L'histoire que vous allez bientôt découvrir n'est qu'une histoire fictive, et toute ressemblance avec des êtres humains ou des organisations réelles est purement fortuite.
Les personnages de One Piece appartiennent à Eiichiro Oda, et le scénario est repris de l'épisode Amy's choice (Le seigneur des rêves en français), qui appartient à la série britannique absolument splendide Doctor Who (Saison 5, épisode 7, à partir du New Who).
Cependant, l'écrit est de ma composition.
Point de vue : Sanji. (donc interne)./Omniscient à la fin de la fiction.
Rated : T, on ne sait jamais.(Présence de quelques insultes)
/!\ Yaoi (relation homme-homme) présent dans cette fiction. Pas de quoi fouetter un chat, mais si vous n'aimez vraiment pas, ne lisez pas.

D'autant plus que, pour vous, Whovians (s'il y en a.. ?), lisez bien. Arriverez-vous à me citer les quatre petites "expressions" des Doctors ou de leurs compagnons ?
Ce texte était un One-Shot à la base, mais la longueur peut effrayer.
Il sera donc divisé en trois parties : une première moitié du texte, sa seconde moitié puis un petit épiloque.

Enjoy !


Aujourd'hui était un jour comme les autres dans le petit village de Thiercelieux. Ce patelin pommé est situé sur une île estivale de Grandline. Seul fait marquant ici, la moyenne d'âge dans les environs est de 70 ans. Rares sont les jeunes à venir s'installer ici, malgré que ce soit un lieu tranquille, sans problème, où il fait bon vivre. J'habitais ici avec mon compagnon, cette algue verte que j'aime plus que tout, et ce depuis… très longtemps. Alors que nous étions tranquillement dans la cuisine à parler de tout et de rien, lui assis à la table en train d'essayer désespérément de réussir un origami, et moi aux fourneaux, soudain, nous entendîmes le bruit. Le bruit le plus important de l'univers.

La voiture de Luffy !

Nous sortîmes de la cuisine en trombe, l'excitation ne faisant que grimper. Zoro sur mes talons, j'atteignis le paillasson d'entrée en un temps record. Trop tard. Luffy avait déjà cassé deux pots de fleurs. Il était irrécupérable.

« Désolé !, s'excusa-t-il, avec sa moue adorable qui m'empêchait de le gronder sévèrement.
- Pas grave, je referai ce que tu as détruit, comme d'habitude ! Allez, viens par-là ! ».

Il courut vers moi. J'étreignis Luffy jusqu'à l'étouffement, du moins pour un être normal, mais comme il était élastique, ce n'est pas comme s'il craignait grand-chose. Ce grand enfant portait ses éternelles sandales, son bermuda bleu avec un foulard jaune accroché à la ceinture, ainsi que son haut rouge. Son chapeau de paille sur ses cheveux bruns hirsutes terminait son apparence de pirate. Cela me rassurait, quelque part. Je le connaissais depuis bien longtemps, ce vorace, et il s'habillait toujours de la même manière, mais c'était pour moi comme un repère. Luffy, le dévoreur de viande qui s'en sort toujours, même dans les situations les plus compliquées, grâce à un plan, souvent foireux écrit sur papier, mais qui prouve toujours son efficacité avec un brin d'improvisation. Mon sourire s'étirait jusqu'aux oreilles : sa présence me réconfortait jusqu'au plus profond de moi. J'en étais là de mes réflexions lorsqu'elles furent coupées par un certain Zoro.

« Et moi alors, je sens mauvais ? »

Luffy s'approcha de son meilleur ami et ils se serrèrent fort dans les bras l'un de l'autre. Zoro dominait de peu Luffy par sa hauteur, mais de par sa musculature, semblait le protéger, ce dernier semblant frêle et bien maigre aux côtés du vert. Eux aussi avaient un grand sourire scotché sur le visage, et cela agrandissait mon bonheur. Un chapeau de paille rencontrait une queue de cheval. Le mélange du noir et du vert, telle une glace menthe-chocolat.

« Comme vous m'avez manqué !
- A nous aussi !, dîmes-nous en cœur.
- Mais, avoue, tu es un peu arrivé ici par erreur…, dis-je.
- Ouais. Enfin. Un peu. Un tout petit peu, bafouilla-t-il. Mais, regarde le résultat !, clama-t-il, souriant. Dites-moi, vous avez l'air heureux ici !
- Disons que… l'idée que tu as eue, de prendre des vacances forcées, n'était pas si mauvaise. » termina mon compagnon.

D'un signe de la main, nous nous dirigeâmes vers un banc, devant la maison entourée d'une clôture. C'était Zoro qui voulait absolument cette clôture. Je trouvais que cela montrait que nous étions introvertis, et que personne n'était la bienvenue. Je ne voyais pas son utilité, mis à part gâcher et cacher le dur travail fourni quotidiennement au jardin. D'ailleurs, j'entretenais ce dernier régulièrement, et pour plusieurs raisons. D'une part, cela me détendait, d'autre part, quelle était ma satisfaction quand les premiers bourgeons apparaissaient ! Néanmoins, il n'était pas si mauvais bougre car quand l'envie lui prenait, mon amant m'aidait parfois.

Les oiseaux chantaient sur les branches des feuillus, du jardin émanait diverses senteurs, inconnues pour la plupart de Luffy. Les fleurs annuelles se mélangeaient aux vivaces, et toutes les couleurs de l'arc-en-ciel étaient représentées. Le vert étant la couleur dominante, pour le plus grand plaisir de mon compagnon. Oui, j'étais vraiment fier de notre mini-verger. Notre coin de verdure attirait les papillons, comme les coccinelles et même les abeilles, d'autant plus qu'elles permettaient la pollinisation des pommiers et poiriers. Ce petit coin de bonheur sur cette île paradisiaque semblait vraiment bloqué dans le temps. Comme toujours, le ciel était cyan, et les quelques nuages qui se baladaient étaient cotons. Je ne me souvenais même plus la dernière fois que la pluie avait foulé cette terre. Oui, Thiercelieux était vraiment un village idyllique.

Je regardais mon amant à ma droite, souriant, puis Luffy. Ce dernier commençait à piaffer. Comme de coutume, il lui était impossible de rester en place ne serait-ce que deux petites minutes. Mais, sa bouille trop mignonne lui permettait tout. Ou presque.

« Et sinon, vous faites quoi… ?
- Eh bien… On se repose. On vit. On écoute les oiseaux.
- Oui, tu vois ! Les oiseaux.. C'est mignon le chant des oiseaux. »

Et, sans en connaître la raison, la fatigue me prit d'un coup. Ma tête partit en arrière, pour finir sa course sur l'épaule dénudée de Luffy. Contre mon gré, je fermai les yeux, et m'endormis d'un bloc.

