Pécher de chair

Titre: Pécher de chair

Auteur: Laitany

Genre: Humour / Romance

Couple: Frau x Teito

Disclaimer: Les personnages ne m'appartiennent pas malheureusement T_T, ils sont tous à Yuki Amemiya.

Rating: M (en prévision des chapitres à venir)

Résumé: Jamais, ô grand jamais il n'aurais voulu que cela se produise. Les secrets sont durs à garder pour soi lorsque l'on côtoie tous les jours les mêmes personnes, elle finissent par vous connaître par cœur, c'est irréfutable. Et il n'est jamais dit que l'enfer soit assez profond pour se cacher lorsque l'on voudrait disparaître de la surface de la Terre... Mais cela se produisit. Au sein d'un lieu aussi solennel qu'est l'Église du 7ème District, les sentiments ne peuvent être influencés, quels qu'ils soient, purs ou « impurs » comme les qualifieraient certaines personnes. Teito va le découvrir avec le temps, au plus profond de lui, pour une personne à laquelle il ne s'attendait surtout pas... Et surtout avec un peu d'aide...

Ceci est ma première fanfiction, alors s'il vous plaît un peu d'indulgence ^^'... En ce qui concerne les fautes un grand: Mea Culpa s'il en reste. J'ai décidé de mon plein gré de ne pas prendre de bêta sachant que je ne vais pas écrire de fic' régulièrement (ni poster les chapitres dans certains délais, je trouve le temps quand il est là) ... eh uiii j'ai aussi des études à côté... Donc voilà, j'espère que vous apprécierez ma fic' ! Bonne lecture et si vous avez des conseils ou tout simplement si vous en avez envie: reviews (je sais c'est pas bien de demander... U_U ) !

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Chapitre 1: Apparition

Située dans le 7ème district de l'empire de Barsburg, l'église est le lieu de recueillement et de prières de tout le continent. Siège des évêques, prêtres gradés pour qui l'amour, la compassion, le pardon et le partage sont le quotidien, dont certains ont pour passe-temps des occupations bien particulières, elle continue sa vie de bâtiment paisible. Sa pierre blanche est illuminée par le soleil éclatant de cette nouvelle journée. La fontaine en reflète les doux rayons matinaux et ondule en de longues vagues sous l'agitation des sœurs commençant à s'occuper de la lessive. Rien ne pourrait troubler cette paix en ce lieu de sérénité... mais ce n'était sans compter sur la... « bonne humeur » que procurent journalièrement deux évêques et un apprenti...

Les sœurs arrêtèrent un instant leur occupations pour suivre du regard le passage rapide de l'évêque et l'apprenti qui disparurent à l'angle; puis celui d'un autre évêque rattrapant les deux autres. Lorsque le défilé disparut elles reprirent leurs travaux. Cela faisait maintenant bien dix minutes que les trois hommes en question courraient à perdre haleine dans la cour sacré de l'église.

- Je t'avais dis de te la fermer! hurla le grand évêque blond, essoufflé de sa course et toisant le jeune garçon courant à ses côtés.

- Mais j'y suis pour rien! C'est de ta faute à avoir ce genre de bouquins sur toi aussi! rétorqua le jeune homme en question, fixant son regard vert pur dans les azurs de son interlocuteur.

- Pas la peine de le crier par-dessus les toits non plus! Tu vois le résultat! Oh bon Dieu faîtes qu'il abandonne pour cette fois...!

Dieu n'entendis apparemment pas cette prière... Juste à ce moment une voix assourdissante résonna derrière eux comme l'annonce d'un ouragan.

- FRAU! Arrêtes-toi immédiatement! Lança « l'homme », enfin si ça en était bien un...

- Yaaaaaaah! Cours Teito!

- Frau prends tes responsabilités et laisses-le faire! gueula l'apprenti tout en continuant sa course.

- Mieux vaut mourir torturé que de m'arrêter maintenant!

La course effrénée continua, redoublant l'allure déjà bien rapide. Ils essayèrent en vain de semer leur poursuivant en tournant dans tous les recoins inimaginables. Après avoir emprunté un long corridor ils débouchèrent sur un grand jardin dont ils prirent le chemin principal, devinant l'aura meurtrière toujours présente qui les chassait comme des lapins.

Un jeune homme blond ressemblant à un ange était assis sur le bord du chemin et chuchotait à l'oreille d'une rose bleue lorsqu'il entendit le grabuge. Il se leva et, reconnaissant les hommes, leur adressa un joyeux bonjour suivit d'un sourire éblouissant. Mais rien n'y fit, aucun des deux « lapins » n'osa s'arrêter. Pour seule réponse il entendit les voix synchronisées des deux hommes qui répondirent par un bref: « Bonjour Labrador! ». Ledit Labrador resta planté et vit à peine passer le chasseur à lunettes. Il reprit son travail comme si de rien n'était, visiblement vexé.

