Voilà ma premiere fic sur Escaflowne, une serie supra formidable !
Disclaimer : Les persos ne m'appartienent pas, malheureusement, sauf ceux qui ont été rajoutés, ceux-là par contre, pas touche, ce sont les miens !! lol
Chapitre 1 : Une courageuse décision
- Naya ! s'exclama soudain Enna. Naya, tu rentres, il est tard !
- Oui Enna, répondit-je avec un soupir.
Ma grande sœur Enna, âgée de vingt-sept ans, faisait office de mère et de père quand ceux-ci partaient travailler au palais où ils étaient, pour ma mère, Dame de Compagnie de la Princesse Élise et pour mon père, Conseiller du Roi.
- Naya !
- Ca va ! répliquais-je en faisant de grands gestes en direction de ma sœur qui attendait au balcon de notre maison.
Cette maison, grande bâtisse de briques rouges, se tenait aux abords de la ville, tout près de la plage. C'est sur cette plage que je me tenais, entourée de douze de mes compagnons d'école, amis de toujours.
- Naya, dit Ebra, ma meilleur amie. Tu devrais rentrer sinon ta sœur va nous piquer une crise.
Je soupira puis me leva, secoua ma tunique beige pour en faire tomber le sable puis, après avoir dit au revoir à mes amis, je remonta en courant les interminables escaliers qui menaient à la ville.
- Me voilà ! claironnais-je en entrant dans la maison.
- C'est pas trop tôt, répondit Enna en sortant du salon. Tu as remarqué qu'il faisait déjà nuit au moins ? Tu sais bien que papa et maman ne veulent pas te savoir dehors après la tombée de la nuit. Il y a plein d'ivrognes sur la plage le soir.
- Et alors ? répliquais-je. Je sait me battre, j'ai appris à manier l'épée…
- Oui, il y a quatre ans, répondit Enna, agacée. Maintenant, va te changer, nous passons à table dans une heure !
Et elle fit volte face et retourna dans le salon.
Je soupira puis grimpa lentement l'escalier de chêne qui craquait sous mes pas. Quand je parvint en haut, je tourna à droite et ouvrit une porte.
- Pffuuu, fit-je en me laissant tomber sur le lit.
Je me retourna sur le dos et inspecta cette chambre que j'avais maintes et maintes fois modifiée au grés de mes caprices, faisant enrager mes parents. Pour l'instant, cela faisait un mois que je n'avais pas eut l'envie de changer les meubles de place.
Mes yeux se posèrent sur la porte où la gravure d'un Dragon terrestre me regardait avec ses yeux rouges.
Avec son poitrail en relief et sa gueule ouverte hérissée de dents, on avait l'impression qu'il allait cracher un jet de flammes d'un instant à l'autre.
Je tourna la tête à droite et glissa un coup d'œil par la fenêtre. La Lune avec sa sœur, la Lune des Illusions, était suspendue dans le ciel bleu foncé.
Je me retourna sur le ventre et parcouru ma chambre du regard. A droite de la porte, sous la fenêtre, se trouvait mon bureau avec un petit siège devant. Plus loin sur la droite, une immense armoire avait pris ses marques, renfermant des quantités de robes que je n'avait dû mettre qu'une fois et encore. Je n'était pas très robes mais plutôt habits de garçons soit pantalon bouffant au-dessous des genoux, hautes bottes de cuir, chemise et longue veste serrée à la taille pour les grand jours et la même tenue sans la veste pour les autres jours. Pour les grand jours, je fixait même autour de ma taille, par-dessus la veste fermée, mon épée. Cette épée était ma fierté. Elle m'avait été offerte par la Princesse Marlène à mes douze ans, juste après son mariage avec le Duc de Fleid et hélas, juste avant sa mort, il y a deux ans.
La garde de l'épée en or arborait le cou et la tête d'un Dragon terrestre. Les pattes avant, griffues et écaillées se refermaient sur la lame comme si elles la tenaient en place. Subjuguée par la beauté du reptile, j'en avait finit par en faire ma passion et depuis, des Dragons en tous genres ornaient ma chambre et commençaient à s'étaler dans le reste de la maison.
A côté de l'armoire, il y avait une longue étagère qui courait sur les trois autres murs de la chambre, rejoignant la porte par la gauche et enjambant la fenêtre.