XOXOXOXOXOXO

« Vous allez bien ? »

La voix de Luffy fut ce qui me réveilla. Nous étions dans la cuisine du Thousand Sunny. Avec le second de l'équipage, qui était aussi présent, nous hochâmes la tête comme des automates en même temps. Puisqu'il faisait le même geste que moi, je me tournai vers lui et le sommai d'arrêter.
Luffy n'y prêta même pas attention et continua sur sa lancée.

« Ouf ! J'ai eu un horrible cauchemar à propos de vous deux. C'était terrifiant. Mais ne me posez pas de questions, vous n'avez pas envie de savoir, débita-t-il. Tout va bien maintenant, et c'est ce qui est important, conclut-il.
- Euh, Luffy ?, s'hasarda le bretteur.
- Oui Zoro ?
- J'ai eu aussi un genre de… rêve, annonça Zoro, l'air un peu déboussolé.
- Oui, moi aussi, ajoutai-je.

Marimo fronça les sourcils. Mais, était-ce de ma faute si j'avais rêvé aussi ? Il n'allait pas m'en vouloir ! Les raisons étaient complètement indépendantes de ma volonté !

- Mais je n'irai pas jusqu'à dire que c'est un véritable cauchemar, tout de même. Disons que.. Juste.. Uh… Sanji et moi, on était ensemble.
- Oui, dans un petit village. Et, continuai-je, me tournant vers le second de l'équipage, j'avais l'impression d'avoir vécu à tes côtés pendant des années et t'avoir aimé depuis toujours, avouai-je, troublé.
- Donc tu as eu le même rêve que moi ? Exactement le même rêve ?, s'enquérit Zoro.

Sauf erreur, dans ses propos sonnait un soupçon d'affirmation.

- Je crois… bredouillai-je.
- Uh… Luffy venait nous rendre visite.
- Oui !, m'exclamai-je. Il était venu à notre petite maison. Je me souviens du chant des oiseaux… et puis, plus rien.
- Comment est-ce possible ? Qu'on ait exactement le même rêve ! ça n'a pas de sens ! Surtout toi et moi, Ero-cook !
- Et toi, Luffy, tu as eu un cauchemar à propos de nous. Que nous était-il arrivé ?
- C'était un peu similaire à certains euh… aspects de votre rêve.
- Lesquels ?
- Ben.. Tous.
- Tu as eu le même rêve que nous ?!, dis-je, la voix allant de plus en plus dans les aigües.
- Yep.
- Tu avais dit que c'était un cauchemar, rétorquai-je, suspicieux.
- J'ai dit un cauchemar ? Non. Plus quelque chose comme.. Juste un rêve. », bafouilla-t-il.

Je regardai Zoro. Ça m'étonnait qu'il n'ait pas dit que c'était un cauchemar. Le bretteur me regarda en plissant les yeux. D'un léger hochement de tête, nos regards se séparèrent pour se tourner vers Luffy. On se comprenait. Malgré nos incessantes et puériles disputes, nous étions nakamas, et cela impliquait de laisser ce rêve de côté et nous concentrer sur l'important.. Ce qu'il s'était passé était bien trop effrayant et étrange pour que nous restions sur des futilités.

Tout en empêchant Luffy de s'approcher trop près du réfrigérateur, j'essayais de trouver une explication plausible pour ce qui venait de se passer.

« Mais quel drôle de rêve, quand même !
- Ne me dis pas que t'essaies de trouver une solution rationnelle pour ce qui vient de nous arriver, Ero-cook.
- Je sais !, lança joyeusement Luffy, on a rêvé !
- Le même rêve et en même temps ? Je suis sceptique, Luffy.
- Mais en même temps, t'as une meilleure idée, tête de cactus ?
- Non. Mais moi au moins je ne dis rien puisque je n'en ai aucune idée. » lança-t-il, les yeux jetant des éclairs.

J'avais autre chose à faire que me disputer avec une algue ! Visiblement, notre complicité en tant que nakamas était bien compliquée à… être découverte ? Décidant de l'ignorer, malgré avoir mis le problème en tous sens, sous toutes ses coutures, aucune explication, dans le plausible, ne me montait à l'esprit. La voix du capitaine me ramena à la réalité.

« Vous entendez ?
- Entendre quoi, Luffy ?!
- Tendez bien l'oreille ».

Je ne comprenais pas. Je regardais Zoro, qui avait une bouteille de saké à la main (mais d'où la sortait-il ?) puis Luffy qui avait une moue sévère. Enfin, j'entendis ce que Luffy souhaitait. Ce bruit.
Le chant des oiseaux !

Mes yeux s'écarquillèrent. Je tournai la tête vers Luffy, qui se mordait la lèvre inférieure et plissait les sourcils, puis vers Zoro, dont la tête tombait doucement vers son torse. Sans le vouloir, mes paupières devinrent lourdes… Lourdes… Trop lourdes…

XOXOXOXOXOXO

Je me réveillai en sursautant.

Attendez.. ça veut dire que je me suis endormi ?

Maintenant la tête remise au-dessus des épaules, je sentis que ma main droite était prise par celle, de Zoro. Il la pressait doucement, comme pour être sûr de mon état, et je répondis timidement afin de le rassurer. Cependant, quelque chose me tracassait :

« J'ai fait un drôle de rêve, Zoro…
- J'ai faim, commença Luffy.
- Sanji…
- Oui ?
- Bateau.
- Oui.
- Voguant sur la mer.
- Oui.

Mon vocabulaire était riche.

- Cuisine.
- Oui

Rappelez-moi de ne jamais jouer au ni oui ni non, cela m'évitera de perdre du temps.

- Bouteille de saké.
- Oui ! Luffy ?
- Oui ?
- Tu sais ce qu'il se passe ?!
- J'ai faim. »

Je pense que le chapeau de paille est vraiment un cas désespérant.

« Quoi qu'il en soit… »

C'est à ce moment-là qu'apparurent Johnny et Yosaku dans mon champ de vision. Je ne les connaissais qu'à travers les portraits que me peignait Zoro. Ils appartenaient à la même tranche d'âge que nous, et fréquentaient parfois son dojo. Il m'avait aussi confié que ces temps-ci, ils étaient plus ponctuels et assidus dans leur entrainement. Tandis que je me réjouissais pour lui, il me révélait qu'il pensait qu'il y avait anguille sous roche. Mais, ce n'était pas le problème majeur, m'avait-il certifié. Il me demandait si je savais pourquoi les villageois ou ses connaissances lui attribuaient le dojo. Je lui avais répondu, souriant, que le fait qu'il donnait quelques cours là-bas, en plus de sa notoriété et son regard de tueur, avaient convaincu la population de l'île qu'il en était le propriétaire ! Il refusât simplement ma réponse, grognant un peu. Je lui soutenais qu'auparavant, il y passait presque tout son temps. Plus de temps qu'ici, même en comptant les heures de sommeil ! Mais maintenant, comme les élèves étaient plus grands, ils avaient maintenant besoin d'un travail personnel, et il pouvait rester plus souvent à la maison, pour mon plus grand plaisir.

