Bonjour à tous~
Ca va faire bien, euh, 2 ans que je n'ai pas été active sur ce site? Beaucoup de choses ont changé depuis, mon style a évolué, mes préoccupations aussi, et je préfère faire cette annonce: je ne reprendrais pas mes anciennes fics. Il faudrait que je reprenne tout depuis le début pour tout remettre au goût du jour, et ça me ferait beaucoup trop de travail, en plus de ne pas être très amusant à faire!
Par contre, vous allez me voir beaucoup plus souvent à partir de maintenant ;) [oui c'est pas très dur, sachant que j'avais un taux d'absentéisme de 100% en 2014...]

Enfin, bonne lecture ~

#handfetish

~ Chapitre 1 ~

Tous les matins, la même routine.

Pousser les couvertures, poser un pied par terre, le deuxième, refuser de s'extirper des couvertures, s'enrouler dedans, bailler, soupirer, bailler, se frotter la tête, descendre prendre le petit-déjeuner, vérifier les messages sur son portable, finir de déjeuner, remonter, abandonner la couverture, s'habiller en cinq minutes, bailler, se frotter la tête, passer dans la salle de bain, se laver les dents, bailler, regarder par la fenêtre, vérifier l'heure, se poser devant l'ordinateur et bailler une dernière fois avant de s'accorder maximum huit minutes de surf sur internet.

Gérer un blog à raison de huit minutes par jour était difficile… mais réjouissant. Tous les matins, en jetant un coup d'œil aux messages de ses abonnés, il se laissait aller à sourire pensivement. On trouvait de tout sur internet, mais son blog était encore plus spécial que les autres, et il aimait à croire qu'il aidait quelques personnes aussi anormales que lui à survivre à leur journée de cours/travail/rien.

Huit minutes, pas plus, Shin-chan détestait attendre. Alors il se levait au bout de sept minutes et demi, et prenait sa veste, passait une nouvelle fois sa main dans ses cheveux noirs, repassait un coup devant la glace et passait la porte d'entrée, un grand sourire aux lèvres.

Tous les matins, il s'étonnait d'être d'aussi bonne humeur en sortant de chez lui. Tous les matins, en trottinant sur le trottoir, il s'étonnait de ne pas en avoir assez de devoir trainer Shin-chan jusqu'au lycée.

Son sourire s'élargit lorsqu'il arriva en vue de la maison de son coéquipier, qui venait à peine de sortir de chez lui et lui fit l'honneur de le gratifier d'un léger sourire, auquel il répondit en passant lestement par-dessus le portillon.

- Hey, Shin-chan!
- Bonjour, Takao.

Alors qu'il se dirigeait directement vers la charrette, il sentit le regard interrogateur de Midorima sur son dos, qui lui lança en remontant ses lunettes :

- Pas de Janken, ce matin ?
- Non !, répondit-il joyeusement. Je sais que je vais perdre, Shin-chan, et je vais m'épargner cette défaite aujourd'hui !

Le regard du shooting guard s'adoucit légèrement.

- Tu es vraiment de bonne humeur ce matin…

Takao commença à pousser la bicyclette mais se stoppa dans son élan, consterné:

- Tu n'as pas ton porte-bonheur aujourd'hui ?
- Bien sûr que si, lui répondit évasivement Midorima avec un sourire.

Pensant saisir une allusion, Takao se détourna, vaguement gêné, mais commença à râler en sentant le poids de Midorima alourdir la charrette, et commença à tourner les pédales.

- T'es lourd, Shin-chan !
- Mmh.

Bien qu'il trouva étrange que Midorima ne se vante pas de son porte-bonheur du jour, Takao ne souleva aucune question et pédala en silence jusqu'au lycée. En quasi-silence.

- Tu es de plus en plus bruyant, soupira Midorima quand ils descendirent de la bicyclette et de sa remorque.
- C'est toi qui es de plus en plus lourd, Shin-chan, tu as bien pris dix kilos depuis le début de l'année…
- Kh ! C'est du muscle !, tiqua Midorima.
- C'est tout, alors ? Hm, je pensais que tu t'étais plus musclé que ça. Est-ce que tu portes des prothèses pour me faire croire que ta condition physique s'améliore, Shin-chan ?
- Je ne vais même pas relever cette blague, ton humour empire de jour en jour. Tu pourras bientôt rivaliser avec ce type bizarre de Seirin.
- J'essaye de me mettre au niveau du grand Midorima Shintarō, c'est une tâche ardue !

Midorima appuya rageusement sur le bouton du distributeur :

- Mon humour n'est pas mauvais !
- Non, c'est vrai. ...tu n'en as pas, il ne peut pas être mauvais.

Takao esquiva prestement la canette qui fusait dans sa direction et se mit à courir vers le gymnase :

- Tu vas rater le début de l'entrainement matinal, Shin-chaaaaan ~
- Arrête de m'appeler comme ça !, ragea Midorima en lui emboita le pas à un rythme soutenu.

