Hello~
Un petit OS fem!GerIta sans prétention basé sur la chanson Jenny de Studio Killers.
Bonne lecture :3


Elle avait la peau douce et sentait bon les fruits d'été, pensa-t-elle en l'embrassant pour la énième fois.
Elle était dorée, brillante, appétissante comme une brioche, brûlante également, comme si elle sortait du four. Monika sentait l'air de ses poumons s'embraser lui aussi alors qu'elle couvrait Alice de baisers, sa main remontant lentement le long de la cuisse de l'italienne sous elle. Monika aimait beaucoup son nom lorsque c'était l'autre jeune femme qui le soupirait ; il prenait une toute nouvelle saveur avec cet accent du Sud qui était propre à la brunette.

La blonde entreprit de laisser une traînée de marques violacées dans le cou d'Alice, prenant un malin plaisir à former un petit coeur au niveau de sa poitrine, comme une marque d'appartenance, que l'italienne exhiberait sans doute avec fierté, la connaissant.

Elle détacha d'une main son soutien-gorge et le fit voler à travers la pièce de l'autre. Elle dévora durant quelques instants d'un regard énamouré le corps, presque mis à nu, de la femme qu'elle aimait, avant de titiller sa poitrine avec quelques baisers et autres coups de langue, encouragée par les gémissements discrets mais profonds de la brune.

Puis le réveil sonna, et l'allemande dut se résigner à ouvrir les yeux, après avoir tâtonné en grognant pour éteindre l'alarme.
Il lui fallut quelques instants pour réaliser où elle se trouvait et ce qui venait de se passer ; elle était dans son appartement, seule, la chemise trop grande qui lui servait de pyjama bien trop déboutonnée pour que cela soit innocent, ses draps avaient volé loin du lit et elle avait rêvé de sa meilleure amie de façon trop concupiscente pour la bienséance.

Le bruit régulier du ventilateur sur la commode à côté était le seul son hantant l'appartement, hormis le battement erratique de son coeur.

Jenny, darling, you're my best friend

But there's a few things that you don't know of

La blonde entreprit de se lever en lâchant un long soupir. Les chiens se ruèrent sur elle dès qu'elle atteignit la cuisine, et elle slaloma entre eux pour enfin atteindre le frigidaire. Continuant son rituel matinal, elle les nourrit, prépara son petit-déjeuner, écouta les informations distraitement.
Oh, pour être distraite, elle l'était.
Le rêve tournait en boucle dans ses pensées. Plus elle essayait de l'éviter, plus il y revenait, de même qu'Alice devait être fatiguée à force de trotter dans son esprit ainsi.

Monika avait toujours trouvé l'italienne jolie, voire belle ; elle avait cette fraîcheur et cette vivacité qui lui rappelaient le soleil d'été ou le ciel bleu de l'Italie natale de la jeune femme, et ces yeux marrons, doux comme un chocolat de Saint-Valentin, et puis sa bouche, oh sa bouche rose et pulpeuse comme une pêche...On y aurait presque mordu.
Si seulement il n'y avait que le visage d'Alice qui était parfait…

L'allemande faillit tomber de sa chaise en constatant où ses pensées la menaient peu à peu et se gifla mentalement.

Alice Vargas était sa meilleure amie. Elle et Monika étaient proches et complices, même si la plus grande devait souvent réfréner la petite italienne dans sa joie de vivre pour lui éviter des ennuis.
Rien de plus.
N'est-ce pas ?

Why I borrow your lipstick so often

I'm using your shirt as a pillow case

Monika finit d'appliquer son rouge à lèvres - ou plutôt celui qu'elle avait oublié de rendre à Alice lors d'une récente soirée - son esprit tournant toujours à trois cents à l'heure.
Même si elle voulait passer à autre chose, elle ne le pouvait pas. Il y avait tellement de petites choses qui lui rappelaient la présence de la brunette. Des vêtements ou des affaires oubliées çà et là, un DVD vieux comme le monde qu'elles avaient regardé quelques jours plus tôt, des restes de tiramisu de la semaine dernière dans le frigo - que Monika ne pouvait se résoudre à jeter car il était la preuve qu'Alice pouvait cuisiner proprement, parfois.

Elle se souvenait de l'air adorable et ravi de la jeune femme lorsqu'elle avait enfilé le tablier trop grand de l'allemande et de l'odeur sucrée qui avait flotté pendant deux jours dans l'appartement.
Monika n'arrivait toujours pas à décider s'il s'agissait de celle de l'italienne ou du tiramisu, toujours était-il que c'en était devenu intoxiquant, et que visiblement quelque chose fonctionnait mal dans son cerveau puisqu'elle en était arrivée à rêver de faire l'amour à sa meilleure amie.