Arrivés à notre hauteur, ils nous saluèrent cordialement. Ils portaient le même style de vêtements et de chaussures, ainsi que des lunettes de soleil. Ce fut Zoro qui ouvrit la conversation, demandant :

« Vous avez travaillé sur les mouvements, comme je vous ai conseillé ?
- Oui !, approuvèrent-ils d'une même voix.
- Tant mieux, dit-il, sèchement, pour couper court à une éventuelle suite de conversation.
- Alors à la prochaine !
- Yep ! »

Il n'y a pas à dire, mon amant sait se faire respecter. Le silence fut suivi cette rapide conversation, seulement troublée par le bruit de quelques pas sur le gravier, décroissant de volume. Lorsque le bruit des pas fut aussi fort que le bourdonnement d'une abeille, Luffy commenta gentiment :

« Il fait frais. Et j'ai faim. »

Lui et ses remarques tout à fait pertinentes me surprendront toujours.

« Mais c'était un drôle de rêve. C'est réel ici, non ?
- Bien sûr !, affirma Zoro. Tu ne le ressens pas ?
- Evidemment ! »

Nos regards exprimaient bien mieux nos sentiments que n'importe quelles phrases, même les plus recherchées. Mon amant resserra la prise sur ma main.

« On est en basse pression. Et j'ai faim. »

Il me caressait la main, comme pour me rassurer. Maintenant que j'étais certain que mes sentiments étaient bien partagés et bien réels, il fallait trouver la réponse de la question qui pendait à nos lèvres. Cependant, j'en voulais un peu à Luffy de casser ce moment partagé avec mon compagnon, et c'est avec un léger soupir que je répondis.

« Oui, Luffy ?
- Encore, annonça-t-il, d'un ton neutre.
- De quoi ?, répondis-je, apeuré.
- Le bruit !
- Oh non.. gémis-je.
- Si… »

Dans les derniers instants avant de m'endormir, je m'accrochai à la main de Luffy de ma main libre. Ma pupille ne me renvoya plus que du noir. Du noir…

XOXOXOXOXOXO

« Ok, définitivement, ce monde est réel !
- C'est que tu avais dit dans l'autre monde aussi.
- Oui, mais je peux assurer que c'est lui le réel !
- Le Cook a raison, définitivement, ce monde est réel.
- Tu sais Marimo, rien que le fait que tu sois d'accord avec moi est un peu suspect.
- Tu sais très bien ce que je te répondrai.
- Alors capitaine, que faisons-nous ?
- Peut-être que ces deux mondes sont réels ! Allez, suivez-moi ».

Nous sortîmes de la cuisine. Zoro finit sa bouteille d'un trait et la jeta en passant dans la première poubelle qu'il vit. Nous continuâmes à marcher d'un même pas, et là où le souhaitait le capitaine. Nous arrivâmes sur le pont supérieur, près de la tête de lion, qui resplendissait encore plus que d'habitude. Sunny était encore plus beau que d'habitude.

« Il faut trouver des preuves pour vérifier la véracité d'un monde ou d'un autre. Ou même des deux. Trouvez n'importe quoi qui ne sonne pas vrai.
- D'accord. On est dans un bateau fait d'un bois légendaire. Je suis en ce moment même avec un cuisinier qui peut enflammer sa jambe comme de la braise pour tuer ses adversaires sans se brûler lui-même. Il y a aussi la présence d'un gars élastique qui a mangé un fruit surnaturel qui le rend très puissant mais qui lui enlève la capacité de nager.
- Il y a aussi un homme qui possède les cheveux verts naturellement.
- Moi aussi, j'essaie d'être gentil, SOURCIL VRILLE !
- Arguments valables… Calmez-vous ! Attendez un peu… Nami ? »

Ma Nami d'amour se rapprocha de nous, et répondit avec sa jolie voix :

« Oui Luffy ?
- As-tu vérifié notre position ?
- Comment oses-tu douter des capacités de Nami-saaaan ?!, hurlai-je.
- Depuis quand tu te préoccupes de ça ? Tu doutes de mes compétences ?!
- Certainement pas, mais j'ai un mauvais pressentiment.
- Oh.
- Ce n'est pas une raison de douter de Nami-san ! Je te serai toujours dévoué, Nami-saaaan !
- L'autre qui s'y remet… », siffla le bretteur.

Si seulement tu savais, Zoro… Ce qu'il se passe, c'est que je n'ai aucune idée de ce qu'il se trame, et je me sens complètement désarmé. Tout échappe à mon contrôle ! Dans ce monde, tu restes mon adversaire, mon rival alors que dans l'autre… J'ai l'impression de t'avoir toujours aimé… C'est trop troublant. Trop nouveau, trop neuf ! ça me fait beaucoup trop peur. Etonnant, et surtout pathétique ! Je ne suis qu'un cuisinier qui tremble devant quelque chose d'impalpable ! Même la pitié a honte de moi. Alors tant pis, quitte à être pathétique, je resterai un gentleman jusqu'au bout ! Ce trait de mon caractère, lui, ne changera jamais ! Quelque part, j'essaie de me cacher derrière une façade.. invisible. On verra. J'espère retrouver rapidement le contrôle, car j'ai l'impression d'être ligoté et laissé sur un sol glissant dans un cube transparent. D'être ici, sans y être puisque je ne peux pas agir.

« Cela va en être une épineuse !
- Que veux-tu dire derrière cette phrase sibylline, capitaine ?
- Tu devrais vite comprendre, Robin.
- Robin-chwaaaan est trop intelligente !
- Capitaine ?
- Oui, Zoro ?
- Oiseaux.
- Oh non, pas encore !, se lamenta-t-il.
- Si !, se désola le Marimo.
- Qu'est-ce qu'il se passe ?!, entonnèrent en cœur les deux femmes de l'équipage.
- Essayez de résister ! » commençai-je à crier.

Mais les mots moururent dans ma gorge. Je ne vis que Nami-san et Robin-chwan se rapprocher de nous avant que ma tête ne heurte le sol.