Les deux joueurs de Shūtoku débarquèrent en furie dans le gymnase, dépassant à pleine vitesse leur capitaine, Ōtsubo Taisuke, qui retira calmement ses écouteurs, les plia, les rangea soigneusement dans son sac, stoppa sa musique, rangea son portable, et soupira… avant de s'élancer à toute vitesse vers Midorima :

- CA SUFFIT, VOUS DEUX !

Leur coach soupira, s'assit sur le banc de touche, et sourit légèrement derrière ses mains jointes. La voix de Miyaji, le blond portant le numéro 8, résonna dans la salle :

- Oi, Kimura. Tes parents ont toujours ce magnifique camion de livraison ?
- Ce n'est pas à proprement parler un camion
- Ils l'ont ?!
- Ben oui, soupira Kimura, sentant venir le carnage.
- Prête-moi les clefs, je vais faire le ménage avec.
- Dedans tu veux dire ?
- Non. Non, avec. JE VAIS LEUR ROULER DESSUS, CA LEUR APPRENDRA A ME CASSER LES %!$& DES LE MATIN !

Takao s'arrêta soudainement de courir, pris de frayeur, mais Midorima, qui n'avait pas eu le temps de ralentir, le percuta de plein fouet, suivi de près par Ōtsubo qui s'écrasa sur eux deux avec un « OUMPH » sonore.

Le silence enfin revenu, le coach de Shūtoku, Nakatani Masaaki-san, se leva et s'éclaircit la gorge, alors que le reste de l'équipe se regroupait devant lui, relevant un Takao à moitié sonné et un Midorima totalement vexé.

- Bien. Si tout le monde acceptait de se tenir calme à partir de maintenant, je peux vous jurer que cela ferait mon affaire.

Tout le monde se tînt enfin tranquille.

- Comme vous le savez, commença-t-il non sans ironie, j'ai été porté volontaire pour suivre ceux des premières années qui partent en voyage scolaire aux USA. Ils partent cinq jours, ce qui signifie que vous allez devoir vous autogérer pendant mon absence. J'en ai profité pour vous préparer un régime d'entrainement spécial – Miyaji arrête d'appuyer sur la tête de Midorima. S'il te plait. Non, ça me déconcentre. Merci. – Un régime spécial, donc, que je vous ai imprimé.

Il tapota une petite pile de papier.

- Bien sûr, vous n'êtes pas exempt de l'entrainement habituel. Ce régime – Miyaji. S'il te plait. Merci. – Ce régime est le même pour chacun d'entre vous, mais j'y ajouterai des exercices personnels, pensez à venir me voir à la fin de l'entrainement d'aujourd'hui. Je rappelle à tout le monde que l'entrainement n'aura pas lieu ce soir, dû à la réunion des délégués des premières et – Kimura, ne commence pas ! Qu'est-ce que vous avez aujourd'hui ?

Les titulaires se figèrent, les yeux fixés sur le coach. Kimura, en pleine tentative de prise de catch complexe sur Midorima, fit la moue. Celui-ci, imperturbable, était en train de tordre savamment le poignet de Takao, dont les jambes étaient enroulées autour du cou de Miyaji, accroché de toutes ses forces aux épaules d'Ōtsubo, impassible.

Un silence pesant se fit dans la salle, et les cinq titulaires lâchèrent d'une même voix :

- C'est lui qui a commencé.
- Vous m'épuisez, soupira Nakatani-san.

L'entrainement suivit son cours, les programmes furent distribués, et chacun rajouta ses exercices personnels en marge de la feuille.

Takao sortit le premier du gymnase, ses yeux sur sa fiche, s'arrêta machinalement pour attendre Midorima. Il haussait les sourcils en lisant le programme d'entrainement. Il était composé d'une multitude de petits exercices que Shin-chan auraient sûrement appelés stupides, sans aucun rapport apparent ni avec le basket, ni avec le sport en général.

- Takao.

Il frissonna, mais fit mine de ne pas l'avoir entendu.

- Takao !

Cette fois, un sourire étira ses lèvres. Embêter son Shin-chan était si réjouissant… Un souffle un peu trop proche de son oreille lui arracha un petit cri surpris :

- Ta-ka-o !

Il sursauta, recula de quelques pas, rougissant légèrement :

- Fiou, Shin-chan, tu m'as fait peur !

Ne pouvant s'empêcher de sauter sur l'occasion, il murmura avec un regard coquin :

- Ne me souffle pas dans l'oreille comme ça, Shin-chaaan… Nous ne sommes pas siiii proches, n'est-ce pas…
- D-Hein ? Je ne t'ai pas soufflé dans l'oreille !

Le shooting guard de Shūtoku avait commencé à rougir comme une collégienne, provoquant le rire incontrôlable de son coéquipier.

- T-TSS ! Je vais en cours !, lâcha sèchement Midorima, passant impérieusement devant Takao, toujours mort de rire.
- Aaaah… Attends, Shin-chan, ne fais pas la tête !

Takao lui courait après, à présent, sa voix cachant à peine qu'il était à deux doigts d'éclater à nouveau de rire.

- Shin-chan ! Ce n'est pas une mauvaise chose ! Ta voix est si sexy ! P-Parle-moi !