I wanna ruin our friendship

We should be lovers instead

I don't know how to say this

'Cause you're really my dearest friend

En réalité, elle n'osait même pas imaginer assumer ce qu'elle ressentait dernièrement en présence d'Alice.
Elles se voyaient de plus en plus souvent, quasiment tous les jours, mais l'allemande avait toujours ce pincement au coeur lorsqu'il fallait lui dire au revoir. Parfois, lorsqu'elles se faisaient la bise, elle avait envie de se décaler juste un tout petit et d'embrasser ses lèvres à la place, juste pour y goûter. Il fallait dire qu'elles étaient toujours brillantes et pulpeuses, recouvertes de gloss au fruit, au goût, elle ne pouvait que l'imaginer, délicieusement chimique.

A force de la regarder, Monika connaissait toute son apparence par coeur, jusqu'aux plus petits détails insignifiants.

Dès qu'elle le pouvait, l'allemande jouait avec les cheveux de la petite italienne. Ils étaient, longs, bouclés, doux, et elle aurait pu passer des heures rien qu'à les démêler - tout du moins, jusqu'à ce qu'Alice crie au meutre parce que "la brosse tuait ses boucles naturelles".

Plus récemment, Monika ressentait le besoin de la toucher - tout du moins d'être physiquement proche d'elle. Une main qui frôle l'autre, des cuisses qui se caressent distraitement, les doigts dans les cheveux qui glissent jusque sur la joue, les bisous innocents qu'Alice s'entêtait à lui donner pour son plus grand plaisir, les câlins lorsqu'il faisait froid et même lorsqu'il faisait chaud… Plus qu'une envie, la blonde en avait besoin, et c'est encore plus troublée qu'en se réveillant qu'elle claqua la porte de son appartement derrière elle.

oO0°0Oo

Une paire de doigts parfaitement manucurés claquèrent devant ses yeux, qui s'étaient perdus dans la vallée du décolleté de l'italienne, et Monika leva le regard vers Alice, qui semblait plus soucieuse qu'en colère - Dieu merci.

Jenny, darling, you're my best friend

I've been doing bad things that you don't know about
Stealing your stuff now and then

Nothing you'd miss but it means the world to me

- Tu es ailleurs aujourd'hui.

- Je sais.

- Pourquoi ? Des soucis au boulot ?

Tout en lui parlant, elle touillait son Mojito d'un air distrait avec sa paille. Aucun doute n'était possible, Alice était la plus jolie femme de toute la terrasse du café - plus même, du monde entier.

Monika fit une bulle avec son chewing-gum qui éclata presque aussitôt, et laissa son dos reposer contre la chaise, d'un air faussement nonchalant.

- Non, ça va.

- Tu en as marre de moi alors ?

L'allemande manqua s'étrangler.

- Bien sûr que non ! D'où tu sors une connerie pareille ?

- Je sais pas, je…

Alice baissa le regard et se mordit la lèvre. Monika avait vaguement envie de passer par dessus la table et la mordre pour elle, mais bien évidemment, elle n'en fit rien. Question de bienséance.

- On se voit beaucoup en ce moment, alors je me dis que….Peut-être, tu te lasses...de moi...

La main d'Alice tapotait nerveusement la table du bout de ses ongles parfaits, et dans un élan d'affection désespéré, la grande blonde s'en saisit. Elle était douce, comme dans son rêve et jamais elle n'aurait pu croire qu'elle pourrait un jour se noyer à ce point dans du chocolat, et surtout que cela serait dans les yeux de sa meilleure amie.

- Jamais, souffla-t-elle. Ne dis plus jamais une chose pareille, d'accord ?

Alice hocha doucement la tête et lui offrit un sourire troublé. Elle lui cachait quelque chose mais Monika n'arrivait pas à savoir quoi ; si d'habitude elle lisait en l'italienne comme dans un livre ouvert, cela lui était aujourd'hui impossible. Réalisant qu'elle tenait toujours sa main, elle piqua un fard et la lâcha soudainement, prenant soin d'éviter tout contact visuel. Elle avait très chaud et sachant que ce n'était pas seulement dû à la température de cette journée de juillet, elle déboutonna un peu sa chemise, l'air de rien.

Cependant, Alice fut cette fois celle qui prit sa main et le coeur de la blonde s'accéléra considérablement.

Jenny take my hand

'Cause we are more than friends

I will follow you until the end

C'était juste de l'affection, hein ? Alice était son amie, alors elle lui prenait la main.
Rien de plus.
Elle ne cherchait pas le contact physique avec Monika en particulier. Après tout, l'italienne avait toujours été câline, avec tout le monde. Surtout avec ses amants.
Monika se retint de soupirer à cette pensée.