XOXOXOXOXOXO

Je me levai si précipitamment que j'eus un vertige de quelques secondes. Ma tête tournait et le monde avec elle. Sauf que le monde partait dans le sens opposé de celui que ma tête prenait. Je me sentis rattrapé par deux bras protecteurs. Zoro. Lorsque je repris un peu mes esprits, Luffy et Zoro arboraient une mine inquiète. Ils m'avaient amené dans la cuisine et avaient mis un verre d'eau à côté de moi, sur la table rectangulaire couleur ébène. J'eus tôt fait de les rassurer :

« Vous avez vu un fantôme ou quoi ? Allez, c'est pas un vertige de rien du tout qui va m'avoir ! »

Je commençai à préparer des en-cas pour nous trois. En effet, l'hypoglycémie pouvait expliquer cette petite défaillance. Pendant que le délicat fumet commença à se disperser dans la pièce, j'entamai la conversation à nouveau :

« Luffy, tu as une idée ?
- MANGER ! »

Soupir partagé avec Zoro. Je pense que le ventre sur pattes ne pourra pas avoir une pensée cohérente avant d'avoir mangé quelque chose. Je lançai à mon ami un sandwich au bacon, qu'il dévora à belles dents. Mon compagnon reçut quelques onigiris, son en-cas préféré. Quant à moi, un café accompagné de quelques biscuits me suffisaient. Après quelques bouchées et moult soupirs de contentements, nous essayâmes de faire le point.

« Je suis sûr que nous étions en train de rêver !
- Tu pensais aussi être réveillé quand tu étais sur le bateau, Sanji.
- Je suis absolument sûr d'être réveillé !
- Tu vois Luffy, Zoro est d'accord avec moi !
- Vous pensiez être réveillés quand vous étiez sur le bateau ! Il nous faut des preuves plus concrètes que les simples ressentis. Est-on dans le futur ou dans le passé ? Venez ! »

Le voilà qui sort en courant de la cuisine, excité comme une puce. Laissant Luffy nous distancer, Zoro passa la main droite dans ses cheveux verts, et après un soupir non dissimulé, me sourit tendrement. Il se leva avec sa nonchalance habituelle puis me lança un « Allons-y ! ». N'importe qui aurait pensé qu'il essayait de me motiver. Mais c'était juste une manière de nous motiver. Pour moi, un sourire de sa part et je soulève des montagnes. Voilà ma motivation.

Tout de même, Luffy devait être atteint d'hyperactivité.

Nous le rattrapâmes au bout d'une demi-minute. Il avait couru droit devant lui, le menant au parc. J'essayai, comme il nous l'avait demandé, de trouver quelque chose qui n'était pas normal. Non, la pelouse était verte, comme chaque jour, les fleurs avaient le même parfum que d'habitude, je vis Mme Alvida sur le banc à nourrir les canards, comme chaque jour, à 10h30. La voix de Luffy s'éleva dans le calme coutumier de ce village.

« Dites-moi, où est la mairie ? Ou une salle des fêtes ou quelque chose dans le genre…
- Suis-moi » Annonça Zoro.

Je le regardai avec une lueur de défi. Il avait très bien compris mon message, et y répondit même à haute voix.

« Tu le regretteras, me promit Zoro.
- On verra ! » dis-je en riant.

Luffy, qui n'avait rien remarqué, continuait à nous suivre. Ou plutôt à suivre Zoro, donc.

Et, miracle, il y était arrivé ! Nous étions devant la mairie, qui est adjacente à la salle polyvalente. Nous nous avançâmes vers cette dernière. Nous entrâmes dans un espace composé de deux grandes fenêtres qui s'ouvraient vers le haut, et où trônait en son centre une table parfaitement circulaire. Rien n'avait changé depuis la dernière fois : de la disposition des chaises, aux personnes assises dessus, jusqu'aux boissons posées à intervalles réguliers sur la table. Tout semblait normal. Au coin de la pièce se trouvait une table rectangulaire, où un jeu de cartes, certainement le bridge ou la belote, était joué par quatre personnes du 3ème âge. Luffy, toujours excité, s'approcha d'une personne qui tricotait de la laine noire. Elle était assise tranquillement dans un yorkshire de pin verni, et se balançait à un rythme lent mais toutefois sûrement agréable pour elle. Ce fut la première victime de Luffy.

« Dis Mamie…
- Comment osez-vous monsieur ? Je ne suis donc pas si vieille ! Et l'on se découvre quand on entre dans un bâtiment !
- Luffy… , dis-je en lui pressant le bras.
- C'n'est pas le moment, Sanji. »

Son ton sec me blessa. Mais, comprenant l'urgence de la situation, mon regard paniqué se dirigea naturellement vers Zoro, qui, en un éclair, compris ce que je voulais exprimer. Il s'approcha de moi et me prit les mains, les serra doucement, comme une promesse de tendresse. Je voulais m'approcher encore plus de lui, mais ce n'était pas le bon moment. Alors, je me mis sur demi-pointe et l'embrassa sur la joue, puis lui chuchota « Tu as réussi à nous mener, mais sauras-tu nous ramener à la maison ? ». Un sourire illumina son visage pendant quelques instants, sa tête partit à droite et à gauche pendant qu'il soupira de mon côté taquin, puis la magie disparut et mon amant s'écria :

« LUFFY !
- ZORO ! Ce qui s'applique pour Sanji s'applique pour TOI ! Répliqua Luffy, hurlant.
- Ne crie pas, Luffy !, ordonnai-je.
- Il a raison mon blond, tu risques de casser leurs sonotones..
- Zoro !, m'énervai-je.
- Désolé, fit-il, avec une moue trop mignonne, c'était trop tentant.
- Haaaaaa. Je te hais.
- Non, tu ne me hais pas.
- Alors, vu que vous m'avez coupé, qu'est-ce qu'il y a ?
- Oiseaux, dîmes-nous en cœur.
- Non !
- Si, affirma mon compagnon.
- Merde »

Et c'est reparti…

XOXOXOXOXOXO

« Je suis vraiment désolé, j'ai rêvé que j'avais rêvé… Enfin… Euh.. On a rêvé. Définitivement, C'EST LE MONDE REEL !
- Sanji-kun, ça va ? Tu te sens bien ?
- Bien sûr Nami-saaaaaan, puisque tu es à mes côtés ! »

Alors que ma propre voix résonnait sur les parois de ma tête, je vis Luffy essayer de réfléchir, et cette vision presque prophétique me fit si peur que j'en détournai le regard malgré moi. Nous étions dans l'infirmerie de Chopper, qui ne pipait mot. Son expression était vide, comme si son cerveau venait d'être lavé. Je touchai ma tête. Elle était entourée de quelques bandages, dus à la rencontre musclée de ma boîte crânienne avec le sol de tout à l'heure. J'espère de tout cœur ne pas avoir un deuxième round. Pendant ce temps, avec le niveau de concentration demandé, Luffy commençait à virer à la couleur tomate, et je dus lui rappeler :

« N'oublie pas de respirer, capitaine !
- …. Pfiouuuuu, merci Sanji ! »

Ce gars est irrécupérable. Vraiment.

