Bonjour, bonsoir à tous ! ~
Bon, voilà un très court texte que j'ai écris dans un moment de... grande mélancolie, on va dire, et du coup, j'avais envie d'écrire un truc un peu sombre.
J'ai déjà lu beaucoup d'One-Shot du genre sur le fandom de Durarara! alors j'ai décidé de m'essayer à ce genre aussi ! J'espère que je serai à la hauteur des attentes !
Je vous conseil de vous mettre un petit fond sonore pour vous mettre bien dans l'ambiance ! Moi, j'écoutais la version instrumentale de la chanson "Light Up The Sky" de The Afters en l'écrivant.
Bref, sur ce, je vous laisse à la lecture qui, je l'espère, sera bonne !
Disclamer : Durarara! et ses personnages appartiennent à Ryogo Narita. Seul le "scénario" de ce texte vient de moi.
PS : Je m'excuse très platement pour les possibles fautes d'orthographe (et surtout de conjugaison) qu'il peut y avoir. Je n'ai pas de bêta-lecteur et je ne suis pas forcément la meilleure dans ces domaines...
I Hate Him
Le soleil était levé depuis un petit moment déjà, éclairant de ses puissants rayons estivaux les rues d'Ikebukuro. Les artères principales fourmillaient de gens pressés, de salary man ou d'élèves qui se rendaient en groupes d'amis à l'école. Le brouhaha de la foule était puissant, mélange de voix, de klaxon, de rires et de vrombissements de moteurs.
De la fenêtre de son appartement, Shizuo observait, une cigarette allumée pincée entre les lèvres. Ses yeux étaient cernés, ses joues légèrement creusées, et son regard était vitreux, perdu. Il regardait sans voir.
« Pourquoi ? », Se demandait-il. Pourquoi le soleil s'était-il levé ce matin ? Pourquoi ne l'avait-il pas laissé dans le noir ? Seul avec le silence. Seul avec ses insomnies que même les médicaments ne savaient soigner. Il aurait voulu y rester pour toujours, recroquevillé entre les plis de ses couvertures. Mais les premiers rayons du jour étaient venus brûler son visage. Il le haïssait, ce soleil. Il le faisait tellement souffrir.
Mais ce n'était pas grave. De toute façon à ce jour, il n'était même plus sûr de savoir s'il souffrait. La douleur s'était infiltrée en lui, tant et si bien elle faisait partie de son être désormais. Elle était une part de lui.
Six jours qu'il vivait avec. Six jours qu'elle ne lui avait laissé aucun répit. Six jours que la nourriture avait un goût infâme, que le sommeil le fuyait comme la peste. Pourtant, il aurait tellement voulu dormir. Pendant quelques heures, oublier. Tout oublier. Mais l'on ne lui accordait pas ce repos salvateur. Comme une punition divine, il était condamné à rester éveillé, repassant encore et encore ces images dans sa tête. Ces images qui lui vrillaient le crâne et le brisaient.
Mais pourquoi est-ce qu'il avait si mal ? Et pourquoi est-ce qu'il était si en colère, si plein de haine et de rage ? Il haïssait ce soleil qui osait illuminer le monde alors que lui ne désirait que la tristesse des ténèbres, il exécrait les gens qui continuaient à vivre comme si de rien n'était, alors que son existence était devenue un cauchemars. Il voulait faire taire ce bruit. Ce vacarme assourdissant de vies épanouies quand la sienne n'était plus qu'un froid silence de désespoir.
Il jeta le mégot de sa cigarette et referma la fenêtre, soupirant de soulagement alors que le bruit se taisait enfin. Il tira les rideaux pour retrouver l'obscurité et, las, laissa son dos glisser le long du mur pour s'asseoir sur le sol. Il prit sa tête entre ses mains.
Comment en était-il arrivé là...
Pourquoi en était-il arrivé là...
Ah, oui... Il se souvenait. Six jours auparavant... sa vie avait radicalement changée.
Il avait rencontré la vermine dans une ruelle, le soir, en rentrant après avoir fini sa journée avec Tom. Il s'était mit en colère et avait voulu l'attaquer, mais... mais il n'était pas comme d'habitude. La main qu'il tenait fermement plaquée contre son ventre était recouverte de sang. Il l'avait regardé, sourit. Il avait sourit, mais c'était si faible... empreint de tant de douleur...
