorn accéléra et atterrit dans la ville. Murtagh se précipita vers les portes.
- Monseigneur? Nous pouvons vous être utile? Dit l'un des gardes qui était en train de fermer la ville pour la nuit.
-Ne fermez pas. Deux voyageurs arrivent. Laissez les entrer.
- Très bien Monseigneur.
Murtagh repartit en direction de Thorn qui s'était apparemment déjà envolé. Il s'arrêta en chemin et observa l'arrivé des deux étrangers. Il les vit ralentir et s'engager dans la ville. Un des deux dit quelques mots au gardien qui lui indiqua une direction. Le cavalier se pencha alors vers lui et fit avancer sa monture.
Murtagh voulu les suivre mais il les perdit de vue quelques secondes et préféra retourner chez lui. Le lendemain matin, il alla faire un tour en ville histoire de se changer les idées et par le plus grand des hasard, reconnu la chevelure rousse d'un des deux étranger de la veille. Sa curiosité piquée au vif, il les suivit discrètement. A un moment, ils s'arrêtèrent devant une maison que Murtagh reconnu aisément: c'était la maison du guérisseur, celui qui lui avait sauvé la vie et chez lequel il s'était rendu quelques semaines plus tôt. Il s'approcha discrètement et écouta. Les deux jeunes gens avaient frappé à la porte et le guérisseur vint leur ouvrir.
- Que puis je pour vous?
- Nous avons entendu dire que nous pourrions trouver refuge chez vous.
- Qui vous a dit cela?
- Ma mère.
- Et qui est ce?
- Elle s'appelle Angela.
Murtagh ouvrit de grands yeux. Il ne connaissait qu'une seule Angela et il doutait qu'il y en ait plusieurs: ce prénom n'était pas du tout courrant dans le pays. Il comprit alors que ces deux étrangers étaient certainement des Vardens, en mission pour Nasuada.
La question était en fait : qu'est ce qu'ils venaient faire ici?