« Luffy ?
- Oui, Nami ?
- On a un problème.
- Un seul ? Fantastique. Lequel ?
- Déjà vous vous êtes évanouis tous les trois d'un coup. En outre, avant de sombrer dans le sommeil, je vous ai entendu parler d'oiseaux. Tu m'expliques ?
- Trop compliqué. Zoro, t'en penses quoi ?
- J'ai vraiment le sentiment d'être dans le réel. Mais j'ai besoin de me remettre de mes émotions, si tu vois ce que je veux dire.
- Luffy ?
- Moi j'ai compris Marimo.
- ça me fait peur là, Ero-cook.
- T'as peur de moi ? Enfin tu l'avoues !
- Tu me le paieras, Baka-cook. Mais avoue, t'es un peu concerné, normal que t'aies capté.
- Je sais. Cuisine ?, proposai-je, me tournant vers Luffy.
- Bonne idée. » approuva-t-il.

C'est à ce moment-là que Tony Tony Chopper s'interposa.

« Hors de question. Je ne sais pas ce qui a provoqué votre évanouissement si rapide, il faut que vous restiez pour que je vérifie qu'il n'y ait rien de grave.
- LUFFY !
- C'est comme ça que je m'appelle, merci de me l'avoir rappelé, Nami. En quoi puis-je t'être utile ?
- Viens, on doit parler en tête à tête tous les deux.
- Nami-saaaaaaan, je peux… »

Alors que Zoro me tirait par le col de ma chemise et qu'il se dirigeait sans se tromper, vers la cuisine, je jetai un dernier coup d'œil à Luffy qui avait la chance d'être en tête à tête avec Nami-chérie. Elle se pencha près de lui, si près… et lui murmura quelque chose à l'oreille.

Luffy devint comme Chopper. Non, il ne se transforma pas en renne, mais il devint livide. Blanc comme un linceul. « Non ce n'est pas possible ! » hurla-t-il. Puis, il se tourna vers nous, et courut pour nous rejoindre.
Maintenant réunis dans mon antre, Luffy en face de nous et debout, tandis que Zoro et moi étions assis l'un à côté de l'autre, Luffy nous expliqua la raison de sa peur « Nami me dit qu'elle ne peut plus diriger le bateau. Tout est bloqué. Elle n'a pas prévenu le reste de l'équipage pour ne pas les effrayer. Elle m'a demandé ce qu'elle devait faire, et je lui ai répondu d'agir comme si de rien n'était.
- Luffy, mais qu'est-ce qu'il se passe ?!
- J'n'en sais rien ! »

Luffy qui n'avait aucun plan, c'était inouï. Le silence, à couper au couteau, nous pesait. Chaque seconde contenait une éternité, et encore. Son mouvement fut si rapide qu'on eut cru qu'il fut frappé par la foudre il releva la tête d'un coup sec et écarquilla ses yeux. Ses lèvres fines s'ouvrirent et s'écrièrent :

« Je sais ! Quelque chose est au-dessus de moi. Montre-toi !
- Tu en as mis du temps ! »

Mon voisin et moi nous tournâmes, d"un bond de 180°, et vîmes une étrange créature. Du coin de l'œil, je vis Luffy s'armer d'une fourchette. Etrange.
Je détaillai la.. présence qui nous faisait face. Un corps à la forme humaine entouré d'un halo bleuté. Coiffé d'un haut-de-forme noir, quasiment tous ses vêtements l'étaient : son bermuda, comme sa chemise et ses chaussures. Néanmoins, il possédait également un gilet lie-de-vin et une écharpe de la même couleur autour du cou.
Je lui trouvai un sourire vicieux et victorieux. Je n'aimais pas ça. Pas du tout.

« Capitaine, qui est-ce ? »

Il ne répondit pas. Toute à sa contemplation du nouveau venu, je préparai ma jambe droite, juste au cas où. Malheureusement, l'être se tourna vers moi et eut un sourire qui me fit frémir, me rendant aussi inoffensif qu'une limace face aux humains.

A ce moment-là, Luffy lança la fourchette sur l'homme. Elle passa complètement au travers.

J'aurais pu entendre le Marimo tendre sa mâchoire, tant le silence était lourd. Seules les résonances de la fourchette tenaient lieu de bande-son, accompagnées des respirations de chacun.

« Tu le connais, Luffy ?
- Ne l'attaquez pas. »

La phrase vint comme un ordre, et claqua dans le silence tel un fouet. Notre capitaine remit son chapeau, le baissa à hauteur de ses yeux. De loin et avec d'autres vêtements ainsi qu'un autre décor, on se serait presque cru dans l'Ouest, lorsque deux hommes se défient, qu'ils font le nombre de pas réglementaires, tournant le dos à l'adversaire… La tension était palpable… Je m'attendais presque à voir Luffy dégainer son révolver… Il ne tira pas, mais il lança :

« Joli bermuda ».


Un ange passe…
Un deuxième…

J'allais tuer mon capitaine.

« Non, sérieusement, un bermuda ? C'est très moyen.
- C'est cool les bermudas.
- LUFFY !
- Quoi Zoro ?
- Ecarte-toi.
- Mais…
- Ecarte-toi j'ai dit ! »

Quand le bretteur utilisait cette intonation, il valait mieux ne pas être l'objet de ses foudres. Même Luffy ne faisait pas le poids si l'on devait comparer. Il rassembla ses trois sabres…

« Haha, ça mon joli, c'est ce que tu crois ! Vous n'entendez donc rien ? »

Oh non, non ! Les bruits des oiseaux ! Je sens que je sombre…

« Ouf, fausse alerte ! »

Le bruit des oiseaux cessa comme s'il n'avait jamais existé. Encore ensommeillé, j'essayais de me remettre debout tant bien que mal, m'aidant difficilement de la chaise la plus proche. Il allait le payer.

« Oups, en fait non, s'en est une vraie ! »

Les oiseaux recommencèrent, et cette fois-ci, le noir m'engloutit d'un seul coup.