Teito et Frau commençaient sérieusement à s'épuiser, mais avec le monstre qui se trouvait derrière eux, pour rien au monde ils ne se reposeraient! Ils longeaient à présent un grand mur. Ils ne faisaient même plus attention aux remarques des religieuses sur leur passage, ni si leur poursuivant se rapprochait ou non, tout ce qui comptait était de ne s'arrêter sous aucun prétexte et de courir! Au moment où ils tournèrent entre la muraille et le haut mur du bâtiment un hoquet de surprise et de panique les prit. Devant eux, un voile blanc leur barrait la route. Une paire de lunettes apparurent, surplombant un sourire carnassier révélant l'irritation et l'énervement de l'évêque. Celui-ci se releva de toute sa hauteur, arrivant à la taille de Frau. Teito commença à faire demi-tour mais peine perdue, un des foutus pantins à Castor leur barrait la route. Ils étaient pris au piège, et ils allaient passer un mauvais quart d'heure...

- Castor, c'est, c'est pas ce que tu crois... commença à bafouiller le blond sans conviction.

- Je crois que je dois expier tes pêchers Frau, et purifier Teito par la même occasion. l'interrompit l'évêque aux lunettes.

- Aaaaaah non!

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Dans la fin de matinée, les évêques et religieux de l'église se rassemblèrent petit à petit pour le déjeuner. La grande salle se remplissait à vue d'œil. À cette heure la lumière traversait les vitraux colorés laissant planer une athmosphère douce et chaleureuse dans la pièce. Castor, suivit de Frau et Teito, prirent leur ration et cherchèrent des yeux leur ami. Labrador était déjà installé et discutait avec une vieille dame. Ils allèrent donc le rejoindre sous les grognements de Frau qui marmonnait dans sa barbe quelques injures dirigées vers le marionnettiste. Celui-ci n'y prêta guère attention, se contentant de lui lancer un regard réprobateur. Une fois assis ils débutèrent leur repas après une prière de bénédiction. Frau entama alors la conversation.

- Alors Labrador que disent les fleurs aujourd'hui?

- ...

- Labrador?

- Je crois qu'il est vexé. intervint Castor.

- Pourquoi?

- Vous l'avez ignoré ce matin.

- Parce que tu crois qu'on avait le temps pour s'arrêter et taper la discut' peut-être? Vu l'état dans lequel t'étais j'aurais jamais tenté!

- Malgré ces beaux compliments vous devriez vous excuser de votre conduite auprès de Labrador.

- Excuses-nous Labrador. Mais tu comprends, avec cet énergumène qui nous courais apr... BAM

Assommé par le coup violent qui venait du marionnettiste, Frau grogna de nouveau dans sa soupe. Teito quant à lui, assista à la scène avec un peu plus de recul et ne pu que rire de la chamaille entre Castor et Frau.

- T'as frappé vachement fort quand même! hurla Frau à l'évêque aux lunettes.

- Parce que tu te plains maintenant...?

- Euh...

- Je n'ai fait qu'accomplir la punition divine que tu méritais.

- Frau, ne l'énerve pas à nouveau je t'en supplie. lui chuchota Teito à l'oreille suivi d'un regard larmoyant.

- Oui d'accord. Mais je ne comprends toujours pas ce qu'il y a de répréhensible à soulager mes tourments personnels en regardant des rev... BAM BAM BAM

À présent doté de trois grosses et belles bosses sur le crâne affublées par la même personne que le précédent, Frau décida enfin de la mettre définitivement en veilleuse. Au plus grand plaisir de Castor qui arborait, lui, un sourire de triomphe.

Teito s'était complètement détaché de la conversation et planait dans ses pensées. Lorsqu'ils eurent terminé leur repas et après la prière de remerciements, le jeune apprenti décida de se rendre dans sa chambre. Il prit congé des trois évêques et commença à déambuler tête basse dans l'incroyable dédale que sont les couloirs de l'église. Deux améthystes suivirent son départ, essayant de percer à jour le mal qui rongeait le détenteur de l'œil de Michael, en vain...

