Bonjour et bienvenue sur ma fiction: "Un mauvais garçon"
L'intrigue tourne autour de la vie de Severus Rogue et de ses amitiés, amours.
Les personnages et la plupart des lieux sont tirés de l'univers de JK Rowling, je ne m'amuse qu'à les faire évoluer au gré de mes envies dans cette fan-fiction.
Je vous souhaite une bonne lecture et vous demande de m'excuser pour les éventuelles coquilles ou fautes qui se promèneraient dans le texte.
Vous pouvez laisser une review pour dire ce que vous en pensez, j'essaye de répondre à tout le monde.
A bientôt.
(Ma Bêta - et meilleure amie IRL que je remercie très fort- revoyant tous les chapitres depuis le début dans un soucis d'offrir un texte propre, il se peut que les mises en page et quelques noms des personnages changent sans que cela ne touche l'intrigue).
Chapitre 1 – L'Impasse du Tisseur
La cloche de l'école sonna enfin la fin des cours, annonçant en même temps le début des vacances d'été. Le jeune garçon leva la tête de son pupitre en bois, comme si le bruit venait de le réveiller d'une longue sieste. Il se leva et tendit machinalement le bras vers son petit cartable en cuir noir tout usé ; ne le trouvant pas, il jeta un coup d'œil sous la table, où il avait gravé un bâton pour chaque jour d'école qui le séparait encore de ce moment.
— Alors Rogue, on ne trouve plus son cartable ? railla une voix derrière lui.
Le dénommé Rogue tourna un regard résigné vers l'autre gamin qui tenait son cartable du bout des doigts. Il se tenait debout, encadré par ses subalternes, trois autres vauriens à l'air bagarreur, qui ne cherchaient qu'à lui filer une dernière raclée avant les vacances. Manifestement, même en ces dernières minutes, en ce dernier jour de classe, ils avaient décidé de ne pas le laisser tranquille.
— Rends-le moi, se contenta-t-il de demander, sans hausser le ton.
— Tu tiens vraiment à ce cartable ? Ah, mais sans doute que ton père n'a pas les moyens de le changer. Il a dû hypothéquer ta maison pour t'inscrire en pensionnat l'année prochaine ou c'est ta mère qui fait des extras à ses clients ?
Les camarades de l'autre ricanèrent et le teint du jeune garçon vira de son blanc maladif habituel au rose vif ; mais il ne répondit pas. Il ne fallait pas répondre à la provocation. Alors l'autre continua :
— Allons Severus, ton père n'a jamais été fichu de t'acheter des vêtements à ta taille et tu trimballes ces vieilles fripes depuis des lustres. Dis-nous au moins comment il a fait pour te payer un pensionnat aussi sélect ! Ce n'est clairement pas en faisant des heures sup' à l'usine ! Mon père m'a dit qu'il ne venait pas régulièrement ; et mon père c'est celui qui lui donne les piécettes qui vous servent à rembourser l'achat de votre taudis... Car on ne peut pas appeler ça une maison, pas vrai ?
A présent, ils riaient tous franchement et le dénommé Severus avait le teint qui virait au violet. Ne pouvait-il pas seulement récupérer son cartable, sans avoir à entendre leurs moqueries. Toute l'année, il s'était raccroché à la pensée que bientôt, il s'en irait pour le monde auquel il appartenait, loin de tous ces idiots.
— Tu ne dis rien ? Tu sais ce qu'on pense ? On pense que ton père ne va plus t'envoyer à l'école mais à l'usine ou dans les mines ! Les yeux du morveux étincelaient de méchanceté. La mine ça sera bien pour toi, Rogue. Personne ne remarquera tes cheveux gras sous le charbon !
L'hilarité était devenue telle chez les camarades de l'autre garçon qu'on aurait pu penser qu'ils allaient se décrocher la mâchoire.
— Enfin, peut-être qu'ils te demanderont de changer de nom, franchement, Severus, il insista bien en prononçant son nom, mais à quoi a bien pu penser ta mère en t'appelant comme ça ?! Enfin, faut dire que ma mère, et elle n'est pas la seule ici, pense qu'elle n'a pas toute sa tête ou plus toute sa tête. Elle marmonne des trucs bizarres. C'est les coups de ton père qui ont altéré son cerveau ou c'était comme ça avant ?
Cette fois c'en était trop pour le jeune garçon et l'un des encriers près de son tyran explosa, répandant toute l'encre sur lui. Sous la surprise, il lâcha le cartable et recula, percutant ses amis qui se tenaient debout, la bouche grande ouverte de stupéfaction. Profitant de cet instant, le jeune Severus se précipita sur son cartable, l'attrapa par la poignée et fila dehors en courant, passant les grilles de l'école où il espérait ne jamais remettre les pieds, comme si il était poursuivit par le démon. Bientôt, quatre silhouettes se précipitèrent à sa poursuite et il entendit distinctement leur chef dire :
— On le chope, il a besoin de son cadeau d'adieu.