XOXOXOXOXOXO

« Putain ! »

Zoro se maudissait de sa faiblesse, Luffy se réveillait doucement, et moi j'étais là. Inutile. Juste encombrant. Les larmes commencèrent à perler, et je fermai mes yeux. N'avais-je donc aucune dignité ? Alors qu'une larme s'échappa de mon œil droit, je me sentis pris dans les bras. J'ouvrai les yeux, de surprise, et vis que mon amant s'était approché de moi. Il me réchauffait à la fois l'âme et le cœur. Puis, il se rapprocha encore plus, et nous nous embrassâmes. Je soupirai de contentement pendant que je sentais ses mains dans mon dos me coller plus à lui, si c'était possible. Notre amour, notre histoire… Ce n'était pas possible !

« Cette vie n'est pas un rêve ! C'est ici qu'on est réveillé ! », hurlai-je.

Merde, la salle est vide ! Complètement vide ! Quasiment pleine la dernière fois que l'on était ici, c'était impossible qu'ils aient pu tous disparaître ! Nous ne sommes pas partis pendant tant de temps ! Trop étrange ! Bien trop étrange ! Je sortis de la salle polyvalente en courant. J'avais besoin d'air.

La fraicheur me revigorant je vis que les nuages s'étaient multipliés. Quelle importance ? Maintenant que j'avais répondu à ma nécessité d'être dehors, je ne savais que faire. Je faisais les cent pas. Mais qu'allions-nous faire ? Je ne me rendis compte de la présence de mes amis uniquement lorsqu'une voix s'éleva :

« Me revoici ! »

Nous sursautâmes tous trois en même temps. C'est alors que l'espèce d'hologramme déclama :

« Luffy, un monde ne te suffit pas.
- Attendez une minute, dis-je, m'interposant, qui êtes-vous ?
- Eh bien, si vous considérez que Luffy est un pirate, dîtes que je suis le Pirate des Rêves. Pirate et Rêves avec des majuscules.
- Et qu'est-ce que ça change ?
- Cela change tout, Zoro !
- D'où tu connais mon prénom ?
- Je connais aussi ton nom, Roronoa ! »

Il jouait avec les nerfs de Zoro, et c'était en soit une excellente raison de le détester. Mais je ne pouvais vraiment pas… Blairer ce type.
Zoro semblait contenir sa rage, et je lui lançai un regard pour l'encourager, même si je savais qu'il n'en avait pas besoin.

« Je vais…
- Tu ne vas rien faire du tout ! Allons, allons, ne soyons pas ennemis ! Je reprends, et ne m'interrompez plus, s'il vous plait.
- Vas-y, nous t'écoutons.
- Luffy !, m'exclamai-je.
- Laissez-le parler. On pourra toujours lui casser la figure après.
- Bien sûr, je n'en doute pas. Alors, comme je le disais précédemment, un monde ne te suffisait pas. Voilà pourquoi je t'en offre deux ! Un sur le Thousand Sunny, et un ici, dans Thiercelieux, le village que le temps a oublié. Enfin vient la partie intéressante. Voici votre challenge, messieurs. Il y a une vie réelle, et un monde complètement factice, comme vous l'aviez déjà supposé. Vous devez trouver lequel est lequel. Vous serez dans chacun des mondes confrontés à des dangers mortels. Si vous mourrez dans le monde inventé, vous vous réveillerez dans le monde réel. Simple, non ?
- Et si on meurt dans le monde réel ?
- Tu meurs, imbécile, c'est le principe de base de la mort. »

Je pouffais. Mon amant pouvait parfois être bien… simplet.

« Bon courage ! »

Et il disparut. Il se désintégra. Complètement. Il nous laissait seuls, avec nos questions sans réponses, avec la peur de mourir, et l'objectif de le retrouver pour le tabasser.

« Luffy, je ne pense pas qu'on ait à craindre quoi que soit, ici. Ce village est habité en majorité par des personnes du troisième âge, et les rares jeunes sont soit accros aux jeux vidéos soit…
- Inexistants.
- Merci Zoro.
- Mais, demanda Luffy, semblant se rappeler de quelque chose, je croyais qu'il y avait des enfants à ton cours de maniement de sabre ?!
- Ils viennent de villages voisins.
- Et le village le plus proche est à … ?
- 50 kilomètres.
- Oh.
- Donc si on a un problème, pour demander de l'aide…
- Exactement.
- Bon, c'est pas grave, on n'y arrivera sans l'aide de pers…
- C'est GENIAAAAAAAL ! »

Un jour je lui ferai manger son chapeau de paille.

« Bon, qu'est-ce qu'on fait, alors ?, lançai-je à la cantonade.
- Retournons chez nous. C'est toujours plus facile de réfléchir avec une bouteille de saké.
- Et surtout un morceau de viande !
- Bande d'imbéciles.
- On sait ! » conclurent-ils en cœur, mettant chacun un bras sur l'épaule de l'autre.

Nous marchâmes tranquillement, reprenant le chemin en sens inverse. Nous foulions le sentier de terre battue à trois de front. Chacun était plongé dans ses pensées. Sauf quand Zoro me prit de nouveau la main. Ma tête se vida de tout ce qu'elle contenait. Je tournai ma tête vers lui et lui fis un sourire timide. En réponse, il me montra un sourire éclatant. Mon cœur commença à battre plus vite. Ce monde ne pouvait pas être une invention ! Mes sentiments sont bien existants ! Je fus coupé de mes réflexions par un joli :

« Bonjour ! ».

Je reconnus instantanément cette voix fluette. Elle venait d'une jeune fille qui habitait dans le village voisin depuis… une durée indéterminée. C'était une adolescente qui ressemblait à une petite fille, de par son sourire doux et ses traits fins. Parfois, elle me demandait de l'accompagner le temps d'une marche, mais je n'ai jamais eu l'occasion d'accepter. Comme toujours, elle était vêtue de noir et de blanc. Une chemise blanche comme la neige tranchait avec sa cravate noire. Le reste de ses vêtements était aussi noir, tel que le slim qui dessinait ses courbes parfaites, les baskets à lacets (blancs, eux), ainsi que le trench, laissé ouvert, terminait la vision du personnage sans imperfections. Des cheveux argentés coupés en carré étaient sublimés par une lune de cristal, juste posée sur la tête, et l'on pouvait se demander de quelle manière arrivait-elle à la faire tenir. Enfin, ses lunettes rectangulaires blanches étaient teintées et empêchait à quiconque de voir ses yeux.