Sur cette étagère s'alignaient des représentations de Dragons miniatures, plus ou moins réussies. J'en avais des centaines, des petites et des grosses de toutes matière en passant par le dessus de lit et la gigantesque peluche qui roupillait sur l'armoire.
Mon plus grand rêve serait de pouvoir en affronter un et si possible, le tuer afin de rapporter sa Drag-Enérgiste comme trophée. Hélas, je vis dans un pays où il n'y a pas de Dragons. Pour cela, il me faudrait me rendre à Fanélia, mais le chemin est long et très cher.
- Naya ! s'écria ma sœur depuis le bas de l'escalier. A table !
Je retomba brutalement de mon nuage et me laissa glisser de mon lit en soupirant. J'atterrit à genoux sur le sol et me releva aussitôt.
- Aïe ! m'exclamais-je en me mettant sur mes pieds.
Je me baissa et souleva le couvre-lit. Mon épée m'apparut alors, engoncée dans son fourreau en peau de Dragon.
Je m'en saisit délicatement et la posa sur le lit. Le dernière fois qu'elle m'avait servie remontait à quatre années, lorsque qu'un des Chevaliers Célestes du palais avait bien voulu m'enseigner l'art de l'escrime, trouvant amusant qu'une petite fille que j'étais à l'époque du haut de mes douze ans, veuille savoir se battre à l'épée alors qu'elle bénéficiait d'une position sociale qui lui permettait d'avoir autant de gardes qu'elle voulait. Néanmoins, un jour, je l'avais surprit et moi aussi par la même occasion.
Le Chevalier Céleste qui jouait le rôle de mon professeur avait, un soir, tenu à présenter mes progrès devant le Roi en personne. J'avait stupéfié tout le monde en battant deux Chevaliers sur trois, le troisième étant le non moins célèbre Allen Shézar, un homme passé Maître dans l'art de l'escrime après avoir été formé par Vargas, le plus grand sabreur de tous les temps.
Mon duel contre lui n'avait duré que quelques minutes mais je ne m'était jamais autant amusée ni instruite. Alors que je parais ses coups, je prenais note de sa posture, comme il plaçait ses jambes et son bras gauche pour faire contre-poids.
J'en avait appris plus que jamais et le lendemain, mon professeur en avait été surprit. Il m'avait alors appris que le Roi avait demandé à ce que ces amusements cessent et j'en avait été très déçue.
C'est ce jour-là que la Princesse Marlène m'avait fait cadeau de cette épée. Elle m'avait alors interpellée quelques secondes avant de monter dans le vaisseau qui l'emmènerait à Fleid, quelques minutes après son mariage.
J'en avait été tellement heureuse que je lui avait sauté au cou, provoquant l'hilarité parmi l'assemblée et une moue etrange sur la grosse figure du Roi Aston. Puis, très embarrassée, je m'était réfugiée dans les jupes de ma mère, mon cadeau précieusement serré contre moi.
Aujourd'hui, la Princesse Marlène est morte, cela fait deux ans mais, grâce à cette épée, elle vit dans mon esprit.
- Naya !
J'entendît alors les pas de ma sœur dans les escaliers et la porte s'ouvrit. Elle avait l'air furieuse.
- Cela fait deux fois que j'appelle, serais-tu sourde ? dit-elle, les poings sur les hanches.
- Non, je viens, mais j'ai remit la main sur mon épée, tu sais, celle que la Princesse Marlène m'avait offerte.
Le visage de ma sœur devint alors blême et je su que je n'avais pas abordé le bon sujet.
Enna avait été la confidente de la Princesse Marlène. La jeune Princesse lui disait tout, et inversement. Elles étaient comme sœurs et quand Enna avait apprit la mort de la Princesse, elle avait mit plusieurs semaines à s'en remettre.
- Excuses-moi… bafouillais-je en regardant Enna essayer de se recomposer un visage. Je ne voulais pas…
- Ce n'est rien, descends dîner, répondit Enna en sortant de la chambre en laissant la porte ouverte.
Une fois Enna partie, je me frappa le front en me traitant d'idiote. Puis je rangea l'épée sur mon bureau et descendit dîner.
A la salle à manger, je ne trouva que la servante qui attendait.