Severus n'avait certainement pas envie de connaître ce « cadeau d'adieu » et il courait comme si sa vie en dépendait ; et, en cet instant précis, il en était vraiment persuadé. Il sillonnait entre les maisons de briques, noircies par la fumée des usines avoisinantes, dans les ruelles du quartier ouvrier où il habitait. Enfin, il aperçut sa maison, dans l'Impasse du Tisseur. Il ne ralentit pas et se jeta sur la poignée pour ouvrir la porte, la claquant presque pour la refermer et il la verrouilla avant de se laisser glisser sur le sol.
Il fut alors pris d'une violente quinte de toux. Dans sa course, il avait inspiré à pleins poumons toutes les vapeurs nocives relâchées dans l'air par les grandes cheminées et ses poumons cherchaient à se débarrasser de toute cette crasse.
— Severus ? l'appela une voix depuis la cuisine.
L'enfant de redressa et avança.
— Oui maman, c'est moi.
Il fit bientôt face à sa mère, qui tenait des morceaux de plat brisé dans ses mains.
— Tu ne diras rien à ton père, n'est-ce pas ?
Il hocha la tête, lui faisant signe que non. Il ne dirait rien, il se tairait.
Elle lui sourit, sortit un long bout de bois de sa poche et prononça :
— Reparo.
Les morceaux du plat se recollèrent comme s'il n'avait jamais été cassé.
Sa mère rangea la baguette magique et reprit son ouvrage. Severus savait que son père détestait ce qu'elle était, qu'il l'avait épousée uniquement parce qu'il l'avait mise enceinte, de lui, Severus. Tobias Rogue n'avait découvert les capacités de sa femme, qu'après la cérémonie et il avait littéralement explosé de fureur. Cependant, c'était trop tard, chez les Rogue, même en ce début d'années soixante, on ne divorçait pas. Alors, il lui avait interdit de se servir de la magie. Non, ici on ne devait pas parler de magie ; ici on devait croire au culte anglican, comme la Reine Élisabeth II, souveraine de l'Église d'Angleterre. Il avait fait baptiser le petit "Severus" - mon Dieu, quel nom lui avait-il donné ?! Sans doute avait-il été possédé - comme une vaine tentative d'éradiquer le démon de son sang. Pourtant, il avait vite compris que ça ne servait à rien : à un an, Severus était capable de faire léviter de petits objets ; certes pas très haut, mais assez pour rendre son père dingue et sa mère très fière. Tobias avait tenté, au cours du temps, d'inculquer les valeurs anglicanes à son fils, à grands coups de poings ou de ceinturon ; mais il n'avait réussi qu'à l'enfermer plus profondément dans l'idéalisation du monde de sa femme. De plus, non content d'être un sorcier et de l'avoir montré très jeune, Severus avait eu le mauvais goût de ressembler physiquement à sa mère, bien plus qu'à lui-même... Encore que, le pauvre enfant avait l'air d'avoir hérité de son nez et de ses cheveux sombres ; ce qu'il avait eu beaucoup de mal à tolérer. Il en arrivait à se demander s'il n'aurait pas préféré qu'il ressemblât seulement à sa mère pour pouvoir en renier la paternité. Et puis, le temps, bien que réputé pour guérir toutes les blessures, n'améliora en rien cette situation : il avait fini par se noyer dans l'alcool, dépensant le moindre centime dans des pubs ; manquant, à bien des reprises, de se faire renvoyer de l'usine, car incapable de tenir debout ou d'avoir un discours cohérent.
— Tu ne veux pas profiter de cette belle fin de journée Severus ? demanda sa mère d'un ton qu'elle voulait enjoué, mais où le jeune garçon devina qu'elle aurait préféré le savoir ailleurs à l'heure où rentrerait son père. Toutefois, la perspective des gamins qui l'attendaient dehors ne l'enchantait pas plus que ça et il répondit :
— Je préfère lire.
Sa mère s'essuya les mains sur le torchon et reprit sa baguette.
— Accio livre L'Histoire de Poudlard. Le livre arriva dans la main de la jeune trentenaire et elle le tendit à son fils. Ça sera notre petit secret.
Il s'en empara en gratifiant sa mère d'un sourire. Elle n'avait pas le droit de lui parler de magie, même si elle avait régulièrement outrepassé les règles, et son père passait son temps à les surveiller dès qu'il était à la maison. Ils n'avaient jamais été proches tous les deux, malgré la sorcellerie : sa mère était quelqu'un de discret dans ses marques d'affection, ce qui les rendait d'autant plus précieuses qu'elles étaient rares. Severus aimait sincèrement sa mère, malgré la distance affective qu'il y avait entre eux.
La poignée de la porte d'entrée tressauta et mit fin à la joie qu'avait procuré chez chacun d'eux ce petit moment de partage.