« Tu tombes bien, Shizu-chan..., Avait-il dit d'une voix rauque, sifflante, Il semblerait que je vais mourir. Si tu veux me porter le coup de grâce... je t'en pris... »
Il avait écarté les bras, en signe d'invitation. Toujours il gardait son arrogance, toujours il gardait son cynisme. Même dans l'état le plus lamentable du monde. Cela lui ressemblait bien, après tout...
Mais Shizuo n'avait pas pu bouger. C'était fou. Comment cela était-il arrivé ? Une avalanche de questions s'imposaient à son esprit, tellement qu'il ne pouvait correctement les assimiler, et qu'elles se mélangeaient toutes, l'embrouillant totalement.
« Tu as toujours eu l'air si stupide, Shizu-chan..., Avait ricané le brun. »
Il ne tenait plus debout et était tombé à genoux, se repliant sur lui-même avec un grognement de douleur intense. Le collecteur de dettes avait cligné des yeux. Ce mouvement de son ennemi lui avait rendu ses sens, et il était parvenu à avancer vers lui de quelques pas. Il s'était arrêté juste devant lui, l'avait observé.
Il était... pathétique. Lorsqu'il avait levé ses yeux rouges vers lui, il y avait vu des larmes refoulées, et quelque chose qui lui avait arraché un frisson. De la peur. Sans doute cette peur de la mort que l'on ressent tous au moment de passer l'arme à gauche. Certains feignent toute leur existence de ne pas craindre le moment où la vie les quittera, mais lorsque cela arrive, que toutes les cartes sont abattues et que les masques tombent, personne ne prétend plus.
Shizuo s'était baissé alors qu'Izaya étouffait une quinte de toux ensanglantée, et il avait saisit son menton entre son pouce et son index, le relevant vers lui. Son pouce était venu essuyer le mince filer de liquide rouge qui coulait de ses lèvres. Il avait plongé un regard intense dans le sien, approchant son visage du sien, et avec une douce férocité, il l'avait embrassé. Longtemps. Leurs bouches étaient restées liées pendant ce qui sembla durer des heures.
Lorsque finalement, le blond s'était reculé, s'était relevé, il avait dit simplement en lançant un regard plein de haine et de mépris à sa Némésis :
« Je te hais, Izaya. »
L'autre avait sourit et une larme avait roulé sur sa joue. Son souffle était court, et ses yeux à moitié fermés.
« Je te hais aussi, Shizuo... »
L'ex-barman avait frissonné longuement en entendant son nom complet être enfin prononcé par l'informateur. Une seconde après, les yeux de ce dernier s'étaient fermés complètement et il était tombé sur le coté, s'étalant totalement sur le sol. Plus aucun souffle ne passait ses lèvres. Plus aucun souffle ne les passeraient jamais. Shizuo lui avait donné le baiser de la mort, et c'est son image qui fut la dernière chose qu'il vit.
Nous y étions.
Orihara Izaya était mort.
Après ça, il avait quitté les lieux sans rien de plus et il était rentré chez lui. Il n'avait appelé personne, n'avait pas prévenu la police. On finirait bien par retrouver son corps, c'est ce qu'il avait pensé. Il s'était alors sentit étrangement bien. Comme si un poids énorme avait été d'un coup retiré de ses épaules. Il avait sourit. Il avait même ri.
Il s'était sentit heureux.
Il s'était préparé un repas, le soir, mais dès la première bouchée, il avait été prit d'un haut-le-coeur. Il n'y avait pas vraiment fait attention, avait continué à manger, mais il n'avait rapidement plus pu ignorer et avait fini aux toilettes à vomir tout ce qu'il venait d'ingurgiter. Il avait cru être simplement malade et était allé se mettre au lit après avoir prit un médicament.
Mais en se couchant, il lui avait été impossible de fermer l'œil. Il était resté des heures durant à se tourner et se retourner dans son lit, cherchant à s'endormir, sans succès. Pourtant, il était fatigué de sa journée, mais... c'était impossible.
Vers 3 heures du matin, son portable avait vibré et dans l'obscurité de la chambre, l'écran s'était éclairé, affichant le numéro de Shinra. Il avait décroché, la boule au ventre. Il se doutait un peu de la raison de cet appel nocturne.
« Hm ? Avait-il grogna en décrochant.