Une fois dans sa chambre, Teito s'allongea sur son lit, réfléchissant à ce qui le perturbait ces derniers temps. Il s'était rendu compte il y a peu que sa vision de ce qui l'entourait avait changé. Il avait trouvé la paix et une famille en quelque sorte, enfin cela y ressemblait dans ce cas. Il avait tissé des liens étroits avec les trois évêques, mais cependant il se demandait si les sentiments qui l'habitaient étaient bien normaux. Il se découvrait de plus en plus possessif, dès qu'il le voyait avec d'autres personnes autres que lui, ces jeunes filles en chaleur venant se coller à lui et lui demander des services aussi ridicules les uns que les autres. De plus il se sentait dégoûté aussi, lorsqu'il le voyait passer du temps devant ces revues remplies de filles plus ou moins dénudées et... Il venait de se rendre compte d'une chose, ces sentiments n'étaient pas adressés aux trois évêques. Il considérait Castor et Labrador plutôt comme des frères. Ses sentiments étaient uniquement tournés vers... Frau? Non, non, non! Il ne pouvait pas garder ces sentiments en lui. Comment pouvait-il penser à Frau de cette façon? Il refusait de tomber dans ce genre de bassesses.

Soudain il fut happé dans un trou noir. Lorsqu'il réouvrit les yeux il se trouvait debout devant un grand escalier flottant dans le vide. Devant lui, un jeune garçon était assis, la tête posée sur les genoux. Il la releva et Teito découvrit avec stupéfaction que ce garçon n'était autre que lui. Cependant il possédait des yeux rouges aux pupilles se rapprochant plus de celles de chats qu'à des pupilles humaines. Teito n'osait pas ouvrir la bouche, ne sachant que demander et se trouvant complètement perdu. Ce fut donc l'autre qui pris la parole.

- Combien de temps vas-tu tenir?

Pardon? De quoi il parle? Et puis qui est-ce? Où sommes-nous? Comment suis-je arrivé ici?

- Tu es bien stressé dis-moi, se contenta d'ajouter le double. Mais je suis persuadé que tu sais exactement de quoi je parle, n'est-ce pas Teito? Après tout, je te connais mieux que quiconque, la moindre parcelle de ton corps, le moindre sentiment de ton cœur, rien ne m'échappe, je connais tout de toi, tout.

Il avait accentué le dernier mot qui résonna dans la tête de Teito tel un écho crié dans les montagnes, se répercutant sur les parois rocheuses jusqu'à se perdre dans le bruit du vent. Le double demeura immobile, toujours assis, ou plutôt avachi, de façon grotesque sur la deuxième marche de l'escalier. Son faciès était dénué de toute expression, comme si une barrière avait été élevé entre les deux êtres, empêchant l'un de découvrir les intentions de l'autre. Après maintes réflexions, Teito s'entendit prononcer d'une voix peu assurée:

- Qui êtes-vous?

- Qui je suis? En voilà une question! s'exclama l'autre.

Le double laissa dériver son regard par terre, apparemment en pleine méditation, cherchant à trouver les mots justes pour s'exprimer. Puis comme s'il menait une bataille intérieure, Teito le vit acquiescer pour enfin lever la tête, un grand sourire accroché à ses lèvres et dire:

- Je suis toi, ou plus exactement je vis en toi, laissa-t-il enfin tomber, fixant son regard rubis dans les deux émeraudes.

Teito, désarçonné ne su que répondre. Mais, que fallait-il répondre? Là était la vraie question.

- Veux-tu que je te laisse méditer la-dessus ou pouvons-nous continuer notre petite conversation?

Immobile, Teito se vit consentir en un mouvement de tête à la demande de son double.

- Bien dans ce cas, comptes-tu répondre à ma question: combien de temps penses-tu pouvoir tenir?

- Co-combien de temps...? Mais pour qu...

- Cacher tes sentiments! l'interrompit brusquement l'autre d'un ton sévère, ressemblant à une réprimande qu'un père ferait à son fils. Voilà bien une idiotie enfantine! Combien de temps vas-tu te voiler la face? Quand comptes-tu enfin être honnête envers toi-même? prononça sèchement le double tout en fixant Teito maintenant complètement perdu.

- Mais de quoi je...

- Teito, je te l'ai déjà dis. Au risque de me répéter: je te connais par cœur. Peut-être même finalement mieux que toi...

Mais pour se prenait ce jeune homme en disant qu'il le connaissait mieux qu'il ne se connaissait lui-même? C'en était assez soit il obtenait des réponses à ses questions soit il partait. Alors la sortie...

- Tu ne pourras pas fuir Teito.

- Comment...!

- Ah! J'oubliais, je connais aussi tes pensées, ajouta-t-il d'un ton sarcastique destiné à se moquer royalement de Teito, un grand sourire au lèvre, satisfait de l'effet produit.

- Où est la sortie! hurla alors Teito, humilié.