Un grognement retentit lorsque le visiteur vit que la porte était fermée de l'intérieur.
— Monte dans ta chambre et cache-le, lui recommanda-t-elle à voix basse avant d'approcher de la porte.
— Eileen ! Ouvre ! hurla la voix de l'homme qu'elle avait épousé.
Elle jeta un coup d'œil à Severus qui grimpait l'escalier qui menait à sa chambre et n'ouvrit que lorsqu'elle eut entendu le loquet de la porte se refermer.
Le jeune garçon, dont le cœur battait la chamade, tenait encore l'Histoire de Poudlard contre lui. Il devait trouver une cachette où son père ne le dénicherait pas. Il entendait à sa voix qu'il avait bu, sans doute trop bu ; et l'altercation qui commençait avec sa mère n'allait pas aller en se calmant : déjà, la vaisselle volait. Eileen Rogue (née Prince) n'était pas femme à se coucher devant la colère de son mari et, même si elle évitait au maximum les confrontations avec lui, elle savait rendre les coups et se venger. Ainsi, une fois, Tobias avait passé deux semaines alité avec une colique d'origine magique, après une dispute plus violente que d'habitude, au cours de laquelle il avait voulu briser la baguette de la sorcière. C'était un miracle que la maison tienne encore debout et qu'aucun d'eux deux, sorcier ou non, n'ait essayé d'y mettre le feu : soit pour brûler le Démon, soit par un accès de fureur magique incontrôlé.
Severus glissa le livre au milieu de son cartable et jeta celui-ci près du bureau dont il avait hérité quand, après une dispute plus violente que les autres, son père avait déchiré son carnet de cours et qu'il avait dû l'expliquer à son instituteur. A partir de là, il avait eu droit à ce vieux bureau un peu bancal, récupéré auprès de collègues de l'usine, où ses devoirs restaient sains et saufs, la plupart du temps.
Le bruit de la dispute s'était soudain calmé et Severus ne put empêcher un frisson de lui parcourir la nuque. Il tendit l'oreille et entendit les escaliers craquer sous les pas de son père. Il recula instinctivement vers le bureau et, lorsque son père ouvrit la porte de sa chambre, il posa les mains sur le rebord en bois comme si, en son absence, il risquait de tomber.
— Alors on ne vient pas même pas saluer son propre père ! cria-t-il.
Severus articula un :
— Bonsoir Père, presque inaudible, mais déjà son géniteur avançait vers lui.
En deux enjambées, il était face à lui et dominait le garçon de toute sa hauteur.
— Tu as fini les cours aujourd'hui.
Ne voyant pas si s'était une question ou une affirmation, Severus prit le parti de ne rien dire.
— Réponds ! As-tu fini les cours aujourd'hui ?
Le petit garçon déglutit et répondit :
— Oui père.
Il voyait le regard de Tobias se poser sur ses affaires une par une.
— Nous allons pouvoir revendre tout ça alors, tu n'en auras plus besoin dans ton école de fous !
C'était ça alors ! Son père faisait l'inventaire de ce qui était vendable dans sa chambre.
— Ton fils reviendra pour les vacances Tobias ! lui rappela Eileen.
Les deux hommes de la maison lancèrent un regard vers elle. Aucun d'eux ne l'avait entendue arriver.
— La table du salon sera largement suffisante pour faire ses devoirs, rétorqua-t-il à l'intention de sa femme.
Eileen continua de parler à son mari, mais elle regardait intensément leur fils, comme si elle avait voulu lui dire quelque chose de secret que seul lui devait pouvoir comprendre.
Severus tressaillit... Le livre ! Elle savait où il l'avait caché et elle se doutait que son père envisageait de fouiller par là. Il détestait que sa mère fouille son esprit mais il devait reconnaître que c'était parfois relativement utile.
— Laisse lui au moins sa chambre à défaut de lui offrir un vrai foyer ! Lança-t-elle à son mari, pour faire diversion pendant que le jeune garçon attrapait le livre qu'il avait fourré dans son sac pour le faire glisser, d'un coup de pied, sous son lit. Tobias était sans doute trop alcoolisé pour voir ce qui s'était tramé entre les deux sorciers et il tendit le bras pour saisir le cartable. Il jeta le vieux cahier de cours sur le bureau et sortit les livres écornés et usés.
— Je peux au moins vendre ceux là, il n'en aura plus besoin à Cafardlard.
— Poudlard, corrigèrent d'une même voix la mère et le fils.
— Peu importe.
Il envoya valser le cartable vide sur le sol et se dirigea vers la porte, tenant les livres de la main droite, avant de redescendre, laissant seuls la mère et le fils.
Severus, bien qu'il eut déjà passé dix ans à attendre sa rentrée, ne put s'empêcher de penser que l'été serait long jusqu'à Poudlard.