« Bonjour !, répondis-je.
- Comment allez-vous ?
- Fort bien.
- Sûr ?
- Pourquoi ?
- Hihi, ricanna-t-elle. Bon courage.
- Uh… Merci ?, hasardai-je.
- Un conseil, faites une sieste, me dit-elle, le regard plongé dans mon œil.
- Mais pourquoi ?
- Hihi !, ria-t-elle, les yeux fermés.
- Mais… »

Et elle disparut, elle aussi. Comme si elle n'avait jamais existé. Aucune trace laissée dans la terre. Je ne comprenais plus rien. Alors que nous continuâmes à marcher sans dire un mot, nous arrivâmes enfin à la maison. Le silence était revenu, avec l'incertitude qu'il nous ait déjà quitté.

Seuls les bruits de mastication, produits par le casse-croûte (un sandwich pain-jambon-fromage-tomate pour chacun) allégeaient un peu l'atmosphère. Heureusement, le salon, peint dans des tons chauds, nous donnait plus de positivité que ne l'auraient fait des murs blancs d'hôpitaux.

« Je ne sais vraiment pas quoi faire ».

Quelque part, c'était bizarre. Luffy n'avait aucune idée, aucun plan, et nous restions assis, paisiblement, comme si tout allait parfaitement bien.

« Eh alors, on déprime ? »

Cette fois-ci, je fus le seul étonné. J'avais sursauté, et me semblais bien faible face à lui. Son sourire terrifiant ne l'avait toujours pas quitté.

« Bon, vous allez peut-être commencer à vous amuser ! Souriez ! Ils vont bientôt sortir !»

Oh non, les oiseaux…

XOXOXOXOXOXO

« Chopper, tu as trouvé ?!
- Non Nami, je n'arrive pas à me concentrer !
- Viens, navigatrice-san, allons prendre un bain de soleil !
- Tu ne sais pas..
- ça dépend.
- Tu ne sais pas !
- Bien sûr que je sais que tu n'arrives plus à contrôler le bateau, mais Luffy t'as demandé d'agir comme d'habitude. Alors, obéis-lui !
- Mais… Comment sais-tu… ?
- Peu importe. Allez viens, puisqu'on ne peut rien faire, autant profiter du soleil… »

J'ouvris les paupières dès que les deux mellorines de l'équipage étaient parties. En effet, réfléchir à côté de deux beautés fatales était mission impossible pour moi ! Bien sûr, Marimo ou le Capitaine, peu leur importe, du qu'ils ne savent pas apprécier la beauté.
Et, encore une fois, j'étais maintenant sûr et certain que c'était ici, le monde réel. Moi, aimer Zoro ?! Mais quelle drôle d'idée ! Et pourtant, quand j'étais dans le rêve, je sentais que j'étais bien avec lui, et c'était réciproque… Je crois… Je ne sais plus quoi penser…

Luffy et Zoro, à mes côtés, nous nous levâmes comme un seul et unique homme.

« Qui était cette jeune fille ?
- De quelle fille parlez-vous ? questionna Chopper, on la connait ?
- Chopper, va donc rejoindre Usopp, je crois que Sogeking est revenu.
- C'est vrai ?! Merci Sanji ! »

Je ne sus s'il la phrase « Sanji vient de se réveiller mais sait qu'Usopp m'attend » ne serait-ce qu'effleura son esprit.

« Oï Cook.
- Ah oui, c'est vrai. Une petite fille. C'est tout. Pourquoi ?
- J'sais pas, tu n'avais pas remarqué qu'elle avait disparu ?! Comme évanouie !
- Bien sûr que j'l'avais vu. Mais que veux-tu qu'on y fasse ?
- Je ne la sens pas, dit Zoro, ignorant ma question.
- En tous cas, moi je pense qu'on devrait suivre son conseil.
- Capitaine ? Tu es sûr ?, m'étonnai-je.
- Oui Sanji. Alors reposons-nous, au mieux cherchons toujours des indices. De toute façon, que veux-tu faire ?
- Mais la sorcière elle n'avait pas dit quelque chose comme quoi on n'arrivait plus à diriger le bateau ?
- Je m'étonne que tu te souviennes de ça, Marimo.
- Mh. »

Un réel problème s'imposait. Zoro ne pas réagir à Marimo ?! Impossible. Tout simplement impossible.

« Tu ne réagis plus, Marimo ? Ou l'algue serait-elle devenue sourde en plus d'être idiote ?
- Ta gueule »

L'insulte fouetta l'air, et me fit fermer mon claquet. L'intonation n'offrait aucune autre solution que la soumission. Son regard de tueur rencontrait le mien, étincelant. Je n'allais certainement me soustraire devant une algue ! Les algues, moi, je les cuisine et en fais des mets succulents !

« Quand vous aurez fini votre concours du je-fais-un-regard-plus-tueur-que-le-tien, vous viendrez avec moi ? »

Nous nous tournâmes d'un coup, d'un seul, puis détournâmes le regard. Votre puérilité allait nous jouer des tours, semblaient dire les yeux de Luffy. Nous le suivîmes, Zoro derrière le capitaine, moi fermant la marche.

Nami-san et Robin-chwan lézardaient au soleil, et je ne pus m'empêcher, en les voyant, de leur offrir un cocktail rafraichissant de ma composition. Jus d'oranges fraîchement pressées, ainsi qu'oranges sanguines, du jus d'ananas et du jus de goyave. Une rondelle de citron mis en bordure du verre, une paille multicolore ainsi qu'un parapluie miniature bleu nuit pour la présentation.

« Baka-cook, ce n'est pas le moment ! Définis tes priorités. »

Zoro ne me lança même pas un regard. Il avait vraiment l'air… Fâché. Sa puissante mâchoire s'était crispée, ses traits du visage s'étaient fermés. Mais je m'en moquai. Pour l'instant, j'avais d'autres préoccupations.

J'offrais, dans un tourbillon de cœur, les boissons préparées avec tout mon amour et ma servitude à ces demoiselles. Après avoir été chaleureusement remercié, Luffy commença la conversation :

« Comment ça se présente, Nami ? »

Luffy était vraiment une personne incroyable. N'importe qui pourrait le prendre pour un idiot, mais quand il savait la situation dangereuse, ou plutôt sérieuse, il pouvait tout à faire avoir un ton grave et être calme.

« Shishishi, j'ai toujours voulu dire ça ! »

Euh… Je n'ai rien dit.

« Je n'arrive plus à diriger quoi que ce soit. Le bateau est incontrôlable !
- Comment ça ?
- Tout simplement, JE SUIS COMPLETEMENT INUTILE !
- Calme-toi Nami !
- Même si Luffy a raison… MÊME ENERVEE TU ES MAGNIFIQUE NA… »

Je me reçus un coup du poing de la fine main de notre belle navigatrice, ce qui me calma instantanément.

« Et où nous dirigeons nous, navigatrice-san ? »

Il n'y a pas à dire, Robin-chwan sait poser les bonnes questions.