- Où est ma sœur ? lui demandais-je en m'asseyant à ma place.
- Miss Enna a déjà dîné, m'informa la servante en s'inclinant. Puis-je me retirer ?
Je hocha la tête puis dîna tranquillement, dans un silence à couper au couteau.
Mon repas terminé, je remonta dans ma chambre et saisit mon épée. Je la regarda un instant puis la tira de son fourreau.
Je fit quelques mouvements et soudain, j'eut une illumination. Oui, c'était décidé, j'allait briser ma cagnotte et prendre un billet pour un vaisseau jusqu'à Fanélia où je trouverais un Dragon à combattre.
Cette idée était complètement folle mais je mis néanmoins mon plan au point la nuit durant.
Le lendemain, au repas de midi, j'en fit part à mes parents qui poussèrent des hauts cris. Enna me traita de gamine déraisonnable et ma mère enchaîna :
- Naya, tu n'a que seize ans, je ne sais pas si tu te rends compte du danger que tu encoures ? Un voyage jusqu'à Fanélia te coûtera au moins le double de toutes tes économies et tu n'es même pas sure d'arriver à destination saine et sauve.
- Je m'en contrefiche, maman, répondis-je. J'ai huit cent pièces d'or. Cela me fait exactement un aller vers Fanélia.
- Et pour le retour ? me demanda mon père.
- Je me débrouillerais, répondis-je. Mais j'ai bien l'intention d'aller affronter et tuer ce Dragon. C'est mon plus grand rêve. Je veux ramener une Drag-Enérgiste qui me servira à piloter mon Guymelef, plus tard, quand j'entrerais chez les Chevalier Célestes.
Il y eut ensuite un silence pesant dans la salle à manger et mon père dit :
- Bien... Naya, je ne vois pas d'inconvénients à ce que tu partes. Si c'est ton choix. Mais réfléchit bien quand même.
- C'est tout réfléchit papa, répondit-je avec un sourire. Une fois là-bas, je me mettrais aussitôt à la recherche d'un Dragon. D'abord, je l'observerais pendant quelques jours, histoire de connaître ses préférences question alimentation puis je le provoquerais.
- Tout ceci me fait affreusement peur, dit ma mère en frissonnant.
- Ne t'en fait pas maman, répondit-je en lui prenant la main. Je sais ce que je fait.
- Je l'espère, dit ma mère. Et quand comptes-tu partir ?
- Juste à la fin de l'école, répondis-je sans hésiter.
- Mais ? C'est dans une semaine, dit ma sœur.
- Tu es sure de vouloir partir si tôt ? me demanda mon père.
Je hocha la tête d'un air décidé puis quitta la pièce.
La semaine s'écoula lentement et en même temps rapidement. Bientôt, toute l'école fut au courant et on me souhaitait bonne chance toutes les cinq minutes. Mais pas tout le monde. Certains me traitaient de stupide, d'autres me disaient qu'ils allaient me suivre avec une boite pour ramasser mes cendres quand le Dragon m'aura grillée ou mes morceaux une fois qu'il m'aura déchiquetée avec ses dents tranchantes comme des rasoirs.
Je leur répondait avec franchise que je reviendrais victorieuse et que ce serait mon plus grand défi.
- Samedi, dis-je ce matin-là en regardant le plafond de ma chambre.
Je venait de me réveiller. La veille, notre professeur nous avait laissé partir en nous souhaitant de bonnes vacances.
Dans quelques heures, un vaisseau pour Fanélia quittera le port de Pallas et je serais à son bord.
C'était un vaisseau marchand qui ne prenait normalement pas de passagers mais la Princesse Élise avait légèrement insisté auprès du capitaine du vaisseau pour qu'il me prenne à son bord avec deux garçons de mon âge partant travailler à Fanélia.
- Naya, dit la voix de ma mère à travers la porte. Allez debout, c'est le grand jour.
Je sentais à sa voix qu'elle souriait mais aussi qu'elle mourrait de peur.
Je la comprenait parfaitement car moi aussi la peur me tordait les entrailles. Mais maintenant que j'avais convaincu tout le monde que je reviendrais avec cette Drag-Enérgiste, il n'était plus question de faire demi-tour.
Je me leva donc et avisa ma tenue des grand jours.