- Shizuo, Avait répliqué son ami à l'autre bout du fil, Je... Izaya... Izaya a été retrouvé mort..., Dit-il d'une voix que le blond devinait brisée.
- Hm. »
Il ne trouva rien à répondre à ça. Il le savait déjà. Aurait-il dû démontrer un peu plus de bonne humeur afin de ne pas éveiller les soupçons ?
« La police m'a contacté, Continua doucement le médecin, Apparemment, ce serait une histoire avec des Yakuzas qui aurait mal tourné... »
Il s'attendait à ce qu'il lui demande s'il avait à voir là-dedans, mais rien. Alors comme ça, la vermine avait fini par se faire avoir par les mafieux avec qui il faisait mumuse ? Bien fait pour lui.
Son ami avait l'air assez chamboulé. C'est vrai qu'il était ami avec Izaya depuis longtemps. Il ne comprenait pas. Comment pouvait-on apprécier une telle personne ? C'était absurde.
« Je vais te laisser, Déclara soudain la voix de Shinra après un silence de quelques minutes, Je te tiendrai au courant.
- Pas besoin. »
Et il avait raccroché. Non, pas besoin. Il ne voulait rien savoir de plus sur cette affaire. Il s'en fichait. Cela n'avait aucune sorte d'importance à ses yeux. La puce était morte, et il ne pourrait s'en porter que mieux. Sa vie désormais serait bien plus agréable.
C'est ce qu'il avait pensé. Il avait pensé qu'il pourrait enfin mener une existence tranquille sans cette nuisance. Il avait pensé que l'humanité entière s'en porterait mieux. Mais ces six journées d'horreur lui avaient bien prouvé le contraire.
Depuis lors, l'image d'Izaya n'avait jamais plus quitté son esprit. Il le revoyait, encore et encore, sans répit. Il revoyait ses yeux pleins d'eau et de peur, il revoyait son sourire blessé, il revoyait ces lèvres qu'il avait embrassées. Il ne savait même pas pourquoi est-ce qu'il avait fait ça... Il le regrettait. Il n'en pouvait plus. Il voulait s'arracher les siennes pour oublier le goût de ce baiser qui l'obsédait.
Finalement, Shinra lui avait quand même fait part de l'avancement de l'enquête en lui envoyant des mails. C'était bien des Yakuzas, au final. La police était aussi venue le questionner, connaissant son passé commun avec l'informateur. Mais ils n'avaient rien tiré de cette entrevue.
Il n'était pas allé à l'enterrement, mais il était passé le lendemain devant le cimetière sans y entrer. Il avait ignoré les appels de son frère, ceux de Tom, ceux de Shinra. Il inquiétait tout le monde, mais il s'en fichait. Ce n'était pas important. Ça ne l'était plus. Il ne voulait plus se soucier de qui que ce soit autre que lui-même.
« Je te hais aussi, Shizuo... ». Les mots résonnaient en écho dans sa tête depuis six jours. Bordel, mais pourquoi ne pouvait-il pas oublier ! C'était une torture. Comment pouvait-il se retrouver si gravement affecté par le départ de son pire ennemi ? Il le détestait, il le détestait ! Il l'avait toujours, toujours haï. Alors... juste... pourquoi... ?
Parce qu'il avait besoin de lui. Parce qu'il avait besoin de son existence. Sans lui, il n'était plus que l'ombre de lui même. Une coquille vidée de son contenu. Il lui manquait désormais une chose essentielle qui ne lui serait jamais rendue. Leur haine mutuelle était le moteur de tout ce qu'il entreprenait dans la vie. Il se rendit compte qu'il n'avait vécu, au final, que pour le haïr. Alors... que lui restait-il quand sa raison de vivre avait disparue.. ?
A quoi bon continuer à vivre sans lui... ?
Il ne savait pas.
Il ne savait vraiment pas.
Il passa une main sur son torse nu. Il caressa du bout des doigts la cicatrice sur sa peau. La première que lui avait faite le brun, le jour où ils s'étaient rencontrés pour la première fois.
Il grogna.
Du début jusqu'à la fin, Orihara Izaya ne lui aurait finalement causé que des tourments.
Voilà, voilà ! J'espère que ça vous a plu !
J'ai écrit ça très rapidement, et je ne sais pas vraiment ce que ça vaut, mais j'espère que ce n'est tout de même pas trop décevant.
N'hésitez pas à me donner vos avis ! ^^
A bientôt !