« Bien sûr. Si vous me promettez que le niveau de décibels n'augmentera pas trop. Puisque Chopper et Usopp sont absents, vous ne pourrez pas les accuser.
- Est-ce si horrible que ça, pour que tu prennes autant de précaution ? »

Luffy arrive à poser deux questions sérieuses d'affilée ?! Je commence vraiment à douter de la véracité de ce monde.

« Nous nous dirigeons vers un trou noir de glace.
- Hein ? »

En fait, c'est le Marimo la meilleure valeur sûre. Amusant.

« Et de combien de temps disposons-nous ?
- Je ne peux pas l'affirmer, capitaine, mais je pense que nous atteindrons une zone critique ce soir.
- Ne pouvons-nous pas ne nous en détourner, ou alors gagner un peu de temps, avec un coup de burst ou.. ?
- Non, Sanji-kun. Le courant est beaucoup trop fort. Et si on essaie de ramer, c'est comme si on ne faisait absolument rien. Alors inutile de s'épuiser. Le coup de burst serait lui aussi sans effets, alors ne gaspillons pas le cola, si important à Franky.
- Est-ce un grand trou noir ? »

Petit trou noir, immense blanc ?
Tous les regards furent dirigés vers l'Algue.

« Désolé, mais vous aviez posé déjà toutes les bonnes questions.
- On ne t'en veut pas, Marimo, on sait bien qu'une algue n'a pas beaucoup de neurones. »

Soupir dudit Marimo.

« Un trou noir de glace dans la mer, c'est possible ? Déjà rien qu'un trou noir, c'est impressionnant, mais un trou noir de glace, c'est vraiment…
- Cook-san, rappelez-vous que vous êtes sur Grandline, une mer où tout est possible.
- C'est vrai. Tu es tellement intelligente, Robin d'amouuuu… »

Un deuxième coup de poing. Je ne sais pas comment elle fait, même Luffy, elle arrive à lui faire des bosses, alors qu'il est élastique.

« Quand ressentirons-nous les effets du froid, navigatrice-san ?
- Tu vois, Marimo, il restait des questions intelligentes !
- Tais-toi, sale pervers.
- Enfin, calmez-vous !, demanda gentiment Robin-chwan. Je sais que votre rivalité est très importante, mais il y a plus urgent. Que faisons-nous, capitaine ?
- On fait rien. On profite du soleil, de la chaleur.
- D'être en vie, capitaine, surtout. » glissa insidieusement Robin-chwan, terminant ainsi la conversation.

Le voilà qui fait un petit saut à pieds joints, puis termine sa course assis, le dos contre la rambarde.

Robin et Nami, impuissantes face à ce capitaine bien compliqué à comprendre, descendirent et retournèrent profiter du soleil, une dernière fois. Toutefois, Robin avait l'air soucieuse. C'est vrai que le comportement de Luffy est incompréhensible, pour elle.

Alors que le Marimo s'était affalé à côté de son capitaine, les deux fermèrent leurs yeux au même instant. Quelques secondes s'écoulèrent avant que Zoro reprit la discussion :

« Luffy ?
- Ouais Zoro ?
- T'as une idée ?
- Si ce monde est réel ou non ?
- Ouaip.
- Non.
- Génial. On est bien avancé. En fait on devrait peut-être retourner dans le village. Parce que même si l'autre type nous a dit qu'on bravait des dangers mortels dans chacun des mondes, je ne vois aucun problème à Thiercelieux, avoua Zoro.
- Mais tu ne vas pas laisser Nami-san et Robin-chwan sans défenses ?!
- Et si c'était le monde factice ?
- Non ! Des beautés aussi réelles ? Impossible.
- Rien n'est impossible, Sanji.
- J'ai bien du mal à t'élucider, capitaine.
- A vrai dire, c'est très simple.
- Tu m'expliques ?
- Pas de problème, affirma-t-il. Il se repositionna contre la rambarde. Il haussa les épaules, puis continua. Tu te souviens quand je t'ai proposé de rejoindre mon équipage ?
- Bien sûr. Comme si c'était hier !
- Et qu'est-ce que je t'avais répondu ?

- Je pensais que tu avais une meilleure mémoire, Sanji.
- Disons que je ne vois pas où tu veux en venir.
- Dis simplement la phrase que j'ai prononcée il y a bien longtemps, maintenant.
- « Je refuse ton refus ».
- Tout est dit.
- Je suis désolé, mais je ne comprends toujours pas.
- En gros, Baka-cook, il te demande de ne pas chercher à le comprendre. Tu le comprendras si tu le ressens. La phrase « je refuse ton refus » est redondante, est n'est pas une vraie réponse, dans le sens qu'il n'y a aucun argument employé. Donc, ne cherche pas à comprendre, ne cherche pas d'arguments, c'est une futile perte de temps.
- Je ne te connaissais pas si… Intelligent.
- Oh ça va, j'ai peut-être quelques lacunes, mais de là à me prendre pour un pur imbécile, ça va hein. J'ai quand même survécu pendant quelques années en chasseurs de prime, je te rappelle. »

Les paroles de Zoro résonnèrent dans ma tête. Pourquoi l'avais-je toujours pris pour un imbécile ? Sûrement parce qu'il ne me montrait que cette facette de sa personnalité ! Peut-être aussi, par jalousie. Être le second de l'équipage, être donc la personne qui comprenait le mieux Luffy, alors que je l'avais toujours connu solitaire. Peut-être que c'était ma faute. Je devais me l'avouer, mais c'était si compliqué… Je l'admis. J'avais fait une grave erreur de jugement. Bien sûr qu'il était capable de dire des paroles constructives ! Mais avait-il pour autant l'art de l'éloquence ? Je l'ai peut-être sous-estimé, mais parfois, des éléments de bases lui échappent, donc je ne peux pas lui attribuer cette qualité. Ce dont je peux parler en pouvant l'affirmer, c'était sa force, aux combats.

« Oï Cook.
- Marimo ?
- Viens te reposer, un peu.
- Hors de question !
- Tant pis pour toi. Mais, euh.. permets-moi d'insister, murmura-t-il, si bas que je ne pourrais affirmer s'il l'a vraiment dit ou si je l'ai inventé, t'es sûr hein ?
- Oui. » répétai-je.

Je me dirigeai vers ma chère et tendre cuisine. Le fait que Zoro ait insisté me gênait un peu… Depuis quand se préoccupait-il de moi ?

Alors que je m'étonnais du calme du Sunny et me demandai donc ce que faisaient Usopp et Chopper, je n'eus pas le temps de chercher une réponse. Le bruit des oiseaux. Encore ! J'en ai ma…