- Tu ne pourras pas sortir tant que je ne l'autoriserais pas, répondit une fois de plus sèchement le jeune homme aux yeux de chat ayant maintenant perdu son sourire remplacé par des traits durs et déterminés.

- Alors répondez à mes questions sans vous foutre de ma gueule!

- Rien que ça, intercala le double entre ses éclats de rire. Je ne crois pas que ce soit à moi de répondre à tes questions. Poses-les à toi-même.

- Comment voulez-vous que je réponde aux questions que je me pose!

- Rooooh... C'est vraiment lassant ce petit jeu, je commence à sérieusement m'ennuyer... dit-il d'un ton lasse. Finalement je crois qu'on va en rester là pour le moment, la seule chose à laquelle je t'ordonne de réfléchir ce sont tes sentiments.

Le double se leva sans plus de cérémonie et ajouta:

- Je te libère, et n'oublies pas, ne te trahis pas!

Avant qu'il n'ai plus esquisser le moindre mouvement, Teito se réveilla dans sa chambre en sursaut, transpirant tellement que ses vêtements le maintenaient dans une humidité nauséabonde qui, s'il ne se dépêchait pas, le ferait tomber malade dans les heures qui suivraient. Il se leva rapidement et se dirigea vers la salle de bain, ressassant toute la conversation à la vitesse éclair en boucle. S'énervant tout seul de plus en plus de ne pas avoir eu des réponses, il se déshabilla rapidement et entra dans la cabine de douche où il fit couler de l'eau glacée qui eu pour effet de le sortir de sa transe. Teito resta un moment interdit, l'eau ruisselant sur ses cheveux pour tomber en gouttes sur ses épaules et longer tout son corps pour disparaître dans les tuyaux. Lorsqu'il estima que son était second était passé il s'efforça de ne plus penser à cet événement. Il choisi des vêtements propres, s'en vêtit, et regarda l'horloge au mur.

- Quoi! brailla-t-il soudain se rendant compte de l'heure plus qu'avancée de la journée. Il avait raté l'heure du dîner depuis un bon moment et son ventre criait famine. Il avait dormi toute l'après-midi et il avait encore sommeil... Il sortit de sa chambre silencieusement, referma sa porte, et se dirigea vers les cuisines, empruntant une fois de plus l'infini dédale.

La lune baignait les couloirs d'une douce lumière argentée, formant de-ci de-là des ombres mouvantes au rythme de la nuit. Seul l'écho de ses pas avec la pierre venait perturber ce tableau nocturne, même s'il essayer de faire un minimum de bruit, Teito ne pouvait s'empêcher d'accélérer le pas tellement son estomac commençait à gronder, ce qui, le pensait-il, ferait beaucoup plus de grabuge que sa marche si cela continuait. Il arriva dans les cuisines et constata qu'il n'y avait personne, enfin cela semblait évident vu l'heure qu'il était. Une petite pendule au mur lui indiqua qu'il était précisément deux heures dix. Oui, vraiment pas étonnant... Il se servit humblement dans les réserves de l'église et dégusta son petit dîner, bien qu'il serait dans quelques heures à peine le petit déjeuner... Il n'arrêtait pas de ressasser, encore et encore, sans jamais pouvoir se défaire de son mal-être. Il n'arrivait pas à penser à autre chose qu'à ce garçon étant son parfait homonyme et pourtant si différent. Il se leva d'un bond lorsqu'il eu fini, déplorant d'être dans un tel état de lamentation. Il alla laver puis ranger ses affaires, pas question de laisser du boulot supplémentaire aux sœurs déjà bienveillantes à toute heure du jour comme de la nuit. Teito allait repartir lorsque son regard se posa sur une armoire entrouverte. Il y entrevu quelque chose qui, semblerait pourrait le soulager; il s'approcha à petits pas rapides et ouvrit en grand le placard. Sur au moins quinze ou seize étages, des bouteilles d'eau de vie étaient conservées apparemment depuis un bon moment vu la poussière qui volait dans l'air. Teito décida d'en prendre une; une de plus ou de moins personne ne verrait la différence, surtout que le meuble, à sa connaissance, n'était que très rarement ouvert, voire jamais. C'est donc avec la bouteille entre les mains qu'il rejoignit sa chambre, avec un peu de chance, cela lui viderait l'esprit et l'empêcherait de trop cogiter cette nuit. Il se força donc à boire la bouteille petit à petit, n'étant pas habitué à l'alcool, et au fur et à mesure qu'il en ingurgitait le contenu, sa vision puis son esprit se brouillèrent, et il s'endormit d'un sommeil profond et sans rêves.