Jenny take my hand

I cannot pretend

Why I never like your new boyfriends

- ...Et sinon, toi, ça va ? Toujours avec Antonio ?

Un goût amer montait dans sa bouche en prononçant ces mots et les yeux d'Alice s'ouvrirent grands comme des soucoupes.

- Oh, non, certainement pas ! Je ne te l'avais pas dit ? Ça doit bien faire plus de deux mois. Il était amoureux de ma soeur et il m'a juste utilisée pour se rapprocher d'elle…

Le regard d'Alice se posa sur leurs mains entrelacées mais Monika savait qu'elle ne regardait pas vraiment. Elle aurait voulu tuer cet espagnol qui avait fait du mal à Alice mais elle devait bien avouer que leur rupture la soulageait.

Oh, your love for them won't last long

Forget those amigos

Elle était cependant intriguée. C'était rare qu'Alice lui cache des choses aussi importantes et aussi longtemps, elle qui parlait tant et surtout d'amour.
Monika devenait terriblement jalouse lorsque l'italienne flirtait ou que l'on flirtait avec elle ; souvent, donc. Cela la rongeait parce qu'elle savait qu'elle n'avait pas le droit d'intervenir dans les relations amoureuses de son amie, mais…

Elle commençait à réaliser qu'elle voulait être plus que sa meilleure amie.
Elle voulait que toute son attention et toute son affection lui soient dévolues, elle voulait pouvoir la serrer dans ses bras quand elle voulait, elle voulait l'embrasser jusqu'à plus soif, elle voulait sentir sa peau sous la sienne, n'avoir qu'à dire bonne nuit et pas au revoir, ouvrir les yeux et voir son beau visage tous les matins, l'aimer encore et encore et qu'elle l'aime en retour.

I wanna ruin our friendship

We should be lovers instead

I don't know how to say this

'Cause you're really my dearest friend

Monika se crispa sur sa chaise en réalisant la véritable nature de ses sentiments, et regarda d'un air perdu la belle italienne. Elle l'aimait, d'amour, pas d'amitié, de l'amour dont on parlait dans les contes de fées et dans les romans sentimentaux qu'Alice adorait. Elle l'aimait à la folie. Elle aurait fait n'importe quoi pour elle, elle lui aurait demandé de se jeter sous un train, elle l'aurait fait.
Plus elle la regardait, plus elle se sentait fondre de l'intérieur, cette grande chaleur si longtemps contenue se libérant à une vitesse folle dans sa poitrine et tout le reste de son corps.

- Monika ?

Alice la regardait à nouveau avec inquiétude et l'allemande réalisa qu'elle s'était perdue dans ses pensées. Elle rosit à l'entente de son prénom dans cette bouche si adorée, qu'elle avait tant rougie de baisers dans son rêve, et hocha la tête en signe d'attention.

- Je...dois te parler de quelque chose.

La blonde passa un rapide coup de langue sur ses lèvres soudain très sèches.

- Si je ne t'ai pas parlé de ma rupture avec Antonio, c'est parce que je voulais d'abord mettre au clair quelques...idées, dans ma tête. Et…

Alice serra la main de Monika dans la sienne.

- Dans mon coeur, aussi.

C'était comme si elle était soudain plongée dans du coton. Elle n'entendait plus rien des sons de l'extérieur qui lui parvenaient dans un discret bourdonnement. Elle n'entendait que le battement de son coeur, ce qui ressemblait à celui d'Alice, et la voix musicale de l'italienne, bien évidemment.

- Monika...Je t'aime.

- Moi aussi, balbutia la blonde. Moi aussi.

- Non, mais je veux dire, je t'aime vraiment, vraiment, beaucoup, pour de vrai, pas juste d'amitié !

- Mais moi aussi ! répéta l'allemande, sidérée. Alice était partie dans une tirade et n'entendait plus qu'elle.

- Non, tu ne comprends pas, je suis amoureuse de toi !

Monika se leva et se pencha par dessus la table. Elle sourit à la brune, passa une main dans sa nuque à l'attira à elle pour capturer ses lèvres sur lesquelles traînaient encore le goût de Mojito.

- Je crois que c'est toi qui ne comprend pas, murmura-t-elle doucement en laissant plein de baisers papillons sur le visage de l'italienne. Je ne veux plus de ton amitié.

Alice lâcha un soupir de bien-être et embrassa la blonde à son tour.

- Je veux ton amour.

- Oh, rassure-toi, tu l'as déjà, rit doucement l'italienne.

Un grand sourire étira les lèvres de Monika.

Tomber amoureuse de sa meilleure amie n'était pas une si mauvaise idée au final.

We should be lovers instead

'Cause you're really my dearest friend