Midorima serra les dents en l'entendant rire aux larmes dans son dos. Il l'ignora et alla s'installer en classe, frappant nerveusement son stylo sur la table. Takao vint s'asseoir non loin de lui, s'essuyant les yeux en pouffant. Il se mordit la lèvre d'énervement. Dieu que ce type pouvait lui courir sur les nerfs.

- Psst ! Shin-chan !

Il soupira, l'ignora un moment, mais finit par se retourner brusquement :

- Quoi, encore ?
- On mange sur le toit ce midi ?

Midorima haussa un sourcil surpris :

- Comme d'habitude.
- Tu vois, t'es incapable de faire la tête, pouffa Takao.

Il lui lança un regard meurtrier avant de lui tourner le dos. Takao sourit, Shin-chan ne changeait jamais… Discrètement, il sortit son portable. Oh, il n'avait pas besoin d'une photo de tout Shin-chan. Une partie suffisait.

A la pause de mi-journée, sur le toit, il regardait les doigts fins de son coéquipier, calmement posés sur ses baguettes, emmener de petits morceaux de nourriture jusqu'à sa bouche. Ses lèvres délicates sans être féminines s'entrouvraient l'espace d'une seconde avant de se refermer. Il pouvait deviner que Shin-chan aimait ce qu'il était en train de manger. Les coins de ses lèvres étaient très légèrement étirés vers l'extérieur, et quelques fois sa langue pointait hors de sa bouche pour glisser au bout des baguettes. Ou peut-être que Shin-chan aimait tout simplement se sentir observé…

- Takao, arrête ça.

Le sourire de Takao s'agrandit :

- Tu t'amuses à me séduire avec tes baguettes depuis tout à l'heure, ce n'est pas ma faute…
- Takao…, soupira Midorima.
- Oui, oui, j'arrête. Shin-chan ~

Midorima soupira à nouveau, mais lui sourit un peu, à mi-chemin entre l'exaspération et l'amusement, comme souvent.

- Ta sœur fait quelque chose ce weekend ?

La question le prit un peu au dépourvu, il se gratta l'arrière de la tête.

- Si tu veux me draguer, tu n'es pas obligé de passer par ma sœur, Shin-chan !

Les longs doigts fins et manucurés de Midorima frappèrent son front d'une pichenette, mais il ne prit pas la peine de répondre. Takao aurait adoré attraper ses doigts et les embrasser, rien que pour le plaisir de voir son Shin-chan se mettre à rougir comme une princesse effarouchée, mais il n'en fit rien, et le laissa s'expliquer.

- C'est une consigne du coach, ça fait partie de mon programme spécial… Je dois organiser une sortie pour ma sœur et la tienne.
- … où est le rapport au basket ?

Midorima haussa les épaules. Sa main était étrangement proche du genou de Takao, qui n'arrivait pas à défaire son regard de ses doigts.

- Alors, elle fait quelque chose ce week-end ?

La gorge un peu sèche, Takao répondit à mi-voix :

- Non, non rien.

Les baguettes de Midorima grimpèrent discrètement sur la cuisse de Takao, distrait, alors que leur propriétaire continuait :

- Parfait, alors. Je viendrais chez toi, dans ce cas.
- Tu es bien entreprenant, Shiiiin-chaaan… HEY ! C'est mon repas !

Midorima avala le morceau de légume victime de son méfait avec un sourire en coin. Les baguettes de Takao attaquèrent sauvagement son bentō par le flanc droit, mais le général Midorima, rompu aux exercices du genre, riposta dans les règles et saccagea le plat du lieutenant Takao, mélangeant le riz avec la sauce. Le lieutenant Takao, défait et détruit par la déception, porta un coup en traitre en attrapant de ses dents les baguettes du général Midorima, outré par si peu de manières guerrières.

Takao pouvait encore sentir le coup des lèvres de Shin-chan sur le bout des baguettes, et glissa sa langue hors de sa bouche pour longer les tiges de bois, jusqu'à arriver aux doigts de leur propriétaire, qui les lâcha brusquement en frissonnant.

- TAKAO !

Ledit Takao se jeta en arrière en explosant de rire :

- Tu es TELLEMENT mignon, Shin-chan !
- La ferme ! Mes baguettes ont fini par terre, à cause de toi !
- Oh… Mais, rétorqua l'adolescent aux yeux d'aigle avec un sourire en coin, je peux te prêter les miennes si tu veux… Si tu n'as pas peur d'un baiser indirect, bien sûr.
- CREVE.
- Awwww, allez, Shin-chan !
- DEGAGE.

Tous les soirs, la même routine.

Commencer par déposer l'adorable Shin-chan chez lui, échanger quelques mots sur son perron, puis trottiner jusque chez soi en sifflotant, pousser la porte, prendre une bouteille d'eau, monter dans sa chambre, se poser devant l'ordinateur, connecter le portable au pc, transférer les photos, les recadrer une par une, ouvrir le blog, choisir une photo, puis la poster, et enfin entrer le hashtag qui faisait toute l'identité de la petite communauté regroupée sur ce blog : #handfetish.