Mon pantalon bouffant noir, la chemise blanche, les bottes en cuir de Dragon brun et la veste noire, cintrée, m'attendait patiemment sur une chaise.
J'ôta ma chemise de nuit et enfila le pantalon puis la chemise.
Quand je ferma la chemise, j'avisa ma poitrine bombée dans le grand miroir de plein pied.
Une fois refermée, la chemise la cachait parfaitement et la veste serrée par-dessus l'aplatissait presque entièrement, me faisant ressembler à un garçon au torse musclé.
Mes cheveux bruns normalement longs avaient été coupés au carré, juste sur les épaules.
D'un geste rapide et précis, je les attacha et les remonta sous une casquette noire.
J'était entrain de m'admirer dans le miroir quand Ebra, ma meilleure amie, débarqua dans ma chambre.
- Mon Dieu ! s'exclama-t-elle en me voyant. C'est bien toi Naya ?
- Hé oui, dis-je en souriant tout en ôtant ma casquette. C'est mieux comme ça ?
- Nettement, dit Ebra. Avec la casquette, on dirait vraiment un garçon. Il suffirait juste que tu forces un peu ta voix et ni vu ni connu.
- Merci, répondis-je en lui souriant. Tiens, tu me donnes mon épée, sur le bureau ?
Ebra se retourna et saisit délicatement l'épée à la garde en or.
- C'est une épée de grande valeur, dit-elle en me tendant l'arme. Taches d'en faire bon usage.
- Ne t'en fait pas, répondit-je en fixant l'épée à ma taille, par-dessus ma veste serrée.
- Maintenant, met ta casquette, me dit Ebra.
Je m'exécuta et elle se mit a rire.
- Si je ne te connaissait pas aussi bien, je t'aurais vraiment prise pour un garçon. Mais où est donc passée cette poitrine qui faisait ta fierté ?
- T'inquiètes pas, répondit-je en ôtant la casquette. Elle est bien toujours là. Délicatement serrée sous la veste.
Ebra me sourit puis me prit le bras et nous descendîmes dans le salon.
- Mon Dieu, dit ma mère en me voyant. Est-ce vraiment ma fille ?
- Hé oui maman, c'est bien moi, répondit-je en lui souriant.
- La famille royale te souhaite bonne chance, me dit mon père. Tiens ma fille, ajouta-t-il en me tendant une chaîne en argent massif.
- Mais c'était à grand-père, dis-je en la prenant délicatement.
- Oui, mais regardes donc le pendentif, me suggéra mon père.
- Oh, un éclat de Drag-Enérgiste ! m'exclamais-je en souriant. Cela veut-il dire que grand-père a…
- Hé oui, répondit mon père en souriant. Mon père a affronté et tué un Dragon dans sa jeunesse. Il n'a pu ramener que cet éclat de pierre car celle-ci a été détruite par le Dragon lui-même alors qu'il agonisait. Mais je te raconterais cette histoire quand tu reviendra avec, bien calée dans une poche, ta Drag-Enérgiste.
- Naya, dit alors ma mère. La Princesse Élise m'a fait savoir hier que le Roi avait émis le fait de te prendre parmi les Chevaliers Célestes, lors de ton retour. Mais, pour cela, il te faut revenir victorieuse et non blessée.
- Mais maman, dit Enna. Cela reviendrait à transgresser plusieurs règlements royaux.
- Et alors ? dit-je, heureuse. Tu ne va pas quand même pas me briser ma joie, Enna ? C'est le plus beau jour de ma vie, mon plus grand rêve va enfin se réaliser. Et je vous promet, papa, maman et Astria en entier, que je reviendrais avec cette Drag-Enérgiste avant même que vous ayez commencé à vous ennuyer de moi !
Et je leva le bras avec la chaîne et le pendentif dans la main.
Deux heures plus tard, j'était sur le pont du navire. Il allait appareiller dans une poignée de minutes et je faisais des derniers adieux.
- Papa, maman ! m'écriais-je alors que le capitaine du navire remontait la passerelle. Je reviendrais avec cet pierre ! Je vous le promet !
Et de nouveau, je leva le bras au ciel avec ce pendentif orné d'un éclat d'Enérgiste qui etincela dans le soleil.
